‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 423 sur 453 · TAI · texte numérisé non relu

TAI

Impératif. — Tais, qu'il taise; taisons, taisez, qu'ils taisent.

Subjonctif. — Présent. Que je taise, que tu taises, i|u'il taise; que nous taisions, que vous taisiez, «lu'ils taisent. — Imparfait. Que je tusse, que lu tussi's, qu'il tût ; que nous lussions, que vous lussiez, (ju'ils tussent

Participe.— Présent. Taisant. —Passé. Tu, tue.

Les temps composés se forment avec le verbe auxiliaire arojr.

Il s'emploie aussi avec le pronom personnel, se taire , et alors il prend aux l«mps composés l'auxiliaire être :

J'ai fait taire let loi» et gémir l'innocence.

(Rac, Esth., act. IV, >c. I, Ai.)

Un prodige étsnnant fit taire ee tranêport.

(Ric, Jphig., act. I, se. 1, 47.)

L'Académie ne dit pas faire taire un transport.

Talc, subst. m. Le c se prononce comme un k, même devant une consonne.

Talismanique. Adj. des deux genres qui ne se met guère qu'après son subst. : f^ertu talismanique.

Taljitd. Subst. m. On prononce le d.

Taloche. Subst. f. Exincssion populaire. Voltaire l'a employée en plaisantant, au figuré : Il fuit toujours que, de près ou de loin, je reçoive quelque taloche de lu Fortune. [Correspondance.)

Talonner. V. a. de la 1" conj. On ne prononce qu'un n.

Talcs. Subst. m. On ne prononce point le s final.

Tambour. Subst. m.Termeiinitatif qui exprime le son de cet instrument de guerre. Battre du tambour, signifie tirer des sons du tambour. // a appris à battre du tambour. Battre le tambour, veut dire donner une annonce, un signal avec le tambour.

Tamis. Subst. m. On ne prononce point le * final.

Tandis. Conjonction. Le « final ne se prononce pas, excepté devant une voyelle. Ce mot est toujours suivi de que, et régit l'indicatif. Corneille a dit dans les Horaccs (act, IV, se. ii, 84) :

Et tandis, il m'cnroie Faire office envers vous de douleur et de joie.

Voltaire a dit, à l'occasion de ces vers : Tandis, sans que, est absolument proscrit, et n'est plus permis que dans une espèce de style burlesque et na'if qu'on nomme marotique. Tandis la perdrix vire. [Remarques sur Corneille.)

Celui que par deur fois mon père avait vaincu, Et qu'il tint enchaîne tandit qu'il a vécu.

(Volt., Zaïre, act. IH, se. i, 27.'>

Tandi$ que vous vivrei, le sort, qui toujours change, Ne TOUS a point promis un benlieur sans mélange. (Kac, Iphig., act. I, se. l, 35.)

Voyez Pendant.

Tant. Adv. de quantité qui devient quelquefois conjonction. Il est adverbe quand il est attaché au verbe, quand il eu modifie le sens : // aime tant la patrie. f^»us connaissez les coquettes? Oh tant! Il a tant de finesse dans l'esprit, qu'il se trompe presque toujours.

Tant est conjonction quand il signifie tandit

que; elle sera aimée tant qu'elle sera jolie, c'està-dire tandis (lu'ellc sera jolie.

71:»!/, lorsiiu'il est suivi de (]uel(]iie mot dint il désigne la (luaiilité, est toujours suivi <lo la préposition de: Tanlà'ainilié, tiutt do richesses, tant de crimes.

Tant ne se joint jamais à un simple adjectif. On ne dit point tant vertueux, tant méchant, tant libéral, tant arare ; mais si vertueux, si méchant, silihéral, si avare.

Après le verbe actif ou neutre, sans auxiliaire, il faut toujours iiiPlIrc tant; il travaille tant, il pleut tant QuM{\ le verbe auxiliaire se joint au verbe actif vous placez tant entre l'un et l'autre; il a tant travaillé, il alant plu,ils ont tant écrit ; et jamais on ne se sert de si; il a si plu, ils ont si écrit, seraient dos barbarismes. Mais avec un verbe passif, tant est remplacé par si, et voici dans quel cas. Lorsque vous avez à exprimer un sentiment particulier par un verbe passif, comme je suis si touché, si éiini, si covrroucé, si animé, vous ne pouvez dire /e suis tant ému, tarit touché, tant courroucé, tant animé, i)arce que ces mots tiennent lieu d'épithètc; mais lorsqu'il s'a^'it d'une action, d'un fait, vous employez le mut tant : Cette affaire fut tant débattue; ces accusations firent tant renouvelées, les juges tant sollicités, les témoins tant confrontés, et non pas, si confrontés, si sollicités , si renouvelées, si débattue. La raison en est que ces participes CT-priinent des faits, et ne peuvent être regardés comme des épitliètes.

On ne dit point cette femme tant belle, parce (jue btlle est épilhéte; mais on peut dire, surtout en vers, cette femme autrefois tant aimée, encore mieux que si aimée; mais quand on ajoute de qui elle a été aimée, il faut dire, si aimée de vous, de lui, et non, tant aimée de vous, de lu\ parce qu'alors vous désignez un sentiment particulier: Cette personne autrefois tant célébrée par vous; célébrer est un fait. Cette personne autrefois si estimée par vous, c'est un sentiment.

Est-ce là cette ardeur tant promise à sa cendre? (Rac, Àndrom., act. I^, se. I, 33.)

Quel crime a donc commis ce fils tant condamné? (Rac, Britan., acl. IV, se. il, H9.)

Condamné, promis, expriment des faits.

Tant peut être considéré comme une particule d'exclamation ; Tant il est difficile de bien écrire! tant les oreilles sont délicates!

Tant se met pour autant ; tant plein que vide, pour dire, autant plein (juc vide; tant vaut l'homme, tant vaut sa terre, pour, autant vaut l'homme, autant vaut sa terre; tant tenu , tant payé, c'est-à-dire il sera payé autant qu'il aura servi.

On ne dit plus tant plus, tant moins, parce que taitt est alors inutile: Plus nnla pare, moins elleest belle. A,quoi servirait /ani/)/M5 on lapare, tant plus elle est belle'?

11 n'en est pas de même de tant pis et de taiit mieux. Pis et mieux ne feraient pas seids un sens assez complet : Il se croit sûr de la victoire, tant pis; il se défie de sa bonne fortune, tant mieux. Tant alors signifie d'autant, il fait d'autant mieux.

Tant que ma vue peut s'étendre, pour autant que ma vue [youl s'étendre. — Tant et si peu qu'il vous plaira, au lieu de dire, autant et si

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