‹ Dictionnaire raisonné d'équitationChapitre 5 sur 67 · ACCORD · texte numérisé non relu

ACCORD

tioiwés par le gouyemement. A prêtent que tout

ie monde peut professer sans être pour cela académicien ou expert dans son art, 1 on se contente de dire : « Je mis m momifie, et non plus k Tacadémie, » Bien que j'aie queiqueiois hlàmé d'an^ ciens principes qui m'ont paru erronés, je re* grette néanmoins le temps où l'équitatioa était à son apogée, oii cette science était le plaisir de tous les gens bien élevés; alors on voulait arriver à la connaissance de cet art, et on l'encourageait. Ceux-là mêmes qui en faisaient un passe-temps en étaient bien récompenses, tant par les jouissances sans nombre qu'il leur procurait, que par. les félicitations qu'ils recevaient de leurs dames ; car, du temps de la chevalerie, c'était un moyen de succès en amour comme en guerre.

Académie était donc bien le nom que Ton de* Tait donner à ces beaux manèges, puisqu'on y allait pour y puiser de la science et faire prévaloir la supériorité de l'homme sar ce noble anîmal qu'il conduisait si savamment. Aujourd'hui on semble tout faire pour méconnaître et avilir SCS ItfîUantes qualités.

ACCORD. Ce mot a pour signification la par*

faite harmonie qui doit exister entre la main et las jauabea du cavalier.

Je suppose, par exemple, que le cavalier, pour porter aett cheval en levant au pas, et le mainte*

nir léger à celle allure, doive dépenser une force é^le à vingt kilogrammes, dout quinze pour l'impulsion et cinq pour le ramener ; si les jambes dépassent leur efiet sans que la main augmente le sien dans les mêmes proportions, il est évident que le surciuit Je force communique pourra se reporter sur l'encolurei la contracter, el dés lors plus de légèreté. Si, .au contraire, c'est la main qui agit avec trop de violence, ce ne pourra être qu'aux dépens de la force d'impulsion nécessaire à la marche ; celie-ci , par cela même, se trouTora contrariée, ralentie, en même temps que la position du cheval perdra de son gracieux et de son énergie.

' ACCULER (s ]• C'est le mouvement d'un cheval qui, après avoir reculé contre un mur, y reste opiniàtrément attaché. C'est aussi Faction de celui qui rétrécit le cercle sur lequel il doit marcher, malgré les efforts do cavalier. Un choyai est également acculé toutes les fois que ses forces et son poids se trouvent refoulés sur la partie postérieure ; iequililjre est dès lors compromis, et Ion rend impossible la grâce, la cadence et la justesse.

L'acculement est le principe des défenses, puisqu'il tend i prendre constamment sur l'action propre au mouvement, à reporter le centre de gravité en arrière et au deU du milieu du

AGHEMINBB. 5

corps du cheval, à rejeler ainsi le poids du corps sur rarrière-main ; le cheval n'est plus soumis momeutanément à Tactiou des jambes, les forces se trouyeat en arrière des jambes du csTalier, les pieds se fixent au sol ; d le cheval

est tout disposé pour se livrer aux cabrades ou toutes autres défenses. Il faut, pour éviter Taoculiment, que dans tous les mouvements, les jambes du cavalier précèdent la main, et que ce sou* tien des jambes se continue jusqu'à ce qu'il ait obtenu la légèreté; c'est lorsqu'elle sera par&ite que l'on reconnaîtra quu le cheval n'est ni acculé, ai sur les épaules, c'est alors qu'il sera entre la main et les jambes soumis i la volonté du cavalier. Amené à cet état d'équilibre, même au pas, le cheval est aux trois quarts dressé.

ACHEMINER UN CHEVAL, vieux mot qui

signifie accoukuMi un jeune cheval à marcher droit devant lui. Ordinairement on abandonne ce travail à ce qu'on appelle des casse-cou. Selon moi, c'est un tort, et cette première éducation devrait être, au contraire, réservée à des hommes d'un certain savoir. Pour acheminer convenablement un cheval, il ne suffit pas d'être solide en selle; il faut disceiner et réprimer tout de suite ses mauvais penchantSt sinon onprépareà Téouyer un surcroît de travail que l'on pouvait lui éviter. 11 en est du jeune cheval comme de l'en&nt ,

0 ADBLA.

toujours habile à profiter d'abord, à abuser ensuite de la négligence qu'on a mise dans ses premières leçons; c'est alors qu'il contracte le plus souYenI des dé&uts et un esprit de révolte dont

une main savante eût corrigé même le germe.

ACHEVER UN CHEVAL, c est terminer la série des exercices par lesquels il doit passer pour que son éducation soit complète.

