‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 402 sur 455 · AUBE · texte numérisé non relu

AUBE

Les archives de ce département , primitivement formées des paniers des anciens établissements religieux du diocèse de Troyes, qu'on transporta dans les combles des bâtiments actuels de la préfecture , ont pendant longues années subi dans ce dépôt tous les dommages qu'ont pu causer les intempéries des saisons, les dilapidations favorisées par l'incurie de l'administration, et même les ventes de documents précieux rcgulièrcmei l autorisées par elle. Un dépouillement fut entrepris, mais arec des moyens et un personnel insuffisants. Enfin le conseil général , dans sa session de 1837, reconnaissant que le travail n'avançait pas et que le désordre durait toujours, résolut les mesures nécessaires pour un classement définitif. A l'égard du local, on n'a pu que le restaurer ; 1. s combles ont été transformés eu uue ga'erie pourvue d'un mobilier d'archives; un employé spécial est reslé chargé des papiers de l'administration départementale, mais l'exploration des papiers historiques a été confiée depuis le mois de janvier 1819 à un élève de l'école des chartes. L'exécution rapide de ce dernier travail a produit un classeiueul par masses cl fourni un aperçu des richesses qu'un travail prolongé pourra faire ultérieurement découvrir dans ce dépôt. On évalue à 300,C00 pièces ou articles envirou la partie historique, composée principalement des archives ecclésiastiques , se. rapportant à 39 monastères de différents ordres. On distingue en première ligne les archives de Clairvaux et du Paraclel , celles des abbayes de Notre -Dame aux Nounaius «lo

013 APPENDICE. - RAU'OIIT SLR u-s

Troyes, Nolre-Damc-dcs-Prés lès Troyes , Saint-Martin ès Airs; puis de In collégiale de Saint-Urbain, du grand séminaire cl du collège de Troyes, des prêtres de l'Oratoire, etc. Ce qui reste de la célèbre abbaye de Clairvaux occupe 300 cartons et forme plus de 100,000 pièces. La moitié environ se compose de dossiers de procédure dans lesquels on-vienl journellement chercher d'utiles indications concernant des droits de propriété. Le surplus forme une collection nalcographique vaste et conçu e, qui réunit les nombreux témoignages de l'ancienne splendeur de celte abbaye, â laquelle se rattachaient 800 monastères dispersés dans toute l'Europe et des domaines sans nombre : ce soul des donations et privilèges émanés des empereurs, des rois cl de divers souverains , dans toutes les langues, toutes les formules, avec tous les caractères de chronologie et toutes les marques des chancelleries de l'Europe.

Ces différents corps d'archives renfermeut un assez grand nombre de litres anciens depuis lç u* siècle, entre autres deux chartes originales de Charles le Chauve, quelques manuscrits dignes d'intérêt sous le rapport historique, des autographes de rois et personnages illustres, el quelques documents relatifs au développement municipal de la ville de Troyes. Une collection particulière provient des archives du château de Pt.nlsur-Seine, laissées par le prince Xavier de Saxe, de la maison royale de Pologne : elle comprend de nombreux papiers écrits les uns en français, les autres dans les langues germaniques.

Le préfet de l'Aube a tenté d'étendre aux archives des communes l'exploration faite dans les archives do département. Il a demandé aux administrations municipales des renseignements sur la situation des dépôts existant dans les mairies et les hôpitaux. 1 es pièces historiques onl été recherchées, el par suite ilen a été rendu quelques-unes au dépôt du département. Parmi les archives municipales on doit mentionner celles de Bar-sur-Aube, qui paraissent aroir quelque importance , el celles de Vendœuvrc , qui offrent des particularités dignes d'intérêt.

HAUTE M4RNB.

Les archives historiques de ce département se composent presque en totalité de celles des maisons religieuses , la plupart fort importantes et quelques-unes d une haute antiquité, qui existaient sur son territoire

Celle région était au nombre de celles que le gouvernement songea à comprendre particulièrement dans les explorations historiques entreprises peu de temps avant la révolution de 1789. Le dépôt actuel forme une masse qu'on évalue à près de 200,000 pièces, dont 25,000 consistent en chartes, bulles, diplômes, lettres patente*, sentences , etc., écrites sur parchemin. En première ligne, il faut citer les archives de l'évéchédc Langrcs, un des plus anciens et des plus importants

ARCHIVES DEPARTEMENTALES. CU

du royaume. Il s'y trouve 1G chartes du ix< siècle : la plus ancienne (815) est de Louis le Débonnaire; d'aukes sont de Carloman el de Charles le Gros. Le nombre des diplômes royaux pour le ix'cl le x* siècle s'élève à 18. Les actes de donations des évéques sont en grand nombre depuis le ix* siècle, el les bulles des papes depuis le xr. Il se trouve encore de curieuses procédures du »w siècle en matière de sacrilège ; enfin le* liires des seigneuries et fiefe qui dépendaient de l'évéché. Les cartulaires forment i:j volumes ci les registres ou inventaires dos liires sont au nombre de GG. Les archives de* abbayes renferment également beaucoup d'objets précieux. Celles de Montiérendor, la plus ancienne de toutes, ne comprennent pas moins de 15,00 ) pièces avec deux cartulaires, dont un toit beau du xiu* siècle, el qui paraissent renfermer des transcriptions remontant au vu'. M reste de l'abbaye de Saint-Urbain un di-

fdôme de Charles le Chauve de 870: do 'abbaye de Morimond, qui était l'un des chef* d'ordre relevant de Clteaux , des chartes du xii* el du xiii' siècle, contenant les donation» relatives à ses propriétés, qui étaient immenses, et un grand nombre de documents généraux relatifs à l'histoire de Tordre de Clteaux.

