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Poar<{noi da ce conseil moi seule suis-je «xc{ua<? (Rac, Baj., acl. II, se. m, 34.)
On ne le dit plus maintenant.
Exclusif, Exclusive. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Une raison. exclusive, un droit exclusif, un privilège exclusif.
Exclusivement. Adv. Il se met à la fin de la phrase où se trouve le verbe : Cela aura lieu depuis le mois de mai jusqu'au mois d'oclubre exclusivement. J.-J. Rousseau a dit exclusivement à toutes sortes de fleurs ; et Bcgulus aimait la patrie exclusivement à soi.
Excusable. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme excusable, une faute excusable.
Excuse. Subst. f. Demander excuse, employé comme synonyme de demander pardon, dit la Grammaire des Grammaires d'après plusieurs grammairiens, est un vrai galimatias qui clKKjue également et l'usage et la raison. En effet, on ne peut exiger des excuses d'une personne qu'on a offensée, ou la réparation serait pire que l'offense. Si donc j'ai commis une faute envers quelqu'un ou contre la civilité, ou contre la discrétion, je dirai je vous fais vies excuses, je vous pi~ie de m'excuser ; alors quand celui que j'ai olfensé est satisfait, il reçoit mes excuses, mais il ne m'accorde point d'excuses. Madame de Sévignéa <\\\.jevous demande excuse ; mais c'est en plaisantant. En général, les bons écrivains ont dit : Je vous fuis excuse :
Pour TOUS, je ne veux point, monsieur, Tons faire exou««. (Mol., École cU$ Maris, acl. III, se. X, 7.)
Quoi! tu faisais excuse à qui m'osait brader!
(CoRW., Nicom., acl. I, se. iv, I.)
Excuser. V. a. de la 1" conj. S'excuser régit la préposition de : S'excuser de faire une chose, s'en dispenser.
ExEAT. Subst. m. Mot tiré du latin , qui ne prend point de s au pluriel. On prononce exéat en fai^ant sentir le t linal.
Exécrable. Adj. des deux genres. Il se dit des personnes et des choses, et peut se mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un homme exécrable, un crime exécrable ; cette exécrable conduite le déshonorera entièrement. Voyez Adjectif.
ExÉCRABLEMENT. Adv. Il 86 met après le verbe.
ExÉcDTEtTR. Subst. m. Il fait au féminin exécutrice : On regardait les Furies comme les exécutrices, et noncommelesvictimesdesvengeaiiccs divines.
Exécutif, Executive. Adj. Il ne se met qu'aprés son subst. : Pouvoir exécutif, puissance executive.
Exemplaire. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. ; F'ertu exemplaire, vie exemplaire; châtiment, punition exemplaire.
Exemple. Subst. m. et f. Tous les grammairiens ont dit f\Vi'exemple est féminin, lorsqu'il signMle le patron, le modèle sur lequel un écolier ([ui apprend à écrire forme ses caractères ; et qu'il prend le même genre lorsqu'il signifie les lignes, les caractères que l'écolier forme sur ce patron. En 1835, l'Académie est d'avis que ce mot doit toujours être employé au masculin ; mais elle reconnaît que quelques personnes l'ont exemple féminin dans ces deux acceptions : Une exemple gravée. Il est, selon nous, conforme à la raison de
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distinguer un exemple de vertu, et une exemple d'écriture.
Corneille a dit dans le Cid (act. I, se. iv, 33) :
Instruisei-lc d'exemple.
Instruire d'exemple, dit 'Voltaire, me parait faire un très-bel effet en poésie. Cette expression même semble y être devenue d'usage.
Il m'instruisait d'exemple au grand art des Iiéros.
(Volt., Henr., II, 115.)
[Remarques sur les sentiments de l'Académie.) A'^oyez Imiter.
Exempt, Exempte. Adj. Le p ne se prononce point. Cet adj. ne se met qu'après son subst., et régit la préposition de : Exempt de blâme, exempt de servir.
Exigeant, Exigeante. Adj. verbal tiré du v, exiger. 11 ne se met guère qu'après son subst. ; Un homme exigeant, une femrne exigeante. Voyez Adjectif.
Exigence. Subst. f. On a employé ce mot dans un sens que l'on ne iniuvc |)as dans les dictionnaires. On lui a fait signifier, ce que les hommes exigent les uns des autres. Mirabeau a dit: Les diverses religions varient dans leurs dogmes, soîis varier dans leurs exigences.
Exiger. V. a. de la 1"' conj. Demander quelque chose en vertu d'un droit légitime ou prétendu tel. Exiger suppose que la personne à qui l'on demande a de la répugnance à accorder. Dans la conjugaison de ce verbe le g doit toujours avoir la prononciation du/, et pour la lui conserver lorsqu'il est précédé d'un a ou d'un 0, on met une uiuet avant cet a ou cet o .• .l'exigeais, exigeons ; et non pas /'exilai «, exigons.
