‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 73 sur 455 · V. RENOUVELLEMENT DBS CHARTES PAR LES ROIS · texte numérisé non relu

V. RENOUVELLEMENT DBS CHARTES PAR LES ROIS

Le renouvellement des chartes peut être attribué a deux causes : le changement de règne et la perle des premières chartes. Certains empereurs romains, pour s'enrichir aux dépens de leurs sujets , ordonnèrent que les concessions faites par leurs prédécesseur* n'auraient de force sous leur règne que si elles étaient i enou velées ; d'autres, plus modères . se contentèrent de confirmer par un seul ilip'ô • e tons les bieuf (ils de leurs prédôcesse us. Celte forme i!e renouvellement fut assez rare. Ou renouvela aussi les titres en se contentant de rappeler, dans un nouvel acte, les principaux articles de l'ancien diplôme (*). et de le confirmer sans le rapporter en entier. Cet usage, en vigueur sous la première race des rois francs, n'est pas rare au xn* siècle. (-V,i Uno autre espèce de renouvellement consistait dans l'attestation donnée par le roi. l'évéque ou un juge, qu'ils avaient vu la charte dont ils donnaient ensuite la teneur, et que personne ne devait la révoquer en doute. Celte minière, qu'on appelait Yidimus, fut longtemps réservée aux souverains. (I oy. Yiuimus.; Enfin le roi renouvelait quelquefois dans un seul diplôme tous les litres qui avaient péri dans un incendie ou tout autre désastre. Les rois de la 2* race, en confirmant un monastère dans la possession de ses biens et privilèges, rappellent souvent, eu tète de leurs préceptes, les actes de leurs prédécesseurs qui contiennent des donations ou des confirmations de ces biens, de sorte qu'ils nt font , pour ainsi dire , qui transcrire ces pièces en en changeant les formules initiales cl finales.

On s'adressait aussi aux papes pour obtenir des actes confirma tifs de biens et privilèges qu'on voulait mettre à l'abri de l'usurpation lorsque les titres qui en établissaient la propriété avaient été détruils. Une dernière manière de renouvellement avait lieu lorsque le roi ou le pape, dans un nouveau diplôme on une nouvelle bulle, insérail ce qui s'était conservé d'un litre endommagé, r t remplaçait les syllabes manquant par \ oi« d'autorité. Cette précaution était nécessaire

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pour conserver ant chartes lo pouvoir <le hirc loi en justice, surtout lorsque ces lacunes lomhaicnt sur des parties incessantes; car, quoique endommagées et pourries, elles ne perdent pas leur autorité quand elles ne sont pas viciées dans les endroits essentiels (t). Les rois Jean, en 1301. et Charles V, en 1372, donnèrent de pareilles charl'* en faveur des habitants do Talent et (li? Le vigny.

Des atles do renouvellement , faits en France par l'autorité du roi , seraient suspects avant le vnr siècle , et l'usage n'en devint même commun qu'au xu* siècle. Depuis le xur, ils doivent' porter dans la formule initiale le mot Vidimus en France, et Insprximus en Angleterre. 11 est bienentendu que ces Vidimus ne rendent point vraie une charte fausse. {Voy. Vinmus.)

CHLIl. Le litre de cher ou de très-cher, donné à un évéque par le pape, est un signe de faut depuis le xur siècle; mais il n'en est pas de même avant.

