CRETE
CRÉPI, s. VI. — Couche de plâtre qu'on applique sur un mur en maçonnerie, en pan de bois, sur le hourdis d'une cloison, sur un auget, etc. , pour préparer la surface à recevoir l'enduit. Parfois cependant, par raison d'économie , les crépis ne se recou\Tent pas d'enduit : par exemple, sur les murs de clôture, des pignons, etc., qu'on veut exécuter à bon marché.
On fait aussi, avec du plâtre au sas, des tables renforcées ou des parties saillantes, qui sont encadrées de moulures ou de bandeaux dans un but décoratif. On appelle ce genre de crépi moucheté, parce qu'il contient une grande proportion de moucliettes , que l'on projette au moyen du balai , comme pour le gobetage.
On colore quelquefois le crépi moucheté, soit au moyen de charbon ou de mâchefer piles, pour obtenir une couleur d'un gris plus ou moins foncé; ou bien, pour avoir des mouchetages jaunes ou rouges, on mêle au plâtre des ocres colorantes. Ces sortes de décorations, faites avec discernement, ornent d'une manière convenable les bâtiments ruraux.
CREPIR, V. a. — Apphquer un crépi, faire un crépissage.
CRÉPISSAGE, s. m. — Pour exécuter un crépissage au plâtre sur un mur neuf, on commence par mouiller son parement, sur lequel on projette du plâtre. S'il s'agit, au contraire, d'une ■s'ieille maçonnerie, on doit hacher ou 'bûcher le vieux plâtre, puis on le nettoie et on l'humecte convenablement. Ces opérations sont indispensables pour obtenir un crépi adhérent.
Le plâtre ne doit pas être gâché trop serré ; quand il commence à Couder (voy. ce mot) , on le projette à ]a truelle sur la surface à crépir. Ce jet exige de l'habitude pour que le plâtre s'applique régulièrement sur la construction et sans trop de perte. Dès que le plâtre commence à prendi'e dans l'auge , il faut l'employer à la Taloche (voy. ce mot). En passant le plâtre jeté à la truelle , le maçon commence à dresser le crépi, qu'il achève de rendre 'plan à l'aide de la truelle , et , passant légèrement avec le tranchant de cet outil sur la surface du crépi , il y forme de petites hachures qui pei-mettent à l'enduit ultérieur une pai-faite adhérence. —
Les crépis destinés à rester apparents doivent être d'un fini plus parfait que ceux qui doivent recevoir un enduit.
Les crépis de plafonds offrent plus de difficultés que ceux faits sur plans verticaux, aussi sont-ils payés avec une plus-value.
CRÊTE, s. /. — Ornement découpé et à jour, courant sur le faîtage d'un comble, auquel il sert en quelque sorte d'amortissement. Particulière à l'architecture romane et ogivale, l'idée de cette décoration a pu tirer son origine des cours d'antéfixes de l'architecture antique. Les antéfixes, en effet, décoraient non seule-
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Fig. 1. — Crête de Téglise Saint-TropUime , à Arles.
ment le pied, mais aussi le faîtage des combles. Ces ornements, dont il existe en Auvergne et dans l'extrême midi de la France des spécimens du xi^ et du xii'' siècle, furent d'abord
Fig. 2. — Crête de réglise de Cogniat (Allier).
en pierre, et par conséquent leur dessin était largement exécuté et peu compliqué. Notre figure 1 montre de face et de profil une crête en pierre de l'église romane de Saint-Trophime, à Arles (Bouches-du-Rhône) ; tandis que notre figure 2 représente celle de l'église de Cogniat (Allier). Plus tard on les fit en fer et
CRÉTIAUX. — CROCHET.
en plomb, et ces matières permirent de leur donner une ornementation très riche et des plus élégantes.
C'est au xv" et au xvi" siècle que ce genre de décoration fut le plus en faveur. Dès le xv'' siècle, aux crêtes se joignirent, pour décorer les sommets des combles, des épis, des girouettes et des îumbrequins de plomb.
En couverture, on nomme crête le scellement au mortier ou au plâtre que l'on exécute sur les tuiles faîtières pour les relier les unes aux autres.
En termes de fortification, c'est la partie la plus élevée d'un glacis, qui forme le parapet d'un chemin couvert.
CRÉTIAUX, s. m. pi. — Petites surfaces horizontales réservées au droit des joints sur les rampants de corniches de certains édifices du moyen âge. Les crétiaux servaient à éloigner les eaux tombant des combles et permettaient aux omaiers de marcher sur la saillie des corniches.
CREUSER, V. a. — Rendre creux. — En serrurerie, on creuse certaines pièces. — En termes de terrassier, c'est pratiquer une excavation dans le sol, faire une fouille.
CREUSET, s. m. — Récipient en terre réfractaii*e employé pour la fusion des métaux. — C'est aussi un fourneau à forge qui sert à raffiner et revinifier les miettes, les cendres, les crasses ou écumes du plomb, après les avoir lavées.
CREVASSE, s.f. — Fente dans un terrain, dans un mur, dans un plafond ou dans un enduit.
CRIBLE, s. m. — Outil du terrassier ou du marchand de sable, qui permet de séparer le caillou du sable, et celui-ci en gros sable et en sable fin. Il existe des cribles ronds et des cribles carrés de grandes dimensions ; quelquesuns sont placés dans les chantiers comme des chevalets, et un pelteur jette avec force contre leur face du sable et du caillou mêlés : le premier traverse d'un côté, tandis que le caillou descend en avant du crible.
CRIC, s. m. — Outil composé d'une Crémaillère (voy. ce mot) qui est mise en mouvement par des engrenages, mus eux-mêmes par une manivelle dont l'axe est pourvu d'un Encliquetage (voy. ce mot), afin d'empêcher la barre dentée de redescendi'e sous le poids de la charge quand on s'aiTête et qu'on n'exerce plus aucun effort. Cet outil sert aux carriers, aux charpentiers et aux maçons pour soulever et mouvoir de lourdes charges. La tête de la crémaillère porte deux cornes disposées en manière de croissant mobile autour de son axe, et quelquefois immobile. Le pied de la crémaillère est recourbé en dehors et porte éga-
Cric.
lement un crochet faisant saillie hors de la boîte. (Voy. notre figure.) Celui-ci sert à lever les objets dont le point de prise est à une faible élévation au-dessus du sol, sur lequel le cric prend son point d'appui.
Le cric est surtout employé sur les chantiers où l'on taille la pierre ; les binards qui servent au transport des pierres en sont aussi généralement pourvus.
CRIQUES, s. /. pi. — Fentes transversales existant sur des pièces de fer forgé ; elles sont causées par la pression du martinet. Les fers aigres portent souvent des criques.
CROCHET, s. m. — En architecture, ce mot est quelquefois synonyme de crosse; nous n'en parlerons pas ici, et nous renverrons le