Exigible. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst.
Exigu, Exiguë. Adj. qui ne se met qu'après son subst. On fait sentir Vu au féminin comme au masculin.
- Exiguïté. Subst. f. On fait sentir I'm à part.
Exil. Subst. f. On fait sentir le l, mais sans ' mouiller.
Exiler. V. a. de la 1" conj. L'Académie», le met point au figuré. Racine a dit dans Bérénice (act. V, se. v, 51) :
.... Laissej-moi du moins partir persuadée Que déjà de Totre âme exilée en secret, etc.
Existant, Existante. Adj. verbal tiré du v. exister. Il ne se met qu'après son subst. : Tous les hommes existants, toutes les femmes existantes.
Exorable. Adj. des deux genres. Corneille a dit dans Cz«7ja(act. III, se. m, 3S):
Rendei-le, comme vous, à mes vœux exorable.
.Ê'aroj-ûôZe, dit Voltaire, devrait se dire; c est un terme sonore, intelligible, nécessaire, et digne des beaux vers que débite Cinna. II est bien étrange qu'on dise implacable, et non placuble; âme inaltérable, et non pas âme altérable ; héros indomptable, et non [las héj-os domptable. [Remarques sur Corneille.)
Montesquieu a dit en parlant d'un prince; Qu exorable à la prière, il soit ferme contre les demandes [Esprit des lois, liv. XII, chap. 27); et Mirabeau en parlant du peuple : noient, mais exorable; excessif, mais généreux. — L'Académie, en 1S35, l'a adopté; mais elle remarque qu'il est peu usité.
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ExoRBiTABMEnT. Adv. On petit le mettre entre l'auxiliaire cl le {parlicipc : Il a dépensé cxorbitamment, ou il a exorlituimneitt dépensé.
Exorbitant, Exorbitante. Adj. On peut le mettre avant son subst. en coiisnliani l'oreille et 1 anii'loçie : Des dépenses exorbitantes, d'exorbitanies dépenses.
ExoRDE. Stibst. m. C'est, ditCiccron, une partie du discours dons laquelle on prépare doucement l'esprit des auditeurs aux choses qu'on doit leur annoncer par la suite. L'exurde est modéré ou Drusque. Dans le premier, l'orateur prépare ses auditeurs, et les conduit par degrés et comme insensiblement aux choses ([u'il va leur proposer; dans le second, il entre brusquement en maiioro, et étonne son auditoire en paraissant lui-même transporté de quelque passion subite.
Les qualités del'exorde sont la convenance, la mudestieetla brièveté. Par la convenance, l'exorde est naturellement lié au reste du discours dont il est l'introduction; par la modestie, il fraie le chemin à la persuasion; par la brièveté, il conserve le caractère qui lui est poopre, et rejette tout ce qui ne tend pas à préparer l'auditeur à ce qu'on va lui dire.
Le style de l'exorde doit être noble, grave, mesuré. C'est la partie du discours qui doit être travaillée avec le plus de soin, parce (jue c'est elle qui commence à donner de l'orateur une opinion favorable ou défavorable.
Expansible. Adj. des deux genres. Qui est capable d'expansion. 11 ne se met qu'après son subst.
ExPANsiF, ExPANsivE. Adj. qui ne se met qu'après son subst. Qui a la force de s'étendre, d'étendre : Principe expansif, bonté expansive.
Expansion. Subst. f. Ce mot s'emploie depuis queUjue temps dans un sens moral -.Il y a dans te ctiiactcre du Français une expansion originale, f^nyagez deux jours dans une voiture publique ; lorsqu'on en descend, vous dii'iez, aux înutuclles démonstrations d'ainitié, que ce sont des amis de vingt ans qui se séparent. (Mercier.)
Expectant, Expectante. Adj. qui ne se met qu'après son subst.
Expectatif, Expectative. Adj. qui ne se met qu'après son subst.
Expectorant, Expectorante. Adj. verbal tiré du V. expectorer. \\ ne se met qu'après son subst. : Remède expectorant.
Expéditif, Expéditive. Adj. Il ne se r'st qu'après son subst.
Expéditionnaire. Adj. m. qui se prend substantivement. 11 ne se met qu'après son subst. : Commis cxpédilionnuire. — Subst. : Un expéditionnaire.
