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tendre, une tendre déclaration ; 'des sentiments tendres, de tendres sentiments. Voyez Adjectif.
Tendrement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le parlicijje ; // l'avait regardée tendrement, ou il l'avait tendrement regardée. Cette femme était tendrement aimée de son mari; il l'avait tendrement aimée.
Tendresse. Subst. f. Les grammairiens disen' que ce mol ne s'emploie plus au pluriel. Cela est vrai quand il signifie la sensiliilité ou la passion de l'amour. En ce sens on ne dit pas les teu dresses, mais la tendresse de ces amants. Mais tjuand il se dit des marques de tendresse, des témoignages de tendresse, on l'emploie fort bien au pluriel. On ne doit donc pas dire avec Voltaire (Tancrède, act. V, se. m, 41) :
Ma mère au lit de mort a reçu nos promesses ; Sa dernière prière a béni nos tendresses, etc.
Mais on dira avec le même auteur [Henriade, II, 144) :
Médicis en pleurant me reçut dans ses nras, Me prodigua longtemps des tendresses de mère.
Et avec Bossuet : Ses tendresses redoublaient avec son estime. Sa tendresse redoublait avec son estime, voudrait dire autre chose.
Le passage suivant de Voraison funèbre du prince de Condé (p. 330) confirme notre opinion :
V. Que dirai-jc de ses derniers entretiens avec le duc d'Enghien^ Quelles couleurs assez vives pourraient vous représenter et la constance du père et les extrêmes douleurs du fils? D'abord le visage en pleurs, avec plus de sanglots que de paroles; tantôt la bouche collée sur ces mains victorieuses et maintenant défaillantes; tantôt se jetant entre ces bras et dans ce seinpater?iel, il semble, par tant d'efforts, votiloir retenir ce cher objet de ses respects et de ses tendresses. » , r •
Tendresse ne se dit pas des viandes, des Iruits, des légumes, pour exprimer qu'ils sont tendres. On dit tendreté.
Tendreté. Subst. f. Qualité de ce qui est tendre. Il ne se dit que des viandes, des fruits et des légumes.
Tendron. Subst. m. Partie tendre d un animal, d'une plante. On dit, des ten Irons de veau, pour dire des parties carlilagincnses qui tiennent aux os : Des tendrons d'artichauts, de choux, de laitues, c'est-à-dire les parties solides auxquelles les feuilles sont attachées. On dit figurement et familièrement en parlant d'une jeune fille, c'est un jeune tendron. Voyez Tendon.
Ténébredx, Ténébreuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie: Un nuage ténébreux, un ténébreux nuage. . ,,
Tenir. V. a. et irrégulier de la 2"^ conj. Voyez Irrégulier. Tenir tin livre; tenir quelque chose Ag quelqu'un; tenir de quelqu'un, tenir de quelque chose. Il tient de son père.
L'art le plus innocent tient de la perGdie.
Volt., Zaïre, act. IV, se. ii, 65.
Je tiens cela vrai, je liens l'affaire jatte.
Bt/< tiendrais mes coups bien plus sûrs que les sièlM* (Rac, Anlrom., act. IV, se. ir, 6.)
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Tenir pour quelqu'un. Il tient ix finir cet ouvrage, etc.
Après ce vcrhc, pris dans le sens de faire obstacle ou oiniiècticinent, cl employé affirmalivemcnt ou négaliveinent, le que duil élre accoinpasno de ne,?a'C\'> pas n\ point : Il ne tiendra pas à moi qu'on ne vous rende justice. C'est à vous qu'il lient qu'on ne parle demain.
Te>t.\m, Te-stante. Adj. verbal tiré du v. tenter. Il suit toujours son subst. : Un objet tentant, une occasion tentante.
Tentateur. Subsl. m. En parlant d'une femme, on dit tentatrice.
Tentei;. V. a. delal"conj. : Tenter fortune, tenter une entreprise.
Mes soldais dont je veux tenter la complaisance.
(RlC, Mithr., acl. II, se. v, 18.)
Commenl donc pouviez-TOus du joug de l'hyménée Une seconde fois tenter la destinée ?
(Volt., OEd., acl. II, se. ii, 44.)
Solamir veut tenter le destin des batailles.
(YOLT., Tancr., act. III, se. V, 5.)
Quelquefois il régit de avec l'infinitif: J ai tenté de combattre sa flainme. Être tenté de faire quelque chose.
