POSITION DE L'HOBIME A CHEVAL
Comme bien d'autres points de Féquitation, la position de rhomme à cbeval a été Vobjet de grandes erreurs de la part des auteurs^ même les plus modernes, qui ont écrit sur ce sujet*
L'un des plus en vogue, par exemple, dont le traité a paru en 1826, pour indiquer la position convenable au cavalier, s'exprime comme il suit :
(( L'homme qui sait se tenir sans contrarier les » différents mouvements qu'il voudra faire exécuter )» à son cheval, qui saura se placer de telle façon, » que le cheval, libre dans ses exercices, obéisse » avec facilité , cet homme pourra se dire excellent D écuyer , quels que soient d'ailleurs son attitude et » les moyens qu'il emploiera pour faire concevoir )» au cbeval sa volonté. »
Ou l'auteur s'explique mal , ou il se trompe. S'il veut dire simplement à l'élève que le talent d'un écuyer est de se mettre en position de bien conduire son cheval, quelle que soit du reste cette position, c'est ce que chacun devine tout d'abord , et ce n'était pas la peine de l'écrire. S'il veut dire qu'on peut atteindre ce but avec toutes les positions possibles, je le crois dans l'erreur.
Certes, je suis loin de prétendre qu'une position strictement académique soit indispensable pour tirer parti d'un cheval; cependant, j'ai reconnu que les gens les mieux placés étaient toujours les meilleurs écuyers, et qu'il fallait une bonne attitude pour se servir habilement et gracieusement de ses aides.
En autorisant une pareille licence, ne craint-on pas de voir l'élève en abuser? Pense-t-on d'ailleurs
qtt*il y M plÉ6ietti4 fdMkm j^pM k ^SfettMt^ ce tâet €iSK}Ofe <i«ti6 toat«s les paftl^ <|Ui t<HiMiltrétot TaêëlêUe?
Il «t détttottl^-é qu'une bontte po^tioîi de fesses et de cuisses est indispensable pdHf lottcbèf la M\é pâï autant de points que pessible; rt, potor Atteindre le résultat qn'intfique l'autenr des prittcipes cités ddesBUS, rélève sera obligé de pasiset pat Une muRf^ tude de fausses positSotis qU'il eût M pîtts sittiple de lui éviter en lui indiquant tout de suif* h bonne.
Cependant, il «si tencore moins datï^èrfeùx pouf Tart ée se tèfiir dans cette réservé si prudente , et de se contenter d'indiquer le but à l'élève en le laissant libre d'essayer cent moyens pour y arrîvier, que de le conduire par de fausses routes, cottitae le fait l'auteur d'un autre traité.
Je lis dans celui-ci (ouvrage publié ien 18512) :
« Pour qu'un cavalier soit bien placé en selle, il » faut trois points d'appui ï les deux premiers points » du haut des cuisses, et le troisième du croupion; » les trois points doivent former un triangle; mais, » pour que le triangle soit bien régulier et âvanta- » geux, il faut avancer la ceinture et les hanches, » étendre les cuisses, et les tourner ert dedans; » retirer les genoux et les fermer, creuser le bas des » reins, et placer les fesses de manière que le crou- » pion soit forcé de porter sur la selle. »
Il est physiquement impossible de faire appui sur le coccix, ainsi que le veut l'auteur de cette méthode; outre qu'il est recourbé et par conséquent trop court pour devenir un troisième point d'appui, ce cartilage est incapable de supporter la moindre
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prfiMioii» à {ifais forU tmm de servir de Imm à U masse du «otpe. De plus , en conçut qu*efi supposant même cette posUioa soutenable^ le buste du cavalier serait disf^radeaseinent plaoé^ et le haut du corps trop porté en arrière pour qu'on pût user facilement de Teosemble de ses aickd.
