PRIMATIE
Les primaties sont antérieures aux archevêchés. On s'en fera une idée assez exacte si l'on suppose qu'elles furent d'abord ce que sont les archevêchés aujourd'hui. — Elles étaient donc des circonscriptions métropolitaines ; elles devinrent circonscriptions primatiales lorsque des métropoles eurent été érigées dans la province ecclésiastique qui leur appartenait.
Nous croyons que les primaties sont, pour l'ordinaire, des églises-mèresdesquelles sont sorties les autres églises tant épiscopales qu'archiépiscopales de l'arrondissement primatial.
Les arrondissements primaiiaux dans les Gaules étaient au nombre de neuf. Voy.
Primats.
Les droits des primaties sont de la même nature que ceux des archevêchés. Ils étaient réduits à la préséance dans les conciles primaiiaux, et à la connaissance sur appel des causes jugées par les officialités métropolitaines.
Toutes les primalies existantes furent déclarées éteintes et supprimées par la bulle qui réorganisait le clergé en France, et ne furent pas rétablies. Bulle, décret et arrêté consul., 29 germ. an X (19 avr. 18.»2).
Au concile national de 1811, le cardinal Fesch fut élu président par acclamation. Il ne voulut pas accepter cette élection. Il prétendit que la présidence lui revenait de droit, comme primat des Gaules et archevêque de la plus ancienne Eglise de France. Le cardinal Cambacérès lui répondit que tous les
sièges actuels de l'Empire étaient de la même date et ne remontaient pas au delà du Concordat. Les autres évêques, nous voulons dire le plus grand nombre d'entre eux, pensèrent autrement et attribuèrent la présidence au siège de Lyon, comme le plus ancien de France, ce qui fit murmurer les autres. ( De Broglie, Concile de 1811, manuscrit.) — On ne peut qu'applaudir à la prééminence qu'on accorde aux églises-mères dans la personne de leurs prélats. Elle est dans l'ordre et tout à f il conforme à la discipline ancienne de l'Eglise et à l'esprit de la religion.
La bulle qni a supprime les primaties n'est pas exécutée. Les archevêques-primats ont repris leur titre , et le gouvernement exige que les affaires ecclésiastiques soient, comme autrefois, portées de l'officialité diocésaine à l'officialité métropolitaine, et de l'officialité métropolitaine à l'officialité primatiale. Voy. Officialités.
Actes législatifs.
Conciie de 1811.— Bulle el arrêté consulaire, 29 germ. an \ (19 avril 1&0J).