ExpÉîUKNCE. Subst. f. Ce mot signifie communément la connaissance acquise i)af un long usage de la vie, jointe aux réflexions que l'on a faites sur ce qu'on a vu et sur ce qui nous est arrivé de bien et de mal. Quand on dit d'un homme qu'z'Z a de l'expérience, qu'jZ est expérimenté, on veut dire qu'outre les connaissances que chacun acquiert par l'usage de la vie, il a observé particulièrement ce tiui regarde bOn état. Cet esprit d'observation est nécessaire pour acquérir de l'expérience. C'est ce que l'Académie n'a pas suffisamment fait sentir dans la dclinition qu'elle a donnée de ce mot ()ris en ce sens. Dans cette acception, ce mol n'apoinl de pluriel.
En physi(}ue, le mot expérience se dit des épreuves que l'on fait pour découvrir les diflérentes opérations et le mécanisme de la nature. En ce sens, il a un pluriel : On fuit des expé-
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riences sur la pesanteur de l'air, sur les phosphores, sur l'électricité. Les médecins font assez souvent des expériences.
EXPÉIUMENTAL, ExPÉRI.VENTALF.. Adj. qui DC S«
met qu'après son subsl. : Philosophie expérimentale, physique expérimentale. Ce mot n'a point de iiluriel masculin.
Expert, Experte. Adj. Il ne se met qu'après son subst. , et régit quelquefois la préposition en : Expert en chirurgie.
E.XPIATOIRE. Adj. des deux genres qui ne se met ([u'après son subst. : Sacrifice expiatoire, œurre expiatoire.
Expier. V. a. de la 1" conj. L'Académie ne dit pas qu'il peut s'employer avec le pronom i>epsonnel. Voltaire a dit dans Sémiramis (aet. I, se. V, 59) :
Et peut-être il est temps que le crime s'«xptc.
Expirant, Expirante. Adj. verbal tiré du v. expirer. Il suil presque toujours son subsl. :
Les époux expirants sous leurs toits embrasés.
(Volt., Henr., II, 263.)
Je vis nos ennemis vaincus et renversés, Sons nos coups expirants, devant nous disperses. [Idem, m, 197.)
Expirer. V. n. de la 1" conj. Racine a dit dans Phèdre (acl. V, se. vi, 80) :
... A ces mots, le héros expiré, etc.
Le père Brumoi et l'abbé d'Olivet ont repris cette expression ; et depuis ce temps-là les grannnairiens ont fait une règle de celte critique.
Le verbe expirer, dit la Grammaire des Grammaires (]). 1147), est du nombre des verbes neutres qui admettenl les deux auxiliaires être et avoir; mais il faut distinguer dans ce verbe le sens propre et le sens figuré. Dans le sens propre, il convient aux personnes ainsi qu'aux animaux, et se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Dans le sens figuré, il convient aux choses, et se conjugue avec l'auxiliaire être. D'après ces principes, il est clair qu'on dira aussi bien mon bail expiré, il faut que je me retire ; la trêve expirée, on reprendra les armes ; que mon bail étant expiré, il faut que je vie retire ; la trêve étant expirée, on reprendra les armes, parce que dans tous les verbes, excepté dans les verbes neutres (jui se conjuguent avec avoir, l'auxiliaire peut être sous-entendu. .Mais on s'exprimerait incorrectement si l'on dhnW. un homme expiré, puisque expirer, quant aux personnes, ne se dit qu'avec l'auxiliaire ar^dr, et (\u\iyant ne se supprime jamais. D'ailleurs expirer, quant aux personnes, est, de même que marcher, un verbe neutre. Or, ( omme on ne peut pas dire un homme marché, de même on ne peut pas dire un homme expiré.
Examinons la nature du verbe expirer, et nous verrons que la Grammaire des Grammaires s'écarte des vrais principes. Le verbe expirer, soit au propre, soit au figuré, exprime deux choses bien différentes : avec avoir, une action; avec être, un état qui résulte de cette action. On dit (lu'i/n homme a expiré à deux heures, pour dire <|u'à cette heure-la il a fait l'action de rendre le dernier soupir. Mais lorsqu'un lionune a expiré, il résulte de celte action un état bien différent de celui où il était avant cette action, et c'est pour exprimer cet état qu'on doit joindre l'auxiliaire être au j'grlicipe du verbe expirer: Cet homme
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est expiré. On ne me niera pas nue l'action de rendre le dernier soupir ne mette un homme d;ins un état diflVMcnl de celui où il était auparavant ; on ne rac niera pas t|u'il ne soit utile et souvent nécessaire d'ex|)rimer t-et état ; il l'aul dt)nc m'accordcr que l'on doit dire qu'un lionime est expiré, pour exprimer qu'il vient de rendre le dernier soupir. On me dira |)eut-êire, pourquoi ne dites-vous pas qu'(7 est mort? Mais il est mort exprime un étal par opposition à la vie en général, et non par oi)po>iliùn au dernier soupir que Ton vient de rendre. Alexandre et César sont morts; mais on ne peut jias dire quzïs sont expirés, parce que cette dernière expression ne se dit que de l'état de ceux qui viennent de rendre le dernier soupir. Ou croit avoir fait une comparaison bien juste, et une réjjonse sans réplique, quand on a dit qu'on ne peut pas dire qu'i/n hi mme est marché; mais on ne remarque pas tpic le cas est bien différent. Le verbe viarcher n'exprime pas une action dont l'exécution produise un état nouveau dans celui qui l'a faite. Un homme qui a marché est dans le même état où il était avant de marcher; mais un homme gui a expiré n'est certainement pas dans le même état où il était avant d'expirer. Dans le premier cas, il n'y a point d'état à exprimer ; dans le second, il y en a un; et pour l'exprimer on doit dire cet homme est expiré. D'ailleurs l'Académie nous donne expirer comme le synonyme de mourir ; jwurquoidonc ne pourrait-on pas direî7 est expiré, comme on dit Ù est mortf
Dans le sens figuré, le verbe expirer prendra de même, tantôt l'auxiliaire avoir, tantôt l'auxiliaire être, selon (ju'on voudra exprimer le moment où l'expiration a eu lieu, ou l'état qui résulte de cette expiration. On dira donc inon bail a expiré hier, ou, sans marquer d'époque, 7non bail est expiré. Si l'on ne i)Ouvait pas dire le premier, il cxiFterait une vue de l'esprit que l'on ne |K)urrait exprinuM-, ce qui serait dans la langue une marque de pauvreté.