CHEVALERIE , CHEVALIERS. Outre les 'titres de dix* , de comtes, de marquis et do barons, on vil paraître celui de miles dans le» chartes du x' siècle (2). Ce litre, qui vient du soldat des Latins , mais dont l'acception prit alors une signification plus distinguée , so traduisit par chevalier et vassal. Les chevaliers ou membres de la chevalerie étaient tous de l'ordre militaire , et nobles. Ils formai nt une association dont l'histoire n'est pas de noire sujet , et qu'on peut voir dans les Mémoires de Sainic-Pallayc. Il suffit de «lire que l'origine de la chevalerie vient de la commue qu'avaient les vassaux d'envoyer leurs eniants à la cour de leurs chefs. Lorsque ces jeunes gen* avaient atteint l'âge de porter les armes , ils étaient admis au rang des guerriers au milieu des cérémonies religieuses; ils recevaient l'épée et la lance des ni iins «!e leur seigneur, et ceignaient la ceinture militaire , >e reconnaissaient ses chevu' litrs, et lui prêtaient serment de fidéiilc. Au xr siècle on généralisa cette coutume, et on fil de tous les chevaliers une vaste association, dont le but était surtout la défense des faibles et des opprimés. On vil les souverains eux-mêmes leuir à honneur d'être chevaliers.

L'âge auquel on pouvait être fait chevalier était ordinairement la majorité. On disait d'un damoiseau qu'il scellerait de son sceau l'acte où il comparaissait, lorsqu'il serait fait chevalier. (Voy. au root Sceau.) La création de chevaliers avait lieu souvent dans les cours plénières, au commencement ou à l'issue d'une bataille. Le prince ou le seigneur qui recevait un chevalier faisait armer l'aspirant de toutes pièces, lui ceignait l'épée, l'embrassait et lui donnait un coup sur l'épaule en lui disant à haute voix : Jeté faù chevalier au nom du l'ère, du Fils et du Suint-E<. prit. Les chevaliers étaient égaux entre eux,

(I) D'Eii-illj. F. Plaidoyer.

(il Le ;iire <!e mila cm quelquefois rrmptoc* \>ar une r\i r»(s>iou ëquival.'nlp, comme MCCiitartmiUtur <li':titt:<. ri aiiiniiv amtit ou militari lultco accinctm (x:* stè !<•. ' m-

et l'on vil souvent les mis f.-.ils chevaliers par leurs inférieurs; témoin François l'qui reçut l'arrolade <!u chevalier liayard à la bataille de Mariguan. Plusieurs autres ont prétendu qu'il n'y avait qu'un chevalier qui en pût f.iire un autre. Cependant les évôques et les ah' és créaient des chevaliers ; c'est un fait rert.in pour l'Allemagne. En Angleterre, tous reut qui pouvaient donner un fief avaient droit <le faire un chevalier. Ainsi !<•» archevêques, les évèqucs, les abbés et les abhesses conféraient de droit la chevalerie 3).

On distingue quatre sortes de chevaliers : 1* les chevaliers de la haute noblesse; 2* les chevaliers qui possédaient le» fiefs de chevalerie, ou chevaliers bannercts ; 3* ceux dont la chevalerie était personnelle; ceux qui entraient dans un corps de chevaliers. Les gens de robe vou'urent aussi avoir leur chevalerie, et , dit Pasquier (4), « au fait de rhevaleric , quelques gens de robe longue y voulurent avoir part, à l'occasion de leurs dignités cl offices, au moyen de quoi on fil double distinction des chevaliers, les uns étant chevaliers d'armes et les autres chevaliers de lois, o Celle innovation n'est pas antérieure à la fin du xm* siècle. Simon du Billy, hailli de Soissons, prenait, en 1312, lo titre de chevalier clerc ou lettré. O» trouve 'aussi , dans le midi de la France, des milites burgenses , chevaliers -bourgeois. C'est que, dans certaines villes qui avaient conservé les débris de leurs institutions municipales, les riches bourgeois formaient un corps dont les prétentions a la noblesse les poussaient à imiter toutes les distinctions féodales ; ils avaient donc, un ordre de chevalerie.

Il y avait dans certaines églises cathédrales des milites qui paraissent chargés de la défense des biens de l'Eglise. Du Cange cite une charte de Philippe le Bel de l'an 130), dans laquelle il est dit que l'Eglise de Lyon avait de toute antiquité sept chevaliers, êl il en augmente le nombre de trois. Un obiluaire de la cathédrale d'Auxcrre fait souvent mention de semblables milites aux xi* et xm* siècles.

