PUR
puissamment ses alliés, ou il a puissamment secouru ses alliés.
Puissant, Puissante. Adj. On le met souvent avant son subsl. ; Un prince puissant, unpuissanl princej des amis puissants, do pi/iSsants amis; un Etat puissant, un puissant Etat ; un empire puissant, un puissant empire. Voyez Adjectif.
PuLMOMQUE. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : U n homme pulmonique, vne femme pulmonique .
PuNAis, Punaise. Adj. qui suit toujours son subst. Ce mot est familier.
Punissable. Adj. des deux genres. On peut quelquefois le melire avant son subst. : Un crime punissable, une action punissable ; cette punissable audace.
PuNissEUR. Subsl. m. J.-J. Rousseau et Voltaire se sont servis de ce lerme : Songe que des yeux perçants sont sans cesse ouverts sur toi, que le glaive punisseur pend sur ta tète, et qu'à ton premier crime tu ne peux lui échapper. (J.-J. llousseau.) La croyance d'un Dieu rémunérateur des bonnes actions, pardnnneur des fautes légères, et punisseur des crimes, est la croyance la plus utile au genre huviain. (Voltaire.)
Corneille a dit dans Pompée (act. IV, se. iv, 43) :
Je n'irai point chercher sur les bords africains Le foudre souhaité que je vois en tes mains.
Il y avait d'abord, dit Voltaire, le foudre punisseur. Punisseur était un beau mot qui manquait à notre langue. Punir doit fournir punisseur, comme venger fournit vengeur. J'ose souhaiter encore une fois qu'on eût conserve la plupart de ces termes, ijui faisaient un si be! effet du temps de Corneille; mais il a mis luimême à la place le foudre souhaité, èpilhète qui est bien plus faible ;
Je n'irai point chercher sur les bords africains Le foudre punisseur que je vois en tes mains.
Pupillaire, PupiLLARiTÉ, PopiLLE. Dans ces trois mots, on prononce les deux l sans les mouiller.
Pur., Pure. Adj. On le met souvent avant son «ubst. : Du vin pur, de l'or pur. — Des esprits purs, de purs esprits. — La vérité pure, la pure vérité; une pure hhéralité, un pxtr entêtement. — L'Académie remarque qu'il précède ordinairement son subsl., lorsiju'il est employé pour mieux marquer l'essense, la vraie naiure des choses, ou pour donner plus de force à la signification des mois auxquels on l'associe; mais qu'il suit au contraire le subsl., (]uand il est précédé lui-même du mot tout, qui ajoute encore à son énergie; Ce latin est du Cicéron tout pur.
Purement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe: Poivre purement. — Il a dessiné purement celte figure.
Pureté. Subsl. f. On appeUe pureté de style, une (pialité que doit avoir la diction, et qui consiste à n'employer que des termes qui soient corrects, a les placer dans un ordre naturel, à éviter les mots nouveaux, a moins que la nécessilé ne les exige, ei les mots vieillis ou lombes en discn'dit.
Purgatif, Purgative. Adj. H ne se met qu'après son subst. : Remède purgatif potion purgative.
Purger. V. a. de la 1" cenj. Dans ce verbe,
QUA
le g doit toujours avoir la prononcialiou du j; pour la lui conserver lorsquil esl suivi d'uu a ou d'un y, ou met une muet avant cet a ou cet o .• Je purgeais, purgeons, Ci non \ia.s,je purgais, purgons.
D'un perfide ennemi j'ai purgé la nature.
(Rac. Phéd., ad. III, se. T, 49.)
Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre. [Idem, act.IV, se. Ii, 12.)
Purisme. Subst. m. Affectation de pureté dans le langage. Voyez Puriste.
PcRisTE. Subst. m. On nomme ainsi une personne qui alTecte sans cesse une grande pureté dans le langage. Il y a des gens qui parlent un moment avant que d'avoir pensé : il y en a d'autres qui ont une fade attention à ce qu'ils disent, et arec qui l'on souffre, dans la conversation, do tout le travail de liiur esprit ; ils sont comme pétris de phrases et de petits tours d'expression^
QUA
concertés dans leurs gestes et dans tout leur viaintie7i;ils sont puristes, et ne hasardent pas le moindre mot, quand il devrait faire le plus bel effet dumonde ; rien d'heureux ne leur échappe, rien chez eux ne coulf de source et avec liberté : ils parlent }iropremenl et ennuijcusement. (La Bruy. Ch. V. Di- laSociété etdeia Conversation.)
Purpurin, Pui;puiu\e. Adj. tiui ne se met qu'après son subst. : Fleurs purpurines.
Pus. Subst. m. Féraud dit qu'on prononce le s final. C'est une eireur. On ne lo prononce que devant une voyelle ou un h non aspiré.
PusiLiANuiE. Adj. On prononce les deux/ sans les mouiller. 11 se met ordinairement après son subst. : Un homme pusillanime, une femme pusillanime.
Putatif, Putative. Adj. qui se met toujours après son subst. : Père putatif.
PïRAuiDAL, PïRAMiDALE. Adj. On dit au masculin pluriel, pyramidaux : Des muscles pyra7nidaux.
Q. Subst. m. On prononce que. C'est la dixsq)ticme lettre de l'alphabet, et la treizième consonne. Il est toujours suivi d'un u (juand il n'est pas à la lin d'un mut. Le son propre de cette lettre est comme dans quinze, quotidien, quolibet.— Q, initial ou dans le cours d'un mot, conserve toujours le son qui lui est propre, mais avec cette différence que, dans qua, quo, il a un son très-dur, comme dans qualité, quolibet, et que dans que, qui, il l'a moins dur, acquérir, quitter. — Q final a le son dur dans cog, cinq ; excepté, pour le premier, le mot coq d'Inde, où le q ne se prononce pas ; et pour le second, le cas où il est suivi immédiatement de son subst. commençant par une consonne. Cinq cavaliers, cinq garçons, se prononcent cin-cuvaliers, cingarçons. Le q se prononce dans tous les autres cas comme coq de bruyère, coq-à-l'âne, cinq ans, trois et deux font cinq, cinq pour cent, etc. — Le q n'est jamais redoublé. — Il y a quelques mots où I'm et la voyelle suivante funt une diphtliongue propre. Alors Vu a trois sons particuliers.— Qu a le son dec(/M ddns aquatique, cquateur, équation, quadragénaire, quadragé- .■>ime, quadruple, quadrupède, quaker, que l'on prononce acouatique, écoualeur, etc. — Qu a le son qui lui esl propre dans équestre, équilaiéral , quintuple, quinqucnnium, questure, ubiquiste, Quinte-Curce, Quintilien, et dans la première syllabe de quinquagésime, <iue l'on prononce cuincouagésime. — Qu a le Son du k dans quidutii, quinconce, quasimodo, quinquina, quatrain, quartaut, Sixte-Quint, Charles-Quint. Quadrature, terme de géométrie, se prononce couadralure; ci quadrature, terme d'horlogerie, se prononce kadrature. — Quadrige se prononce couadrige, et quadrille se prononce kadrille. Dans liquéfaction on fait entendre I'm, et dans liquéfier il ebt muet ; on pronon<.'e likéfier.
Q est la marque de la monnaie fra[)pée à Perpignan.
QUADRAGÉNAIRE. Adj. dcs dcux gcnrcs qui se prend aussi substantivement. La première syllaiie se prononce coua. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme quadragénaire, une femme quadragénaire.
QuADRAGÉsiMAL, QcADRAGÉsiMALE. Adj. La première syllabe se prononce coua. Il ne se met qu'après son subst. : Jeûne quadrugésiinnl, abstinence quadragésimale. Il n'a pas de masculin au pluriel.
QuADRAT. Subst. m. Terme d'astronomie. La première syllabe se prononce coua. — Terme d'imprimerie. En 1835, l'Académie l'écrit ainc!, cadrât, ce qui ne laisse aucun doute sur la manier dont on doit le prononcer.
QcADRATRicE. Subst. f. Tcrmc de géométrie. Prononcez couadratrice.
Quadrature. Subst. f. Quand il est terme de géométrie ou d'astronomie, jjrononcez couadralure ; quand il est terme d'horlogerie, prononcez kadrature.
Quadrige. Subst. m. Vrononccz couadrige.
QU.4.DRILATÈRE. Subst. m. Pronouccz couadHlalère.
QoAURiLLE. Subst. lu. On prononce la première syllabe comme ka, cl on mouille les l. Il est fi'ininiii lorsqu'il signifie une troupe de chevaliers d'un même parti dans un carrousel, mais lorsqu'il se dit d'un groupe de quatre danseurs et de quatre danseuses, un le fait ordinaireinent masculin (Acad. 1835).
(JuADRiNOME. Subst. m. Pronouccz couadrinome.
Quadrumane, Quadrupède. Adjectifs des deux genres. On prononce coua. Ils suivent leurs substantifs : Les animaux quadrumanes, les animaux quadrupèdes.
