YEN
VER
près son siibst. : Genre végétal, règne végétal; Tnatières végétales.
Véhêmest, Véhéjieme. Adj. On peut le mcllrc avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Esprit véhément, naturel véhément, passion véhémente, désirs véhéments, ion véhément.
— Orateur véhément, discours véhémeiit, ce véhément orateur, cette véhémente apostrophe. Voyez Adjectif.
Veiné,' Veinée. Adj. qui suit toujours son subst. : Bois veiné, marbre veiné.
Veinecx, Veineuse. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Unis veineux, racine veineuse.
— f^aisseaiix veineux.
Velouté, ^ elodtée. Adj. qui suit toujours son subst. : Satin velouté, étoffe veloutée.
Velu, Velue. Xd']. Il suit toujours son subst. : Homme velu, poitrine velue, jambes velues. On ne le dit ni par rapport a la barbe, ni par rapport aux cheveux.
Vénal, VÉNALE. Adj. Il fait au pluriel masculin vénaux et se met toujours après son subst. : Charge vénale, valeur vénale.
Ve.-vdeur. Subst. m. En parlant d'une femme, on dit vendeuse, pour siunider celle dont la profession est de vendre, et venderesse, en style de pratique, en parlant de celle qui a vendu une terre, une maison, un héritage.
Vendre. V. a. de la 4^ conj. Les poètes l'eniploient ordinairement au flguré.
. . . .Oui, je te dois des joiirf que je déteste ; Tu m'as vendu Ijieii clicr un présent si funeste,
(Volt., AH., act. V, se. v, 26.)
Peut-on vendre un présent?
Quoi qu'il en soit, Narcisse, on me vend tous les jours; Il prévoit npcs desseins, il entend mes discours.
(Rac, Britan., act. I, se. IV, 29.)
Véhénecx, vénéneuse. Adj. H se met toujours après son subst. Au propre, il ne se dit que des plantes. Plantes vénéneuses. — Au figuré, en style de théologie : Langage vénéneux, doctrine vénéneuse.
Vénérable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un vieillard vénérable, un vénérable vieillard, V7ie assemblée vénérable, une vénérable assemblée, un air vénérable. Voyez Adjectif.
Vengeance. Subst. f. L'Académie ne le met au pluriel que dans cette phrase : Le Dieu des vengeances. Il prend ce nombre dans plusieurs autres cïis.
y.T, ton père est bien loin de joindre à ses souOrances Cet horrible plaisir >jue donnent les vengeances.
(Volt., AU., act. V, se. v, 34.)
Oui, je l'avoue, et ses lâches offenses
Ont d'autant mieux mérité mes vengeances.
{Volt., En^. prod., act. V, se. v, 51.)
On dit tirer vengeance de, prendre vengeance de ; j'en aurai vengeance', ne respirer que vengeance.
Corneille a dit dans Rcdogune (act. II, se. ii.
Quoi î TOUS parlez encor de vengeance et de haine Pour celle dont vous-même allez faire une reine !
La particule pour, dit Voltaire, ne peut convenir
à vengeance. On n'a point de vengeance pour
quelqu'un. [Remarques sur Corneille.)
Venger. V. a. de la l""* conj. Dans ce verbe, le g doit toujours se |)rononccr c<?mine un j; et pour lui conserver celte prononciation lorsqu'il est suivi d'un a ou d'un o, on met un e muet avant cet a ou cet o : Je vengeais, vengeons, et non pas je vengais, vengons. Voltaire a dit dans la Henriade (III, 397) :
Allez des nations venger la liberté.
Vekgecb. Subst. m. En parlant d'une femme, on i\ii vengeresse.
Tisiphone aussitôt, vengerctsc des crimes.
(Delil., Énéid., VI, 743.)
Il se prend aussi adjectivement dans les deux genres, et ne se met qu'après son subst. : Le Dieu vengeur, sa main vengeresse, le tonnerre vengeur, la foudre vengeresse.
Allez, et secondez ma fureur vengerene.
(A'olt., Ore«(c, act. IV, se. Tii, 7.)
. .. .Les dieux, toucliéi des vœux qu'on leur adresse. Suspendent-ils eulin leur fureur vengeresse .'
(Volt., OEd., act. III se. ly, 1.)
Véniel, Vénielle. Adj. qui ne se inet qu'après son subst. : Péché véniel, faute vénielle.
Véniellement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Il a péché véniellement, et non pas il a véniellement péché.
Venimeux, Venimeuse. Adj. 11 ne se dit que des animaux, et suit toujours son subst. : Animal venimeux .
Venin. Subst. m. Les poètes remploient souvent au figuré.
Ah! si de ce soupçon votre âme est prévenue. Pourquoi nourrissez-vous le venin qui nous tue ? (Uac, Britan., act. I, se. I, 115.)
Et la morsure du serpent Est moins aiguë et moins snbtile Que le venin caché que sa langue répand.
(J.-B. Rouss., liv. I, Odo XV, 7.)
Venir. V. n. et irrégulier de la 2' conj. 11 se conjugue comme tenir, mais il prend l'auxiliaire être Voyez Irrégulier. — Fenir de sert, avec les participes passés des verbes, à former des passés prochains : Je viens de dîner, mo7i père vient de sortir, il venait de partir, etc.
Venteux, Venteuse. Adj. qui suit toujours son subst. : Légume venteux, saison venteuse, colique venteuse.
Ventru, Ventrue, Adj. qui suit toujours son subst. : Un homme ventru, une femme ventrue.