ACTION , effet de la force qui met le cheval

en mouvement. Cette force vient ou du chevaly ou du cavalier ; on dit : Un cimd a de l'(i6ttan« donner de Va4}ti(m à tm chemL

Les chevaux qui ont naturellement de l' action primitive sont plus fiioiles k dresser ^ et moins sujets à se défendre que d'autres ; leur tendance à.se porter en avant leur permet de mieux appré* cici' les divers contacts du mors, de prendre plus vite une bonne position de tète, d'encolure, et de mieux rester dans la main.

ADELA est une exclamation dont, on se sert pour décider le cheval à droite ou k gauche.

C'est surtout lo cheval que Ton exerce dans les piliers, qu'il fiiuthabituer à l'emploi de ce mot, pour avoir plus de facilité à le placer droit dans les longes.

Il est essentiel aussi de ne jamais approcher un

kïàÈ. 7

cheval dans l*écurie, sans lui parler au préalable, sinon quelques ruades dangereuses peuvent être les. suites de la surprise que lui fait éprouver le Qontftet ou la yue.

Il faut donc le prévehir de notre approche par un adelàj ou tout autre mot terminé eu a.

AIDES (les) sont V assiette bien erUendue^ ïes poignets et les jambes.

11 n'y a pas d'exécution précise possible, sans le parfait ensemble de ped forces; c^est assez dire au cayalier qu*il doit en posséder justement le mécanisme, avant de chercher k en rendre le mottveibent expressif p6ur le cheval , sous {ietue de lui parler faux et de ne pas être compris.

AIRS BAS, AIRS RELEVÉS. On entèild par airs bas ce qui constitue la haute école» c'est4-dilNd toutes les figures que Ton finit exécuter au cheval, sur deux pistes » au pas» au passage oii au galop; plus, le piaffer.

Les airs relevés sont tous les sduts dôns lescjuels le cheval enlève à la fois les deux jambeâ de devant ou celles de deirière, ou même les quatre ensemble*

Les PBSADB, COUABETTE, GROUPADB« BALLOTTADB,

CAPRIOLE» etc., sont des airs relevés.

Le cheval , s'il est bien conduit, ne peut que

gagner aux premiers airs de manège; ils sont nn

moyen sur de perfeclionnei son équilibre. Quant aux derniers, leur emploi est souvent dangereux, et l'on ne doit les demander an cheval qn'avec une grande circonspection, lorsque ses forces sont entièrement à la disposition du cavalier.

Ici vient naturellement se placer la nomenclature de trente et nn nouveaux airs de manège dont j'ai enrichi Téquîtation :

1^ liexion instantanée et maintien en lair de l'une on l'autre extrémité antérieure, tandis que les trois autres restent fixées sur le sol.

2'' Mobilité des hanches « le cheval s'appuyant sur les jambes de devant, pendant que celles de derrière se balancent alternativement l'une sur l'autre , la jambe postérieure qui est en l'air exécute son mouvement de gauche à droite sans toucher la terre pour devenir pivot à son tour, sans que l'autre se soulève» puis elie exécute ensuite le même mouvement.

3" Passage instantané du piaffer lent au piailer

précipité, et vice vend.

h"" Reculer avec une élévation égale des jambes transversales qui.s' éloignent et se posent en même temps sur le sol, le cheval exécutant le mouvement avec autant de franchise et de facilité que s*il avançait et sans le secours apparent du cavalier.

5*" Mobilité simultanée et en place des deux

jambes par la diagonale; le cheval, après avoir levé les deux jambesopposées, les porte en arrière pour les ramenw ensuite à la place qu elles occu* paient, et lecommeace le même mouvement avec Taulre diagonale.

6* Trot à extension soutenue; le cheval, apr^s avoir levé les jambes» les porte en avant en les soutenant un instant en l'air» avant de les poser sur le sol.

7** Trot serpentin ; le cheval tournant à droite

et à gauclie pour revenir à peu près à son point de départ» après avoir fait cinq ou six pas dans chaque direction*

â*" Arrêt sur place» à l'aide des éperons» le cheval étant au galop.

9"* Mobilité continue en place de Tune des extrémités antérieures» le cheval exécutant» par la volonté du cavalier, le mouvement par lequel il manifeste souvent de lui-même son impatience.

40* Reculer au trot, le cheval conservant la même cadence et les mêmes battues que dans le trot en avant.

1 1 Reculer au galop , le temps étant le même que pour le galop ordinaire» mais les jambes antérieures, une fois élevées, au lieu de gagner du terrain, se portent en arrière» pour que larrière-matn exécute le même mouvement rétrograde aussitôt que les extrémités antérieure se posent sur le sol.

12" Changements de pied au temps, chaque temps de galop s'opérant sur une nouvelle jambe.

13* Pirouettes ordinaires sut trois jambes, celle de devant da côté vers l^uel on tourne,

restant en l'air pendant toute la durée du mouvemeat.