Malgré les critifpies du père Brunioi et de l'abbé d'Olivet, Voltaire et plusieurs autres écrivains ont mieux aimé imiter Hacine :
Ce noaveaa coup nous perd, et ce monslre expire. . . (Gueires, act. Y, se. T, 47.)
El d'un père expiré, j'apportais en ces lieux La volonté dernière el les derniers adieux,
[Zaire, act. Y, se. X, 21.)
L'abbé Desfonlaines a dit que cette expression, quoique hardie, ne blesse point l'oreille, parce que tout lecteur qui a du goût doit penser que la poésie ayant un langage à part , ce qui serait faute grammaticale pour le prosateur, ne l'est pas toujours pour le pnëlc. L'abbé Desibntaines î-c trompe; ce n'csi pas comme licence poétique que Yoliairea cuqiioyé cette expression, car il en a aussi fait usage en prose. Il dit dans sa préface du Commentaire sur la Sophonisbe de Corneille, enjiarlant de la Si.phonisbe de Mairet : Là, c'est jUussinisse qui, en vi,yunt Sophonisbe expirée, etc. IJnguet et plusieurs autres n'ont pas fait difficulté de se servir de cette expression, et je crois que tous ces exemples doivent la faire adopter.
Explétif, Expi.étive. Adj. qui ne se met qu'après ïon subsl. C'est un terme de grammaire qui vient du latin explere, renq)i:r. On api)elle mois explétifs ceux (jui" ne servent, comme les interjections, qu'à remplir le discours, et n'entrent
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pour rien dans la construction de la i)luase, dont on entend également le sens, soit (pie le mol explétif soit énoncé ou (pi'd ne le soit pas. jN'otre moi et notre vous sont (piehpiefois explétifs dans le langage familier. On se sert de 7uoi tptand on parle à l'impératif et au présent :
Avant que de parler, prenez-moi ce mouclioir.
(.Mol., Tartufe, acl. III, se. ii, 7.)
On se sort de vous dans les narrations : n vous la prend et l'emporte. Notre même est souvent exj)lélif : Le roi y est venu lui-même. J'irai moi-même. Lui-même , moi-même , n'ajoutent rien à la valeur du mot roi, ni à celle de je.
Parmi nous, dit l'abbé Régnier, il y a aussi des particules explétives : par exemple, les pronoms me, te, se, joints à la particule en, comme quand on lin je m'en retourne, il s'en va; les pronoms moi, toi, lui, employés par répétition : S'il ne veut pas vous le dire, je vous le dirai, , moi ; il ne m'appartient pas, a moi, de me mêler de vos affaires; U lui appartient bien, à lui, de parler comme il fait, etc.
Les mots enfin, seulement, à tnut hasard, après tout, ne doivent souvent être regardés que comme des mots explétifs et surabondants, c'està-dire des mots qui ne contribuent en rien à la construction ni au sens de la proposition ; mais ils ont deux services.
L'Académie a remarqué que dans celte phrase, c'est une affaire oii il y va du salut de l'Etat, la particule y parait inutile, puisijue où suffit pour le sens; mais, dit l'Académie, ce sont là des îornmles dont on ne peut rien ôter. {Décisions de V Académie française.) La particule ne est aussi souvent expléii\ e, et ne doit pas pour cela être retranchée : Je crains que vous ne veniez m'interroiiipre. Que fait là ce «c? Je devrais dire simplement, /e crai/is que vous veniez. Non, dit l'Académie; il est certain, ajoutc-t-ellc aussi bien que Vaugelas, Boubours, etc., tiu'avec craindre, empêcher et quelques autres verbes, il faut uécessaireinent ajouter la négative ne: J'empêcherai bien que votis ne soyez du nombre.
