‹ Dictionnaire raisonné d'équitation (volume 2)Chapitre 54 sur 144 · COURBETTE · texte numérisé non relu

COURBETTE

exercés sans ménagement avant leur cinquième année ; la seconde tient à la mauvaise conformation des hanches , des jarrets et souvent des pieds ; dans ce cas , la ferrure dite à la lurque peut y apporter quelque remède , mais ceci est étranger a l'équitation; la troisième naît de la mauvaise position qu'on laisse prendre aux chevaux en les menant a des allures forcées, tel que le trot poussé a l'excès. Quelques amateurs prétendent avoir de beaux trotteurs parce qu'ils vont très-vîte à cette allure , sans s'occuper s'ils vont bien. Toute allure obtenue au détriment de l'équilibre du cheval n'est ni bonne ni belle ; elle est pernicieuse , car souvent elle estropie les chevaux , et leur met les boulets en sang.

On conçoit que des mouvements moins accélérés donneraient plus d'ensemble et de force au cheval ; force que perdent les jambes de derrière quand, après s'être éloignées du centre de gravité , il leur faut faire un très-grand effort pour s'en rapprocher.

COURBETTE ( la ) est un saut dans lequel le cheval, après s'être enlevé des deux jambes de devant, chasse la masse avec les jambes de derrière, de manière a gagner du terrain à chaque bond ; les jambes de devant doivent

quitter et reprendre le sol ensemble ; la hauteur de leur enlevé est à-peu-près la moitié de celle du cheval qui se cabre tout droit.

Quand même on voudrait se livrer à ces inutiles et nuisibles mouvements, la construction actuelle des chevaux j porterait empêchement. Cela dénote-t>-il une détérioration dans l'espèce ? Voilà ce qu'on n'oserait décider ; en tous cas, la possibilité en étant établie, la prudence ferait toujours une loi de s'en abs-* tenir.

COURSE, c'est faire courir des chevaux de toute leur vitesse pour atteindre un but proposé.

Je pense qu'on s'abuse sur l'utilité de cette manière d'éprouver la vigueur des chevaux.

Jusqu'ici on n'a vu dans les courses publiques qu'un spectacle, au lieu de chercher à en tirer un avantage réel.

Quel service enfin attendre de ces coureurs, pour l'ordinaire efflanqués , qui n'ont d'autre qualité que celle de parcourir une lieue en quatre ou six minutes? A quoi sont-ils bons, si ce n'est à satisfaire la curiosité publique?

11 y aurait avantage, ce me semble, a remplacer ces coureurs incapables d'aucun bon service par des chevaux de selle ou de voiture légers et bien proportionnés dans leurs formes ; les

uns attelés à un char , et les autres montés développeraient toute l'extension dont ils sont susceptibles à F allure du trot.

On n'admettrait pour le galop que ceux • a qui leur construction permettrait , quelques jours après la course, de rendre encore un bon service de ville ; certes cette faculté compenserait largement les quelques minutes de plus qu'ils mettraient a parcourir la distance donnée.

Grâce a cette amélioration , les herbagers de nos diverses contrées trouveraient un double intérêt a soigner le perfectionnement des races.

Je livre cette pensée, pour être approfondie et développée, aux hommes capables que l'influence de leur position peut mettre à même de triompher des obstacles. Mon seul but est de les convaincre que ce nouveau système serait un progrès, un moyen sur de régénérer nos diverses races abâtardies.

Mais , en attendant que l'autorité s'occupe de cette mesure , pourquoi n'établirait-K>n pas, dans les principales villes de province, des courses à-peu-près à l'imitation do celles de la capitale, mais avec les améliorations que je propose ?

Voici comme je conçois qu'on pourrait les établir :

Il serait facile de trouver , dans le département de la Seine-Inférieure , par exemple , trois

cents amateurs tle chevaux qui formeraient une souscription d'un franc par mois ( douze francs par an); pour subvenir aux dépenses. Ce serait, non-seulement pour eux un plaisir vif et brillant , mais encore pour le pays un avantage dont ils retireraient de la gloire.

Car ces courses organisées et publiées à l'avance ne manqueraient pas d'attirer un grand nombre d'étrangers.

Trois cents souscripteurs , à douze francs par an , donneraient trois mille six cents francs. Voici pour leur emploi un essai de règlement que je propose :

Article 1 er . Nul ne pourra être souscripteur s'il n'est domicilié dans le département.

Art. 2. Nul ne pourra courir ou faire courir ses chevaux s'il n'est souscripteur.

Art. 3. Pour subvenir au petit nombre de chevaux d'origine française qui , d'abord , se trouveraient dans les départements avec les dispositions requises pour faire de belles courses , les chevaux des pays étrangers y seraient admis. Cependant, si le cheval qui remporte le prix est étranger , il gagnera trois cents francs de moins que les prix marqués.

Art. 4. Les courses seront divisées en trois reprises :

La première sera fournie par les trotteurs ; le premier arrivé gagnera le prix.

La seconde se fera au galop raccourci. Le prix sera décerné au dernier arrivé. Cette course sera toute au bénéfice de l'art; car, dans ce cas, les moyens du cheval ne sont rien sans le savoir du cavalier.

La troisième et dernière sera réservée aux coureurs à toute vitesse.

Art. 5. Les prix seraient : Pour la première,

la course des trotteurs , de onze cents francs pour un cheval français , et de huit cents pour un étranger;

Pour la seconde, de six cents francs, quel que soit le pays du cheval;

Pour la troisième , de quinze cents francs pour un cheval français , et de douze cents pour un étranger.

