SAC
sabots à hélice de divers modèles, qui servent à feire entrer en terre les pieux en les tournant par divers procédés employés dans ce but. Les menuisiers nomment sabot le bout de plinthe ou de bandeau, plus ou moins cintré, qu'ils rapportent aux pieds d'un meuble. Ils
FIg. 4. — Sabot en fonte à quatre branches.
donnent le même nom à une sorte de petit rabot cintré, concave ou convexe, qui sert à pousser les moulures sur les parties cintrées. — lies serruriers donnent le même nom à la garniture en métal du pied d'un meuble à roulette, ainsi qu'à l'arrêt d'une poignée sur platine.
Fig. ff. — Sabot à ailettes en hélice (!*' type).
Dans un escalier, on nomme sahot la partie en saillie de la marche palière dans laquelle est assemblé le limon. Le sabot est pris dans la masse du bois ou de la pierre, ou bien il est rapporté; il fait partie de la courbure de l'échiffre.
Enfin, les maçons nomment sahois les montures en bois des calibres, souvent en tôle ou
en fer, qui leur servent à pousser des moulures en plâtre.
SAC, s. m. — Poche de forte toile destinée
Fig. 6. — Sabot à aUettes en hélice (3* type).
à enfermer ou à transporter certains matériaux employés dans les travaux de construction, tels que le plâtre, le ciment, la chaux hydraulique, etc. Ces sacs ne sont pas de grande dimension ; ils contiennent environ un volume de 0"%025. Dans certains travaux, on évalue au nombre de sacs la fourniture de plâtre, de
Fig. 7. — Sabot à grandes ailettes en hélice (S* tjpe).
chaux ou de ciment : ce mode de mesurage doit être rejeté , à moins qu'il ne s'agisse de régler des travaux de peu d'importance, de petites réparations d'entretien; dans tous les autres cas, on doit faire le métré des surfaces ou évaluer les fournitures au mètre cube.
Les ouvriers plombiers, gaziers, serruriers, etc., nomment sac un havre-sac en cuir,
SACELLUM. - SAFRAN.
qu'ils ferment avec des lanières de cnir et des boucles, et dans lequel ils emportent leurs outils quand ils vont trayailler en ville ; d'où l'expression familière donner son sac à un ouvrier, pour dire le renvoyer.
Dans les travaux de décintrement de ponts et de voûtes, on emploie depuis longtemps des sacs en sable, dans lesquels cette mati^ est fortement comprimée; on les emploie comme cales de cintres, et, quand il s'agit de décintrer, on ouvre un côté du sac et le sable s'écoule, ce qui permet de pratiquer fecilement le Décinteement. (Voy.
ce mot.)
Dans ces dernières années, il y a environ vingt-cinq ou trente ans, un ingénieur a fait beaucoup de bruit autour de ce mode de décintrement et s'est fait passer comme l'inventeur du système, qui, disons-le, n'est que renouvelé des Bomains, qui se servaient, du reste, du sable, comme les Égyptiens, pour des opérations diverses; ainsi Pline nous apprend que l'architecte Ctésiphon employa des sacs remplis de sable pour mettre en place les plates-bandes du temple d'Éphèse : « Une chose (dit Pline, dans le Dict. d*arch. de Quatremère, v** Sable) tient du prodige, c'est qu'il (Ctésiphon) ait pu élever à une telle hauteur (sur les colonnes de ce temple) des masses aussi volumineuses que les pierres des platesbandes de l'architrave. Voici le moyen dont il usa. Avec des sacs remplis de sable, il pratiqua une pente douce dont le sommet surmontait les chapiteaux des colonnes; sur ces sacs vinrent se reposer les blocs des plates-bandes; puis on vida peu à peu les sacs inférieurs, en sorte que tout l'assemblage se trouva assis en place. Le procédé réussit d'abord moins bien pour la pierre du milieu de l'architrave; mais l'inconvénient ayant disparu, elle se remit d'aplomb par le seul effet de sa pesanteur. » Aujourd'hui encore, quand on fait des fouilles en Egypte et qu'au fond d'un puits de fouille on découvre des débris antiques d'un poids considérable, tels, par exemple, qu'un sarcophage énorme en granit, les fellahs, pour le remonter au niveau du sol, remplissent le puits de sable et soulèvent alternativement le bloc tantôt à droite, tantôt à gauche.
SACELLUM. — Terme d'antiquités, diminutif de sacrum. C'était une petite enceinte circulaire ou carrée qui contenait un autel consacré à une divinité ; c'était un édicule, une sorte de chapelle isolée et en plein air, qui même n'avait pas de toit.(Festus, s.v,; Cicéron, Div., 1, 46; Agri., II, 14 ; Ovide, FasL, 1, 275.)
SACOME, s. m. — Terme grec latinisé, qu'on trouve dans Vitruve (IX, Prœ/.^ 9) et qui signifie contre^poids, ainsi que profil exact de toute moulure, de tout membre d'architecture.
