‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 61 sur 239 · RESPONSABILITÉ. - RESSAUT · texte numérisé non relu

RESPONSABILITÉ. - RESSAUT

tance à la traction ou à Textension, c'est ce qu'on nomme aussi /(wc* tirante; quand on le soumet à un effort qui tend à faire tourner ses fibres les unes sur les autres, s'il résiste bien, sa résistance à la torsion est bonne ; enfin, on novamid force transverse, ou résistance au cisaillement^ la propriété des matériaux de résister à la disjonction occasionnée par le mouYement tangentiel des corps. Les pièces employées dans les machines doivent toutes posséder cette force transyerse. Dans les constructions, les corps sont soumis parfois à plusieurs de ces sortes de résistance, à la fois ; c'est au constructeur à prévoir les meilleures formes à donner aux matériaux pour les mettre à même de résister efficacement dans plusieurs sens.

Suivant la force de cohésion qui réunit les molécules des corps, ceux-ci possèdent plus ou moins de ténacité; on mesure cette ténacité, c'est-à-dire leur résistance, par la somme de l'effort nécessaire à leur écrasement ou à leur rupture. Ce n'est que par des expériences directes et plusieurs fois répétées que l'on arrive à déterminer la limite de résistance, ce qu'on nomme en technologie résistance limite, La pierre, le bois, le fer, etc., ont des résistances très-différentes, et même, suivant la qualité d'un même matériau , cette résistance est variable : un excellent fer, par exemple, présentera beaucoup plus de résistance qu'un fer aigre ; une qualité de pierre tendre quelconque, quelques années après son extraction de la carrière, possédera un degré de résistance beaucoup plus élevé que quelques jours après son extraction ; du reste, une pierte de même espèce, identiquement dans les mêmes conditions sous tous les rapports, résiste plus ou moins suivant la forme qu'elle a. En général, les charges que peuvent supporter les pierres de même forme sont proportionnelles aux aires des sections transversales; mais toujours des pierres, à section égale du reste, résisteront d'autant mieux que leur forme se rapprochera du cylindre, c'est ce qui explique l'utilité et l'efficacité de la colonne. D'autres éléments de construction, le bois par exemple, finissent avec le temps par perdre considérablement de leur élasticité et, par suite, de leur force de

résistance. Nous dirons à ce sujet que les expériences faites en vue d'étudier la résistance limité des corps ne font que constater la charge produisant la rupture dans un délai de temps fort court ; or, dans la pratique, les matériaux ont à subir des actions physiques qui peuvent les altérer profondément, indépendamment de la charge : c'est donc une nouvelle cause de destruction dont un praticien doit tenir compte; c'est pourquoi dans la pratique on fixe la charge permanente au dixième, au quinzième et quelquefois au vingtième seulement de celle qui produirait la rupture. En général, la force des matériaux est proportionnelle à leur densité; ceci est exactement vrai pour les bois. Pour supports, on doit préférer des matériaux peu élastiques : ainsi une pièce de bois supportera une charge d'autant moins forte qu'elle sera plus élevée ; tandis que, dans une colonne de fonte, l'élasticité étant beaucoup moins sensible, une colonne de 3 mètres et une de 4 mètres supporteront des poids à peu près identiques. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet, de même que nous ne donnerons pas de tableaux de résistance des divers corps; il existe des ouvrages très-volumineux à ce sujet et dans lesquels on trouvera des travaux fournis par des hommes compétents, tels que Vicat, (îariel, Rondelet, Dejardin, etc.

RESPONSABILITÉ, s. f. — Obligation de répondre, de se porter garant de certains actes, de certains faits. Les architectes et les entrepreneurs, d'après l'article 1792 du Code civil, sont responsables de leurs travaux ; nous en avons parlé aux mots Architecte et Entrepreneur, où nous renvoyons le lecteur.