Mieux valait cent fois répéter les principes coa«« tenus dans Tordonnance de cavalerie touchant la position de l'hcHiune i cheval ; rien n'est plus simple et mieux défini : aussi je me contenterai de la trans** crire, me réservant toutefois de faire quelques observations sur les moyens les plus efficaces pour acquérir prompteme&t cette bdle attitude, et la conserver toujcRirs la même, mal^é le jeu des par^ ties mobiles :
« La tète haute, aisée, d'aplomb, dégagée des » épaules; les épaules t4>mbantes et bien effacées, ]» la poitrine saiUante, les bras libres, les coudes )> tombant naturellement, les deux fesses portant x> égalenient sur le siège de la selle, la ceinture en y> avant, les reins droits , fermes et bien soutenus , le » haut du corps aisé , libre et droit, de manière que » Fhomme soit maintenu dans son assiette par son » propre pdds et par son équilibre ; les cuisses em- » brassant également le corps du cheval, doivent » être tournées sur leur plat depuis les hanches » jusqu'aux genoux, et ne s'alonger que par leur » propre poidi et celui des jambes ; le pli des genoux » liant, les jambes et la pointe des pieds tombant » naturellement. »
Les reins fermes et les épaules tombantes , voilà de grandes difficultés pour un élève; avec l'abandon
des épaules, il mollira les reins, ou , avec la vigaear nécessaire à leur soutien , il raidira les épaules.
Comment surmontera-t-on ces obstacles? En lui résumant tous ces détails en ce peu de mots : Fléchir le bas des reins. C'est seulement en renouvelant la flexion de cette partie qu*on donnera au buste la position la plus convenable.
On conçoit quelle sera Tinfluence de cette mobilité : les reins servant de base aux épaules, celles-ci n'acquerront le degré d'abandon nécessaire qu'au— tant qu'elles pourront, pour ainsi dire, s'en fier aux reins de la solidité de l'assiette.
En effet, si les reins sont dans un état permanent de raideur , tous les chocs se répercuteront chez le cavalier , dérangeront son équilibre,, et le forceront, pour le rétablir, de faire usage de toutes les parties de son corps ; si , au contraire, par des flexions faites à propos, et souvent répétées, on s'habitue à suivre tous les mouvements du cheval, on conservera aux autres muscles tout le liant et la liberté désirables. Or, pour en arriver là , il faut que la flexibilité des reins ait détruit la raideur qui rend tous les chocs sensibles, et par suite Tassiette incertaine. Sans doute, ces temps seront loin d'être bien saisis la première fois , ils amèneront beaucoup d'oscillations dans Tassiette; mais il n'y a rien là de décourageant ni de dangereux.
Il faut que l'élève chancelle, sans quoi il n'ap— prendra pas à se tenir solidement. C'est par les déplacements continuels, même des parties qui, plus tard, seront immobiles, qu*on leur donnera le juste emploi de force d'où naîtra la liaison intime des
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deux corps ; cela permettra aa cavalier de distinguer rapidement, entre ses diverses puissances, celles qui le mettent en garde contre les mouvements brusques du cheval, et celles qui doivent le diriger. Ainsi, fléchir les reins (c'est-à-dire les vertèbres lombaires) est la seule expression qui, sans embrouiller l'élève, le mettra promptement à même de prendre et conserver la position voulue , et de s'y trouver à l'aise.
Si les bras tombent sans force, les épaules seront effacées, et la poitrine saillante, par la raison bien simple qu'on ne peut pas faire céder le bas des reins sans porter la ceinture en avant, sans se grandir du haut du corps, et sans que la poitrine soit ouverte.
Une fois que, par la multiplicité des mouvements des lombes, le corps aura acquis la souplesse convenable, il faudra habituer les bras à tous les mouvements possibles, en ayant bien soin que le corps n'en éprouve aucun déplacement.
Les rênes du bridon seront séparées , une dans chaque main, en leur laissant assez de longueur pour que le jeu des bras ne fasse éprouver aucune sensation au cheval. On pourra même les croiser dans une seule main , afin que le bras libre puisse s'éloigner et se rapprocher du corps sans déplacer les épaules , et s'habituer, par ce moyen, à rendre local l'emploi des forces. Ainsi on arrivera promptement au seul mouvement utile pour bien diriger le cheval.
Le poignet a trois mouvements sur l'avanl-bras, connus en anatomie sous les noms de rotation, supination et pronation. La première de ces positions sert à donner une égale tension aux rênes (il s'agit ici de la main de la bride) ; la seconde augmente la
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pression de la rèoc gauche , sur ce côté de Tencolure, poor porter à droite; et la troisième, la pression de fa rêne droite, pour déterminer à gauche.
L*avaDt-bras prêtera son secours au poignet quand la force propre de edui-cî sera insuffisante, mais sans pour cela faire éprouver la moindre oscillatioa au bras.