Le xvr siècle vit la fin de l'ancienne chevalerie, dont les membres étaient devenus ridicules sous le nom de chevaliers errants, et qui sont si bien peints dans l'ouvrage de Cervantes.

CHEVEUX. Les cheveux , comme la barbe, sont un caractère dislinetif dans les sec ,ux, que nous ne devons pas passer sous silence. Les rois francs les portaient longs et tombants sur leurs épaules, séparés par une raie au milieu du front. C'était te signe de la souveraineté cl de la puissance On sait qu'on les rasait lorsqu'on voulait les déposer ou les priver de la couronne. Les Francs perlaient , comme lcua$ mattre< , les cheveux longs, mais de moins en moins à propor tion de leur rang. Le peuple était plus ou

tiit:iirc ite Paht-Pere def.tmrtres, par M. Cuérard). (ô) S'i:n-o;it Traiiâ de i)i,'Uitnat.t t. IV, p. 238. ( l ) lurficvcUh sur la France.

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moins rasé, et les serfs l'étaient encore davantage. Le clergé avail le sommet de la tête rasé en rond, puis régnait un cordon de cheveux courts et le res:c de la tôle était bans cheveux.

Sous la 2* race, on considérait encore beaucoup la chevelure: cependant Charleinagnc porta les cheveux courts. Ses successeurs l'imitèrent, et l'un voit sur leurs sceaux qu'ils portèrent les cheveux tombant au plus au milieu du cou : il en est de môme des premiers Capétien*. Les cheveux longs ne paraissent bien disiinclemcnt que sur les sceaux de Louis le Jeune, de Philippe Auguste et de Louis VIII. Ceux de leurs successeurs, au Heu de tomber sur les épaules, descendent tout au plus jusqu'au bas du cou; souvent même ils sont bouclés ù la hauteur des oreilles (1).

Les Bénédictins rapportent un fait historique qui semble contredire ce que je viens «le rapporter. Ils disent que la mode des cheveux longs s'accrut de plus et» plus jusqu'au milieu du xu* siècle, mais qu'alors les évoques y virent uu excès mondain et la proscrivirent. Les laïques qui laissaient croître leurs cheveux lurent excommuniés en plusieurs diocèses de Frauec, et la crainte de l'excommunication fit tant d'impression sur les esprits, que Henri II, roi d'Angleterre, et Louis le Jeune firent couper leurs cheveux* et ceux de leurs courtisai:». Mais il est probable que l'exécution <ie ces menaces ne fut pas se icusc,oude longue durée , puisque Philippe Auguste ni Louis VI 11 n'y ont pas eu égard.

Ce n'ert que depuis saint Louis que h s rois oui porté les cheveux courts , c'est-àdire au bas des oreilles. Cette mode dura jusqu'à Louis MIL Ce prince les porta longs, cl ses courtisans se hâtèrent de l imiter, les uns en laissant pousser leurs cheveux, les autres en portant perruque, ornement di» téle oublié depuis les Romains (2).

Les reines et les autres dames ont toujours porté les cheveux longs: on les voit sur leurs sceaux flotter sur leurs épau'es; sur quelques-uns cependant les graveurs les ont figurés aussi courts que ceux deshommes.

La coiffure des rois d'Angleterre, dont on a des sceaux depuis le xi* siècle, n'offre pas de différence avec celle de uos rois dans le cours du moyen âge.

Los guerriers, représentés sur leurs sceaux la téle couverte d'un casque fermé, ne laissent point passer leurs cheveux. Ceux qui ont la téle nue ou couverte d'une autre coiffure ont les cheveux courts.

Quant aux membres du clergé en général, les canons des conciles leur prescrivent de porter les cheveux courts ; on ne rencontre point de sceaux où. il eu soit autrement, quoique la forme varie suivant les siècles.

11 faut remarquer toutefois que les images des saints font souvent excepli .nà cctio règle et portent de longs cheveux tombants.

(Ij De Waillv, Elément '. de pM-yjrcy.hiet t 11.

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