Des cartulaires provenant des abbayes d'Auberive, Longuay, la Chapellc-aux-Planches, Sept-Fontaines, Belmont, le Val-dcs- Ëcoliers, onl été également conservés. Ou remarque encore les titres de six autres abbayes moins considérables et de dix-neut prieurés.

Les chapitres sur lesquels on a conservé quelques documents sont ceux de Chaumont, Château-Vilain , Reynel , Bourmonl cl Joinvillc : il existe pour ce dernier particulièrement un cortulaire du xm* siècle.

Les titres de dix commanderies de l'ordre de Malte et de vingt-deux couvents sont conservés en partie.

.Au milieu de cette diversité de documents, beaucoup sont vraiment précieux : les bulles présentent des documents pour l'histoire des ordres religieux. Parmi les noms des donateurs , on remarque ceux des comtes de Champagne, des ducs de Bourgogne, des sires de Join ville, des seigneurs de Château - Vilain, de Vignory.de Reynel, de Clcnnont, d'Aigremont, de Choiscu*, noms qui comptent tous des illustrations

Une dernière série des archives historiques de la Haute-Marne se compose de quelques papiers provenant de l'intendance de Champagne, dont le siège était à Châlons-sur- Marne, des snbdélégations cl des éleclionsdo Chaumont, Langrcs el Joinvillc.

Cependant on doit déplorer, â l'égard particulièrement des documents qui se rapportent à l'intervalle compris entre 17f.O et l'époque de la création des préfectures, des pertes assez notables causées par la translation faite, à l'époque de l'invasion de iSlkt d'une partie des archives du département cl de celles des sous-préfectures dans la ville de Bar-sur-Aube, qui fut prise el reprise plusieurs foi.*.

L'élal actuel des archives départementales est satisfaisant. Le classement de la partie historique n'est pas encore complet, mais ce travail s'exécute avec un soin remarquable.

ARDBNNBS.

On n'a commencé qu'en 1839 un classement, après avoir approprié cl disposé convenablement on local; mais il a été impossible d'obtenir encore des résultais étendus.

Les papiers antérieurs à 1739, qui ne sont pas en grand nombre, proviennent de» anciens établissements religieux et de l'intendance de Champagne. Ils paraissent se rapporter aux administrations provinciales de Champagne, du Hainaul et du pays des Trois-Evêchés.

MEURTME.

Les archives de la Mcurthe n'ont pas conservé le dépôt entier des archives de la Lorraine. Une partie des documents les plus anciens, intéressant la couronne do France, a été transférée à Paris, et ceux relatifs au consul d'Etat de Lorraine qui existait sous le règne du roi Stanislas ûgureut dans les collections des archives du royaume. D'un autre rô:é, tout ce qui concernait la généalogie des ducs a été transporté à Vienne, lors de la cession de la Lorraine à la France. Cependant il reste encore un grand nombre de pièces qui, indépendamment des renseignements précieux qu'elles contiennent sur l'état du pays au moyen âge, sont des litres pour les habitants des quatre départements de la Mcurthe, des Vosges, de la Moselle et de la Meuse. Toutes ces collections avaient été réunies en dernier lieu dans les archives de Ja chambre des comptes.

On y trouve d'aborJ le trésor des chartes qui renferme les traités faits par les anciens ducs avec les autres souverains de l'Europe ; les acquisitions et titres divers de propriété des domaines qu'ils possédaient dans leur province ; les donations concessions, échanges, transactions de tous genres, entre le souverain et les particuliers et de particuliers a particuliers,- tant pour biens domaniaux que pour biens patrimoniaux Jcs fois, hommages, aveux et dénombrements rendus en différents siècles pour des terres titrées ; enfin des pièces en grand nombre et de toute espèce remontant au xir siècle, qui concernent la diplomatique, le droit public cl privé, et l'histoire de la Lorraine. Ces litres, dont quelques-uns remontent au xir siècle, remplissent 476 layettes. Des inventaires analytiques existant pour celtcséricde pièces forment 33 registres.

A celte même série se rattachent les comptes rendus par le receveur général des domaines el bois, depuis 1751 jusqu'à 1787 ; les comptes el casuels de la trésorerie générale, de 1697 à 1769, composant avec les pièces justificatives 294 registres et 250 liasses ; le recueil de* bénéfices du duché de Lorraine el de Bar, les litres el paniers des acquisitions et fondations faites par Manislas, roi de Pologne ; les registres de i h inicllerie.

