MISSIONS ÉTRANGÈRES
Il existait à Paris trois établissements pour les missions étrangères, ou, pour mieux dire, extérieures : 1" le. séminaire dit des Missions- Eirangèrcs, qui était chargé d'une p.iilie des nùssious de la Chine, de celles de la Cochinchiiie, du Tonquiii, de Siam et du Malal>ar; 2° la congrégation des Lazaristes, qui était chargée cies missions de Péking, d'une partie des autres mi?isinns de la Chine, des Echelles du Levant, d'Alger el de Tunis, ainsi que de Madai^ascar, des îles de France, elde l'ile Bourbon ; 3* le séuiinaire du Sainl- Espri!, qui était ch;irg6 de Cayenne et du Sénégal.
Après le Concordat, les revenus des biens qui appartenaient aux missions étrangères
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furent assignés au traitement des ministrlB'k du culte dans les colonies françaises de la Martinique el de Saiiile-Lucie. Arrêté du 13 mess, «n X (27 ju/f/. 1802.) Voij. Séminaire DES Missions-Etuangéres. — C^!^ sentit bientôt qu'il était nécessaire de les rétablir. C'est ce (^ue l'Empereur fit par décret du 2 germinal an Xm (23 mars 18 )o). Il les mil presque immédialemei»l sous la direction du grand aumônier de l'Empire, sans préjudice néanmoins des droits des évêqucs dans tout ce qui intéresse la police et la discipline de leurs diocèses par rapporl à ces mêmes établissements. Décret du 1 germinal an XIII {'ISmars 1805). Foî/. Conseil ECCLÉsiASiiQL'Ei
Les Lazaristes devaient envoyer des prêtres aux Echelles du Levant, aux îles de France, à l'île Bourbon el à Pcking; la congrégation du Saiul-Espril devait en envoyer à Cayenne, au Sénég.il et dans tout le nouveau monde; le séminaire d; s Missions- Etrangères devait en envoyer dans les Indes orienlales.
Sur \e budget de Tan XIV et de ISOô, il fut alloue au ministre des cultes des fonds particuliers pour les missions étrangères, dont un décret impérial du 12 décembre 1806 régla l'emploi de la manière suivante : 3000 fr. aux missions de Conslanlinople, 3000 Ir. à ceile d'Alger, el le reste au supéiieur de là maison de Conslanlinople, pour qu'il en fasse la répartition entre les missionnaires établis dans le Levant. — D'autres décrets relatifs aux divers é!a!)lissemenls chargés des missions étrangères semblaient avoir consolidé cetleœuvre, lorsqu'elle futsupprimée tn 1809. {Décret imp. du 26 sept. 1809.) — Les députés que Napoléon envoya (juelque teu)ps après au pape pour poser avec lui les bases d'un arrangemeul, avaient ordre de lui dire qu'il prendrait ces missions sous sa protection elles soutiendrai!. (Barrai, Frajm., p. 261.) Par où l'on entrevoit qu'il y avait eu dans cette suppression plus de mauvaise humeur que de relisons.
En 1815- Tabbé de Monlesquiou disait à Louis XVlil, que la nécessité de conserver ou réiablir les missions françaises dans l'étranger était généralement sentie et n'avait pas besoin d'être démontrée. (Rapp., fév. 1815.) — Elles furent conservées et défiiiitivement autorisées, ainsi que nous aurons occasion de le dire en parlant de chacun des élablisseaients qui s'y vouent. Foy. Laza* Risles, Séminaires des Missions-Etrangékes, Séminaires bu Saint-Espuit.
Les missions sont toujours allées en |)rospéraut. Il y avait six vicariats apostoliques en Chine à l'époque du Concordat. H y en ^ seize maintenant , dont cinq sont tenus pac les Lazaristes, el quatre par les prêtres d^ sén»inaire des Missions-Etrangères. Les iniç^ siotis italiennes en tiennent cinq, les missions portugaises un, cl les missions espagnoles un. {Annales de la Prop. de la foi, janv.lSi-O.)
Actes législatifs.
