BLEAU
CHABLOTS, s. m. pi. — Petits cordages de trois ou quatre torons au plus, servant à lier, à réunir les échasses pom- les échafauds de maçons. (Voy. Cableau et Échafaud.)
CHAINAGE, s. m. — Opération qui a pourbut de relier et de maintenir réunis entre eux des matériaux, des murs et des parties de bâtiment. On obtient ce résultat au moyen de piè- . ces de bois ou de métal qu'on pose horizontalement dans l'épaisseur des matériaux ou des murs. — Les anciens reliaient entre eux des blocs de pierre, des assises de maçonnerie, à l'aide de doubles queues d'aronde en bois durci au feu , mais surtout avec des queues en bronze ; c'est ce qu'ils nommaient oims revinctum. (Voy. Appareil, fîg. 15.)
Ils employaient aussi des goujons de bronze et des Crampons (voy. ce mot), qu'ils noyaient dans du plomb fondu.
A l'époque mérovingienne, et jusqu'au xii"" et au commencement du xiii'' siècle, on employait pom* le chaînage des murs des longrines en bois. A partir de la seconde moitié du xiii^ siècle , on substitua le fer au bois ; mais de tout temps le chaînage a été reconnu utile. En effet, quelle que soit l'épaisseur des miu's d'un bâtiment , le tassement , le poids des planchers et principalement des combles tendent à les pousser en dehors, au vide. C'est pour s'opposer à cet écartement qu'il est indispensable de chaîner les murs et les constructions.
Pratique. — Aujourd'hui, on n'emploie guère que le fer pour chaînage ; et l'expérience
CHAINAGE.
Oi .
a fait connaître qu'il y a un avantage incontestable à employer des fers méplats au lieu de fers carrés de même superficie, comme on le faisait autrefois. Les premiers sont beaucoup plus forts, beaucoup plus résistants. Ainsi une barre de fer méplate de 0™,(»27 de largeur sur 0™,009 d'épaisseur était aussi forte qu'une de 0™,018 eu can'é, quoique la superficie du rectangle qui forme la première barre (soit 0^,000243) ne soit que les trois quarts de la superficie du carré (soit 0'",000324) qui forme la grosseur de la seconde : d'où il résulte que la force des barres de fer est en raison de leur périmètre et non de la superficie de leur section, comme on serait tenté de le croire de prime abord. — L'avantage du fer méplat provient de ce que , à volume égal , il présente plus de surface que le fer carré : c'est là ce qui fait sa force, car plus lui fer reçoit la pïession du marteau, plus grande est sa résistance. Le martelage, en effet, allonge le fer en filaments qu'on appelle 7ierfSj tandis que le fer qui ne subit pas cette préparation est simplement à gros grains. Ce dernier est quinze fois moins fort que le fer à nerfs. Malheureusement les plus forts marteaux ne transforment les gros fers en nerfs qu'à une profondeur maxima de O'^jOOie ou 0'",0048 ; il en résulte qu'un fer n'est tout nerf que si son épaisseur ne dépasse pas 0",012 à U°',016.
Assemblage des chaînages. — Il y a quatre modes principaux d'assembler les chaînes ;
Fig. 1, — Assemblages à crampon.
ce sont : les assemhiages à crochet o\\ à crampon, les assemblages à charnière, à talon, enfin à moufle ou mentonnet.
Fig. 2. — Assemblage à charnière avec clavette.
L'assemblage à crampon a été pratiqué à la Sainte-Chapelle du Palais, à Paris, par PieiTe de Montereau. Il se compose d'une sé-
rie de pièces en fer dout un bout est un anneau et l'autre un crochet. Ces pièces s'accrochent les unes aux autres, comme le montre la figure 1. Cette chaîne est posée à la Sainte-Chapelle dans une rigole taillée dans le lit de l'assise ; elle est coulée dans le plomb.
Fig. 3. — Assemblage à charnière avec boulon à vis.