Quadruple, Quaiirupler. Dans ces deux mots, la première syllabe se prononce coua.
Quaker. Subst. m. Prononcez couacre.
QuAUFiCATiF. Adj. m. qui se prend substantivement. Terme de grammaire. 11 se dit de l'adjectif, parce qu'il sert à exprimer la (jualité du substantif auquel il est joint.
Quand. Conjonction et adv. Le d ne se prononce que devant une voyelle. Quand il viendra, prononcez quan-til viendra. Il régit l'indicatif. Quand vous viendrez, quand viendrez-vous? Lorsque quand a nippurt à une condition, il régit le conditionnel : Quand il le rnvdrait, je ne le ferais pas. Quelquefois on ajoute viiine i
9ifi QUA
quand, pnunlonncr plus de force à l'expression : Je le frais, quand même oh me le défendruit. — On (lisait autrefois (?«anrf bien même; on ne le dit plus aujourd'hui. — Lorsqu'il y a dans la phrnse deux verbes régis par quand on met que devant le second, au lieu de rcpeier quand : Quand vous serez arrivé, et que vous vous serez reposé
Lorsque quand est placé à la tête de la phrase, el que le sens est intcrrogalif, le sujet se met après ou avant le verbe. 11 se met après quand il est exprimé par un pronom, ou quand le verbe est sans ri'ginii^ : Quand riendrez-vous ? quand viendra ceth'>mme'* Il se met avant quand il e<t exprimé par un nom, ei que le verbe est au passif, ou qu'il a un régime, el on met après le vcrhe le pnmom personnel, quoique le nom soil déjà exprimé : Quand cet homme scra-t-il faiijuc de tant de cnurses? Quand cette femme corn— mencera-t-elle à réfléchir.
Quand et quand. Sorte de préposition. Expression populaire qu'on est surpris de trouver dans le Dictionnaire de l'Académie. La dernière classe du peuple dit quand et quand moi, quand et quand nous, pour dire, en même temps que moi, en même temps que nous. Voyez Quant.
Qdasqdak. Subst. m. Bruit, éclat. Prononcez fati'an. C'est même ainsi que l'Académie l'écrit tnd.S35.
QnANT. Adv. On proronce le t, parce qu'il est toujours suivi de la préposition « .• Quant à moi, quant à lui. — Suivant Vaugelas, Ménage, Bouhours el Thomas Corneille, on ne doit pas dire quant à moi, quant à lui, quant à vous ; il faut dire pour moi, pour lui, pour vous. L'usage a cassé la décision de ces grammairiens ; et ces expressions sont reçues, mais seulement dans le style familier. A'oyez Quand.
Qdantes. Adj. qui n'a point de singulier. C'est une expression que l'on employait assez fréquemment autrefois dpns le langage familier, et qui est rcjctéc aujourd'hui dans le langage populaire. Le peuple dit, je ferai cela toutes et quantes fois vous voudrez, pour dire, autant de fois que vous voudrez.
Qdamité. Subst. f. On entend par ce mot, en grammaire, la mesure de la durée du son dans chaque syllabe de chaque mot. La quantité des sons, dans chaque syllabe, ne consiste point dans un rapport déterminé de la durée du son à quelqu'une des parties du temps v^,ue nous assignons par nos montres , à une minute , par exemple, à une seconde, etc. Elle consiste dans une proportion invariable entre les sons, en sorte qu'une syllabe n'est longue ou brève dans un -not que par relation à une autre syllabe qui n'a vas la même quantité. Lne brève" se prononce Jans le moins de temps possible. Quand nous lisons à Strailùurg, il est clair que la première syllabe, qui n'est com[iosée que d'une seule Voyelle, nous prendra moins de temps que l'une ies deux suivantes, qui, outre la voyelle, renferme plusieurs consonnes ; mais les deux dernières, quoiqu'elles prennent chacune plus de temps que la première à, n'en sont |)as moins essentiellement brèves, parce (ju'elles se prononcent dans le moins de temps possible. Il y a donc des brèves, moins brèves les unes que les autres; el, par la même raison, il y a des longues plus ou moins longues, sans cependant que la moins brève puisse cire comptée parmi \ les longues, ni la moins longue parmi les brèves. 1
Nous avons plusieurs mots qui ont des signi- '
QUA
flcations tout à fait différentes, selon que l'une de leurs voyelles est longue ou brève; et celui qui prononcerait ces voyelles au hasard, sans Soin ni discernement, ferait souvent entendre autre chose que ce qu'il aurait voulu dire, et tomberait ilaiis des nié|)ri^es fréquentes. Par exemple, une tâche à reuii)lir, n'est pas une tache, souillure; /ac/ier de faire son devoir, ne se prononce pas comme /uc/icr son habit. "Voyez Homonyme.
Dans nos langues modernes, l'usage est le meilleur cl le plus sijr maître de quantité que nous puissions consulter; mais dans celles qui admettent les vers riinés, il faut surtout faire attention à la dernière syllabe masculine, soit qu'elle termine le mot, soit (ju'clle ail encore après elle une syllabe féminine. La rime ne serait pas soutenablesi les sons correspondants n'avaient pas l.i même quantité. Ainsi, on a blâmé comme inexcusables ces deux vers de Boileau iSat. ÏX, 487):
Un auteur à genoux dans une humble /jre/dce, Au lecteur qu'il ennuie a beau demander^r^ce.
El ces deux autres :
Je l'instruirai de tout, je t'en donne parole. Mais songe seulement à bien jouer Ion rôle.
Voici les règles générales que donne l'abbé d'Olivel, dans son traité sur la prosodie :
4° Toute syllabe dont la dernière voyelle est suivie d'une consonne finale qui n'est ni s ni z, est brève : sue, nectar, sH, fil, put, tuf, etc.
2° Toute syllabe masculine, Brève ou non au singulier, est toujours longue au pluriel: des sacs, des sels, des pots, etc.
Remarque. Nous pensons qu'il faut excepter de cette règle les substantifs qui n'ont ni ^ ni ;7 au pluriel. Dans /f Dcum, kirschwusser, la dernière syllabe n'est i)as plus longue au pluriel qu'au singulier; c'est le s, le a: ou le 5 qui rend la syllabe longue.
3° Tout singulier masculin dont la finale est l'une des caractéristiques du pluriel, est long ; le temps, le nez, etc.
'i" Quand un mot finit par un l mouillé, la syllabe est brève : éventail, avril, vermlil, quenouille, fauteti il.
Remarque. Il nous semble que nouil est long dans quenouille.
5° Quand les voyelles nasales sont suivies d'une c insonnc qui n'est pas la leur propre, c'esl-àdire qui n'est ni vi ni n, et qui commence une autre syllabe, elles rendent longue la sylla'oe où elles se trouvent : j'runhe, jambon, cra'inte,trem.- Mer, peindre, omdre, tomber, humble, etc.
6" Quand les consonnes qui servent à former les voyelles nasales, c'est-à-dire m ou n, se redoublent, cela rend brève la syllabe à laquelle appartient la première des consonnes redoublées, ijui demeure alors muette et n'est plus nasale : épigràmme, consonne, personne, qu'il pri'nne, etc.
7" Toute syllabe qui finit par r, et qui est suivie d'une syllabe commençant par toute autre consonne, est brève : barbe, bArque, berceau, infirme, ordre, etc.
8' Quelle que soil la voyelle qui précède deux r, quand ces detix lettres ne forment qu'un son indivisible, la syllabe est toujours longue : arrS(, barre, biz&rre, tonnerre, etc.
QUA
9° Entre deux voyelles, dont la dernière est muelte, les lettres * et « allongent la syllabe pénultième: basa, extCise, bêtise, franchise, rose, '■poûsr, etc.
Mais si la syllabe qui commence par une de ces lettres est langue de sa nature, elle conserve sa quuntiiê, et souvent rantépcnultiènie devient brève : il s'extasie, pfsée, épousée.
Remarque. Il nous semble oue pou est long dans ipousée.
10° Un rcy un s qui suit une voyelle, et précède une autre consonne, rend la syllabe toujours brève : jaspe, masque, astre, burlesque, funeste, barbe, hîrccau, infirme i ordre, etc.
4 i" Tous les mots qui finissent par une muet, immédiatement précédé d'une voyelle, ont leur pénultième longue : pensée, armée, joie, je loue, il joue, la vue, la nûe, etc.
Mais si, dans ces mots, Ve muet se change en é fermé, alors la pénultième, de longue qu'elle était, devient brève : louer, jouer, etc.
12" Quand une voyelle finit la syllabe , et qu'elle est suivie d'une autre voyelle qui n'est lias l'e muet, la syllabe est brève : créé, féal, actUni, haïr, doué, tuer, etc.
