CARRIÈRE
comme tous les exercices forcés , pour se borner à cette devise : Équilibre dans les forces du cbeval, et harmonie dans celles du cavalier.
* Plus la nature est avare, plus l'art doit être prodigue.
CADENCE (la) est la précision des mouvements d'un cbeval, lorsqu'il marcbe, trotte ou galope.
Le cbeval est cadencé quand ses temps sont assez purs, assez égaux pour laisser distinguer aisément la motion de cbaque jambe , et quand celles-ci restent un moment comme suspendues en l'air.
Pour obtenir et conserver cette brillante régularité, il faut que le cavalier, à l'aide de l'assiette, sente bien le mouvement des jambes et la disposition du corps de son cbeval; il faut, de plus, qu'il soit toujours prêt à rétablir cette barmonie^ si quelque faux mouvement la dérange.
* La fatuité est un hommage rendu par Tignorance au talent.
CARACOLER , c'est travailler le cbeval dans un manège, sans assujettissement de terrain. Il faut, pour faire caracoler un cbeval avec précision et sans l'énerver, le tenir bien rassemblé, et ne pas abuser de ses moyens en prolongeant trop ce genre d'exercice.
On ne tarderait pas à fatiguer et même ruiner un cbeval en cherchant à le faire piaffer ou passager , si Ton n'avait égard aux positions qui amènent ces mouvements, aussi ne faut-il arriver là que lentement et par degrés.
* Les belles maximes peuvent se pratiquer dans l'ombre comme au grand jour.
CARRIÈRE (la) est un carré long, bordé de bar—
CÂVKÇON. 31
rières en bois, dans lequel on exerce les chevaux. U n'existe plus de ces sortes de manèges découverts que dans les haras; il serait cependant utile et agréable que toutes les écoles en possédassent pour la belle saison; outre qu'ils sont plus vastes^ le cheval, en plein air, conserve plus de vigueur, travaille avec plus de plaisir, et se porte beaucoup mieux.
* Les choses nobles stimulent Tamour-propre et donnent la fierté qui convient pour ne pas déchoir.
CARROUSEL (le) est une image de combats représentée par un certain nombre de cavaliers divisés en plusieurs quadrilles.
Sans doute cet exercice est utile aux militaires parce qu'ils y apprennent à manier le sabre et à conduire leurs chevaux avec plus de dextérité ; mais il l'est peut-être plus encore pour les cavaliers civils dont il faut stimuler l'ardeur. Or , rien ne donne d'émulation comme les évolutions faites au son des instruments, et si l'on ajoute le jeu de bagues, qui prête de l'aisance et de la grâce, les manœuvres de cavalerie, les contredanses, etc., etc., ont fait des études équestres un véritable divertissement. Aussi j'engage beaucoup les professeurs à adopter ces petites fêtes; elles inspirent un degré d'amour-propre utile aux progrès de l'art.
* GASSE-GOV- Le corps ne doit pas être la dupe de l'immortalité de l'âme.
* Il faut cacher soigneusement les instruments tranchants; ils sont toujours dangereux s'ils tombent dans les mains d'un singe.
GAVEGON, bande de fer, tournée en arc, ayant un anneau au milieu, montée de têtière et de sous-gorge
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Qa se figurait jadis dresser merTeiileuseiiienf un cheval, développer ses épaules, ei abréger son instructioo, en le faisant trotter à toute exteasioa , a V aide d'une longe attachée à Tanneau du caveçon.
M. delà Guériuière, par exemple, bous apprend à quel degré défaveur le caveçon était encore de son temps. A la page 68, édition in-folio, Fauteur nous indique les instruments avec lesquels il dresse les chevaux. Il rapporte la haute opinion de deux grands écuyers, MM. de la Broue et »ewcastle, sur les ressources que le cavalier peut tirer d*un oaveçon à deux longes attachées à la selle , et dont il saura se servir alternativement avec la bride. 11 est possible qu'à cette époque, ces moyens, faute de mieux, fussent de quelque secours; les planches qui se trouvent dans l'in-folio de M. de la Guérinière, en montrant quelle était la dimension des branches du mors, font concevoir qu'avec de tels leviers il fallait des moyens proportionnels pour ^^ modérer Taetion; mais, certes, le caveçon ne remplaçait que bien imparfaitement notre filet.
Parmi les écujers plus modernes, l'avantage est controversé; il règne, par exemple, du désaccord
entre M. G et M. R , qui est, je crois, son
élève, sur l'usage de la plate-longe. Le premier explique les inconvénients qu'il y a à se servir d'un auxiliaire pour y exercer le cheval; et le second prétend qu'il en faut indispensablement un. Je ne relate ce fait, au reste de peu d'importance et d'u-* tilité, que pour montrer combien les sentiments sont divisés sur les choses les plus simples; tel ou-
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yrage déftod cfe qu'dn aotré prescrit. Les hommes et les eheraiix âont-ils d'une nature différente? Non, mais c'est qu'on véat réduire en principe des choses tont à fait insignifiantes.
