‹ Dictionnaire raisonné d'équitation (volume 2)Chapitre 78 sur 144 · FERMER · texte numérisé non relu

FERMER

droite dans un manège, et que ses jambes gauches arrivent sur le sol en avant des droites, et vice versa pour l'autre main.

Il n'y a pas de galop faux en ligne droite ; mais, dans un manège, l'équilibre exige que les jambes les plus rapprochées du centre arrivent en avant des autres; quand il en est autrement , le cheval perd son aplomb et court risque de tomber. ( Voyez galop. )

FERME. On appelle travailler ferme à ferme, manier le cheval sans bouger de place , comme au piaffer.

Partir au galop de pied ferme , c'est , de l'état de repos, enlever le cheval au galop. Les jarrets ont besoin d'un effort considérable pour donner cet élan spontané; aussi le cavalier doit-il s'assurer de la bonté de leur construction , avant de les comprimer aussi fortement , et n'essayer ce travail qu'après avoir obtenu sans peine le passage du pas au galop.

FERMER, c'est terminer entièrement une figure. Cela se dit surtout du travailide deux pistes. Si la croupe n'arrive pas en même temps que les épaules sîu* la piste, le cheval a mal fermé son air de manège.

Tous les chevaux, mais surtout ceux abandonnés aux élèves , gagnent volontiers a la main, à la fin d'une figure de deux pistes. La propension qu'ils ont à revenir aux allures naturelles exige de l'accord pour les empêcher de les reprendre avant d'avoir atteint le point voulu; aussi, dans ce genre de travail, les derniers pas sont souvent les plus difficiles , et c'est à les bien former que l'élève doit s'exercer.

FIER, se dit d'un cheval ardent et gracieux dans sa démarche. Les chevaux fiers sont agréables à monter et faciles à dresser ; malheureusement pour l'espèce et pour beaucoup de négligents écuyers, ils sont rares.

Cette cause devrait bien porter ces derniers à redoubler d'efforts et d'études , afin qu'au moins l'art pût établir une compensation.

FILET (le) est , comme le bridon , une sorte de mors brisé et dépourvu de branches. Il est ordinairement de deux pièces , quelquefois de trois; mais la troisième est sans utilité spéciale.

Je n'entends point parler ici du bridon dont on se sert pour débourrer les chevaux toutà-fait ignorants , et que je regarde comme complètement inutile. Je ne traiterai , dans ce

chapitre, que du filet qui doit accompagner le mors dans la bouche du cheval.

A voir le silence des auteurs, dont aucun ne s'est occupé particulièrement du filet , on devinerait difficilement le parti qu'on en peut tirer; il présente cependant des avantages sans nombre.

En effet, malgré toute la puissance que l'on prête au mors pour imprimer au cheval une direction de droite à gauche ou de gauche à droite, il est aisé de prouver qu'il n'a pas de sensation locale; car les chevaux embouchés pour la première fois ne comprennent rien aux pressions des rênes, et au lieu de se porter à droite, à la suite du contact de la rêne gauche, ils tournent a gauche ou restent en place, ce qui prouve évidemment qu'ils ne ressentent pas l'effet direct qui les invite à se porter de ce côté.

Je me suis assuré de ce fait sur un cheval dressé , en attachant les rênes de la bride aux deux côtés de la muserolle ; par une simple pression de la rêne droite , par exemple , sur l'encolure , j'ai déterminé le cheval à gauche , et vice versa.

Si le cheval ignorant ne répond pas au contact du mors , et qu'une fois dressé il obéisse a la simple pression des rênes , on doit en conclure que le mors n'a pas d'effet déterminant

pour porter à droite et à gauche, mais que cet effet est tout dans les rênes.

Durant l'éducation , c'est donc au filet qu'il faut recourir , puisque , par sa construction brisée et son action locale , il apprendra au cheval k répondre k des pressions qu'on pourra exercer d'un côté sans que l'autre soit averti , pressions qui disposeront sa tête et son encolure du côté déterminant.

Du reste, ce n'est pas seulement pour disposer la tête et l'encolure qu'il faut user de ces pressions préparatoires : le filet doit encore précéder les rênes de la bride dans tous les changements de direction , pendant les commencements du dresser, c'est^k-dire jusqu'à ce que le cheval réponde,' sans la moindre opposition, . a l'action de ces dernières. Avec cette précaution, on évite les résistances et on amène insensiblement le cheval k se soumettre au contact des rênes. Un autre effet non moins avantageux du filet est de fixer la tête dans sa juste position ; sans le filet la tendance du cheval k fuir l'action du mors, en prenant diverses poses d'encolure , le soustrairait sans cesse au pou-* voir du cavalier.

Mais, grâce aux effets bien déterminés du filet , on peut aussitôt obvier au mauvais emploi de forces du cheval, ou k l'effet qu'amène

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