I.a quantité est d'un grand secours pour les |)oëies et les orateurs. Elle leur fournit les moyens de peindre avec vérité les divers mouvements de l'àme, et de donner aux objets les couleurs qui leur conviennent. Tantôt plusieurs syllabes brèves rapprochées expriment la vivacité d'un désir , d'une passion violente, d'une action rapide, impétueuse ; tantôt une suite de syllabes longues marquent l'abattement, la tristesse, la langueur, l'inertie, la lassitude, la défaillance, le sombre aspect de certains lieux, la triste lenteur d'une suite d'actions affligeantes.
C'est ainsi que Racine peint par des syllabes brèves l'atteinte rapide de l'amour [Phèdre, act. I, se. jii, 121):
Je le Tis, je rougis, je pâlis à si vue ;
la rapidité d'une action [Idem, act. V, se. vi,
Le flot qui l'apporta recule épouvante.
C'est ainsi qu'il peint par des syllabes longues l'abattement, la langueur [Idem, act. I, se. m, 1) :
N'allons point plus avant, demeurons, chère OEnoiic ; Je ne me soutiens plus, ma force m'abandonne. Mes yeux sont éblouis du jour que je revoi, Et mes genoux tremblants se dérolient sous moi. Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent !...
il vaste horreur d'un lieu (W<?w, act. IIL se. v, 45) :
Moi-même il m'enferma dans des cavernes sombres, Lieux profonds et Toisins de l'empire des ombres ;
la tristesse [Idem, act. V, se. vi, 12) :
Ses gardes affligés Imitaient son silence, autour de lui rangés
QUA
Ses superbes coursiers .
L'œil morne maintenant et la tête baissée. Semblaient se conformer à sa triste pensée.
C'est ainsi que Boileau, par un heureux mé-
lange de longues et de brèves, peint d'une manière admirableie caractère de la mollesse [Lutrin, II, 161) :
Là mollesse, oppressée, Dans su bouche à ci vint sent su langue glucSe, Et, lusse de parler, sûccômbunl soùs l'e/firt. Soupire, étend les bras, ferme l'œil et s'endort.
.N'eus n'avons rien dans notre langue, dit d'Olivel, de plus beau que ces vers; le dernier surtout est admirable, et, dans le second, on voit effectivement la langue glacée de la uioiiessc; on la voit glacée par l'embarras que cause la rencontre de ces monosyllabes sa, ce, sent, A-a,qui augmente encore par ces deux mots où gue et glu font presque au lecteur l'effet que lioilcau "dépeint. Voyez Harmonie.
QDAKASiTE. Adj. numéral des deux genres. 11 se met avant son subst. : Quarante hommes, quarante ans, qnarante jours.
QuARANTiiisiE. Adj. dcs deux genres. Nombre d'ordre. Il se met avant son sul)Sl. : Le quara7itièine jour, la quarantième année.
Qdart, Ouarte. Adj. On dit le quart denier, et la fièvre quarte.
(luAsi. Adv. Il n'est plus guère usité, ou il l'est seulement dans le langage familier. On prononce hast. Voyez Quusimodo.
QoAsiMODo. Subst. f. On prononce kasimodo; et qua se [irononce de même dans tous les mots composés de l'adverbe quasi, coinine quasi-contrat, quasi-délit, oit l'on prononce kasi.
Quaternaire. Adj. des deux genres qui se met après son subst. : Le nombre quaternaire. Oa prononce Kouaternaire.
QuATERNE. Subst. lû. On prononce katerne.
Quatorze. Adj. numéral qui se met avant SOE subst. : Quatorze hommes, quatorze lieues. — Quelquefois il se met api;és les noms propres, comme dans Louis quatorze ; alurs il se dit pour qualorzième. On dit aussi article quatorze, chor pilre quatorze.
Quatorzième. Adj. des deux genres. Nombre ordinal. Il se met avant son subst. : Le quatorzième j'nir, la quatorzième année. Le quatorzième de la lune, jour est sous-entendu.
Quatrain. Subst. m. Terme de lillcralure, Stance ou stroi)!ie composée de quatre vers qui doivent former un sens complet, et dont les rimes [)euvent être «uivies ou mêlées.
On peut disposer les vers du quatrain de trois manières.
1° On peut faire rimer le premier avec le troisième, et le second avec le quatrième; comme dans cet exemple de ûlalherbe, destiné à servir d'inscription à une fontaine (Liv. VI) :
Vois-tu, passant, couler celle onde, Et s'écouler incontinent 1 Ainsi fait la gloire du monde.
Et rien que Dieu n'est permanent.
20 On peut faire rimer le premier vers avec le quatrième, et le second avec le troisiôme, comme dans cet cxemiile de La Molhe :
Amour, si jamais moins cruel Pour moi tu fléchissais Sylvie, Dans ces délices que j'envie J'oublîrais que je suis mortel.
3" On peut faire succéder les rimes deux a
QUE
deux, sans les croiser, comme dans cet exemple de ISIalherLe (Liv. V. Ficioire de la constance, T. 13} :
Il n'est rien ici-bas d'éternelle durée; Une chose qui plait n'est jamais assurée ; L'épine suit h rose, et ceux qui sont contents Ne le sont pas longtemps.
Quatre. Adj. numéral des deux genres. Il se mel avant son sulist. : Quatre hommes, quatre femmes, quatre jours. — On écrit quatre-vingt, et quatre-vingts. Le dernier a lieu lorsiiii'il précède immédi;ilciiicnt un substantif, quatre-vingts chevaux ; maison écrit quatre-vingt sans s lorsque ce mot est suivi d'un autre nom de nombre, quatre-vingt-deux ; quatrc-vingt-di.r. — Quand ce mot est pris absulumenl, on met un s après vingt, quatre-vingts, six-vingts; nous étions quatre-vingts.
On écrit entre quatre yeux, pour signifier télo à léte ; et l'on prononce quatre-s-ieux, pour l'euplionie. Beauzoe {Encyclop. viéthod. ai: mol euphonique) est d'avis qu'il serait mieux d'écrire quatre-s-ieux, parce qu'alors il ne resterait aucun doute sur la i)rononciation. Il pense d'ailleurs qu'il y aurait de l'inconvénient à ne pas introduire un s dans la prononciation, parce que autrement il faudrait prononcer quutre-i-eux, en altérant le premier mot, ou quatre ïeux, en décomposant le second ; au lieu qu'on ne gâte ni l'un ni l'autre en introduisant le s euphonique, qui, au surplus, a de l'analogie au nombre pluriel désigné par quatre.
Cependant quelques grammairiens ne veulent point adopter cette lettre euphonique, et ils se fondent sur ce qu'il est de principe que, de tous les adjectifs numéraux, il n'y a que vingt et cent qui, dans quelques cas, prennent le * caractéristiijue du pluriel. — Ces grammairiens se trompent assurément. Le s n'est point ici le signe caractéristique du pluriel, mais une simple lettre euphonique admise jujur adoucir la prononciation, et qui n'influe sur aucun des accidents du mot qui la |)iécède ou qui la suit. — L'Académie écrit entre quatre yeux, mais elle fait observer qu'on prononce ordinairement entre quatre-zyeux. — « C'était une difficulté à trancher en abandonnant la phrase au peuple qui ne lit pas les dictionnaires et qui prononce comme il veut. L'abbé Tlioulierd'Olivct, qui était un bon bourgeois de Franche-Comté, et qui avait des traditions du pays, décida qu'il fallait dire quatre-syeux, ce qui fut généralement adopic par la bonne compagnie, où cette petite locution est comme on sait très-commune; mais l'Académie ouLilia mille-s-yeux dans le dictionnaire. On ne peut pas penser à tout. » (Ch. Nodier. Examen crit. des die t.)
Quatrième. Adj. des deux genres. Nombre d'ordre qui ne se met qu'avant son subst. : Le quatrième jour, la quatrième année.
Quatrièmement. Adv. On peut le mettre avant ou après le verbe : Quatrièmement je vous dirai, ou je vous dirai quatrièmement.
QUATRIENSAL, QUATRIENN ALE. Adj. qui SB mCt
toujours après son subst. : Office quatriennal , charge quatriennale. On dit au pluriel masculin quatriennaux.
Quatuor. Subst. m. On prononce co«a. Il ne prend point le signe du pluriel : Des quatuor.
Que. Adj. conjonclif qui se met poiir lequel, laquelle, lesquels, lesquelles. Tous ces mots, dit Condillac, sont des adjectifs, et toutes les propo-
QUE
sitions où nous les employons sont des tours ellijiliques : La personne que j'aime, est pour la personne, laquelle persnnne j'aime. Ainsi, bien loin ijue ces mots tiennent la place d'un nom, ils le sous-entendent au contraire après eux : Je ne sa.is que vous donner, c'est ji' ne sais pas la chose, laquelle chose je puis OU je dois vous donner. Que ne pvis-je vous obliger! je suis fâché d'unP chose, laquelle chose est ne pouvoir vous obliger, etc. Lorstjue le conjonctif est l'objet (lu verbe, c'est une règle générale de préférer que à lequel ou laquelle : Les arts que vaus étudiez, les villes qu'il a prises, la conduite qu'il a tenue, et non les arts lesquels, la conduite laquelle, etc.
