‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 117 sur 325 · AZUR · texte numérisé non relu

AZUR

L'avant-scîène permet aux spectateurs les plus éloignés d'entendre beaucoup mieux la voix des chanteurs et les paroles des dialogues. Cette portion de théâtre, qui n'est ni la salle ni la scène, a toujours été pour les architectes une pierre d'achoppement. En effet, les loges d'avantscène, en absorbant le son, gênent considérablement l'acoustique. L'avant-scène rend encore fort difficile la soudure de la coupole de la salle avec l'ouverture du rideau ; de plus , sa décoration doit être analogue à celle de la salle, et, si celle-ci est fort riche, la brillante décoration de l'avant-scène porte souvent préjudice aux décors scéniques. Il existe donc de sérieuses difficultés pour la construction de l'avant-scène ; la seule qui jusqu'à ce jour ait reçu une solution radicale , c'est celle relative à sa décoration : on considère l'avant-scène comme faisant partie intégrante de la salle, et on la décore trèsrichement. (Voy. Théâtre, Scène et Loge.)

AYANT-SOLIER, s. m. — Partie saillante des maisons du moyen âge. Elle servait d'abri ; c'était une sorte d' Au VENT (voy. ce mot).

AVANT-TOIT, s. m. — Toit faisant saillie sur la façade d'un bâtiment, et servant à en éloigner les eaux pluviales. Un auvent est aussi un avant-toit.

. AVENTURINE, s. f. — PieiTC fine quartzeuse, d'un rouge brun , quelquefois jaunâtre et même verdâtre. Elle est parsemée de grains métalliques très brillants qu'on dit être de poudre d'or. L'aventurine sert à fabriquer des petits ou\Tages d'architecture, tels que les colonnettes ; elle est employée également en marqueterie, et en incrustation pour décorer de petits meubles dits cabinets. On la contrefait facilement à l'aide du verre fondu et de la limaille de cuivre, ou d'une poudre dorée qu'on obtient en pulvérisant certains coquillages.

AVENUE, s. f. — Grande allée plantée d'arbres, souvent accotée de contre-allées également plantées. L'allée principale ou centrale sert au passage des voitures et des chevaux; les contre-allées ou allées secondaires, à celui des piétons. Les villes, les châteaux, les palais, |

possèdent des avenues qui doivent être situées dans l'axe des portes. Pour' les \ille8 , les avenues sont plantées suivant l'axe du corps de logis principal.

AVEUGLE (Baie), s./.— Baie smiulée, qui n'est point percée, et qui sert de décoration. Les Arcatures (voy. ce mot) sont souvent des baies aveugles, des baies feintes. (Voy. Baie.)

AVISSE, s./. (Serr.) — Pièce à ^-is.

AVIVER, V. a. — Rendi-e plus vif ; en nettoyant et grattant un corps dur on ^a^^ve ; les plombiers avivent le plomb en le raclant avant de faire une soudure ; on avive de même le bronze pour le dorer.

On avive des solives, des pièces de bois, en dressant leurs faces pour rendre les arêtes plus vives.

AXE, s. m. — Toute hgne droite partageant en deux parties égales mi plan , une élévation , un bâtiment, ou l'une de ses parties ; ainsi on dit : l'axe d'une cour, d'une travée, d'une porte, etc.

L'axe d'une colonne est la droite qui passe par les centres de ses diamètres. On noimne axe Mliçoïdal, spiral, la ligne passant par les circonvolutions d'une hélice ou d'une colonne torse. L'axe de la volute ionique se nomme Cathète (voy. ce mot).

AZULEJOS, s. m. pi. — Can-eaux en faïence émaillés de riches couleurs, très employés par les Arabes et les Mores d'Espagne. Les riches maisons espagnoles possèdent toutes des revêtements d'azulejos ; c'est un grand luxe et ime marque de grande fortune.

AZUR, s. m. — Substance bleue tirée du cobalt ; on le nomme aussi smalt, lieu cH outremer.

Azur ou lapis-lazuli, pierre d'azur. — Pierre précieuse d'un bleu opaque, moucheté de blanc, parsemé de rares paillettes d'or. On en fait des bijoux et des coffrets ; on l'emploie, en incrustation, pour décorer certains meubles noirs, les bibliothèques en poirier, par exemple ; enfin en placage, pour faire des colomiettes, des dessus de guéridon et autres petits meul)les de prix. (Cf. Dictionnaire de la curiosité, v" Azur.)