C'est la pensée habituelle de celui qui parle qui attire celte négation : Je ne veux pas que ?}ous veniez; je crains, en souhaitant que vous ne reniez pas. ISIon esprit, tourné vers la négation, la met dans le discours. Ainsi le |)reiuier service des particules explétives, c'est d'entrer dans certaines façons de parler consacrées par l'usage. Le second service el le plus raisonnable, c'est de répondre au sentiment intérieur dont on est affecté, et de donner ainsi plus de force ci d'énergie à l'expression. L'inlelligence est prompte, elle n'a qu'un mstant; mais le sentiment e^^ plus durable : il nous affecte, et c'est dans le temps que dure cette affection que nous laissons échapper les interjections, et que nous prononçons les mois explétifs, qui sont une sorte d'interjection, puisqu'ils sont un effet du sentiineiit :
C'est à TOUS d'en sortir, vous qui parlez. .
(Mol., Tartufe, acl. lY, se. Vil, 19
Fous qui parlez est une phrase explétive qui donne itlus de force au discours.
Je l'ai TU, dis-je, vu, de mes propres i/em vu, Ce qu'on appelle tu.
(Mol., Tartufe, act. Y, se. m, 55.)
Kl je ne puis du tout me inellre dans l'esprit Qu'il ail voulu tenter Us choses que Ton dit.
[Idem, 50.)
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Ces mots, ru de mes yeux, du tout, sont explétifs, et ne scrveni qu'à mieux assurer re que l'on dit : Je ne parle pas sur le témnignarie d'un autre ;je l'ai ru mni-mème,je l'ai entendu de mes propres oreilles. (DuiiKirsiUS.)
Explicable. Ailj. ilcsileux çenrcsqui ne se met qu'après son sulisl. : Passage explicable.
Explicatif, Explicative. .\dj. qui ne se met qu'après sou subsl. : Commentaire explicatif.
Explicite. .Xilj. des deux genresqui ne se met qu'après sou suhsl. : f^donti' explicite.
Explicitement. .\dv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le i)arliiipe: Cela est contenu explicitement dans le contrat, cela est explicitement dit dans le contrat.
ExposiTiF, FxposiTivE. Adj. qui ne se met qu'après son subst. Terme de grammaire. On distineue les propositions expnsitives et les propositv ns intcrrocjatives. Voyez Proposition.
Exposition. Sul>s'.. f. En lormc de lillcralure, on culpnd par cx[)osilion, la connaissance que l'on donne, au coinmcnccnionl d'un ouvrage, du sujet que l'on y traite. Dans le poëine épique, l'exposition est directe et ne demande pas beaucoup d'art. Elle doit être simple, majestueuse, claire et précise, assez intéressante pour fixer l'attention, mais sans orgueil et sans emphase, en sorte qu'au lieu de promettre de grandes choses, elle en Tasse espérer.
Dans le pocine dranwtique,rexposilion est pins difficile, parce qu'elle doit être en action, et que les personnages eux-mêmes, occupés de leurs intérêts et do l'état présent des choses, doivent en instruire les spectateurs sans aucune intention apparente que de se dire l'un à l'autre ce qu'ils se diraient s'ils étaient sans témoins. L'art de l'exposition dramatique consiste donc à la rendre si naturelle, qu'il n'y ait pas même le soupçon de l'art.
L'exposition se fait ou tout d'un coup ou successivement , selon que le sujet l'exige : c'est ainsi que, dans Héraclius, le secret de l'action se développe d'acte en acte, et n'est pleinement éclairci qu'au moment de la catastrophe; au lieu que dans le Cid, dès la première scène tout est connu.
Les expositions de ces deux pièces sont citées comme des modèles d'exposition pour la tragédie; et celles du Tartufe, du Misanthrope, de \' École des maris et du Malade imaginaire, comme des modèles de l'exposition comiipie. (Extrait de Marmonlel )
Exprès, Expresse. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Un cominandcmcnt exprès, une loi expresse. Voyez le mot suivant.
Exprès. Adv. 11 ne se met qu'après le verbe : Il a fait cela exprès, ou tout exprès; il l'a fait exprès pour vous chagriner. Voyez le mot suivant.