L'adjectif conjonctif i^î/e est d'un grand usage. Sa fonction est de conduire le sens à son complément. Il est toujours placé entre deux idées «jii'il lie en modifiant la première. Voyez /idjectifs conjoîictifs.
11 ne faut pas confondre que, adjectif conjonctif, avec que conjonction conduclive, c'est-àdire qui conduit d'un sens à un autre. Telle est sa nature dans les vers suivants de Racine (fyhigénie, act. IV, se. vi, 19) :
Pourquoi je le demande? ô ciel ! le puis-je croire, Qu'on ose des fureurs avouer la plus noire?
Règle générale : Dans les phrases composées de deux membres, liées par que, quand le verbe du second membre n'est pas le même que celui du premier, le que se répète non-seulement à ce second membre, mais à tous les membres de la même nature qui se succèdent : Les Gaulois adorent Apollon, Mars, Jupiter et Minerve ; ils croient qiV Apollon chasse les maladies , que Minerve préside aux travaux, que- Jupiter e.it le souverain des dieux, et Mars l'arbitre de la guerre.
Que signifie quelquefois si ce nest :
Et pour qui mépriser tous nos rois que pour lui.
(CoKN., Sertor., act. II, se. I, 16.)
Cevers,dit Voltaire, est digne du grand Corneille.
Que de. Il y a une grande différence entre que et que de devant un verbe à l'infinitif. Dans cette phrase, ils ne font que sortir, on donne à entendre que ceux dont on parle sortent n chaque instant : dans celte autre, Ù ne font que de sortir, on donne à entendre qu'ils viennent de sortir.
Que a quelquefois le sens d'un adverbe, comme dans celte phrase, que vous êtes heureux! Il vient alors du latin quantum, adquaniùm. et signifie à quel point, combien : Que de choses il m'a dites! que de phr'los'phes se sont égarés!
0 ciel ! que de vertus vous me faites haïr.
(Cork., Pompée, act. III, se. v, 88.)
Quel. Adj. qui énonce un objet quelconque sous l'idée précise d'une qualité vague et indéterminée. 11 fait quelle au féminin singulier, quels au masculin pluriel, et quelles au féminin du même nombre : Quel livre lisez-vous^ je ne sais quelle résolution vous avez prise; quels hommes, quelles femmes voyez-vous?
Quelquefois le substantif auquel cet adjectif se rapporte est sous-entendu. C'est, par exemple, quand, en rappelant ce dont on a déjà parlé, on demande quel est-il? quelle est-elle? ou bien encore si, après avoir dit, j'ai des nouvelles à
QUE
vous apprendre, on demande quelles sont-eUcs'^ Alors il y a ellipse. Quelles sont-elles? c'est-àdire, quelles sont ces nouvelles ?
Il ne faut pas confondre l'adjectif quel avec. quelque, et dire comme certaines personnes, <juel Tiiérite quel'on ait, il faut être modeste ; au lieu dédire, quelque mérite que Von ait, etc. Voyez Quelque.
Quelconque. Mot que les anciens grammairiens mettent au nombre des pronoms indélinis. C'est un adjectif des deu\ genres qui est à peu prés synonyme de nul ou aucun dans une phrase négative; et alors, comme ces deux mois, il n'a point de pluriel : // n'a chose quelconque.
Dans une phrase positive, il signifie quel qu'il soit, quelle quellesoit, et dans ce "sens il prend un pluriel : Cherchez des prétextes quelconques, donnez-lui une récompense quelconque, trouvez une personne quelconque.
Cet adj. se met toujours à la suite d'un subsl. L'abbé Régnier et Reslaut disent que ce mot est peu usité. 11 l'est davantage aujourd'hui, surtout dans le second sens.
Quelque. Adj. partitif des deux genres qui fait quelques au pluriel, que l'on place avant un nom appellatif, et qui désigne ou un individu vague, ou une quotité vague des individus compi;is dans sa sigr..lication : Quelque personne indiscrète aura causé cette brouiller ie.
QUE
Quelques crimes toujours précùdenl les grands crimes. (Kac, Phèd., act. IV, se. II, 59.)
Quelque, dans cette signification, répond à Valiquis des latins.
Quelque s'emploie aussi avec que, et alors il est adjeclif, s'il est suivi d'un substantif, et signifie quel que soit le, quelle que soit la, quels ou quelles que soient les. Quelque mal que vous ayez, quelque science que vous cultiviez, quelques erreurs que vous suiviez.
Mais d'adjectif il devient adverbe dans le même sens, quand il se trouve avant un adjectif ou un adverbe : Quelque savants que vous soyez, quelque savamment que vous parliez, quelque grands que soient vos travaux.
Quelques anciens grammairiens ont prétendu que lorsque, dans ce sens, le mot quelque se trouve devant un adjectif suivi immédiatement de son subsiantif, il n'est plus adverbe, mais pronom, et qu'il faut dire, par exemple, quelques grands biens qu'on possède, quelques belles quahtes que l'on ait. Mais dans ces sortes de plirases il faut seulement avoir épard à l'idée qu'elles portent dans l'esprit. En effet, quelque grands biens que Ion possède, veut toujours dire quelque grands que soient les biens qve Von possède, quelque belles qualités que Von ait, quelque belles que soient les qualités que Von ait.
Cependant plusieurs bons auteurs ou poêles ■lu siede de Louis XIV ont fait, dans ce cas qnelqve pronom, ou, si l'on veut, adjectif et l'ont fait accorder avec le substantif. Us en ont agi ainsi, dit-on, parce (ju'ils ont pensé que l'adjectif placé soit avant, soit après le substantif né change rien à la nature de qnelqve, qui morâd'^ectff"^ ^' *'^""'^ ^^^' ^^ substantif et
îl me semble que cette raison n'est pas admissible. A la venté, que l'adjectif soit placé avant pu après le substantif, qvelnve sicnifie toujours la même chose, savoir quel que^ soit. Mais il change de rapport suivant qu'il précède le sub-
stantif ou 1 adjectif. Dans le premier cas, il modihc un substantif, et est |)ar conscipient adjectifdans le second, il modilie un adjectif et est nar conséquent adveibe. Dans quelques auteurs savants que vous consultiez, quelques modifie évidemment auteurs; il est donc adjectif- c'est comme si l'on disait, quels que soient les auteurs savants que vous consultiez. Mais dans, quelque siirants auteurs que mus ciinsultiez il est évident que quelque modifie savants, et'que le .«ens est, quelque savants que soient les auteurs que vous consultiez.
Quelque est un mot vague qui peut modifier un adjectif comme un subsiantif; car on peut dire, quelque belle, quelque bonne qu'elle soit. et quelque auteur que vous me citiez. Des (lue ce mot est prononcé, l'esprit attend le mot modihé, et porte celle modification sur le premier qui se présente, s'il est de nature à être modifié p:ir quelque. Or, quelque, pouvant modifier un adjectif, et savant élant un adjeclif, c'est à ce mol, et non au subsiantif qui vient après, que l'esprit attache naturellement la modification expriuicc par quelque. Ainsi, dans ces sortes de plirases, quelque modifie un adjectif, et est par conséquent adverbe.
Une autre raison qui vient à l'apimi de ce que nous venons de dire, c'est que l'esprit ne doit jamais rester dans l'incertitude sur le caractère d'un mot énoncé dans le discours. Or, si quelque placé devant un adjectif, pouvait être tanlôt adjectif, tantôt adverbe, il faudrait, ou y attache d'abord au hasard l'un ou l'aulre caractère, ou attendre le subsiantif qui doit déterminer ce caractère. Si, par exemple, voulant dire quelque belles qualités que Von ait, on dit quelque belles, et qu'on s'arrête là, l'esprit est porté à attribuer à quelque le caractère d'adverbe, à cause de l'adj'eclifqui le suit, ou bien il faudra, pour s'en faire une idée juste, qu'il attende le mot suivant, afin de savoir si c'est un substantif. Dans le premier cas, il se sera trompé, et il faudra qu'il revienne sur ses pas, lorsqu'il aura entendu ce substantif; dans le second, il aura entendu quelque suivi d'un adjectif, sans attacher une idée précise à ce mot. Or, rien n'est plus contraire au génie de la hiniîue française que ce tâtonnement ou cette incertitude. — Lorsque rameur donnait cette rèele il avait pour lui l'Académie rpii, dans ses Ôbservatims sur Faugelas, était d'avis qu'on écrivît : quelque grands avantages que la nature donne. Mais dans l'édition de son Dictionnaire qui a paru en J835, elle écrit : quelques grands biens que vous ayez. La Grammaire des Graniuiaires (p. 431) s'explique ainsi sur celle question: « Lorsque le sub- « stantif est ^jécédc d'un adjeclif, ce n'est point « a l'ndjectif (pie se ra])porte quelque mais au « subsiantif, et cela est si vrai qu'on peut dans « ce cas transporter l'adjectif après le subslanlif « et même le supprimer, sans nullement nuire à » la signification de quelque.