D<^(Tet du 18 août 1792.— Artrii; coiisulairp, 15 mess, an X (2 juin. lïJ02).— Itécrcis inipcri:iu\, i mmu. an XIII (23 mais 1B05), 7 i^^inn. au Xlil (i8 uiuis itfOo), ïl déc
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1806,26 sept. 1 «09— Budgets de Tan XIV et de 1806.— Rapport, févr. 1813.
Auteurs et ouvrages cités.
Ann-'lps de la l'ropaRalioade la foi, jauv. I8i3.— BarraV (Du), Fragmenis, p. 261.
MISSIONS A l'iNTÉRIEUB.
« M. delà Tour du Pin, archevôquc-évêque de Troyes , dit Jiiuiïiol, ne né|;ligeail «uciiii moyeu de pourvoir à l'itislruclion de ceux d"onlrc ses diocésains que le dél'aut de paslours privait des secours habituels c!c la religion. Les missions lui paraissant propos à atteindre ce but, il s'empressa d'en faire usage. Le zèle de la religion sulfil pour soulf nir les missionnaires dans leurs premières courses; le nombre dos paroisses yacanf^s augm. niant de jour en jour, le préîat crut devoir solliciter quelques fonds pour subvenir au surcroît de dépenses que nécessitaient (les courses plus étendues. Le gouvernement, instruit par les rapports des aulorilés, que les missions produisaient p srlout d'heureux elTets ; qu'indépendamment du bien moral qu'elles opéraient, elles rendaient plus facile la perception des impôts, trouva bon de faire concourir les fiuauces de l'Ktai à une dépense qui leur était profitable. Une somme de 3000 francs, imputée sur le fonds des vacances, lut mise à lu disposition du prélat, ijoursuhveuiraux fraisdes missions dans le diocèse confié à sa sollicitude.
« Quelque temps après, des troubles s'étant manifestés dans le département des Deux-Sèvres, le ministre invita M. de Pradt, alors évéque de Poitiers, à prendre, pour les apaiser, les mesures qui étaient en sou pouvoir. Ce prélat publia les instructions convenables; mais il lui fallait drs prêtres pour prêcher partout la concorde et la paix : comme le diocèse en manquait, on l'autorisa à faire faire une mission dans l'arrondissement où la paix avait été plus spécialement troublée. L'entier rétablissement de l'ordre fut dû à la sagesse de ceux qui la donnèrent.
« M. l'évéque de Poitiers avait demandé inutilement des prêtres aux évoques voisins. Le gouvernement ne s'était pas adressé avec plus de succès à ceux de la Normandie. Ce pays était le seul, après la Belgique, où il y eût plus de prêtres qu'on ne pouvait en employer. Néanmoins il ne fut d'aucune ressource en cette circonstance. Les évêques répondirent que tout ce qu'il y avait de l)ons prêtres disponibles dans leurs diocèses était employé, et que leur conscience ne leur permettait pas d'ofl"rir ceux qui avaient été mis à l'écart. On aurait pu se procurer des prêtres belges ; mais le gouvernement ne se souciait point d'eux, la plupart lui étant opposés, ou ne parlant pomt noire langue.
« Le même moyen, continue Jaurt'rel, fut employé avec fruit dans le diocèse de la Ro ■ chelle, et plus tard dans celui de Metz,
« Cet heureux résultat fil naître l'idée de créer à Paris un corps de missionnaires, ou prêtres auxiliaires, exclusivement destinés à visiter les paroisses de l'intérieur, où le défaut de prêtres ne permellrail pas aux évo-
ques d'établir des pasteurs permanents. Un plan, sagement conçu, fut mis sous les yeux du gouvernement et par lui adopté. Déjà l'un s'occupait des moyens d'exécution, quand Napoléon , mécontent de ce que le pape refusait de concourir à ses vues, en continuant d'ouvrir ses ports aux Anglais, supprima les missions étrangères qu'il avait rétablies à la demande de Sa Sainteté, et défendit en mèiiie temps d'en faire aucune dans l'intérieur. » {Mém. Iiist. sur les aff. ceci, de France, t. II, p. 59.)