RESSAUT, s. m. — Ce terme est synonyme à! avant-corps, mais dans ce sens il s'applique surtout aux parties de peu d'importance : ainsi un pilastre, une saillie dans une balustrade, sont des ressauts et non des avant-corps ; une tour ronde ou carrée, au contraire, est un avant-corps plutôt qu'un ressaut. Ce terme sert à désigner surtout les saillies que font, sur les lignes perpendiculaires ou horizontales d'un édifice, les diverses

RESSORT. — RESSUER.

parties d'au entablement, telles qae architrave, frise, corniche. — En plomberie, on nomme ressaut l'espèce de bourrelet qu'on ménage à l'extrémité des tables de plomb ou des feuilles de zinc réunies à dilatation libre.' (Yoy. Dilatation.)

RESSORT, s, m. — Petit mécanisme qui, après avoir agi, se remet dans sa position première. Il existe un très-grand nombre de ressorts qu'on utilise dans bien des cas; ils se composent, en général, d'une bande d'acier trempé flexible, contournée de diflPérentes façons, ou bien de fils métalliques. Les principaux genres de ressorts sont les suivants :

Ressobt simple, lame d'acier légèrement courbée, dont Tune des extrémités est fixée solidement contre un objet, tandis que l'autre, qui est libre, sert à repousser l'objet qui vient appuyer sur cette extrémité.

On place des ressorts de ce genre dans la feuillure d'un guichet de porte cochère; ou bien le même ressort, quand il porte une entaille ou mortaise pour recevoir un mentonnet, sert à arrêter le vantail d'un placard, d'une armoire ; on le nomme ressort d'armoire ou ressort bleui. Le ressort simple sert aussi à tenir ouvert un verrou à ressort, nommé également paillette.

Ressort a boudin, une lame roulée en spirale qui sert à divers usages. Dans les serrures, il est fixé par un étoquiau; il retient et fait mouvoir le pêne à chanfrein.

Ressobt de rappel , un ressort qui n'est qu'un fort ressort à boudin, qui, dans le système de sonnerie à sonnette, sert à tenir tendu le fil de celle-ci. L'extrémité portant la spirale est fixée par une pointe ; à l'autre extrémité est vissée la sonnette. On le nomme aussi ressort de sonnette.

Ressort a pompe ou ressort a cylindre, un fil métallique ordinairement en laiton roulé en spirale continue. Il sert à faire fonctionner les pênes des serrures ; beaucoup de sécateurs de jardinier en sont aussi pourvus.

Ressort a chien, un ressort qui a la forme d'un V et dont le point de réunion des deux branches forme une petite bague ou anneau

pour recevoir un étoquiau qui le fixe dans la serrure ; on le nomme aussi ressort à pincette. On l'utilise pour les loqueteaux et à la queue des serrures bénardes. Quand il est couché audessus du pêne et que ses branches sont longues et inégales, comme, par exemple, dans les serrures de sûreté, on le nomme grand ressort.

Ressort double, celui qui est formé de deux ressorts à chien.

Ressort a pied, un ressort qui a la même forme que le ressort à chien ; mais Tune de ses branches a un talon ou un tenon qui entre dans une mortaise pratiquée dans le palastre. (Pemot.)

Ressort a torsion, celui qui est composé d'un fil de métal, d'un diamètre moyen, qui passe dans les œils ou nœuds des ferrures. Il sert à faire fermer les portes; il se tord quand on ouvre la porte, et comme il veut se détordre, il referme automatiquement cette porte. On fait aussi des ressorts de porte à pompe et à baril ou barillet.

Ressort a baril, lame d'acier en spirale enfermée dans une petite boite ou baril; il sert également à faire fermer les portes. Souvent l'extrémité libre, c'est-à-dire opposée au baril, porte une petite roue dont la tranche est creuse ou taillée en gorge et court ainsi sur une tringle de fer rond qui lui sert de guide.

Ressort a foliot, une petite pièce de serrurerie qui sert à renvoyer l'effort d'un autre ressort; il est monté sur un étoquiau par son extrémité fixe.

Ressort (Grand).— Voy. Ressort a chien.

Ressort a pincette. — Voy. Ressort a

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