« Il est un cas cependant où quelque, joint à « un adjectif suivi de son subslamif au pluriel, «ne prendrait point la marque du pluriel; ce " serait celui où sa signification répondrait au <i quuntumvis des Latins, comme dans celte « phrase: Quelque bons écrivains qu'aient été » Racine et Boileau, ils ont cependant fait des « fautes de orammaire; en effet, quelque, vou- « lant dire ici « quelque degré, et alors tenant « lieu d'un adverbe, ne doit pas prendre le signe «du pluriel; et afin de rendre plus frappante
QUE
« cetlcobservalion,noiisla ferons suivre de celle i « plirase: quelques bons écrù-ains ont dit, dans u l.iqucilo on voil «lUC quelque n'a point la sienio iicaliun d'un adverbe, mais qu'il Rpond à •> Valiquis des Latins. »
Quelque, suivi d'un verbe, s'êcril en deux mois, quel que, t-l alors le premier est adjectif, el s'accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom qui esl le sujet de ce verbe : Quelle que soit votre mteiUwn ; quels que soient vos desseins; quelles que soient vos rues. Quelle que puisse être la nlaiie des grands sur la terre, elle a toujours à craindre : premièrement la malignité de l'enrie qui cherche à Vobscurcir. (Massdlon, Petit Carême, Triomplie de la religion, r* pari., t. 1, p. 605.)
La loi, dans IodI ÉUt, doit otrc université ; Les mortels, quels qu'Ut soient, sont égaux devant elle. (TOLT., Poëme sur la Loi naturelle, lY, 89.)
Souvent on confond tel que avec quel que; mais tel que sert à la comparaison, et régil l'indicalif, parce que, dans les phrases où on l'emploie, il <"i un sens précis et positif : On craint de se voir tel qu'ow est, parce qu'on n'est pas tel qu'o?j devrait être.
Au contraire, quel que est suppositif, et, dans le sens vague du doute, il n^gil le subjonctif : Je n'en excepte personne, quel qu^il puisse être. Quelque soit le mérite, quelle que soit la i.crtu de cet homme.
Ainsi, au lieu de dire avec Voltaire, dans 5e'miramis (act. III, se. \i, 15) ;
Ce CTand choix tel qu'il soit peut n'offenser que moi,
il faudra dire, ce grand choix, quel qu'zV soit. Et au lieu de dire avec J. J. Rousseau [Emile, liv. IV, t. VI, p. 4251 : On prouve très-lien à cet enfant que celte rcligi n, telle qu'cZ/e snit, est la seule véHtahle, on devra dire : On prouve très-bien à cet enfant que cette religion, quelle tYa'elle soit, etc.
Quelque est adverbe lorsqu'il précède immédiatement un nombre cardinal. Il signifie alors environ. Cl n'est que du style familier : Il y a quelque soixante ans que cela est arrivé.
Quelque chose. Cette expression esl considérée comme un seul mol, et on lui donne le genre masculin :
Pour saToir quelque chose, il faut î'avoir appris. (AnDRiECX, Socrate et Glaucon, V, 64.)
Autrefois on doutait du genre de ce mot. Ouelques-uns le faisaient masculin, et d'autres féminin. Il n'y a plus de doute aujo\ird'liui, el tous les grammairiens le font masculin. Il y a donc deux fautes dans les vers suivants :
Quand on aura de vous quelque chose à prétendre, Accordez-(a civilement; Et pour obliger doublement.
Ne la faites jamais attendre.
Cependant, lorsqu'il y a un adjectif entre quelque et chose, Texpression n'esl itlus un seul mot, et chose reprend son genre féminin. On dira donc, quelques belles choses que vous disiez, elles ne seront jarxais gOlilCCS si vous les prononcez mal.
\\)rc^ quelque c7io5P, Vaugclas est d'avis qu'on peut supprimer de avant les adjectifs qui régissent
celte préposition. La raison qu'il en donne, c'est que ce de rend ordinairement la phr;ise dure et (îesagréalile. Il veut qu'on dise : H l'exhortait à faire quelque chose digne de sa naissance, aU lieu i\o.,il l'exhortait à faire quelque chose de digne de sa naissance. Les grammairiens et les auteurs modernes n'ad:aelleiil point celle supj)ression . Heureux si Bayle avait plus respecté la religion et les mœurs, ou quelque chose d'approcJiant. (Volt, à d'Aleml>erl, 2 oct. J76i.) Si Eschyle et Sophocle n'ont pas eu cette, idée, ils ont dû concevoir quelque clwse d'approchant. (La Harpe.) — S'il se trouvaitquelque pbraseoù le t/e rendit avec ce qui suit un son dur cl désagréable, il faudrait prendre unautretour, modifier quelque chose par le relatif qtii, el dire, par exemple, il l'exhortait à faire quelque cboseilui fût digne de sa naissance.— L'Académie, qui semlilaii parlageraulrefois l'opinion de Vaugelas, s'exprime ainsi en 1835 au mol chose : « Quand fadjectif suivant n'est pas précédé d'un relatif, il doil l'être de la préposition de. »
QuELQnEFOis. Adv. On peut le mellre avant le verbe, après le verbe, el entre l'auxiliaire et le participe : Quelquefois il 7ne ni ; quelquefois il a menti; il ment quelquefois ; il a vienti quelquefois; il a quelquefois menti.
Qdelqu'cn, Qcelqd'tjne, Qcelques-cns, QCEar- QCEs-CNEs. Les anciens grammairiens mettaient ce mot au nombre des pronoms indéfinis. C'est un adjectif synonyme de quelque, c»mme chacun est synonyme de chaque ; et il y a de part et d'autre les mêmes différences.
Quand quelqu'un est employé seul, il a une relation expresse avec un nom sous-entendu et connu par les circonstances. Dans quelqu'un a dit, le sens indique assez que quelqu'un se rapporte à homme. En te sens, il ne se dit que des personnes, el ne prend jamais le féminin ni le pluriel. On dit j'ai vu quelqu'un, j'ai parlé à quelqu'un quim'a dit; maison ne dit pasyairt/. quelqu'une, j'ai vu quelques-uns.
Cependant quand ^«e/i/w'M/t est employé comme sujet de la proposition, il peut se mettre au pluriel, mais seulement au masculin : Quelques-uns m'ont assuré.
Quand quelqu'un a rapport à un nom exprimé dans la phrase, il se dit des personnes et des choses, et signifie une partie indéterminée d'un nombre. Alors il esl précédé du pronom en, et s'emploie a tous les genres et à Ions les nombres : De tous ces hommes, j'espère qu'il en viendra quelques-uns. Que vous ont dit ces darnes^ en viendra-t-il quelques-une.i'^ S'il en reste encore quelqu'un d'assez juste pour avoir pitié de moi.... (Fénelon.) Voyez Maint.
Qu'en «ira-t-on. Ce substantif composé ne prend point le signe dn pluriel; ott dit des qu'en diru-t-on. — Il nous semble même que celte loculion esl ikîu usitée au pluriel. 11 est certain du inoinsquerAcadémicncremploic(prau singulier: Se inoquer du qu'en diru-t-nn, se mettre audessus du qu'en dira-t-on, etc.
Qderelleue, Querelleuse. Adj. On peut le mettre avant son subst. lorsque l'analogie et l'harmonie le permctlcnl: Un homme querelleur, une femme querelleuse. — Une humeur querelleuse, cette querelleuse humeur.
Quéiîir. V. a. cl défectueux de la 2« conj. Il n'est usité qu'à l'iidinilif quérir, el avec les verbes ff//er, venir, envoyer. Il n'esl point adnais dans le style noble.
QUI
Corneille a dil dans Pohjeucte (acl. IV, se. i, 17):
L'autre m'obligerait d'aller quérir Scvcrc.
Voltaire a dit au sujet de ce vers : Quérir ne se dit plus [Remarques sur Corneille).
QuiSTKLu. Subst. ni. On prononce cuesteur.
Question. Sulisl. f. On prononce /ceA/io//. Le < conserve sa prononciation naturelle dans H.
QCESTIONNKLR.Subst. m. QbKSTlOJiMilSE. SubSl.
f. On dcsigne par ce mol celui ou celle (jui fait des questions importunes : C'est un questionneur insupportable. \ oyez Question.
Qur.STL'RK. Subst. f. On prononce cuesture.
QcÊTEir.. Adj. ijue l'on cni[)loie substantivement. 11 fait quêteu-'ie au fciniuin.