Racine u dit dans Phèdre (act, I,sc. m, 43) :
A quel affreux dessein vous laissez- vous tenter?
On ne dit point se laisser tenter à quelque chose.
Terme. Subst. m. Terme de grammaire. Les termes sont distingués des inots, en ce que ces derniers sont de la langue, et que les premiers sont du sujet, ainsi que les expressions sont de la pensée. L'usage décide des 7nots, la convenance avec les choses fait la bonté des termes, le tour fait le mérite de l'expression. Ainsi l'on dira fort bien que tout discouis demande que les mots soient français, que les termes soient propres, et i]uc les expressions soient nobles. — Les termes se divisent en plusieurs classes. On (listinïue les tonnes co7icrets et les termes abstraits. Les termes concrets sont ceux qui signifient les m.inières, en marquant en même temps le sujet auquel elles conviennent. Les termes concrets ont donc essentiellement deux significations, l'une distincte, qui est celle du mode ou de la manière ; l'autre confuse, qui est celle du sujet. Mais, quoique la signification du mode soit plus di-tinctc, elle est pourtant indirecte; et, au contraire, celle du sujet, quoique confuse, est directe. Le mot de bkiîic signifie directement, mais confusément, le sujet; et, indirectement, quoique distinctement, la blancheur.
■Lor£(iue, par une abstraction de l'esprit, on Conçoit des modes, des manières, sans les rapuortcr à un certain sujet, comme ces formes subsistent alors en quelque sorte d:ins l'cspril, par elles-mêmes, elles s'expriment par un nom substantif, comme sagesse, blancheur, couleur. Or, on appelle termes abstraits les noms qui expriment CCS formes abstraites.
Les termes se divisent en simples et complexes. Voyez Complexe.
Lcsiermes se divisent en univoques, équivoques n analogues. Les univoques sont ceux qui retiennent constamment la même signification, à nncl(5ucs sujets qu'on les applique. Tels sont ces mots, homme, ville, cheval. — Les équivut^ucs »-ml ceu« qui varient leur signification selcr; ies
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; sujets auxquels on les api)lique. Ainsi le met . canon signifie une machine de guerre, un décret j de concde, et une sorte d'ajustement ancien ; mais il ne les signifie (jue selon des idées toutes différentes. — \.cs analogues sniit ceux qui n'expriment pas dans tous les sujets précisément la même idée, mais du moins quelque idée qui a un rapport de cause ou d'effet, ou de signe ou de ressemblance à la première. Voyez Analogue.
Les termes se divisent en absolus et en relatifs. Les absolus expriment les êtres en tant qu'on s'arrête à ces êtres, et tiu'on en fait l'objet de sa réflexion, sans les rapportera d'autres; au lieu que les relatifs expriment les rapports, les fiaisons et les dépendances des uns et des autres.
Les termes se divisent en positifs et en ?iégatifs. Les termes i)Ositifs sont ceux qui signifient directement des rJiées positives, et les tenues négatifs sont ceux qui ne signifient directement (jue l'absence de ces idées, tels que sont les mots in^ sipide, silence, rien, ténèbres, etc., lesquels désignent des idées positives, comme celles du goiit, du so?i, de l'être, de la lumière, avec une signification de l'absence de ces choses.
Une chose qu'il faut encore observer touchant les termes, c'est qu'ils excitent, outre la signification qui leur est propre, plusieurs autres idées qu'on peut appeler accessoires, auxquelles on ne prend pas garde, quoique l'esprit en reçoive l'impression. Par exemple, si l'on dit àquelqu'un, vous en avez menti, et que l'on ne regarde que la signification principale de cette expression, c'est la même chose (jue si l'on disait, »ows savez le contraire de ce que vous dites. Mais, outre cette signification principale, ces paroles emportent dans l'usage une idée de mépris et d'outrage, et elles font croire que celui qui nous les dit ne se soucie pas de nous faire injure, ce qui les rend injurieuses et offensantes.
Quelquefois ces idées accessoires ne sont pas attachées aux mots par un usage comuuin, mais elles y sont seulement jointes par celui qui s'en sert ; et ce sont proprement celles qui sont excitées par le stm de la voix, par l'air du visage, par les gestes, et par les autres signes naturels, qui attachent à nos paroles une infinité d'idées qui en diversifient, en changent, en diminuent, en augmentent la signification, en y joignant l'image des mouvements, des jugements et des opinions de celui qui parle. Le ton signifie souvent autant que les paroles mêmes. Il y a voix pour instruire, voix pour flatter, voix pour reprendre. Souvent on ne veut pas seulciTicnt qu'elle arrive jusqu'aux oreilles de celui à qui on parle, mais on veut (ju'elle le frappe et qu'elle le perce ; le ton fait {«rtie de la réprimande, et est nécessaire pour former dans l'esjirit l'idée qu'on y veut imprimer.
