‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 195 sur 325 · BRIQUE · texte numérisé non relu

BRIQUE

dernières se subdivisent en briques ordinaires, rèfraciaires, pleines et creuses.

Briques chues. — Elles ne sont employées que dans les pays méridionaux, parce qu'elles se désao-réo-eraient dans les pavs hmuides. L'existence des briques crues remonte à la plus haute antiquité, puisque certains auteurs prétendent que la tour de Babel avait été construite avec des briques crues. Toujours est-il qu'elles entraient dans la construction des monuments égyjrtiens. IJans les ruinessdeXiuiveet de Babylone , ces briques présentent souvent des inscriptions en caractères cunéiformes. Les Grecs et les Romains les ont fréquemment employées dans leurs édifices publics et privés. Les époques les plus favorables pour fabriquer les briques crues sont le printemps et l'automne. En hiver, il serait difficile de les faire sécher, ensuite la gelée pourrait désagréger celles qui seraient fabriquées. En été, elles sécheraient trop rapidement et risqueraient de se fendiller. On ne doit employer les briques crues pour les constructions qu'alors seulement qu'elles sont complètement sèches. Yitruve va jusqu'à recommander de ne s'en servir que deux ans après leur fabrication.

Briques cuites. — Comme les précédentes, les briques cuites sont connues de toute antiquité ; les Grecs les employèrent de bonne heure. Les murs de Mantinée et une partie de ceux d'Athènes, ainsi que ceux de divers temples, étaient en briques. Les Romains s'en ser- ■\'irent non seulement pour leurs monuments, mais pour des pavages dans lesquels les briques , posées de champ , formaient un appareil en arête de poisson ou en épi {opus spicatum). (Voy. Appareil, fig. 12.) Beaucoup de briques romaines portent le monogramme ou la marc^ue de leurs fabricants, quelquefois même la date du consulat qui a vu leur fabrication.

Taudis qu'à l'époque romano-byzantine , la bri(iue fut très employée dans les édifices religieux, dans la période ogivale, au contraire, elle fut presque délaissée. Nous ne connaissons guère en fait de monuments importants que la cathédrale d'Albi, Saint-Serniu de Toulouse, et quelques églises de Belgique où il s'en trouve; mais, à partir de la renaissance, la brique reprit faveui', et les architectes du

xxi^ siècle l'employèrent en revêtement, comme ornementation et comme construction ; citons notamment certaines parties du palais de Fontainebleau, et l'aile Louis XIII du château de Blois.

De nos jours, il se fait une consommation considérable de briques , car elles remplacent avec avantage dans bien des cas le moellon et suppléent avec économie à la pierre de taille. Aussi fabrique-t-on des Indiques de toutes formes et de toute dimension. Ou en fait de pleines et de creuses ; ces dernières même présentent des avantages *à divers points de vue. — Les petites briques mesurent de 0'",1() à 0™,19 de longueur sur 0'",08 à 0™,09 de largeur et 0"',04: ou C^jOG d'épaisseur. — Les moyennes ont 0°',22 à 0",24 de longueur sur 0",11 à 0'",12 de largeur et (J™,0() d'épaisseur. Les grandes ont depuis O'^jSO et O^^Sfi de longueur sur 0™,20 à 0^,24 de large et 0'^,04 à 0"V)5 d'épaisseur.

Voici les principales qualités que possèdent les bonnes briques : homogénéité , régularité de forme, uniformité dans leur dimension et cou-

Fig. 1. — Briques à 3 , 6 et 8 canaux.

hm; facilité de taille. Elles doivent, en outre, rendre un son clair quand on les frappe avec un corps dur, une clef, par exemple ; avoir le grain fin et serré ; ne renfermer aucun élément susceptible de les dégrader, après leur mise en œuM'e ; enfin elles doivent résister à l'action de la gelée et des intempéries de l'air.

Les briques creuses sont réser^'ées à la confection des ouvi-ages légers, des cloisons et des planchers, qu'elles assourdissent. Nos figures représentent divers types de briques creuses ,

BRIQUET. — BRIQUET Af;E.

dont les légendes nous dispensent de donner l'explication. Une des bonnes briques creuses est dite brique Borie, du nom de son fabricant.

Briques Gourlier. — On nomme ainsi, du nom de leur inventeur, des briques de grand et (le petit modèle remplaçant, dans les mvirs, les anciens coffres et les tuyaux de fonte qui servaient aux conduits de la fimiée. Ces briques présentent l'avantage de pouvoir se liaisonner avec les matériaux constituant le mur; aussi Gourlier a rendu un grand service aux constructeurs en inventant ces tuyaux en poterie.

Nous en parlerons à son rang. (Voy. Conduit et Cheminée.)