Dans le cas où les prix et les frais n'enlèveraient pas la totalité de la souscription , le surplus pourrait être distribué aux pauvres de la ville où les courses auraient lieu.

Art. 6. Les souscripteurs nommeraient une commission de huit personnes pour juger, dans une course préparatoire, de ceux qui seraient dignes du grand concours ; ils nommeraient aussi les juges qui décerneraient les prix , et résoudraient toutes les questions accessoires.

Certes, l'organisation de ces courses n'offrirait aucune difficulté sérieuse.

Il est temps que la province jouisse de ces fêtes lucratives dont jusqu'ici la capitale à gardé le monopole. Je ne doute pas que les citoyens n'y apportent leur concours , et les autorités leur appui.

COURSES DE BAGUE. 11 est sans doute inutile de dire ce qu'on entend par ces mots : le jeu de bague est trop connu pour avoir besoin d'explications ; malheureusement l'usage n'en est pas aussi répandu qu'il devrait l'être , et les élèves y perdent un puissant stimulant et un utile délassement. Je crois donc à propos de donner ici quelques conseils sur cet exercice.

Pour bien prendre une bague avec la lance de quatre pieds de long , tenue par la poignée, il faut : 1 ° garder une position de corps invariable ; 2° de la main gauche contenir et diriger toujours le cheval; 3° commencer à élever la main droite à la hauteur de la bague, cinq ou six pas avant d'y arriver, et ajuster en faisant le moins de mouvements possible. On voit déjà l'avantage qu'on peut tirer de ce divertissement pour donner de l'aisance et de la facilité. Mais, pour que les élèves puissent s'y livrer , il faut qu'ils aient déjà de l'assiette, et que le mouvement

du galop ne les fasse pas chanceler ; voilà pour les élèves. Maintenant voici pour les professeurs les règles de ce jeu qui pourront leur être utiles:

La partie de bague se joue à cinq, et se com- .pose de quatre courses.

La première est fournie par les cinq joueurs, et se termine lorsque l'un d'eux a enlevé trois bagues avec sa lance; alors ce joueur se retire, et les quatre autres commencent la seconde course, qui est également terminée lorsque l'un de ces joueurs a obtenu le même avantage que le premier; ainsi de suite, jusqu'à ce que le nombre des joueurs soit réduit à deux. Ces deux derniers fournissent la quatrième course, et celui qui ne parvient point à enlever les trois bagues perd la partie, et paie les chevaux à raison de 25 centimes par cheval.

Il est très-essentiel pour les joueurs de bien observer leur distance; car si l'un d'eux, l'ayant bien conservée, arrive au but et n'y trouve pas de bague , il peut réclamer , et son tour lui sera rendu; mais si, au contraire, il se trouve trop près de celui qui le précède, il perd ses avantages; ainsi, lorsque la course est fournie par cinq joueurs, la ligne circulaire (ou

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carré long) doit être divisée par cinquièmes; pàr quarts, lorsqu'elle est fournie, par quatre, et ainsi de suite.

Pour rendre cette partie plus agréable , on réunit plusieurs musiciens , dont le salaire est payé par tous les joueurs.

COUSU, terme de manège pour signifier un homme qui est solide à cheval.

Il y a deux sortes de solidité bien distinctes : celle du maquignon , et celle du véritable écuyer. La première n'a lieu qu'au détriment du jeu des parties mobiles , et si elles servent à le rendre solide , elles l'einpêcheront toujours de tirer parti de son cheval, même en supposant qu'il connaisse le mécanisme de l'équilation. Car ce n'est pas assez de soutenir les brusques mouvements du cheval, il faut les arrêter, et même les prévenir, et c'est ce qu'on ne peut faire si l'on emploie les aides comme moyen de solidité.

L'autre solidité , celle du véritable écuyer, consiste, au contraire , à suivre les mouvements de son cheval, sans confondre la force qui maintient avec celle qui dirige; h demeurer assez maître de ses mouvements, pour que l'action des aides serve toujours à exprimer sa volonté, et ne soit pas un effort pour se maintenir en selle.

CROUPE. Cl

CRAVACHE. ( Voyez gaule. )

CROUPADE (la) est un saut dans lequel le cheval retrousse les jambes de derrière dessous le ventre, en ployant autant les genoux que les jarrets, comme il le fait a la ballotade.

La différence qui distingue ces deux genres de sauts est plutôt l'effet des dispositions naturelles du cheval que celui de l'art.

Au reste, on n'exige plus ces violents mouvements que des chevaux qu'on met dans les piliers. . .

Il est bien possible que ce genre d'exercice puisse être de quelque utilité pour les élèves ; mais certainement' son abus serait loin d'être avantageux , il les rendrait raides et maladroits. J'ai vu bien des cavaliers, fermes dans les piliers, et qui, sur un cheval en liberté, étaient loin de conserver le même sang-froid et la même solidité. C'est au professeur observateur à juger de l'effet de ses moyens sur les élèves, et à apprécier la mesure qu'il doit apporter dans chacun de leurs exercices.

CROUPE AU MUR. Il importe de bien observer la différence qui existe entre ce travail et celui de l'épaule en dedans. Quoique les moyens d'exécution soient à-peu-près les

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mêmes , il faut cependant observer que , dans celui-ci , les hanches doivent marcher sur la même ligne que les épaules ; or c'est ce qu'on n'obtiendra que mollement si la jambe déterminante n'a pour auxiliaire l'autre jambe; celle-ci, surtout pour le passage des coins, est d'un secours indispensable. [Voyez épaule en

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