Uassemilage à charnière se compose, comme le montrent nos figures 2, 3, 4, 5, 6, de deux barres de fer. L'extrémité de l'une de ces bar-
Fig. 4. — Assemblage à charnière avec boulon à vis.
res forme une fourchette dans laquelle on insère le bout de l'autre. On introduit dans le trou pratiqué dans les épaisseurs de ces fers un bou-
Fig. 5. — Assemblage avec double coiu (l'^'' type).
Ion à clavette (fig. 2) ou à vis (fig. 3 et 4) , ou un double coin (fig. 5 et 6). Généralement on doit employer les doubles coins, parce qu'en les enfonçant avec force, on tend la chaîne.
Fig. 6. — Assemblage avec double coin (2» type).
Dans l'assemblage à moufle ou ii mentonnet, les extrémités des barres de fer sont terminées par des talons tournés en sens contraire; on maintient la réunion des barres à l'aide de bagues (fig. 7), ou plutôt avec des brides en fer méplat de 0'°,04 à 0'",(i5, qui ne sont pas soudées (fig. 8). Quand les barres de fer sont de petites dimensions, on les assemble
CHAIXP].
au moyen d'un simple trait de Jupiter, comme le montre la figure 1) ; dans ce cas, les brides sont des bagues rondes extérieurement, tandis qu'à l'intérieur elles épousent la forme des fers auxquels on les ajuste.
Pose des chaînages. — Il y a plusieurs ma-
Fig. 7. — Assemblage à moufle.
nières de poser les chaînes, suivant que le bâtiment est isolé ou adossé à d'autres constructions. S'il est isolé, on chaîne les murs de face
Fig. 8.
Assemblage à moufle ou à mentounet.
et de côté, et quelquefois même, quand le bâtiment est très important, on pose des chaînes en diagonale qui passent sur les planchers. Au
Fig. 9, — Assemblage en trait de Jupiter.
contraire, si le bâtiment est adossé ou entre murs mitoyens , les chaînes ne sont généralement tendues qu'entre les murs des faces principale et postérieure. Cependant il est toujours préférable de chaîner un bâtiment comme s'il
Fig. 10. — Extrémité des chaînes recevant l'ancre.
était isolé. Chaque chaîne est terminée par un œil (fig. 10) dans lequel on introduit des Ancres (voy. ce mot) que les ouvriers nomment ancriaiix. On donne à ceux-ci la forme d'un S ou d'un Y, pour qu'ils embrassent une grande surface de mur. Dans bien des cas, on encastre les ancres dans l'épaisseur des murs , pour ne pas nuire à l'effet des façades.
C'est une pratique condamnable : il vaut bien mieux laisser les ancres apparentes en dehors des murs de face. Ce mode offre beaucoup plus de solidité. Du reste, un architecte quelque peu habile sait en faire un motif de décoration qui satisfait agréablement la \Tie et qui ne nuit en rien à l'effet des façades. Au mot Ancre, nous avons donné quelques exemples d'ancres apparentes ; le lecteur trouvera , au mot Clou , des têtes de clous qui pourront lui fournir des modèles très décoratifs d'ancres; c'est dans cette intention que nous les avons dessinés à grande échelle. — Pour la jurisprudence du chaînage, voir celle des articles Ancre, et Mitoyen, Mur.
CHAINE , s. f. — Dans les murs faits en petits matériaux (moellons, briques, etc.), on nomme chaînes certaines parties de construc-
Fig. 1. — Chaîne eu pierre dans un mur eu moellou.
tions intermédiaires , espèces de piles qui servent à donner plus de résistance , plus de solidité à ces murs. Les chaînes sont appareillées comme
Fig. 2. — Chaîne d'encoignure dans des murs en brique.
le montre notre figure 1, les assises sont alternativement longues et courtes ; les premières font Harpes (voy. ce mot). On nomme chaîne (T encoignure celle qui est au coin d'un pavillon ou d'un avant-corps, à l'angle d'un bâtiment
CHAINER.