BABYLOXIEXNE (Architecture). — Il n'est pas possible de se faire une idée de l'architecture babylonienne , car il ne reste de Babylone, une des plus anciennes et des plus célèbres cités du globe, qu'un amas de ruines informes, nommé par les Arabes Mudjelihé (renversé sens dessus dessous). Pour décrire cette architecture, nous serons donc obligé de nous on rapporter aux anciens qui en ont parlé , à Hérodote, à Diodore de Sicile et à Quinte- Curce.

La nécessité où se trouvèrent les Babyloniens de protéger leur \\\\q contre les inondations leur fit entreprendre des travaux architectoniques considérables. Les murs de Babylone, qui étaient considérés comme une des sept merveilles du monde , étaient entièrement bâtis eu briques ; car le sol d'alluvion sur lequel la ville était construite n'offi'ait pas de carrières de pierres.

Cette ville était si vaste que, suivant Quinte- Cm'ce, « elle n'était pas toute bâtie, et renfermait des jardins immenses, dont les plus célèbres étaient les jardins suspendus. Quant aux monuments de cette capitale , ils appartenaient à deux épo(pies distinctes : ceux du règne de Sémiramis étaient situés sur la rive occidentale de l'Euphrate; ceux, au contraire, de la rive orientale étaient du règne de Xabuchodonosor le Grand.

D'après le récit d'Hérodote, le mur d'enceinte avait un périmètre de 8G kilomètres (un carré qui avait 120 stades de côté) ; il avait 12U mètres de hauteur sur une épaisseur de 30 mètres. Ce mur était percé de cinquante ou soixante portes, (|uelqucs-uns disent cent , fermées par des vantaux de bronze ; deux cent cinquante tours étaient placées de distance en distance. Au pied de l'enceinte existait un large fossé très profond, dont la

cuve était garnie de In'iques cuites. La ville était construite avec beaucoup de régularité; ^dngt-cinq rues étaient parallèles à l'Euphrate et vingt-cinq autres étaient perpendiculaires à son cours. Un tunnel construit sous le fleuve réunissait les deux palais : celui de la rive droite , Birs-Nimroud (tour de Nemrod) , à celui dont on voit les ruines sur la rive gauche et que les Arabes nomment El Kasr (le palais). Au nord de celui-ci était le temple de Bélus, qui, d'après quelques archéologues, avait été bâti avec les ruines de la tour de Babel. Oppert a cru reconnaître des vestiges de ce temple. H avait la forme d'une pyramide à huit étages terminée par une plate-forme qui servait d'observatoire aux prêtres chaldéens, très versés dans l'astronomie. C'est dans ce temple que l'on conservait les archives et le trésor de la nation; aussi Xerxès, à son retour de Grèce, en fit-il faire le pillage par ses troupes. Dans cet immense amas de ruines, quelques archéologues ont cru voir le tombeau de Xabuchodonosor, car, un grand noml)re de briques portaient son nom {Néhuchadnézar) écrit en caractères ciméiformes.

Bibliographie. — Rich, Memoirs on the ruùis of Babylon, Lond., 3"= éd. ; Ker- Porter, Travels in Georgia, Persia, ancient Bahylonias, Londres, 2 vol. in-4" ; Ainsworth, Researches in Assijria, Bahylonia and Caldea, Lond., gr. in-S". (Voy. aussi la bibliographie à Assyrienne, Architecture.)

BAC, s. m. — Bassin creusé en terre dans lequel les maçons laissent s'éteindre la chaux ; dans les terrains mous, les côtés de ce bassin sont en planches ou en briques.

Bac. — Canal en planche, qui sert à conduire les eaux d'un point à un autre ; c'est une sorte de Buse (voy. ce mot).

Bac. — Large bateau plat glissant le long

BACHOT. — BADICxECX.

d'un câble et servant à i^asser un fleuve, une rivière, un canal.

