‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 136 sur 325 · BAPTISMALE. — BAPTISTÈRE · texte numérisé non relu

BAPTISMALE. — BAPTISTÈRE

redans de r°,75 de hauteur, pour former une nouvelle berge : ce sont ces redans qu'on nomme banquettes (fig. 1).

Fig. 1. — Banquettes de terres en excavation.

Dans certains cas, notamment dans une fouille en tranchée, on établit des banquettes au moyen de planches ou plats-bords qui portent sur des étrésillons servant à l'étayement. La terre piochée passe de banquette en banquette, et arrive ainsi jusque sur la berge, où s'opère l'enlèvement du dél)lai. Chacune de ces banquettes est occupée par un ouvrier nommé pelleur.

Quand les fouilles sont très larges, les platsbords sont portés par des boulins ou baliveaux; on établit de pareilles banquettes pour purger ou creuser à nouveau le fond d'un saut de loup, d'un fossé, etc. Notre figure 2 montre ce dernier genre de banquette.

Fig. 2. — Banquette de maçon située dans un fossé.

Banquettes. — Berges ou petits chemins pratiqués le long d'un canal, d'un égout, d'un aqueduc. Notre figure 8 montre, en h, h, des banquettes de cette nature. (Voy.. Canal.)

Banquette. — Elévation en terre, en pierre, en fascines , derrière laquelle se placent des soldats, pour tirera l'abri des projectiles ennemis. Il existe de ces banquettes au pied du

parapet d'un bastion ou des revers d'une tranchée. Ces parapets sont surmontés de sacs en terre qui forment de petites barbacanes.

Fig. 3. — Banquette.

Enfin , anciennement , ce mot était synonyme de Trottoir (voy, ce mot).

BAPTISMALE. — Yoy. Cuve.

BAPTISMAUX. — Voy. Fonts.

BAPTISTÈRE, s. m. — De paimcTr^piov, haptisterium, bain froid, où l'on se plongeait. Dans les thermes anciens, le baptistère était construit dans la ceJJa frigidaria. (Plin., Ej)., 2, 17, 11.) Notre figure 1 montre le plan d'un

Fig. 1. — Baptistère de Pompéi.

hapiisierium de Pompéi, tandis que notre figure 2 en montre l'élévation. C'est un bassin circulaire de marbre blanc de 3", 88 de diamètre. On y voit deux gradins, et au fond un banc de pierre qui permettait au baigneur de s'asseoir. La cuve de ce baptistère se rapproche beaucoup de celle d'un château d'eau

BAPTISTERE.

romain (casfclïum divisorium) qui existe encore à Nîmes. (Voy. Château d'eau.)

Fig. 2. — Baptistère de Pompéi.

Les baptistères anciens n'avaient pas tonjours la même forme : ils étaient quelquefois demi-circulaires ; ils servaient aussi à prendre des bains chauds.

Fig. 3. — Baptistère carré. Fig. 4. — Baptistère circulaire.

Baptistère. — Dans les premiers temps du christianisme, on appela ainsi des lieux où l'on donnait le liaptême par immersion : c'é-

Fig. 5. — Baptistère octogonal.

tait alors sur les bords de lacs, d'étangs, ou de rivières; plus tard, de grandes cuves,

creusées en teiTc ou enfoncées dans le sol, remplacèrent les baptistères de rivière.

Fig. 6. — Baptistère en forme de croix grecque.

A partir du ix^ siècle, on construisit spécialement pour cet usage des édifices qui affectèrent diverses formes : leurs plans étaient carrés avec des niches (fig. 3), circulaires (fig. -4) , octogonaux (fig. 5) , ou en croix grecque (fig. G) ; ils présentaient même d'autres formes, comme nos lecteurs le verront par notre figure 7.

A l'origine, les baptistères étaient très grands, parce qu'on n'administrait le baptême que deux fois par an, aux fêtes de Pâques et de la Pentecôte ; on les fit même doubles , un pour chaque sexe. Ils étaient ornés de peintures allégoriques et placés sous la protection de saint Jean-Baptiste. Beaucoup avaient des autels, où l'on disait la messe à l'issue de laquelle les néophytes recevaient la communion, après avoir été baptisés.

Les baptistères furent longtemps isolés des églises; plus tard, pour la commodité du service religieux, ils y furent reliés au moyen de péristyles ou de galeries, comme à Aquilée.

Fig. 7. — Plan du baptistère de Saiut-Jeaii, à Poitiers.

Quelquefois ils furent placés près du porche, sur les côtés de l'église; celui de Fréjus, dans

BAPTISTERE.

le Var, celui de Torcello, à Venise, sont dans cette situation. Ce dernier est décoré de huit colonnes anti(|ues en oi-anit gris, dont les chapiteaux sont en marbre blanc.

Le plus ancien baptistère qui existe en France est celui de Saint- Jean, à Poitiers; il

Fig. 8. — Coupe du baptistère de Saint-Jean, à Poitiers.

date des temps mérovingiens. Notre figure 7 en montre le plan , qui a une forme assez bizarre ; notre ligure 8 représente la coupe et celle de la cuve proprement dite : elle est octogonale ; la figure 9, l'élévation de ce même baptistère. A Laon, il existe un ancien édifice, connu sous

Fig. 9. — Elévation du baptistère de Saint-Jean, à Poitiers.

le nom (T église des Temjjliers, qui n'était qu'un baptistère, de même que le temple de Diane au Puy.

La plupart des baptistères existant en Italie sont des œu^^.•es très remarquables : citons notamment le baptistère de Florence, dont la voûte a été décorée de mosaïques par un élève de Cimabué, André Tasï, où se trouvent les célèbres portes en bronze, chef-d'œuvre d'André de Pise et de Lorenzo Ghil)erti, que Michel-Ange admirait et estimait si hautement qu'il les trouvait dignes de fermer le paradis.

