SAV
Impératif. — Présent. Sache, qu'il sache; sachons, sachez, qu'ils sachent.
Subjonctif. — Présent. Que je sache, que lu saches, qu'il sache; que nous sachions, que vous sachiez, qu'ils sachent. — Imparfait. Que je susse, que tu susses, (ju'il sût; que nous sussions, que vous sussiez, qu'ils sussent.
Participe. — Pnsc/ii. Sachant. — Passé. Su, sue.
Il prend l'auxiliaire avoir dans les temps composés.
On dit, au conditionnel, /e ne saurais, pour je ne pms, mais on ne dit pas jo ne saurais, pour je ne pourrais. Quand ou se sert du verbe savoir, au lieu du verbe pouvoir, il faut ijuc ce soil toujours avec une négation. On ne pourrait pas dire je saurais, pour jV puis.
Ce verbe est le seul de la langue française dont le subjonctif n'exige pas une proposition princip:ilequi le procède. Mais alors il doit être accompagné d'une négation : Je ne sache rien de plus précieux que la vertu.
Les poètes mettent indifféremment sais-je pas, au lieu de ne sais-je pas, mais c'est une faute de mettre l'un et l'autre dans la même phrase, comme a fait Racine dans les vers suivants (Afi^/irirfo/t, act. I, se. 1, 123) :
Sans vous, n« sais-je pas qiie ma mort assurée, De Pliarnace en ces lieux allait suivre l'entrée? Sais—je pas que mun sang
Corneille a dit {Polyeucte, act. V, se. iv, 25) :
Quand vous verrez Pauline, et que son désespoir Par ses pleurs et ses cris saura vous émouvoir.
Voltaire dit, au sujet de ces vers : Nous employons souvent ce mot savoir en poésie assez mal à propos : J'ai su le satisfaire, pour/e Vai satisfait; j'ai su lui plaire, au lieu de je lui ai plu. Il ne faut employer ce mot que quand il inarque quelque dessein. [Remarques sur Corneille.)
On dit je ne sais Glje 7ie sais pas. Le dernier nie plus fortement que le premier. — On dit aussi jV ne sais, pour exprimer que l'on éprouve quelque chose dont on ignoi- la cause :
Je ne sait, mais l'aspect de ce fatal tombeau Dans mes sens étonnés porte un trouble nouveau. (YoLT., Sémir., act. I, se. m, 47.)
La Grammaire des Grammaires (p. 548) prétend que savoir ne régit pas les personnes. C'est une erreur. On dit tous les jours, je sais cet homme par cœur, je le sais par cœur. On ne saurait donc reprocher ù Piron d'avoir dit dans la Métromanie (act. U, se. viii, 2o) :
Dn valet veut tout voir, voit tout et sait son maître.
Savoir, devant un infinitif, ne s'emploie que pour exprimer quelque chose de pénible, de difficile : J'ai su vaincre et régner.
J'ai «tt, par une longue et pénible industrie. Des plus mortels venins prévenir l;i furie.
(Rac, ilithr., act. IV, se. v, 41.)
Le mot savoir est bien placé dans ces exemples, dit Voltaire; il indique la peine qu'on a prise. Mais j'ai su rencontrer un homme en chemin est ridioule.
SCÈ
Savoih-faire, Savoir-vivre. Ces deux substantifs composés n'ont point de i>luriel.
Sa.vol'rer. y. a. de la 1" conj. Féraud prétend (lue ce mot ne s'emploie au figuré que tout au plus dans \c style médiocre. — Il s'emploie dans tous les styles.
Déji d'un doux repos je satiouraù les cliarmet.
(Dblil., Ènéid., 11,357.)
Savoureusement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a bu savoureusement cette liqueur, ou il a savoureusement bu ci'ite liqueur. U est peu iisité.
Savoureux, Savoureuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : (J/i mets savoureux , des fruits savoureux, une viande savoureuse. Cette savoureuse liqueur. \oyez Adjectif.
ScABr.Eux, Scabreuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Cheiuin scabreux, entreprise scabreuse, une scabreuse entreprise, une affaire scabreuse, une scabreuse affaire. Voyez Adjectif.
SCA^DALEDX, SCANDALEUSE. Adj. Ou pCUt SOU-
venl le mettre avant son subst. : Un hmime scandaleux. — Une action scandaleuse, celte scandaleuse action; un livre scandaleux ; une proposition scandaleuse, cette scandaleuse proposition ; une doctrine scandaleuse, une scandaleuse doctrine. Voyez Adjectif.
ScAKDAi.iSEn.V. a. de la 1" conj. : Scandaliser quelqu'un. — Se scandaliser de quelque chose.
ScE. Tous les mois qui commencent ainsi se prononcent comme s'il n'y avait point de s initial.