Briques réfractaires. — Les briques

Fig. 2. — Briques à 9 canaux et à canaux croisillons.

réfractaires doivent résister sans se fendre ou se déformer à l'action d'une forte température. C'est pour cela qu'on emploie pour les fabriquer des argiles plastiques contenant peu de cbaux et d'oxyde de fer.

Fig. 3. — Brique employée pour ventilation.

Même dans un très long article nous ne pourrions donner une idée de cette importante fabrication ; aussi renverrons-nous le lecteur à des ouvrages spéciaux, qui indiquent les bonnes qualités de terres , les meilleurs procédés de moulage, les fours les plus perfectionnés pour la cuisson, etc., etc.

BRIQUET, s. m. — Petite charnière ou couplet de fer ou de cuivre qui a deux broches et ne s'ouvi'e que d'un côté. Le briquet sert à la serrure des Abatants (voy. ce mot, § 2).

Briquets. — Ornements que l'on noimne aussi trèfles, et qu'on sculpte sur mie doucine.

BRIQUETAGE, s. m. — On désigne à la fois sous ce terme l'emploi et la manière d'employer les briques.

Le In'iquetage, en tant qu'appareillage de la brifine, varie suivant les formes et les dimen-

pihSpsrTîfiiETiïîSES^

i».J.i.>ii|:|.!.'..ïgî

iMiîiaMi;iiaiiiiim]iiiii;ii!ii;iiii!i;iSii'ji''i^

Fig. 1. — Briques de champ (galanUage).

sions de celle-ci, suivant aussi l'époque et le pays dans lequel la brique a été appareillée. Ainsi les briques de forme ordinaire sont

Fig. 2. — Briques à plat (panneresses).

susceptibles d'être appareillées suivant les différentes manières indiquées par nos figures : de champ (fig. 1), lorsqu'une simple épaisseur

xw

■ '■"I'":' lir^''"

-■I -viT-r

nC'

\l|i;illllBl!;!|lHii5ii!i:;i;;;li;r

Fig. 3. — Jlur de deux briques eu longueur.

de brique suffit au genre de construction qu'on veut exécuter ; à pht (fig. 2), lorsqu'il est nécessaire de profiter de la largeur de la brique

ji

Fig. 4. — Mur d'une brique en longueur et en largeui-, ou trois briques en largeur.

pour des murs ou cloisons un peu plus épais ; ou de ces diverses manières (fig. 3, 4, 5, G, 7) pour les murs de deux , trois , quatre largeurs de briques d'épaisseur, posées tantôt en largeiu-, tantôt en longueur. Comme on le A'oit, excepté les cloisons en briques de champ, toutes les

BRIQUETACxE.

autres combinaisons se font en Iniques à plat diversement disposées. Les légendes de nus figures nous dispensent d'expliquer ces diverses comliinaisons. Les briques peuvent encore se

'|l'lin|r;|[|' ||l! II'IHII. >iï'!liril|lll|li.

'l|i|!lil;iillllllll!fflllWIIIMllilllti1lilllllèll1fli|llHIIIWMl1IPIMIIIl|liSlili

Fig. 5. — Mur de deux briques en longueur.

poser en épi, soit à plat, soit de champ {opus spicaiim). (Yoy. Appâeeil, fig. 12.) Cette disposition est usitée pour le pavage et pour les

f i - 1' :i I V ■ I I .■■ !■:' I ~i I li'iiaiiMl

i : I ' ].■'•> ' T'i" I'" "■ !' 'l'i!' I-"'' ■' !'''!■ I'"' «iiii

Fiy. G. — iliu- avec vide à l'intérieur.

voûtes minces et légères en briques, qui s'appareillent toujours suivant les mêmes principes de liaison que la construction de pierres de

'1 i ' 1 . 1 .1 1 '1 II' < M

Fig. 7. — Mur avec une brique en longueur et deux eu largeur, ou quatre briques en largeur.

taille. On doit éviter la continuation des joints verticaux, ce qui est très facile, car les briques sont des matériaux très commodes à poser. —

[ ' t" '"'■ ■.'.! lll.ii("i!l'.U'i|i|ll

ji,i.f' ((içi; iij

fl

[Sg

rb^r: 1

f"r |ir"iihii:i

|:i|lll''la;llli;iî

IW'i'il

'■1 llHilîïll

IIHHI

Fig. 8. — Balustrade en briques.