Le baptistère de Pise, dont le plan est circulaire, a été bâti de 1153 à IICO par l'archi-

tecte Dicti Sahi. Il est élevé sur un stylobate à trois degrés supportant des colonnes corinthiennes. Une particularité assez curieuse, c'est que la cuve, de forme octogonale, de ce monument est divisée en cinq compartiments, et que, d'après certains archéologues, la division

Fig. 10 — Baptistère de Sainte-Constance, à Rome.

centrale était réservée au prêtre qui baptisait.

A Rome, il j avait plusieurs baptistères,;

Constantin en avait fait élever deux : celui de

Saint- Jzjn de Latran, qui portait son nom; et

Fig. 11. — Vue intérieure du baptistère de Sainte-Constance, à Rome.

dont la cuve ancienne était en basalte , et celui de Sainte-Constance , situé à deux milles de distance de la porte Pie, à Rome, auprès de l'église de Sainte-Agnès que Constantin avait construite. Le plan de ce monument est circulaire ; sa porte principale est précédée d'un porche maintenant ruiné, et il se relie à de vastes ruines qui présentent la forme d'un stade ou d'un hippodrome, et qui servirent, dit-on, de sépulture aux chrétiens qui avaient voulu être ensevelis auprès des catacombes de Sainte-Agnès. Xotre figure 10 fait voir l'élévation du baptistère de Sainte-Constance, et

BAR. — BARBACAXE.

notre figure 11, une vue intérieure. Disons, en terminant, que quelques archéologues ont prétendu qu'avant d'être un baptistère cet édifice aurait été mi temple dédié à Bacchus.

Tl existe encore des baptistères à Bologne, à Crémone, à Xocera de Pagani, à Padoue, à Parme, à Pistoie, à Eavenne, à Vérone et à Yolterre.

A partir du viii"^ siècle, les baptistères disparaissent, pour céder la place aux cuves baptismales et aux fonts l)aptismaux, seuls aujourd'hui en usage pour administrer le baptême. (Yoy. Cuve baptismale et FoîfTS

BAPTISilAUX.)

BAR. — Yoy. Bard.

BARBARES, s. m. — Les Grecs nommaient barbares tous les peuples qui n'étaient point de race hellénique ; les Romains euxmêmes, qui pour les Grecs n'étaient que des barbares, qualifièrent ainsi tous les peuples qui n'étaient pas soumis à leur domination et qui vivaient sur leurs frontières ou plus an loin. En fait d'art , tout ce qui ne sortait pas de la Grèce était traité de barbare. (Yoy. Barbarie.)

BARBARIE, s. f. — La barbarie, dans les œuATes d'art, consiste dans une rudesse d'invention et d'exécution, mie manière outrée de la force, qui étonne plus qu'elle ne plaît, qui frappe et qui en impose, sans produire une l)onne impression. En architecture, on qualifie de barbares des œmTes lourdes et massives, telles que les peuples de la décadence en ont exécuté dans les temps anciens et à la chute de la domination romaine.

BAQUET, s. m. — Récipient, vaisseau de bois, cerclé de fer, (pii sert à porter le mortier. — En serrurerie , ce terme s'applifpie à une cuve de Iwis : ainsi la forge double a deux baquets à charbon.

BAQUETER, v. a. — Épuiser l'eau d'une fouille, d'une tranchée, d'un l)assin, à l'aide d'une pelle ou d'une écope.

BARAQUE, s. f. — Construction légère, ordinairement toute en bois, dont la couverture est en carton, en toile ou en papier goudronné. Les baraques sont employées pour les camps, les ambulances temporaires, et pour les hôpitaux, dans certains pays. Leur structure se compose de Fermettes (voy. ce mot) , de poteaux et de planches ; le tout est quelquefois monté sur un soubassement en briques. LTn poêle intérieur en faïence sert à chauffer et à ventiler. Les baraques sont souvent à doul)les parois, surtout quand elles servent d'hôpital permanent et de salles de chirurgie. La Imra(pie ou le baraquement est le véritable hôpital de l'avenir, parce que son prix de revient n'est pas élevé, et que son entretien est peu coûteux. En outre, quand les salles d'hôpitaux sont infectées par une contagion épidémique, on peut l)rûler les salles trop anciennes qui passent pour insalubres.

BARAS, s. m. — Résine iJrovenant du pin maritime {Pinus laricio) et qui sert à fal:)riquer des vernis communs, tirés du résidu de la résine. On le nomme quelquefois Galipot (voy. ce mot) ; cependant cette dernière substance a plus de prix ; elle est un produit intermédiaire entre le baras et la térébenthine.

BARBACAXE, s. f. — Baie de petite dimension, étroite et longue, pratiquée dans les édifices pour donner de l'air et du jour à des locaux accessoires. Dans les constructions militaires, les barbacanes servent à tirer à couvert sur les assaillants. Dans ce dernier cas, on dit aussi Meurtrière (voy. ce mot).

Les barbacanes éclairaient souvent les rezde-chaussée, les cryptes, les tom-s, les clochers, et des locaux tels que dépôts, magasins, granges, celliers, écuries, étables et autres bâtiments d'exploitation agricole.

Le moyen âge a beaucoup usé de la barbacane pour ses constructions civiles, religieuses ou militaires, car les tourelles d'escalier n'étaient, à peu d'exceptions près, éclairées que l)ar des barbacanes. Elles servirent encore à aérer les charpentes des grandes constructions ; aussi les voit-on à la partie supérieure des pignons, où elles remplacent des ocall.

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