Qci. On prononce ki. Selon le Dictionnaire de rAcadcmie, c'est un pronom relatif des deu.K genres cl des deux nombres; nous l'appelons adjectif conjonctif. Voyez Adjectifs conjonctifs. Les grammairiens disent qu'il y a un qui relatif, comme dans celle phrase, l'homme qui vous parle; et un qui absolu, comme dans celle-ci, qui mus a accuse? Cette distinction est vaine. Qui, adjectif conjonctif, a toujours rapport à un substantif exprimé ou sousentendu, et par conséquent n'est jamais absolu. Dans les phrases où il parait tel, il y a une ellipse dont l'analyse faii paraître le substantif: Je sais qui vous a accusé, c'est-à-dirc je sais la persoîinr qui rfi:<! a accusé. Qui vous a accusé? c'est-à-dirc dites-moi la personne gui vous a accusé.
Lorsque l'adjectif conjonctif qui est le sujet d'une proposition incidente, c'est-à-dire lorsqu'il détermine un nom exprimé ou sous-entendu à être le sujet d'une iiroposition de celle nature, il se dit des personnes et des choses; et on doit le préférer à lequel, laquelle, lesquels : L'homme qui veut vivre en paix, la maison (]ui m'appai'iient, les hommes qui craignent Dieu. On ne [leut pas dire l'homme lequel veut vivre enpaix, la maison latiuellc m'appartient ; les hommes lesquels craiynent Dieu.
Lorsque qui est le terme d'un rapport, c'est-àdire lor>qu'll détermine lui nom exprimé ou sous-entendu à être le complénient d'une préposition, il no se dit (pie des personnes ou des choses personnifiées : L'homme ù qui j'aiparlé, la vertu à i}ui je rends hoinmage.
Mais, en parlant des choses, on se sert des adjectifs conjonctifs lequel, laijuelle, lesquels, lesquelles : La chose à laquelle vous devez surtout faire attentioîi, cest le point sur lequel î^ faut réfléchi'', ^'oycz Lequel.
Après la préposition de, on préfère c?ow< à de qui, soit qu'on parle des personnes, soit qu'on parle des choses : L'homme dont vous parlez, la réputation dont vous jouissez.
Les poètes, qui personniGenl tous les objets, et qui sr'crifienl souvent l'exactitude grammaticale à la vivacité de l'expression, ou à la contrainte de la mesure ou de la rime, ne suivent pas toujours ces règles. On trouve dans Racine [Phèdre, sel. III, se. v, 48) :
J'ai su tromper les yeux par qui j'étais gardé.
et dans J.B. Rousseau (liv. I, ode viii, 7) :
Du haut de la montagne où sa grandeur réside,
11 a brisé la lance et l'épéc liomiciJe
Sur qui l'impiété fondait son ferme appui
QUI
Çi/i, sujet d'une proposition incidente, prend le caractère du nom qu'il modifie, en le liant à cette proposition; il est, comme ce nom, de la première, de la seconde ou de la troisième personne, soit du singulier, soit du pluriel, et il détermine le verbe dont il est le sujet à prendre celle do ces formes qu'il a lirée de sa liaison avec ce mot. Ainsi on dit, moi qui ai parlé, et non pas, woi qui a parlé, parce que, qui, étant l'adjectif conjonctif de moi, qui est de la première personne, doil prendre ce caractère de première personne dans la phrase dont il est le sujet. De même on dira à la seconde personne, toi qui as parlé, vous qui acez parlé; à la troisième, lui qui a parlé, eua; qui ont parlé.
Par la même raison il faut dire, si c'était vioi qui eusse, et non pas, si c'était moi qui eût; si c'était vous qxii eussiez, si c'était lui qui eût, etc. Molière a [)éché contre celte règle en disant [Sganarelle , se. ii, 6) :
Ce ne serait pas moi qui su ferait prier.
11 fallait dire gui me ferais prier.
Qui, sujet d'une proposition incidente, doit toujours suivre immédiatement le substantif au- (juclil se rapporte. On dira, par conséquent, cp' homme qui ne cherche qu'à tromper a granu, tort, et non pas, cet homme a grand tort qui ne cherche qu'à tromper.
Les meilleurs poêles se sont (pielquefois écartés de celte règle. Racine ïNdit [Andromaque, act. V,sc. II, 26):
Phcenix même en répond, qui l'a conduit exprès Dans un fort éloigné du temple et du palais.
Et Boilcau [Lutrin, I, 69) :
La déesse, en entrant, qui voit la nappe mise.
Le second exemple parait plus excusable que le premier, parce que e?» entrant n'étant (pi'une phrase incidente, ne semble pas séparer autant' lequidu nom auquel il se rapporte, que la proposition directe et entière qui, dans la première, forme la séparation.
Comme un substantif ne fait qu'une seule et même idée avec l'adjectif qui le modifie, qui est censé suivre immédiatement son substantif, lorsqu'il suit l'adjeclif qui modifie ce substantif. Ce ne sera donc pas pcciior contre cette règle de dire, l'homme inlrépid*^ (|ui viarche a l'ennemi. Il en est de même lorsoue le substantif est suivi de la préposition de avec son complément, expression qui équivaut à un adjectif : Les amis de mon pérc^M/' tmus suivaient.
La répétition de qui, toujours sujet de la i)roposilion incidente, n'est pas non plus contraire a celle règle. Tous les qui touchent au substantif par le moyen du premier, dont ils no sont (pie la répétition. C'est ainsi qu'on dit, un auteur qui est sensé, qui sait bien sa langue, qui médite bien son sujet, qui travaille à loisir, i]ui consulte ses amis, est presque t^ujnnrs sûr du succès.
Cette règle peut servir de guido dans le cas où, voyant deux substantifs dans une phrase, on doute auquel des deux il faut fiiro rapporter le qui. On sentira qu'il ne peut se rapporter qu'au substantif qui le précède. On dira donc, vous êtes, grande reine, un génie tutélaire qui est venu consolider la paix, parce qu'on fera rapporter qui à génie tutélaire qui le précède immédiatement, et non à reine, qui en
rfOO
QUI
est le plus l'ioigné; et l'on ne dira pas, vous êtes, grande reine, un génie ttiti'l-aire qui éles venue, parce qu'alors on ferait rapporter le qui à un nom qui ne le précède pas iinnicdiateincnt.
C'est par la même raison <]u'on dira : f^ous parlez en homme qui entend la matière et non pas çi/t entendez la rnulière. f^ous ètrs le premier qui ah éilairci cette difficulté, et non pas, qui ayez eclairci. Je suis le seul qui ait déve- Irppé cette vérité; et non pas, 7 in' ai développé. Dans CCS phrases, gui ne se rapporte pas a vous ou à je, mais bien à Ao/n/ne, qui est exprimé dans le premier exemple, cl sous-entendu dans les autres : F'ous êtes le premier; ccst-à-dire le premier homme ; Je suis le seul, c'est-à-dire le seul homme; et gui, se rapportant à ce mot homme, le rend, par sa fonction conjonctive, le sujet de la proposition.
Racine a dit dans Iphigénie (act. IV, se. iv, 26) :
Fille d'.^garaemnon, c'est moi qui la première. Seigneur, tous appelai de ce doux nom de père.
Et dans Britannicus ^act. III, se. m, 49) :
Pour moi qui le premier secondai vos desseins.
Voltaire a dit aussi , dans sa correspondance, en parlant de Shakspeare : C'est moi gui le premier montrai aux Français quelgues perles que j'avais trouvées da?is son énorme fumier.
Ces trois exemptes sont parfaitement conformes jla règle générale, parce que le gi/i suivant immédiatenicnl le nom moi., c'est à ce nom qu'il doit se rapporter. Le sens est, cest 7noi gui, c'est-àdire, lequel moi, montrai aux Français, etc.
Il y a une difficulté réelle que Condillac propose et résout de la manière suivante :
On dit : F'oire ami est un des hommcsqui manguèrent périr dans la sédition, quoiqu'on dise, votre ami est un des hommes qui doit le moins compter sur moi. Pourtiuoi le l)luriel qui manguèrent dans l'une de ces phrases, et pourquoi dans l'autre le singulier gui doit? c'est que les vues de l'esprit ne sont pas les mêmes. On se sert de la première phrase quand on veut mettre votre ami parmi ceux qui manquèrent périr; et on se sert au contraire de la seconde quand on veut le mettre à part; et le sens est, votre ami est un homme qui doit le moins de tous les hommes compter sur moi.
Racineadit (Britannicus, act. II, se. m, 129) :
Britannicus est seul; quelque ennui qui le presse, Il ne Toit dans son sort que moi qui «'intéresse.