BACHE, s. f. — Réservoir de l)ois ou de métal (\n\ affecte diverses formes.- Les haches sont, dans les chantiers, d'un grand usage pour contenir l'eau, alimenter la machine à vapeur, etc. ■

Bâche. — Grosse toile imperméable grise, verte ou noire, suivant qu'elle est imperméabilisée par l'huile de lin bouillante ou par le goudron. Elle sert, dans les chantiers, pour faire des couvertures provisoires qui empêchent les eaux pluviales d'inonder un bâtiment neuf ou en réparation.

Bâche. — Coffre vitré employé par les jardiniers pour le bouturage, le forçage des plantes ou pour obtenir des primeurs ; on pose les bâches sur des couches chaudes de fmnier, ce qui donne une température élevée dans leur intérieur. On appelle aussi ce coffi'e châssis.

BACHOT, s. m.

de bac.

Petit bateau, diminutif

BAC HOU, s. m. — Tonneau ouvert par le haut et servant de hotte.

BACQUETER, v. a. — Terme d'hydraulicien ; c'est épuiser l'eau d'une tranchée, d'une fouille, avec des pelles, des écopes, des vases et dos baquets.

BACTRÉALES, s.f. — Rognures de feuilles d'or,

BACULOMÉTRIE, s. f. — Art de mesurer les hauteurs au moyen de perches, de verges, de hâtons.

BADIGEOiST, s. m. — Couleur jaunâtre employée pour couvrir la façade de bâtiments ravalés en plâtre, en moellons et en pierre. Le badigeon se compose de lait de chaux, auquel on ajoute de la poudre de pierre tendi-e. Si l'on désire un ton plus intense, on ajoute de l'ocre jaune pour imiter les pierres jaunes, ou de l'ocre rouge pour les tons plus rosés, et quelquefois aussi de l'alun, dans la proportion de 1 kilogr. pour 35 kilogr. d'eau, pour

fixer la couleur et dtjnner plus d'adhérence à ce léger enduit, (|u'on applique à la brosse sur les murs à l'aide d'une corde à nœuds ou d'un échafaud mécani(|ue.

1\ existe une grande quantité de badigeons. Chaque jour amène une formule nouvelle ; nous donnerons les trois meilleures recettes.

BadiCtEON Lassaigxe. — Le badigeon dans lequel on fait entrer de- l'alun adhère fortement , mais son prix de revient est très éle^'é ; aussi un inventeur, Lassaigne, pour obtenir le même résultat d'une manière plus économique, remplaça l'alun par de l'argile blanche. Voici sa formule : 100 parties de chaux vive, 5 parties d'argile blanche et 2 parties d'ocre jaune. On éteint la chaux, on en forme un lait dans lequel on délaye l'argile, on abandonne le mélange pendant quelques jours, en ayant soin de le remuer de temps en temps, après quoi on ajoute les ocres colorantes. H est très important de laisser bien éteindre la chaux avant de l'employer.

Badigeox Bachelier. — Chaux récemment éteinte et tamisée , 28 parties ; céruse en poudre, 8 parties (on la remplace souvent par le blanc de Meudon) ; plâtre tamisé, 7 parties; fromage à la pie ^ 9 parties (on nomme ainsi un fromage mou bien égoutté). On mêle le tout , on le broie, on additionne de 25 litres d'eau, après avoir ajouté les quantités d'ocre voulues, suivant l'intensité du ton qu'on veut obtenir.

Badigeox américain. — Chaux vive, 1 7 litres ; chlorure de sodium (sel marin) , G kilogr. ; farine de riz, 1 kilogr. 500 gr. ; blanc d'Espagne, 280 grammes ; colle de Flandre, 500 grammes. On fait dissoudre le tout dans 25 litres d'eau bouillante, on remue le mélange, on le laisse cuire dix minutes, puis on l'applique très chaud. Ce badigeon est très solide.

Pendant les xvii" et xviii" siècles, sous prétexte d'augmenter la lumière à l'intérieur des églises, on badigeonna les miu's. Ce badigeonnage causa la perte de beaucoup de peintures murales, et empâta les fines sculptures du xvi" siècle. Aussi les architectes diocésains doivent-ils user de très grandes précautions pour débadigeonner les monuments dont on leur a confié la restauration. (Voy. Débadigeonnage.)

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