Les constructions en l)ri(|ues dont l'épaisseur n'a (ju'une brique posée de champ (fig. 1) prennent le nom de (jalcmdages ; celles dont l'épaisseur est égale à mie largeur de brique à plat sont dites cloisons en briques pmmer es-

ses (fig. 2) ; enfin, lorsque les murs en briques comportent la longueur d'une brique en épaisseur, on les nomme cloisons en briques houfisses; jusqu'à cette épaisseur, les constructions en briques sont qualifiées de cloisons. Le nom de murs n'est applicable qu'aux constructions qui ont au moins une longueur et demie de brique comme épaisseur.

Fia

Balustrade en briques.

Avant de poser les briques, le briqueteur doit les faire tremper dans l'eau : sans cela elles absorberaient l'eau contenue dans le mortier ou le plâtre, et leur adhérence serait incomplète. L'épaisseur des joints de mortier ou de plâtre ne doit pas dépasser 1 centimètre. A l'aide

Fig. lu. — Souche de cheminée en briques.

de diverses coml)inaisons, en bri(]ues ornées ou en briques ordinaires, on exécute des briquetages décoratifs. Ainsi, en superposant les briques et en laissant entre elles des \'ides , ou bien en établissant alternativement des lignes de briques posées à plat et en .diagonale, on construit d'élégantes balustrades ; nos figures 8 et 9 en montrent deux exemples. Du reste, à l'aide de la brique on a fait toute sorte de constructions, des consoles, des bandeaux, des cor-

BRIQUETER. — BRISIS.

niches, des souches de cheminées et jusqu'à des couronnements de constructions mihtaires.

Xotre figure 10 montre une souche de chemi-

Fig. 11. — Couronnement de mur en briques avec crOneaux.

née existant encore à Asti (Piémont) ; notre figure 1 1 , un détail de couronnement de mur avec créneaux d\ine tour faisant partie d'anciens palais de la même ville piémontaise.

BRIQUETER, v. a. — Employer de la brique, construire en lyrique, faire un Iniquetage. — A l'aide d'un badigeon ou d'une impression d'ocre rouge et de joints blancs, imiter sur plâtre un briquetage.

BRIQUETEUR, s. m. — Ouvi-ier qui emploie la brique, qui fait des constructions en briques. Comme l'emploi de la brique exige une grande habileté, qui ne s'acquiert que par une longue habitude, pendant longtemps on s'est servi à Paris pour ces genres de travaux d'omTiers spéciaux (|u"'on faisait venir d'Angleterre, de Flandre et de Hollande. Aujourd'hui nos limousins briquettent aussi bien que le meilleur briqueteur.

BRIQUETERIE, s. f. — Fabrique de briques, établissement que les anciens nommaient laferaria. (Pline, Hist. naf., VII, 57.) Il existe aujourd'hui des briqueteries de toute importance, depuis la briqueterie établie à pied d'œuvre, lorsque le terrain fournit l'ar-

gile, jusqu'à l'usine qui comporte tout l'outillage perfectionné, et dans laquelle on produit des milliers de briques par heure.

BRIQUETIER,5. î«.

ou qui vend des briques.

Celui qui fabrique

BRIQUETIS, s. m. — OuATage en briques, travail en briques. (Voy. Briquetage.)

BRISE, s. f. — En architecture hydraulique, ce terme désigne une poutre placée en bascule sur la tête d'un gros pieu sur laquelle elle pivote et sert à appuyer par le haut les aiguilles d'un pertuis.

BRISE-GLACE, s. m. — Charpente posée en avant-bec et en amont devant la pile d'un pont, et qui sert à la protéger du choc de la glace lors du charriage ou de la dél)àcle des glaces. Les brise-glace sont des espèces d'éperons formés de pieux disposés en triangles, lesquels pieux sont réunis par des moises ou' des chapeaux rampants.

BRISE, EE, j;«r/. iMssé. — Ligne ou objet linéaire formant un ou plusieurs angles. Les Bâtons eompus ou Chevrons (voy. ces mots), etc., sont des filets ou tores brisés. L'arc brisé, nommé aussi arc angulaire, se compose de deux lignes droites formant un angle plus ou moins ouvert. (Voy. Arc, fig. 1.) — Un vantail Irisé est celui qui se ploie en deux ou trois parties s'appliquant l'une sur l'autre ; m\ fronton Irisé , celui dont les rampants sont l)risés dans leur plan, ou celui dont le sommet est interrompu pour laisser passer un amortissement, un vase, ou tout autre objet.

Brisé (Comble). — Comble dont la charpente est disposée de telle sorte que le toit présente dans sa hauteur deux pentes différentes sur le même versant ; on le iioimne aussi comble à ta Mansard, du nom du célèbre architecte. (Voy. Comble.)

BRISIS, s. m. — Arête ou ligne de brisure d'un comble brisé. Une panne règne toujours au droit d'un brisis ; on l'appelle panne de hrisis. Il existe aussi des arbalétriers de bri-

Page 1