Expressément. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : On vous l'a défendu expressément, ou on vous l'a expressément défendu.— Expressément n'est pas la même chose <\\\'cxprès. Exprès signifie à dessein; expressément veut dire en termes exprés, furmels; on fait une chose exprès, on dit une chose expressément. Ainsi, dans ces vers de ['École des maris (acl. II, se. IX, 9) :
J'ai Toulu l'acheter, l'édil, êxpretiément. Afin que d'IsabtUe il soit lu hautement,
c'est du mot exprès que Molière aurait dû se servir. (Bret, Commentaire sur Mol.) Expressif, Expressive. Adj. Il ne se met qu'a-
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[irès son subst. : Un terme expressif, une façon de parler expressive . Un ton, un signe, un geste expressif.
Exquis, Exqdise. Adj. En prose, il se met ordinairement après son subst. En vers, le féminin précède quehpiefois ce subst. Gresset a dit dans f^ert-vert (1,115):
Mille bonbons, mille txquites douceurs Chargeaient toujours les poches de nos sœurs,
ExTATiQCE. Adj. des deux genres On peut le mettre avant son subst. lors(pie l'analogie et l'harmonie le permettent. On dit ravissement extatique , tran.<!pnrt exiatigue. llousseau a dit dans son Epitre au baron de Breteuil (v. \^t\) :
D'un faux béat.
h' extatiiue grimace
Voyez Adjectif.
Extension. Subst. f. Terme de grammaire. On dit qu'un mot signifie telle ou telle chose par extension , pour dire qu'outre sa signification primitive, il a encore telle ou telle signification (lui a rapport avec la première, et qui lui a été donnée à cause de ce rapport. Par exemple, le mot feuille so dit au propre et dans sa signification primitive et naturelle, des feuilles des plantes, et on l'a dit par extension des choses qui sont plates et minces comme les feuilles des plantes. Ainsi l'on a dit par extension, une feuille de papier, vne feuille de carton, une feuille de ferblauc, une feuille d'or, %tne feuille d'étain, etc. Glace, dans le sens propre, est le nom de l'eau gelée; ce mot signifie ensuite par extension un verre poli, une glace de miroir, une glace de carrosse, une sorte de composition de sucre et de blanc d'œuf que l'on coule sur les biscuits, ou que l'on met sur les fruits confiis, et enfin une sorte de liqueur congelée. Il y a même des mois qui ont perdu leur première signification, et n'ont retenu que celle qu'ils ont eue par extension. Florir, florissant, se disaient autrefois des arbres et des plantes qui sont en fleur; aujourd'hui on dit fleurir au propre, et florir au figuré; si ce n'est ta l'infinitif, c'est au moins dans les autres modes de ce verbe; alors il signifie être en crédit, en honneur, en réputation : Pétrarque florissait dans ce siècle ; une armée fl,nrissante, un empire florissant. Voyez Catachrese.
Extérieur, Extérieure. Adj. 11 ne se met qu'après son subst. : Les parties extérieures, les ornements extérieurs.
Extérieurement. Adv. Il ne se met point entre l'auxiliaire et le pariicipe.
Exterminateur. Adj. On ne trouve nulle part comment il faut dire au féminin. Nous pensons qu'on pourrait dire exterminatrice. Le glaive exterminateur; la guerre, la peste exterminatrice.
Externe. Adj. des deux genres. 11 ne se met qu'après son subst. : Cause e.vtertte.
Extraire. V. a. et irrégulier de la 4' conj. Il se conjugue comme traire. Voyez ce mot.
Extrait. Subst. m. Ce mol se dit, en littérature, d'une exposition abrégée, ou de l'cpitome d'un grand ouvrage. Les journaux et autres ouvrages périodiques où l'on rend compte des ouvrages nouveaux, conliennent ou doivent contenir des extraits des matières les plus importantes, ou des morceaux les plus frappants de ces ouvrages. L'extrait d'un ouvrage philosophique, historique, etc., n'exige pour être e.xact que de
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la justesse et de la netieté dans l'esprit de celui qui le fait. Fxprimcr l;i subslnncc de l'ouvrage, en présenter les raisonnements ou les laits capitaux dans leur ordre ou dans leur jour, c'est à quoi tout l'art se réduit. Mais pour un extrait discuté, combien ne faul-il pas réunir de talents et de lumières I (Marmontcl.)
K.\TRA0RDi>MRK. Adj. dcs dcux genres. En général, il se met après son subst. On pourrait blâmer, dans madame de Sévigné, la vie de cet homme est une extraordinaire chose, ^extraordinaire chose est dur. .Mais nous ne croyons pas i^u'on puisse lui reprocher d'avoir dit j'ai une extraordinaire envie de savoir de vos nouvelles. \'oyez
ExTRAORDiNAiREMENT. Adv. On peut Ic mettre entre l'auxiliaire et le participe : lia dépensé exiranrdinairement cette semaine, ou il a extraordinairement dépensé cette semaine.