Sceau. Subst. m. On prononce ceau. Il fait r pluriel sceaux. On l'emploie dans le style nobL au propre et au figuré.
Au propre :
Voici ce même sceau dont Ninus autrefois Transmit aux nations l'empreinte de ses lois.
(Volt., Sémir., act. I, se. m, 19.)
Au figuré,
Dieu, déployant sur lui sa vengeance sévère. Marqua ce roi mourant du sceau de sa colère.
(Volt., Ilenr., III, 19.)
Le mensonge subtil qui conduit ses discours, De la vérité même empruntant le secours. Du sceau du Dieu vivant empreint ses imposturcj (Volt., Henr., Vf, 23f
Scélérat, Scélérate. Adj. On prononcecei. <. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'ai.jlogie et l'harmonie le permettent : Une âme scélérate, une conduite scélérate, cette scélérate conduite, un projet scélérat.
*ScÉLÉP.ATisjiE. Subst. m. Mol nouveau employé par Diderot : Le seul vice que je connaisse dans l'univers est l'avarice ; tous les autres, quelque nom quon leur doune, ne sont que des degrés de celui-ci. C'est le Protée de tous les vices. Analises la vanité, l'orgueil, l'ambition, la fourberie, la tartuferie, le scélératisme, tout cela se résout en ce subtil élément, le désir d'avoir; vous le retrouverez au, sein même du désintéressemen t .
SciiNE. Subst. Ï.YoyciSce. Division du poëma dramatique déterminée par l'entrée ou la sortie d'un acteur. On divise une pièce en actes, et les
SCU
actes en scènes. La conlexlurc, ou la liaison cl l'enchaineiuent des scènes, est une des régies «lu théâtre. Elles doivent se succéder les unes aux auti es, de manière que le théâtre ne reste jamais vide jusqu'à la tin de l'acte.
ScEPTiQCE. ,\dj. des deux gemes. On prononce ceptique. Il ne se met qu'après son subst. : La philosophie sceptique.
Sceptre. Subst. m. On prononce ccjjtrc. On dit le sceptre des mers, le sceptre des arts.
Le sceptre de le Ligue a passe dans ses maiiis.
(>'0LT., Uenr., III, 322.)
ScHisMATiQDE. Adj. dcs dcux geurcs. On prontnce chistnatùjue. 11 ne se mcl qu'après son subst. : Les peuples schismatiqucs.
SciEMME.NT. Adv. Oii i)rononce cicmment. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // a péché sciemment contre cette règle, on il a sciemment péché contre cette règle.
SciïMiFiQiE. Adj. des deux genres On prononce cientifique. Il ne se met guère qu'après Sun subst. : Question scientifiqxie, matières scieiitifiques.
Scientifiquement. Adv. On prononce cie.ntiftquctnent. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // a traité cette question scientifiquement, ou il a scientifiquement traité cette question.
SciiMILLANT, SCINTII.LAME. On prOnOnCC Cl/(-
tillant sans mouiller les /. Adj. Mercier l'a appliqué au style : // a dans son style une manière scintillante qui nous révèle et la gaieté habituelle de son caractère, et la vivacité rare de son esprit.
SciNTiLLATio.N. Subst. f. Où prononcc ciniillation, sans mouiller IcsZ.
SciNTiLLtii. V. n. delal"conj. On prononce cintiller, sans mouiller les l.
ScoL.ASTiQCE. Adj. dcs dcux genres. Il ne se met guère qu'après son subst. : Philosophie scolaslique, théologie scolastique, terme scolastique.
ScoLASTiQLEMEM. Adv. On pcut Ic mcttrc entre l'auxiliaire et lu participe: Il a scolasliquement embrouillé cette question.
Scorbutique. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Maladie scorbutique, affection scorbutique.
ScROFCLEcx, ScROFULEcsE. Adj. quï ne se met qu'après son subsl. : Humeur scrofuleuse, tumeur scrofuleuse.
Scrupuleusement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a examiné scrupuleusement cette affaire, ou il a scrupuleusement examiné celte affaire.
Scrupuleux, Scrupuleuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie: Un liomme scrupuleux, une femme scrupuleuse , une conscience scrupuleuse. — Une exactitude scrupuleuse, une scrupuleuse exactitude ; une recherche scrupuleuse, une scrupuleuse recherche.
Scrutateur. Subst. m. que l'on emploie quelquefois adjectivement : L'œil scrutateur de la critique. — L'Académie ne dit pas comment il fait au féminin. Domergue a dit l'analyse scrutatrice, et je pense qu'on peut se servir de cette expression dans les cas convenables.
*ScLLPTABLE. Adj. dcs dcux gciires. Voltaire s dit : Le vieux magot que Pigul veut sculpter a perdu tovtes ses dtnts, et perd ses yeux; il nest point du tout sculptable.