VIATIQUE CHRETIENNE. Ci*

au nombre de 16V, contenant, «le 1473 à 1737, l'enregistrement de toutes les lettres pal -nies pour légitimations, reprises, confirmations d'acquêts , bénéfices , fondations , olfices , exemptions el affranchissements, confirmations , amortissements, privilèges, dons, concessions, grâces, remissions, pardons, permissions, commissions, chartes, créations de foires et marchés, traités, appointements , alliances, constitutions de rentes el assignations, édils cl ordonnances, états généraux, sauvegardes, confiscations , main-levées, acensemcnls, mariages, testaments et douaires, échanges, engageres, aliénations, errelions de biens en fiYfs , marquisats et baro nies, capitaineries, traités et accords divers.

Une autre partie, connue sous le nom d'archives de Lorraine, comprend les anciens comptes des revenus des domaines de Lorraine el de Bar de 1702, 1731, 17ôo el 1756 ; enfin une collection souvent consultée pour la conservation d'un grand nombre d'intérêts, qui se compose de plus de 4,500 déclarations fuites en exécution d'arrêts du conseil des finances de Lorraine, des années 1700, 1703 cl 1738, par des communes appartenant aux départements de la Meurlbe, de la Haut«- Sadne . du Haut et du Bas-Hhin , de la Mo* relie , des Vosges et du la Meuse, sur l'état de leurs biens, droits , usages, revenus, dette» aciiVcs el passives.

Les archives particulières de la chambre des comptes, qui était en même temps cour des aides el cour des monnaies, n'offrent pas moins de 4,810 articles, qui comprennent les arrêts et décisions du la chambre sur toutes matières, telles que actes d'acensements el de subrogations, arrêts d'entérinement, arrêts sur procès, sur requêtes, insinùa lions, etc., minutes de comptes des deniers patrimoniaux cl d'oclrois de 1699 à 1788.

Parmi ces documents, qui sont écrits dans les langues française, latine el allemande, il se trouve quelques pièces historiques qui se rapportent tant aux rois de France qu'aux dues de Lorraine cl du Bourgogne.

Les papiers des anciens établissements religieux composent 800 liasses couc rnanl vingt abbayes, entre lesquelles on distingue celles de Domèvre, Haule-Seitle, Nancy, Flavigny, Lay-Saiut-Christophe, Roiières: plusieurs chapitres ou col égiales, en particulier la prim itiale de Nancy et les chapitres de Fénétrange, Lunéville, Saint-Pierre de Mrtr, diverses commanderies de l'ordre de Malte et soixante couvcnl9, prieurés ou congreg \lions

Il paraît qu'à l'époque de la révo'ulion on transféra à Paris une partie des papiers de l'intendance de Lorraine, mais on a conservé à Nancy des actes relatifs à la partie militaire et aux bâtiments domaniaux.

Il s'en faut que toutes les richesses historiques contenues dans les archives de ce département nient été mises au jour : la plupart det collections ne sont connues' qu'en masse. Vers 1820. un effort avait été fait pour explorer la partie historique, et mettre en ordre les documents modernes, mais Le

API'END'CE. — RAPPORT SIR LES ARCMNES DEPARTOfENTALES.

dépôt retomba bientôt dans In confusion. En 1837, les papiers de toutes les époques étaient entassés pêle-méle sans aucun inventaire ni répertoire , même pour les collections qui sont consultées le plus fréquemment, telles que celles des procès-verbaux de vente et d'estimation des biens nationaux. On n'a pu v,ablir encore qu'un ordre général; mais les

cmx, divisés en plusieurs parties et expoès nu danger presque continuel du feu, ne sont pas convenables.

On ne doit pas oublier*de mentionner qu'il existe au greffe du tribunal de Toul des papiers provenant de l'ancien évéebé de celle ville, et qu'il serait à propos de réintégrer au dépôt actuel du département.

MEUsB,

La partie Historique so compose princina- I ment des archives de l'ancienne chambre des comptes du Barrois. On porte à plus do le nombre de volumes ou liasses que comprend cette collection. Les comptes des anciens comptables du Barrois, dans l'intervalle de 1318 à 1670, forment une suite do registres dont les plus anciens sont en parchemin. Les papiers des receveurs généraux, prévôts, châtelains, gruyers et célér.ers du Barrois y sont joints, ainsi que des aveux et dénombrementsvde seigneuries.

Une collection de documents relatifs aux anciens établissements religieux renferme un assex grand nombre de chartes des xji* i l sur siècles, quelques lettres particulières du cardinal de Lorraine et des princes lorrains de la fin du xvr siècle et du commencement du xvii0.

On signale des archives d'ancienoes mai' sons conventuelles qui n'ont pas été- transférées au chef-lieu : le tribunal deCommcrcy, en particulier, conserve arec les archives judiciaires les papiers de divers établissements religieux qui avaient leur siège dans l'arrondissement.

Le classement des archives départementales a été entamé en 1836 <culcmcnt; mais, à cause de l'insuffisance des allocations, eu îravail n'a pu recevoir qu'uuc Çaiblc impulsion.

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