‹ Dictionnaire raisonné d'équitation (volume 2)Chapitre 124 sur 144 · RECOMMENCER · texte numérisé non relu

RECOMMENCER

lier toute la gentillesse et l'agrément dont îl est susceptible.

L'écuyer qui proportionne ses exigences aux moyens du cheval, peut seul le foire ressortir avec avantage , et lui faire exécuter des mouvements prompts et précis.

RECOMMENCER UN CHEVAL. Celui qui, faute de méthode, en a précipité l'instruction, puis revient sur ses pas et observe une gradation, sans laquelle les idées du cheval sont toujours confuses, et l'éducation factice et imparfaite; celui-la, dis-je, recommence un cheval.

On est souvent obligé de recommencer un cheval qui a été mal mené, après avoir été dressé. Dans ce cas, l'écuyer peut facilement, en reprenant son éducation aux deux tiers ou aux trois quarts , le remettre promptement au point d'où il était parti ; car il n'est pas possible qu'un cheval bien dressé perde souvenance de tout ce qu'il a appris : il faudrait, pour cela, qu'il oubliât tout, par une gradation opposée à celle qui a fait son éducation, et cela est de toute impossibilité.

Les chevaux ont une mémoire trop heureuse pour perdre entièrement le savoir qu'on leur a inculqué; mais la position qui donne Téqui-

libre peut se détériorer, et il n'en faut pas davantage pour rendre les mouvements lents et l'exécution difficile.

Aussi, pour leur rendre le savoir, suffit-il de leur rendre la position qu'ils avaient précédemment.

RECULER (du). Les auteurs sont peu d'accord sur le temps qu'il faut choisir, dans le cours de l'éducation du cheval, pour le faire reculer; les uns terminent son éducation par ce travail, et les autres croient qu'il suffit qu'elle soit à moitié pour le commencer.

Ils ne sont pas plus d'accord sur les moyens propres à l'obtenir.

L'un de nos confrères les plus distingués s'explique de la manière suivante :

uSl le cheval refusait de reculer, dit-il, le >i cavalier qui est à pied aiderait celui qui est à » cheval, en touchant de petits coups de gaule » sur le poitrail et les genoux; dans le même » moment, on doit faire agir les rênes. On peut » aussi, pour faciliter le mouvement, faire n sentir successivement l'effet de chaque rêne, » jusqu'à ce que le cheval recule ; le mouve- » ment des rênes s'exécute légèrement, pour » ne pas abîmer les barres. »

Quant à l'époque à laquelle on doit habi-

RFXULfeR. 257

luer le cheval au reculer, je crois que ce doit être dès ses premiers exercices.

Dans tous les cas, le reculer doit certainement précéder le rassembler, car si le cheval ne sait pas reculer, il se rassemblera difficilement, vu l'impossibilité où il sera de revenir sur lui-même. Il faut toujours commencer par des choses aisées ; ainsi, il lui sera physiquement moins pénible de reculer que de réunir l'effet de toutes ses forces vers un même point, ce qui constitue le rassembler. Il n'y a pas d'autre moyen d'assouplir les reins du cheval que le reculer; et sans le liant de cette partie, les changements de direction ou d'allure seront toujours difficiles et parfois impossibles.

Après avoir assoupli l'encolure du cheval dans l'inaction, ce qui doit être fait dès les huit ou dix premières leçons, on le fera reculer immédiatement, non comme l'indique l'auteur que je viens de citer, en se contentant de tirer sur les rênes de la bride, mais bien en faisant précéder les jambes , et en ne soutenant la main qu'après une légère mobilité de la croupe.

Ce principe surprendra nos écuyers à routine ; mais, pour éclaircir leurs doutes, faisonsleur remarquer comment le cheval refuse de reculer, et pourquoi notre principe est indispensable. Les chevaux reculent rarement livrés

Page 1