On a remarqué avec raison que « son sort serait mieux que da/js son soi't. Mais l'emploi do la troisième personne, approuvé par Marmontel, a été blâmé par Doinergiie. Ce grammairien dit que dans les verbes réfléchis o\i réciproques, qui admettent se, tels que se repentir, s'intéresser, etc., l'usage seul indique assez qu'il faut me à la première personne, te à la seconde personne, *<? a l;i troisième; et qu'on dit je ni intéresse, tu t'intéresses, il s'intéresse. En conséquence il dit (juc il nest gue moi qui m'intéresse, éijuivaul à il n'est gue moi, lequel moi m'intéresse; et il en conclut qu'on ne peut pas dire, il n'est que moi gui s'intéresse.
Cette criticjuc ne ine paraît pas juste. Dans il n'est que moi gui s'intéresse, le sens est évidemment négatif. Cela veut dire, il n'est per.ionne, gui jjcrsviine ne s'intéresse, hors moi, excepté
QUI
moi, si ce nest moi. Au coniraire, dans iï n'est
que mui gui m'intvrcsse, le kcls sirait mot, qui moi suis le seul qui m'intéresse. Or, ce n'est |)0int là du tout ce qu'a voulu dire le poëte. Son intention a été de peindre principalement l'absence d'inténit, l'abandon prescjuc total ; et celle absence, cet abandon, ne seraient pas peints si l'on fixait principaleincnt l'espiii sur l'intérêt qui existe, et non sur celui qui n'existe pas. C'est pourtant ce qui arriverait si l'on disait il ne voit gue moi qui m'intéresse à lui. L'idée .se présente sous un point de vue tout diffèrent quand on dit, il ne voit gue moi qui s''intéresse à lui. Domerguc n'a pas fait attention que dans celle phrase, gue moi n'est qu'un accessoire de la proposition, qu'une expression qui restreint l'étendue du mot personne qui est sous-entendu, et <]ue ce n'est pas àcei accessoire que doit se rapporter l'adjectif conjonctif.
L'auteur de la Grammaire des Grammaires établit comme règle que, lorsque c'est un nom propre (jui précède le gui, le verbe doit être mis a la première personne, si le nom propre indique la ]>ersonnc qui parle; à la seconde, s'il indique celle à qui l'on parle ; à la troisième, s'il indique celle de qui l'on parle : Je suis cet Alexandre gui ai vaincu Darius, vous êtes ce César ^ gui avez conquis les Gaules, je parle de cet Erostrate qui a hrûlé le temple d'Ephèse.
D'après celle règle, il semble (}ue Racine auraitdlidire dans Mithridate {;m:i. H, se. ni,-l):
Enfin, après un an, lu me revois, Arbate, Non plus comme autrefois, cet lieureux Mitlirldate, Qui, de Rome toujours balançaut le destin, Tenais entre elle et moi l'uniïers incertain : Je suis vaincu.
Domergue prétend qu'il fallait dire : tenait entre elle et moi, etc.; et voici comme il fait l'analyse de ce morceau :
Tu, toi, Arbaie, revois enfin après un an, 7/101, tu ne vois plus moi, comme lu vis autrefois moi, cet heureux. Milhridate, lequel Mithridate, balançant toujours le destin de Rome, tenait l'univers incertain entre elle et moi. L'analyse, conlinuo-l-il, n'amène pas. lequel moi tenais, donc ilnetaul i)as la première personne; elle amène lequel Mithridate tenait, donc il faut la troisième personne.
Quoi qu'en dise ce grammairien, si l'analyse amène /e5'j/<?Z Mithridate, elle amène lequel moi Mithridate, car ce Mithridate n'est autre chose (pie moi qui parle. Cependant je pense aussi ()u'il faut la troisième personne, et que Racine a û\x tMva tenait entre elle et moi, cl voici mes raisons : Racine suppose ici deux moi; le premier, qui n'existe plus, é{vt\\. cet heureux Mithridate qui balançait le destin de Borne; le second, (]u\ ne ressemble point au premier, est ce moi Mithridate 7nalheurcu.v que tu revois et qui te parle. Par celte explication, les mots entre elle et moi qui viennent après tenait, conviennent à la phrase, c'est-à-dire entre elle et ce moi heureux qui «'cart5/ep/i/5.Danslc système de Domergue, il fàmlraiH entre elle et lui. On ignores! Racine amis tenais ou tenait. Il y a des éditions OÙ on lit le premier, cl d'autres où l'on trouve le second. Voyez Qui que ce soit à. son rang alpiiabéiique.
Quiconque. Les grammairiens niellent ordinairement ce mol au nombre des pronoms indéfinis. C'est un nom qui ê(]uivaut à tmit homme qui. On pourrait l'appeler nom conjonctif, à cause de ce qui, lequel sert à joindre à l'idée de
QUI
tout homme, une proposillon incidenic déterminative : Ji' dis ù i]uicoiuiUC vciit l'entendre , c'esl-à-ilire à tout homme qui veut l'entendre. On voit que l'idée d'/toz/iwc est la principale dans la signillcalioii de quiconque, et par conscqiîciit (jue c'est un nom coinnic le nom homme.
Celte siirniliralioii du mot quiconque indique assez qu'il ne peut se dire ijue des personnes, et qu'il ire peut avoir de pluriel : Quiconque flatte ses maîtres les trahit (Massillon, Petit Carême. Tentations des Grands, 2" part. , t. I, p. 563.) Quiconque est capable de mentir est indigne d'être compté au nombre des hommes. (Féncl., Télcm.. liv. III, t.i, p. 122.)
Quand quiconque est employé dans le premier membre d'une i)hrase, il ne doit pas être rappelé dans le second membre par le pronom il , et l'on ne doit pas dire quiconcpie a dit cela, il n'a pas dit la vérité. I.a raison en est sensible. C'est que quiconque renferme non-seulement un nom, tout homme, mais encore un adjectif conjonctit'(]ui lie ce nom a la proposition suivante : Quiconque a dit cria, c'est tout homme qui a dit cela;OT, on ne dirait pas, tout homme qui a dit cela, il n'a pas dit la vérité.
Cependant Massillon avait coutume de mettre ce pronom /Z après quiconque, lorsque le second verbe en Olail un peu ckdgiié : Quiconque, fût-il maître de l'utiirers, s'eloiijne de la règle et de la sagesse, il s'éloigne du seul bmheur oii l'homme puisse aspirer sur 1(1 terre [Petit Carême. Sur le malheur des grands qui abandonnent Dieu. 3' réflexion, t. I, p. 5'76.) C'est une faute que l'on doit éviter.
Ordinairement quiconque est du masculin; mais quand il a un rajiijort précis à une femme, l'adjectif (]ui le suit doit être mis au féminin. Il faut donc dire, en parlant à des femmes, quiconque de vous sera assez hardie pour médire de moi, Je l'en ferai repentir. C'est une décision de l'Académie.
Régnier Desmarais pense avec raison que ce ipii donne lieu, dans cet exemple, à mettre au féminin l'adjcclif dont quiconque est suivi, c'est que ce mot n'est plus employé indéfiniment, et qu'il est restreint et déterminé par de vous.
Quidam, Qcidane. Subst. On prononce kidan.
QuiNCAiLLERic. Subst. f. Trévoux et Restant écrivent clincaillerie; mais aujourd'hui on dit et on écrit généralement quincaillerie, conformément à l'élymologie En effet, quincaillerie vient du latin 5f!/(W(7Me, qui veut dire cty^g-, parce qu'an-' ciennement on prélevait un droit exorbitant à chaque vente de marchandises; on en exceptait seulement les objets au-dessous de cinq sous, qu'on a appelés, à cause de cela sans doute, quincaillerie.
Ql'indécagone. Subst. m. Prononcez cuindécagone.
QciiNDÉcr.Mvins. Subst. m. plur. On prononce cuindéceinvirs.
Quinquagénaire. Adj. des deux genres. On prononce cuincouagénaire. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme quinquagénaire, une femme quinquagénaire .
Qdinquagéslml-. Subst. f. On prononce cui/icouagésime.
Quinquennat-, Quinquennale. Adj. On prononce cuincuennal. Il ne se met qu'ai)rés son subst. : Magistrat quinquennal, fêtes quinquennales, jeux quinquennaux.
Quinquennium. Subst. m. On prononce cuincuennium:
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QuiNQUERCE. Subst. m. Oh prononce cuincucrce.
QuiNQuÉr.icME. Subst. f. On prononce cuincuérème.
QuiNTKTTO. Subst^m. On prononce cuin. Terme de musitpie emprunté de l'italien, il fait au pluriel quintetti (Acad., 1835).
QuiNTF.ux, QuiNTEusi:. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille cl l'analogie : Un homme quinteux, une femme quintcuse , une humeur quinteuse, cette quinieuse h'imeur.
(JuiNTir,, QuiNTiLE. Adj. Terme d'astronomie. Ou prononce cuintil. Il se met avant son subst. : Qiiintil aspect.
Quintuple. Adj. et subst. On prononce cuin^ tiiple. Comme adj., il se met après son subst.f^ingt est quintuple de quatre.
Quinze. Adj. numéral des deux genres. Il se met avant son subst. : Quinze hommes, quinze femmes, quinze chevaux, quinze arbres, quinze jours.