ExTRAVAGAM.MEM. Adv. On pcut Ic mettre entre l'auxiliaire et le participe : // s'est conduit extravagamment dans cette affaire, OU il s'est extravagamment conduit dans cette affaire. II est peu usité.
Extravagant, Extravagante. Adj. verbal tiré du V. extravaguer. Cet adjectif s'écrit sans u
FAB
après le g, quoiqu'il vienne du verbe extravaguer. Mais le participe actif extravaguant prend cet «. Il peut se mettre av;ini son subst., lorsque l'harmonie et l'analogie le pemiellent : Cette extravagante idée nous fit pouffer de rire.
FXTRÊ.ME. Adj. des deux genres. L'Académie dit les maux les plus extrêmes; et Fér;iud remarque, à celte occasion, que cette phrase est bonne parce qu'elle est consacrée par l'usage; mais qu'en général, extrême ayant la force d'un superlatif, n'est pas susceptible de degrés de comparaison. Nous pensons que Féraud est dans l'erreur. L'extrémité a des degrés; car on dit être réduit aux dernières extrémités.
Extrêmement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le panicijie : Il s'est eTtrêmement trompé. Il régit la préposition de. Il n'y aura pas extrêmement de vin cette année.
ExTnÉMiTÉ. Subst. f. Voyez Fin et Extrême.
EXDLCÉRER. V. a. de la \" conj. Terme de médecine. Voltaire a employé ce mot llgurément, dans le sens de piquer fortement : Les diatribes sont moins faites pour exulcérer, qu'une épigramme fine et mordante.
Ex-voTO. Subst. m. Mot tiré du latin, qui ne prend point de .y au pluriel : Des ex-voto.
F. Subst. m. On prononce fe. Celte lettre conserve presque toujours le son qui lui est propre au commencement et au milieu des mots. A la fin des mots, elle se fait sentir au singulier comme au pluriel, aussi bien devant les mois qui commencent par une consonne que devant ceux qui commencent [lar une voyelle : Fif désir se prononce comn.e vif amour. Il y a quelques exceptions, qui seront indiquées aux articles des mots sur lesquels elles tombent.
F en musique indique le fa ; c'est aussi le nom de la plus b;isse des trois clefs. Au-dessus ou audessous d'une des lignes de la portée, il signifie encore fort ou forte. Deux F majuscules placés ainsi : rF, indiquent (ju'il faut jouer très-fort, fortissime. — Doublé, en caractères ordinaires, mais unis ou identifiés [ff], il désigne les Pandectes. — Il est l'expression du mot frère lorsqu'il s'agit d'un moine et dans les sermons. — Dans les"beaux-arts,/>c., abréviation du mol latin fecit, suit souvent la signature de l'artiste. — Dans le commerce, F" indique le folio d'un registre ou d'un livre. FL signifie florin; f. franc. — Fsuv les pièces de monnaie est la marque de la Tille d'An sers.
Fable. Subst. f. L'Académie dit que le mot fable se pi end dans un sens collectif pour signifier loutes les fables de l'antiquité païenne. Il fallait dire tuules les fables de la théologie pnïenne. En ce sens, le mot fable n'a point de [)luriel : Étudier la fable. On divise la fable, prise collectivement, en fables historiques , philosophiques, allégoriques, morales, mixtes, et fables inventées à jdaisir. On dit qu'un homme est la fable du peuple, la fable de tout le monde, la fable de la ville, pour dire qu'il est la risée du peuple, delà ville, etc. U paraît que cette expression peut s'employer aussi dans le style noble.
Racine dit dans Iphigénie (act. II, se. vu, 26) :
Sais-je, sans le savoir, la fable de l'armée ?
La fable est le récit d'une action feinte, destinée à l'amusement et à l'instruction, sous le voile de l'allégorie.
On a dit le style de la fahle doit être simple, familier, riant, gracieux, naturel et même naïfi il faillit dire et surtout naïf
Tous les caractères d'esprit se concilient avec la naïveté, hors la finesse et l'affectation . D'où vient que Janot Lapin, Jiobin Mouton, Carpillon Fretin, la Gent Trotte-Menu, etc., ont tant de grâce et de naturel? d'où vient que don Ju~ gement, dame Mémoire et demoiselle Imagination, quoique très-bien caractérisés, sont si déplacés dans la fable? Ceux-là sont du bon homme, ceux-ci de l'homme d'esprit.
Si La Fontaine enqiloie des personnages allégoriques, ce n'est pas lui qui les invente : on est déjà familiarisé avec eux. La Fortune, la Mort, le Temps, tout cela est reçu. Si quelquefois il en introduit de sa façon, c'est toujours en homme simple ; c'est que si que non, frère de la Discorde; c'est tien et mien, son père, etc.