C'est avec ces explications qu'on fera connaltK au cavalier les divers leviers ^ue donne ehaque articulation, et dont le jeu combiné donne la force, b grâce et la précision.
Je Tai déjà dit, le cheval ne peut prendre une allure quiconque ni se livrer à aucune défense sans revenir sur lui-même; comme il faut l'attendre pour le suivre, Tappui des fesses, produit par la flexion des lombes, donner^ cette facilité. Il en sera de même pour le conduire; comme on ne lui résiste qu'en vertu d'un levier, et qu'il n'en existe pas sans point d'appui, c'est aux fesses à le prendre sur la selle afin que les bras et les jambes, considérés commfi puissances, puissent communiquer le mouvement, ai l'ordre des leviers secondaires , du poignet à l'avantbras, de celui-ci au bras, de ce dernier à l'épaule, est bien observé, et que le point d'appui de chacun d'eux ne se mobilise qu'autant que la circonstance l'exige, on pourra lutter avec avantage contre les résistances du cheval, et le diriger avec précision.
« Les cuisses, embrassant le corps du cheval, » doivent être tournées sur leur plat, depuis les » hanches jusqu'aux genoux, et ne s'alongef que » par lear propre poi£ et cdui des jambes, d
Gomment donnera-t>on cette position aux cuisses?
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L'abandon qu'on prescrit n'est pas suffisant pour le bien placer; les réactions des flancs du cheval et Teffort qu'il fait pour se porter en avant les éloigneront toujours de la perpendiculaire qu'on leur assigne.
Ce n'est pas non plus par la force continue qu'elles acquièrent cette adhérence à la selle ^ mais bien par de petits mouvements de rotation multipliés; la même force qui amène cette rotation des cuisses sert aussi pour les porter en arrière, afin qu'elles acquièrent toute la longueur dont elles sont susceptibles.
L'élève prendra, en outre, la bonne habitude de plier les reins chaque fois qu'il portera les cuisses en arrière; il évitera par là l'effet de bascule qui accompagne pour l'ordinaire le déplacement des parties inférieures, et donnera en même temps une base plus considérable à son assiette. De cette juste flexion des reins dépend la bonne position des cuisses qui iixe les fesses sur la selle , et fait de cette partie le principal levier autour duquel viennent se grouper tous les autres.
Les jambes sont emboîtées avec les cuisses de telle manière, qu'en suivant l'impulsion de celles-ci, elles se trouveront naturellement bien placées; elles devront être rapprochées autant que possible du corps du cheval, sans y être plaquées; on leur donnera cette liaison intime en renouvelant les flexions en arrière, et bientôt elles acquerront le moelleux nécessaire pour que la force communicative ne détruise pas celle qui les maintient en place.
C'est en rendant les mouvements indépendants les uns des autres qu'on aura la facilité de bien
coordonner le jeu des poignets et des jambes; celles-ci ne doivent jamais user que d'un seul mouyement, celui qui les porte en arrière; en voici les deux raisons : la première, c'est que tout autre mouvement délruirait l'immobilité des cuisses, indispensable pour maîtriser la force transmise; la seconde , c'est qu'en portant les jambes au delà des sangles^ on augmente les points de contact, et on leur imprime plus de vigueur et de précision. Aussi, ce meuvement en arrière doit-il toujours précéder la pression des jambes sur les flancs du cbeval.
Les pieds sont aux jambes ce que les jambes sont aux cuisses, soumis aux mouvements de la partie qui leur est supérieure ; de là l'utilité d'assurer les jambes, pour que les pieds ne soient mus que par la force qui leur est propre, et qu'ils agissent localement pour l'attaque, sans que les jambes en éprouvent aucune réaction.
Ce déplacement serait d'autant plus à craindre qu'il retire la solidité et rend incapable de profiter des bons effets de la correction.
Il faut répéter souvent le mouvement qui porte les talons en arrière, ce qu'on exécutera en baissant un peu la pointe des pieds. Ces essais doivent se faire avant que les éperons soient adaptés aux talons, ou avec eux sur un cheval très-froid.
Plus que jamais, avec le châtiment des éperons, la flexion des reins doit être mise en pratique : 1° pour que l'on soit en garde contre les déplacements, quelquefois violents, qui résultent de cette punition ; 2" pour que le bras et la main , constamment soutenus, puissent, par un temps prompt et