QuiNzii-.ME. Adj. des deux genres. Nombre d'ordre. Il se met avant son subst. : Au quinzième jour, au quinzième mois.
Quiproquo. Subst. m. Mot emjjrunté du îalin, qui ne prend point de ^au pluriel.
Qui que ce soit. Expression qui s'emploie seulement en parlant des personnes, au masculin singulier, avec ou sans négation, avec ou sans pré- [wsition.
Employé sans négation, qui que ce soit sipifie la même chose que quiconque, ou quelque personne que ce soit : A qui que ce soit que nous parlions, nous devons être polis. Qui que ce soit qui me demande, dites que je suis occupé.
Employé avec une négation, il signitic persontie, ou aucune personne. Je n'envie la fortune de qui que ce soit. On ne doit jamais mal parler de qui que ce soit en son absence.
Quitte. Adj. des deux genres. Une se met qu'après son subst. ; Je suis quitte.
Quoi. Adj. conjonctif qui ne se rapporte jamais qu'à un nom sous-entendu. Quand on dit : à quoi vous occupez-vous f c'est comme si l'on disait : à quelle chose vous occupez-vous? Quoi es! entièrement l'équivalent de /e7i/e/ ou laquelle. C'est un adjectif qui est le même pour les deux genres, et il faut suppléer chose ou tout autre nom.
Ah ! combien ces moments de quoi tous me flaUez, Alors pour mon supplice auraient d'éternités !
(Cor., Uêracl., act. III, se. i, 129.)
A'oltaire a dit, à l'occasion de ces vers, remarquez ([u'on ne peut i)as dire : ces moments de (\uo\vousme flattez; cela n'est pas français; il faut dire : ces moments dont vous me flattez. [Remarques sur Corneille.)
Quoi, suivi d'unque qui en est séparé, ne doit l)as être confondu avec quoique conjonction. Quoique s'écrit toujours en deux mots quand il sigiiilie quelque chose que. On dit en p.ose, quoi que vous disiez, pour quelcjuc chose <iuc vous disiez. Mais en vers, celte expression est un peu dure. L'Académie l'a blâmée autrefois dans ce vers de Corneille (Cid, act. III, se. m, 27) :
El quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir.
Cette critique n'a pas empêché "Voltaire de dire dans Mahomet (act. III, se. m, 52) :
Quoi que la Toii du ciel ordonne de Séide.
lîi dans les Pélopides (act. I, se. i, 67) :
Nouj raisoni nos destins; quoi que tous puistict dire, L'homme par sa raison sur l'honime a quelque empire,
Boilcau a dit aussi [Art poétique, I, KilJ :
Sans la langue, en un mol, l'auteur le plus divin Est toujours, qvoi qu'il fasse, un méchant ocriTain.
Et Thomas Corneille {Festin de Pierre, act. I, se. 1, 1) :
Quoi qu'en dise Arislole et sa docte cabale, Le tabac est divin , il n'est rien qui l'égale.
De quoi a un ufage étendu , et l'on s'en sert l)Our siiTiiifier le moyen, la faculté, la matière, enfin tout ce qui est nécossuire ou convenable pour la chose dont il s'agit. Dans ce sens, on l'emploie sans aucune iiégaiion. Doitnez-moide quoi écrire. Nous avons de (pioi nous amuser. Voyez Quoi que ce soit, à son ranç alphabétique.
Quoique. Conjonction. 11 signifie encore que, lien que, s'écrit en un seul mol, et régit toujours le subjonctif: Quoiquil so'ii pauvre , quoiqu'il ait déclaré. On dit, quoique peu riche, il est généreux ; mais, dans le premier membre de celle phrase, il y ;i ellipse. C'est comme si Ton disait quoiqu'il soit peu riche.
Quoique ne doit point s'unir à des participes
présents. On ne dira donc pas quoique n'ayant pu le voir... 11 ne doit pas mm plus régir des pa»licipes passes privés du verbe auxiliaire : Quoique accouturnés aux excès d'aiiibitinn,nous n'uvoiis pas vu sans surprise etc.; il fallait, quoique nous soyons accoutumés, c[<\ — l,ûrs(ju''un membre d'une période commence par quoique, et que le commencement du second membre exige la même idée, il ne faut pas répéter quoique a ce second membre, mais mettre 171/e à la place. Quoique Dieu soit bon, et qu'i7 soit t nijours prêt à recevoir les pécheurs à repcntunce , cependant, etc.
Il ne faut pas confondre la conjonction quoique avec quoi que qui s'écrit en deux mots. Voyez Quoi.
Quoi que ce soit. Expression qui se dit seulement des choses au masculin singulier, arec ou sans négation, avec ou sans préposition.
Sans négation, il signifie la même chose que quelque chose que. Quoi que ce soit qu'elle dise, elle ne me persuadera pas.
Avec une négation, il signifie rien. Quelque mérite que l'on ait, on ne peut, si l'on n'a ni bonheur ni protection , réussir à quoi (|ue ce soit. (Girard.) Ceux qui ne s'occupent àijuoi (lue ce soit de bon et d'utile me paraissent fort méprisables.
Quotidien, Quotidienne. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Pain quotidien, fièvre quotidienne.
1\. Subst. m. On prononce re. C'est la dix-huitième lettre de l'alphabel, et la quatorzième des consonnes. Elle est du nombre de celles que l'on nomme liquides, parce quelles se lient aisément avec les consonnes muettes dans une même syllabe, comme on voit dans branche, crainte, France, grandeur, travail, elc.
Le son propre et naturel de r est re, comme dans ragoût, règle, rivage, rouge. — R, au commencement et dans le ruurs d'un mot, se prononce toujours sans variation dans le discours soutenu ; iLais dans la conversation, sa prononciation est Irès-adoucie dans notre, votre avant une consonne, excepté dans Notre-Dame ( la sainte Vierge). Mais il reprend sa prononciation ordinaire dans ces deux mots, s'ils sont suivis d'une voyelle, uu précèdes de l'article. Ainsi dansto/rc ami et le notre, la lettre r a le son qui lui est propre.
li final se fait entendre dans les monosyllabes fer, tuer, cher, nr, mur, sieur. On ne le prononce pas dans monsieur. — i? se fait entendre dans la terminaison er, immédialement précédée de m, f, ouv, comme dans enfer, amer, hiver; dans belvéder, cancer, cuiller, étiier, fier, frater, gaster, hier, iiiagster, pater, et dans les noms pruprcs, Jupiter, Eslher, Munster, le Niger; dans les mots en ir, plaisir, hdsir, repentir. — ISIais il ne se prononce pas a la lin des substantifs polysyllabes en ier, comme dans officier, sommelier, teinturier, que l'on prononce officié, sommelié, teiniurié, etc. lien est de même dans les adjectifs polysyllabes en ier, comme entier, particulier, singulier, etc. — 7J ne se pnmonce pas à la fin des mots polysyllabes en cr où cette finale n'est pas innnedi'atêinenl précédée de f, m ou v.
comme dans rfa/!5rej', verger, etc. — R ne se fait point scnlir dans les infinitifs en er, quand ces infinitifs ne sont pas suivis d'une voyelle. H veut aimer, il veut danser, on prononce aimi , dansé. On lit dans plusieurs grammaires, qu'on ne prononce pas non plus le r de ces mots dans la conversation familière, lorsqu'ils sont suivis d'un* voyelle ; mais c'est une erreur. On ne dit pas aimé II boire, mais ai//;er à boire. Il faut observer seulement que !'<? est peu ouvert. — On soumet dans les mêmes granunaires, aux mêmes règles, les infinitif termmés en ir, et l'on prétend qu'il faut prononcer je vais veni,'du lieu lic je vais venir ; venià ses fins, au lieu devenir à ses fins. Quelques gens du peuple peuvent prononcer ainsi ; mais ce n'est pas l'usage parmi les gens instruits.
Lorsque la lettre r est jiedoublée, on n'en prononce ordinairement qu'une, comme dans parrain, marraine, carrosse, etc. Seulement ces deux r rendent la voyelle précédente plus Vmgue ; et si c'est la voyelles, on la prononce plus ouverte, comme dans guerre, tonnerre. Cette règle est sujette à quelques exceptions que voici. Les deux r se prononcent dansei-rala, errer, errojié, abhorrer, concurrent, interrègne, narratvm, terreur, torrent; — dans la plupart des mots qui commencent par ir, comme irrégulier, irrévocable, irréfragrable, ClC. ; — dans les futurs, les conditionnels des vcrhcs mourir , acquérir, courir: je mourrai, je mourrais; f acquerrai^ j acquerrais; je courrai, je c"urrais.
Rli ne se prononce i)as autrement (pie le r simple. Rhéteur, rliume, rliythme, se prononcent réleur, ruuie, rythme.
R est l'expression abrégée du mot révéï-endi