TARN
Plusieurs déplacements successifs , premièrement de Castres à Albi, puis dans cette dernière ville d'un local à un autre, un incendie survenu en H01 , enfin un abandon total, avaient fait tomber les archives de ce département dans une confusion complète, et effacé jusqu'aux traces de trois tentatives de classement qui avaient eu lieu à des époques différentes. Le travail n'a été repris que depuis un an, mais il s'exécute avec soin.
Il se trouve dans ces archives des documents sur l'ancienne administration qui remontent au xiv* siècle. Les principaux sont une collection manuscrite des procès-verbaux des états de Languedoc , les procèsverbaux d'assiette dos anciens diocèses d'Albi, Castres et Lavaur, des étals de ré« partition des contributions; enfin des détails concernant les biens, les emprunts et
AI PEMitCE. - HAPronT SUR LES ARCHIVES DEPARTEMENTALES.
les délies des anciennes commqn.iulcs. On a conservé un grand nombre de pièces sur les guerres de religion à Albi el à Castres dans le xvi* siècle, et «particulièrement beaucoup de lettres du maréchal de Joyeuse, du duc de Montmorency, de Schomberg, etc.
Les papiers des ancien* établissements religieux forment une masse considérable, dans laquelle se trouvent des actes précieux remontant jusqu'au x' siècle , des cartulaires el des titres de propriété, notamment pour les abbayes de Saint-Michel de Gaiilac, de Candeil el d'Ardorcl. On remarque encore aux archives départementales des actes concernant des fondations et des privilèges de communes.
Un travail d'un grand intérêt a été entrepris dans ce département pour l'exploration el la mise en ordre des archives communales : un chef de division de la préfecture, auquel le conseil général a accordé à cet effet, depuis deux ans, une indemnité annuelle de 300 francs, s'est chargé de visiter et même d'inventorier les archives des communes. Les pièces inédites qui intéressent l'hisloirt ou l'administration doivent être copiées pour faire partie du dépôt départemental, et en outre le préfet se propose de faire transmettre aux communes des copies des documents déposés aux archives de la prêtée' ure qui peuvent les intéresser. Déjà les titres de plus de cinquante communes, auxquelles se rattachent des souvenirs historiques, ont été examinés soit sur les lieux, soit à la préfecture quand on a pu les y faire transporter. On a ainsi découvert les tilres des privilèges et franchises de plusieurs communes , particulièrement de celles de Cordes, Gaillac, Rabastcns, Montmirail, etc.; il y a des actes en langue romane remontant au xii* siècle, et des documents curieux relatifs aux premiers albigeois et aux premières guerres d'héréliques. Le plus important de ces dépôts est celui d'AIbi, dans lequel se trouvent les cartulaires, privilèges et coutumes concernant l'ancienne organisation de la ville, les annales de ses consuls el les regi>tres des délibérations du corps municipal depuis le commencement du xiv' s:ècle.
G1H0NDB.
Les archives de ce département n'offrent pas toute l'importance que celle du chef-lieu semble donner lieu d'attendre. Quoiquo l'absence des litres les p!us précieux d'une époque un peu reculée confirme l'opinion que les Anglais les ont emportés lors de leur expulsion de France, les documents d'une époque postérieure formaient , lors de la révolution, une masse considérable ; mais , jusqu'en 1838, la négligence de l'adminis- Itation à cet égard avait été complète, et même plusieurs parties avaient éprouvé de graves dommages. Le premier préfet du département fît vendre beaucoup de papiers qu il jugea inutiles. Sous l'empire, un changement de local, opéré avec précipitation , eo égara on grand nombre et mit le reste
dans une entière confusion. En 181V, à l'approche de l'armée anglaise, les archives les plus importantes furent dirigées sur Libourne, d'où elles revinrent incomplètes et en désordre. Eoiln , en 1833, le préfet fit vendre la presque totalité des papiers de l'administration préfectorale de l'an vin à 1822, exceptant a peine quelques registres el documents d'un intérêt général pour le déparlement.
Malgré toutes ces pertes, l'ensemble dos documents qui proviennent laut des anciennes administrations et des corporations religieuses supprimées que de l'administration départementale compose environ 3,200 liasses, 2,100 carions et 1,200 registres, livre? terriers ou inventaires.
Les papiers de l'anc enne intendance de 1700 à 1789 occupent 859 cartons, où se trouvent quelques cadastres el des documents relatifs à l'industrie, à l'agriculture, aux ponts et chaussées , a la navigation cl aux divers services administratifs.
A ces archives sont réunies celles du bureau des finances et de la chambre du domaine, de 1600 à 1770; les registres des receveurs des consignations, de 1G09 à 1795; le greffe de l'ancienne maîtrise des eaux et foré'*, d • 1710 à 1790; les cadastres divers dos biens fonciers saisis par l'Etat sur les émigrés et les condamnés; enfin les registres des anciennes corporations d'arts el métiers de Bord, aux, de 1C90 à 1791.
Les archives de l'ancien archevêché se rapportent d'une partà l'autorité spirituelle, de I autre au domaine utile, et comprennent des documents sur d -s terres et fiefs eu grand nombre qui dépendaient de l'archevêché.
Les papiers des anciennes corporations religieuses, répartis dans G09 cartons, sont très-riches en documents orig naux des xnr, xiv*, xv* et xvt* siècles. L'abb iye de Sainte- Croix, les chapitres de Saint-Seurin el de Saint-André, les bénéficiers de Saint Michel, les chartreux el les carmes de Bordeaux en ont fourni les parties les plus considérables : on y remarque de fort belles copies sur registres. Une foule d'autres papiers moins complets etépars concernent d'autres communautés religieuses de Bordeaux; plusieurs ont rapport aux commanderies du Temple et a l'ordre de Malte.
Deux années seulement consacrées au triage de ces masses n'ont pu suffire encore à faire cunnallre loul ce qu'elles renferment.
Une collection particulière et immense se compose de papiers-minutes , d'actes des anciens notaires de Bordeaux et de la banlieue, désignés sous le nom de gardes-notes, el qu'on a réunis en 1821 aux archive» départementales. Ce sonlenvirou 4,500 registres ou liasses comprenant l'exercice de 533 notaires depuis l'an 1471, date des plus anciens registres, jusqu'à la fin du xviii* siècle.
Le bâtiment dans lequel les archives départementales sont placées depuis 1818, quoique ayant le désavantage d'être éloigné
de» la préfecture, remplit, sous le rapport de l'étendue et de la salubrité , les conditions convenables.
Plusieurs communes ont conservé des archives dignes d'intérêt. On possède- à Bordeaux 1^0 registres comprenant les délibérations du corps municipal de 1521 à 1789, et trois registres des ades , traités et statuts dont l'un, dit des Bouillon», contient lis actes municipaux et les traités conclus par la. villcdepuis 1259; on autre, ses privilèges depuis l'acte qu'on appelle la Philippine de 1295 ; le troisième , les règlements , statuts et serments des jurais. On avait rédigé, vers la On du siècle dernier, avec un soin extrême , un réperioirc très-délaillé de ce* archives qui a été conservé. 11 existe à Blaye -des documents relatifs à l'adminislraiion du celle ville depuis le xir siècle. Les villes de Bourg, Libourne , la Héole , M»mségur, Suinl-M.icaire , Saint-Emilion , possèdent les titres des anciens privilèges qu'elles tenaient tant des rois de France que de ceux d'Angleterre.