14^ Reculer avec temps d'arrêt i chaque foulée, la jambe droite du cheval restant en avant, immobile et tendue de toute la distance qu'a

parcourue la jambe gauche, et vice versâ.

1 Piaffer régulier avec un temps d'arrêt immédiat sur trois jambes, la quatrième restant eu l'air.

46* Changements de pied au temp<;, à des intervalles égaux, le cheval restant eu place.

1 7"* Piaffer en avant et en arrière sans rênes*

18* Galop en arrière sans rênes.

19* Mouvement d'avant en arrière et d'arrière en avant des jambes transversales.

20** Galop sur trois jambes.

2V Piaffer dépité.

22*" Ronds de jambes.

23^ Jambes de devant croisées en dedans.

24° Élévation avec temps d'arrêt de chaque jambe de derrière.

25* Balancer du derrière et piaffer du devant, au reculer.

26* Tension des jambes de devant et fleîioti

des jambes de derrière.

27'' Piaffer balancé da derrière et dépité du

devant.

28'' Tension en dehors des jambes de devant alternées» en reculant.

29* Éloignement des jambes de devant des jambes de derrière, et rapprochement des jambes de derrière de celles de devant.

30*" Balancer de droite à ganche au piaffer alterne avec un mouvement de va-et-vient d arrière en avant et d'avant en arrière.

34" Travail au galop sur les hanches avec changements de pied au temps.

En présentant la nomenclature de toutes ces difficultés, qui grandissent l'é^uitatioa et que j'ai exécutées en public» les amateurs me feront

le reproche de ne pas faire connaître les moyens par lesquels on obtient tous ces mouvements ; mais ce n'est pas possible, puisqu'ils constituent la poésie de l'equilation, et que pour devenir poète équestre, il faut de Timagination, du sentiment et du tact; c'est assez dire que leur exécution forme une équitation qui devient personnelle, qui ne peut être le partage que de l'homme studieux auquel il sutit de savoir qu'une chose est faisable pour qu'il l'entreprenne et la conduise sûrement à bonne lin; il cherchera et deviendra innovateur à son insu, toute définition l'embrouillerait plu** tôt qu'elle ne lui servirait. Je ne donnerai donc qu'un seul principe général, c'est qu'il ne faut

iÀ ALLÉGÉE.

commencer ces difflcaltés qa'après avoir complètement terminé l'éducation du cheval.

AJUSTER UN CHEVAL, c'est lui donner le fini qai constitue le cheval bien dressé, c est-àdire lui faire exécuter tout ce que ses moyens et sa constitution comportent, avec grâce, avec précision, et sans que les mouvements du cavalier soient apparents.

Un écuyer de talent peut aisément» en moins de trois mois, obtenir ce résultat, avec des chevaux bien disposés; mais le vrai mérite est d'y parvenir dans le même temps, avec des conformations médiocres et diUerentes.

AJUSTER LES RÊNES, c est les saisir ec le pouce et l'index de la main droite» près de la gauche, et les élever perpendiculairement jusqu'au bouton fixe qui se trouve à leur extrémité.

Dans cette opération, il ne faut pas déplacer le coude droit, hormis le cas où les rênes seraient plus longues que Tavant-bras ; il suffit que la main de la bride s'entr ouvre faiblement pour les égaliser, les allonger ou les raccourcir, mais sans que pour cela le cheval en sente jamais le moindre déplacement. .

ALLÉGER, c'est rendre le cheval léger dans toutes ses parties ; avec le cheval préalablement

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assoupli, celeilet s'obtient par 1 opposition exacte de la main et des jambes. Da reste, totis leschevaux peuvent être allégés, si le cavalier sait combiner ses effets de force, et les baser sur les

résistances qu'il éprouve. (Voyez ramëi^er.)

AMAZONE, c'est le nom qu'on donne aux dames qui montent à cheval, et surtout au vêtement qu'elles portent pour cet exercice. Cette dé» nomination est un souvenir des ûères Amazones qui jadis renversèrent des empires ; mais elle est loin d'obliger le sexe charmant qui s'en paie, à autant de courage et d'imprudence qu'en déployèrent, dit-on, ces héroïnes.

Le cheval est, pour les dames, un exercice salutaire qui rentre merveilleusement dans leur apanage; et l'équitation, loin de les exposera quelque danger, les met, au contraire, en garde contre les accidents sans nombre qu'enfante le non-«aToir.

Ail reste, une dame peut devenir très-bonne cavalière, c'est-à-dire mettre facilement son cheval à tontes les allures, le conserver en équilibre, et le conduire avec précision; mais elle doit prendre le soin de ne monter qu un cheval sage et bien dressé ; d'abord, parce qu'il n'est pas dans le caractère de ce sexe timide autant que gracieux de s'exposer à batailler avec son cheval; ensuite, parce que celui-ci ne tarderait pas à s'aper-

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