Du reste, il faut espérer que Texpérience fera abandonner peu à peu les vieilles pratiques; le caveçon tombera en défaveur ; on comprendra que la position que les chevaux prennent pendant ce genre d'exercice n'est pas du tout celle qu'il faut leur donner pour les diriger, et que leur instruction s'en trouve naturellement retardée; on découvrira de plus une foule d'inconvénients qui peuvent en résulter, par les dfbrts violents que font certains chevaux; et l'on arrivera à conclure que le moyen n'est vraiment utile que pour modérer Faction d'un cheval trop fougueux ; encore ne faut^il s'en servir qu'avec une grande modération.
* La criaillerieiie parle que désagréablement aux sens; l'instinct même en est effrayé, sans en comprendre davantage.
GHAMBRIÈRE. c'est une bande de cuir, de six pieds de long, attachée au bout d'une canne en jonc, longue d'environ quatre pieds.
11 n'y a pas TÎngt ans encore , c'eût été , pour un écnycr, un crime de lèse-éqùitation de paraître dans un manège sans avoir une chambrière à la main. Le professeur s'en servait pour corriger le cheval que le cavalier ne maîtrisait pas asses , et quelquefois même pour corriger l'élève.
On conçoit qu'il n'y avait rien dans ce procédé brutal qui pût accélérer les progrès de Vart. Main^ tenant les écuyers. parlent , raisonnent, définissetit
3i. . CHASSER.
chaque principe , et répondent aux questions par des dissertations instructiTes. Car aujourd'hui les professeurs sont devenus plus que des hommes de cheval, et savent aussi parler le langage des gens bien nés.
* La conscience pure se fait voir sous toutes ses faces en conservant toujours les mêmes avantages.
GHANGEMENTS DE MAIN. On appelle changement de main , le passage du cheval par une ligne diagonale, prenant à la sortie du coin qui mène au grand côté du manège et finissant à l'autre extrémité, à pareille distance du coin opposé.
* On doit se tracer un plan de conduite afin de trouver des points de repère pour se rectifier soimême.
GHANGEUÎENT DE MAIN RENVERSIÉ.
Faire un changement de main renversé, c'est parcourir deux lignes diagonales parallèles, distantes de deux pieds environ , de telle façon que le cheval revienne au point de départ à main opposée de celle où il se trouvait d'abord.
Cet air de manège ne présente de difficultés que pour le cavalier incertain dans ses mouvements: pour le véritable écuyer ce n'est qu'un jeu , comme la plupart des figures qui ne demandent qu'une action simple.
* Les ressources s'accroissent toujours en raison de la modicité des dépenses.
CHASSER SON CHEVAL EN AVANT^ c'est doubler son action avec les jambes, pour lui donner un degré de vitesse plus considérable, ou vaincre la résistance qu'il oppose. 11 est nécessaire de renou-
CHATOUltLER. 35
vêler souvent cette action, pour empêcher le cheval de revenir dans les jambes, fréquent principe de défense.
* L'argument de la brute est dans la force, et celui de la science dans le raisonnement.
CHATIER. Le premier principe qui doit diriger le cavalier dans l'emploi des châtiments, c'est d*abord de n'en user qu'à propos, ensuite de n'en user qu'avec mesure, enfin de ne s'en servir qu'après avoir épuisé les moyens indicateurs.
Les chevaux qui ont le plus besoin de cette correction sont les apathiques , ceux chez qui les aides inférieures du cavalier ne suffisent pas pour activer l'arricre-main ; ceux qui, avec des moyens de douceur, refusent de se porter sur un objet quelconque; tous les chevaux enfin qui ne répondent pas franchement aux jambes.
Mais si la punition n'a pas pour auxiliaire une main bien entendue, on en manque entièrement l'effet ; car le point principal est de profiter des mouvements du cheval pour dominer son avant-main, et se rendre, par suite, maître de toute la masse.
* L'indiscrétion irrite la susceptibilité des esprits faibles , et se fait mépriser des esprits forts.
CHATOUILLER, c'est picoter avec l'éperon.
Sans doute les attaques ne doivent pas, comme le prétendent quelques professeurs, être toujours vigoureuses ; il faut proportionner le châtiment à la sensibilité du cheval et à ses dispositions morales. Telle attaque faible agira plus vivement sur un cheval irascible, qu'une très-violente sur un cheval froid ou apathique : mais ce qu'il faut éviter, c'est que les