Lamotte, au contraire, met toute la finesse qu'il peut à personnifier des êtres moraux et métaphysiques : Personnifions, dit-il, les vertus et les vices; animons, selon nos besoins, tous les êtres; et, d'après celte licence, il introduit la A'ertii, le Talent et la Réputation, pour faire faire, à celle-ci un jeu de mots à la fin de la fable. C'est encore pis lorsque V Ignorance, grosse d'enfant, accouche û' Admiration, de demoiselle Opinion, et qu'on fait venir ['Orgueil et la Paresse pour uommer l'enfant, qu'ils appellent la Férité. Lamotte a beau dire qu'il se trace un nouveau chemin ; ce chemin l'éloigné du but.
Encore une fois, le poêle doit jouer dans la fable le lole d'un homme simple et crédule; et celui qui personnifie des abstractions métaphysiques avec tant de subtilité, n'est pas le mênru? qui nous dit sérieusement cpic Jean Lapin, plai-
SM
FAB
dant contre dame Belette, allégua la coutume et Vusaçte.
Mais comme la crédulili; -lu poëlc n'est jamais plus naïve, ni par fonsi-iiuent plus amusante, que dans lies sujets dt'poiirvus (le vraisembianto à notre égard, ces sujets vont l)caiieoup plus droit au hut'iic l'apologue (iwc ceux qui soûl naturels et dans l'ordre des possibles.
La fable des Deux Amis, le Paysan du Danube, Philémon et Baticis, ont leur cliarme et leur intéicl iiarticulicr; mais qu'on y prenne garde, ce n'est là ni le charme ni l'intcrél de l'apolosue. Ce n'est point ce doux sourire, cette complaisance intérieure qu'excite en nous Jaiiot Lapin, la Mmiche du coche, etc. — Dans les proinières, la simplicité du poëlc n'est qu'ingénue et n'a rien de ridicule; dans les dernières, elle est naïve, et nous amuse à ses dépens. C'est ce qui a fait ]>enscr que les fahles où les animaux, les plantes, les êtres inanimés parlent et agissent à notre manière, sont peut-être les seules qui méritent le nom de fahles. (Extrait de Marmontel.) Voyez Apologue.
Dans les poëmes épique et dramatique, la fable, Vaction, le sujet, sont communément pris pour synonymes; mais, dans une acce[)ijon plus étroite, le sujet du poëme est l'idée subsantielie (leVaction; l'ac/ioH, par conséquent, est le développement du sujet; Vi/iirigue e^l cette même disposition, considérée du côté des incidents qui nouent et dénouent Vaction.
Fabliaux. Subst. m. plur. Les anciens poëmes connus sous le nom de fabliaux sont des poëmes qui, bien exécutés, renferment le récit élégant et naïf d'une action inventée, petite, plus ou moins intriguée, quoique d'une certaine proportion, uiais agréai le ou plaisante, dont le but est d'instruire ou d'amuser.
Fablier. Subst. m. ^ladame de la Sablière appelait La Fontaine un fablier, pour signifier qu'il portait des fables comme un arbre porte des fruits. On emploie encore quelquefois ce mot pour désigner cet illustre fabuliste. La Harpe dit, en parlant d'un conte de Tasserat, qui a eu, dans cette seule pièce à la vérité, le iiaturelchannant et les grâces de notre fablier. (Cours de lit ter., IP part., liv. I, cliap. 1, t. iv, p.l']4.)
Fadricatecr. Subst. m. Onne trouve nulle part comment il faudrait dire au féminin. Nous pensons que rien n'empêche de dire fabricatrice.
Faeuleusement. Adv. Il n'est point usité.
Fabuleux, Fabuleuse. Adj. On peut le mettre avant son subst. : Une histoire fabuleuse. Us divinités fabuleuses. La fabuleuse antiquité. Voy. Adjectif.
Fabuliste. Subst. m. Auteur qui écrit des fables, c'est-à-dire des narrations fabuleuses, accompagnées d'une moralité qui sert de fondement à la fiction. — Ce mot est de finvenlion de l.a Fontaine; c'est Lamotte qui nous l'apprend. Lorsijue cet ingénieux auteur fit paraître ses fables en '170y, c'est-à-dire plus de quarante ans après la publication de la préface de l.a Fontaine, il remanpiait (p. 12 de l'édit. in-4") (jue le mot fabuliste était encore nouveau, et il n'osait s'en servir qu'en s'appuyanl de l'autorité de ce poëte. En effet, on ne trouve ce mot ni dans les auteurs de notre ancien langage, ni dans le Dictionnaire de Nicot, et l'Académie ne l'avait pas admis encore dans la première édition de son Dictionnaire, qui fut publiée après la mort de l.a Fontaine. {M. Walckenaer, Notes sur la Préface des Fables de La Fontaine, 1. 1, p. 18, éd. de 1827.)
point admis dans le