Mais quelquefois ces idées accessoires sont attachées aux mois mêmes, parce qu'elles s'excitent ordinairement par tous ceux qui les prononcent ; et c'est ce ([ui fait qu'entre des ex|)rcssions qui semblent signifier la même chose, les unes sont injurieuses, les autres douces; les unes modestes, et les autres impudentes; quelques-unes honnêtes, et d'autres déshonnêtes , parce que, outre cette idée principale en quoi elles conviennent, les hommes y ont attaché d'autres idées qui sont cause de cette diversité.
C'est encore par là qu'on peut reconnaître la différence du style simple et du style figuré, et poun|uoi les mêmes pensées nous paraissent beaucoup plus vives (juand elles sont exprimées
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par une figure que si elles étaienl renfermées dans des expressions toutes simples. Car cela vient de ce que les expressions figurées signifient, outre la chose princiiiale, le mouvement et la passion de celui «jui parle, et impriment ainsi l'une et l'autre idée dans l'esprit; au lieu que l'expression simple ne marque ijuc la vérité toute nue. Mais comme le style figuré signifie ordinairement, avec les choses, les mouvements que nous ressentons en les concevant et en en parlant, on peut juger par là de l'usage que l'on en doit faiie, et quels sont les sujets auxquels il est |)ropre. Il est visible qu'il est ridicule de s'en servir dans les matières purement spéculatives, que l'on regarde il'un œil tran(]uille, et qui ne produisent aucun mouvement dans l'esprit; car, ijuiscpie les figures expriment les mouvements de notre àme, celles que l'un mêle en des sujets où l'ànio ne s'émeut point sont des mouvements contre la nature, et des espèces de convulsions. Mais lorsque la matière que l'on traite est telle qu'elle nous doit raisonnablement loucher, c'est un défaut d'en parler d'une manière si-che, froide, et sans mouvement, parce que c'est un défaut de n'être pas touché de ce que l'on dit. (Extrait de l'article Terme, dans V Encyclopédie.)
Vohaire a remarqué que presque tous les termes qui enlrent fréquemment dans la conversation reçoivent beaucoup de nuances qu'il est difficile de démêler, et (]ue les mots techniques ont une signification plus précise et moins arbitraire. (Dictionnaire philosophique, article Galant.) Voyez Absolu, '•ielatif, Abstrait, Analogue, Equivoque, Univoque.
Terjiinaison. Subst. f. On appelle ainsi, dans le langage grammatical, le dernier son d'un mot : Terminaison mascnline, comme dans liberté; terminaison féminine, comme Azn^ j'aime.
Terne. Adj. des deux genres. Il suit toujours son subst. : Argenterie terne, pierreries ternes, — Coloris terne, style terne.
Ter>ir. y. a. de la 2« conj. Voltaire lui fait régir de dans le sens passif. ( Zaïre, act. I , se. I, 6) :
Cet éclat de vos yeui n'est plus terni de larmes.
Terrain ou Terrein. Subst. m. Les uns écrivent terrain, comme l'Académie ; d'autres préfèrent terrein. Le premier paraît dérivé du latin ferra; le second, du français terre; voilà pourquoi je le préférerais. Plus nous franciserons les mots tirés de la langue latine, plus nous les rendrons intelligibles à toutes les classes.
Terrassek. V. a. de la 1" conj. Voltaire a dit dans Oreste (acl. III, se. ii, 3'7) :
Sous des fardeaux sans nombre ils vivent terraisée.
Expression impropre , dit La Harpe. La figure est cKagérce : on peut bien se représenter les mortels qui vivent courbés sous des fardeaux, mais non pas qui vivent terrassés. {Cours de Littérature.)
Terbe-pleiî(. Subst. m. On dit au pluriel des terre-pleins.
Terrestre. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Animaux terreslrea, vapeurs terrestres, exhalaisons terrestres, vues teri estres, pensées terrestres, ces terrestres pensées; inclinations terrestres, ces terrestres inclinations. Voyez Adjectif.
TcRBECR. Subst. f. Ce mot, joint aux adjectifs