SACEAEIUM. — Les Romains désignaient sous ce terme une sorte d'oratoire ou de chapelle domestique. (Cic, odFam., XIII, 2.) On nommait aussi ce local îarartum, quand il renfermait les dieux lares; et, dans les temples, c'était dans le sacrarium où l'on conservait les choses sacrées. Ce local correspondait donc à la sacristie des églises modernes. (Ovide, Met, X, 691 ; Tite-Live, VII, 20.) — Au moyen âge, on désignait sous le nom de sacrarium (sacraire) de petits réduits voûtés placés dans le chœur des églises et dans lesquels on enfermait les vases sacrés.
SACRISTIE, s. /. — Local qui communique avec une église et qui sert à déposer et enfermer les vases et les ustensiles sacrés. C'est dans ce local que les prêtres s'habillent avant d'entrer dans le chœur pour dire la messe et chanter vêpres. Dans beaucoup d'églises, il y a plusieurs sacristies. Elles sont, en général, revêtues de riches lambris et pourvues d'armoires, de lavabos et de tables,
SAFRAN, s. m. — Couleur jaune employée dans les arts et qui fait la base de la matière colorante nommée mordant ou vermeil, employée par les doreurs. Le safran n'est que le résidu des étamines du crocus satiuus, ou crocus ordinaire. — Pour mettre en jaune les parquets, on fait une décoction de curcuma et d'une plante nommée carthame tinctoriale (carthamus tinctorius), ou safran d'Allemagne; on étale cette décoction sur les parquets avec un vieux balai de crin, enveloppé parfois d'une toile.
SAFRB, — SAILLIE.
SAPRE, 8. m. — Oxyde vitreux de cobalt, qui sert à préparer diverses couleurs bleues. (Voj. Azur, Bleu, Smalt, etc.)
SAIGNÉE, 8./. — Petite rigole que l'on pratique dans un terrain marécageux pour régoutter ; prise d'eau pratiquée sur un cours d'eau.
SAIGNER DU NEZ, v. a. — Quand un vantail de croisée, de porte ou de châssis baisse sur le devant, on dit qu'il saiffne du nez.
SAILLANCOURT (Roche de).— Roche qu'on tire des environs de Pontoise, près de Paris, et dont le mètre cube pèse en moyenne 2,300 kilogranmies. Il en existe quatre variétés principales ; le banc vert et le gro8 grain sont les plus employés.
SAILLANT, TE, adj. — Qui avance, qui sort en dehors. Angle saillant d'un édifice, par opposition à angle rentrant ; angle saillant ou arête que forment à leur point de rencontre les faces d'un bastion. Ce terme est pris substantivement dans ce cas ; on dit : 2^ saillant d'un bastion.
SAILLIE, «./. — Proéminence d'un corps sur un champ, sur un fond, sur un nu. Un balcon fait saillie sur une façade; un bandeau, une corniche, sur le nu d'un mur. — On nomme saillie-masse l'épannelage d'une moulure, d'un profil quelconque. Dans les corniches en plâtre, les saillies sont faites» suivant la nature de la construction, en moellons plats dénommés j7/a^t^//6«, ou en briques, en plâtras» posés en encorbellement. Les saillies-masses en plâtre ne doivent pas être trop considérables» sans quoi la charge de plâtre pourrait entraîner la ruine de la saillie. — Quand, sur les pans de bois» on a très-peu de charge à mettre, pour un simple bandeau par exemple, on se contente de larder la sablière de clous à bateau ou de Rappointis (Voy. ce Diot); la charge de plâtre adhère ainsi suffisamment.
JuRisPEUDEKCE. -^ Tout ce qui concerne
la jurisprudence administrative relative aux saillies se trouve consigné dans les ordonnances et instructions en date des 22 sept. 1600, déc. 1607, 4 fév. 1688, 24 déc. 1823, 9 et 18 juin 1824, 8 août 1829, 14sept. 1833, 15 fév. 1850 et 31 mars 1862. De tous ces documents, nous ne donnerons que les ordonnances du 24 déc 1823 et du 9 juin 1824, qui résument tout ce qui concerne notre sujet, qui a une importance capitale et un intérêt si puissant pour les constructeurs. Pour éviter les répétitions, nous aurons soin de renvoyer le lecteur aux articles de ce dictionnaire à propos desquels nous avons déjà donné une partie de ces ordonnances.
OBDONKANGE DU 24 BÉGEMBEB 1823 FOBTAKT RÈGLËHENT SUB LES SAILLIES A PERMET- TBE DANS LA VILLE DE PABIS.
Vu rordonnance du bureau des finances de Paris du 14 déc. 1725, les lettres patentes du 22 oct. 1733 ; celles du 31 déc. 1781, vu le décret du 27 oct. 1808, etc.
TITRK I«'. — DISPOSITIONS GÉNÉRALES.
Art. l*', — Il ne pourra, à Tavenir, être établi sur les murs de face des maisons de la ville de Paris aucune saillie autre que celles déterminées par la présente ordonnance.
Art. 2. ^> Toute saillie sera comptée à partir du nu du mur au-dessus de la retraite.