VÊPRE. Subst. m. Le soir, la fin du jour. Sur le vêpre. Il est vieux et ne se dit qu'en plaisantant. (Acad.)
VÊPRES. Subst. f. plur. Terme de liturgie catholique. Celte partie des heures de l'office divin qu'on disait autrefois sur le soir, et qu'on dit maintenant, pour l'ordinaire, à deux ou trois heures après midi. (Acad.)
Verbal, Vep.bale. Adj. Terme de grammaire. On appelle ainsi les mots dérivés des verbes. Il y a des noms verbaux, et des adjectifs verbaux. Dans le cours de cet ouvrage, nous avons appelé particulièrement adjectifs verbaux les adjectifs
VBR
formés du ptiriicipe présent. Amenant est un adjectiKTcital lire du verbe amuser, et formé du jKinicipe |irésenl de ce verbe.
f'erbcl signifie aussi «jui n'est que de vive voix, et non 'par écrit. C'est unadj. qui suit toujours son subst. : Promesse verbale , ordre verbal.
Vkrbalement. Adv. On peut le met ire entre l'auxiliaire cl le ftarlicipe: R a promis verbalement de, OU il a verbalement prnmis.
Verbe. Subsl. ui. Il n'a pas suflid'avuir donné des noms aux objets physiques et mctaphysiques, ol aux qualiti'S (juc nous remarquons eu eux. ;)our faire coiinaiirL' aux autres les jugcmciils (|uc nous portons de ces objets; il a fallu cncure que l'on ait inventé un mot qui exprimât la liaison que nous apercevons entre les uns et les autres.
Quand je juge que Dieu est bon, on distingue dans ce jugement trois choses. Dieu, qui est la chose à laquelle je pense; bon, qui est la qualité que j'aperçois en Dieu, et l'action de mon esprit qui lie l'idée de Dieu à l'idée de cette qualité.
Dans la proposition, qui est le jugement exprimé par des paroles, le mot qui exprime la chose a laquelle on pense, s'appelle le sujet de la proposition ; relui qui exprime la qualité qu'on aperçoit dans cette chose, s'appelle l'attribut de la proposition; et celui qui exprime l'action de l'esprit qui lie cette chose avec la (jUalité, s'appelle le verbe. Ainsi, dans cette proposition, Dieu est bon, Dieu est le sujet; bon, l'attribut; et est le verbe.
On voit par là que le verbe est le mot principal, le mot essentiel du discours; car tous nos discours sont composés de propositions; et sans le verbe, nous ne pourrions pas en former une seule. En effet, j'aurais beau répéter les deux mots, Dieu et bon, je n'exprimerais pas que je lie ensemble les deux idées qu'ils expriment, que je les conçois existant ensemble : et il faudrait conjecturer pour coinpiendre ma pensée tout entière. Mais quand je dis Dieu est bon, mon jugement est rendu avec clarté et précision, et l'on comprend que je lie l'idée de bonté à celle de Dieu, et que je les conçois existant ensemble. C'est le verbe être qui jette cette lumière sur la proposition, en exprimant l'existence du sujet et sa liaison avec l'attribut.
Le verbe être pourrait suffa-e pour exprimer tous les jugements de notre esprit; car il peut exprimer l'existence de tous les sujets, et leur liaison avec tous les attributs. Ainsi, l'on pourrait dire Je suis daiisf.int, je suis chantant, tu es aimant, il est courant, etc. Dans ces exemples, le verbe est exprime seulement l'existence du sujet, et sa liaison avec un attribut quelconque, f-ansexiirimcr cet attribut; mais on a trouvé le moyen d'exi)rimcr, dansun grand nombre de cas, en lin seul et même mot, le verbe et l'attribut; et on a dit, par exemple, je danse, au lieu de /e suis dansant ; Je chante, au lieu de je suis chantant; tu aimes, au lieu de tu es aimant, etc.
1)e là deux sortes de verbes : le verbe être, qiTC l'on appelle verbe substantif ou abstrait, parce qu'il exprime l'existence du sujet sous une relation à une modification quelconque qui n'est point comprise dans sa signification, et les verbes adjectifs ou concrets, qui expriment l'existence du sujet, sous une relation a une modilicaticm déterminée ([ui est comprise dans sa signilictttiott.
VER
Le verbe être, dans le sens d'exister, eFt luimême un verbe adjectif; et (juand on dit Dieu est, c'est coiiiiiie si l'on disait Dieu est existant.
L'attribut d'une proposition peut indiquer, ou une action que fait le sujet, comme dans Pierre bat, qui signifie Pierre est battant; ou une action (jui est faite sur le sujet, (pi'il éprouve malgré lui, ou du moins sans y concourir, comme dans Pierre est battu; ou enfin une qualité du sujet, indépendante de toute action faite ou reçue, une simple manière d'être, comme dans Dieu existe.
Dans le premier cas, le verbe s'appelle verbe actif; battre est un verbe actif; dans le second, il s'appelle verbe passif; être battu, est un verbe passif; dans le troisième, on l'appelle verbe neutre; exister est un verbe neutre.
On distingue dans les verbes la personne qui parle. Je suis. J'aime; la per.sonne à qui l'on parle, tu es, tu aimes ; et la personne dont on parh;, il est, il aime. Voilà pour le singulier. Au pluriel, les personnes ont les mêmes noms, et il se fait quelques changements dans la terminaison des verbes : Nous sommes, vous êtes, ils sont; nous aimons, vous aimez, ils aiment. Voyez Pronom.
Lorsqu'en formant des propositions, nous désignons des sujets comme '-oexistant avec des atU'ibuts, ou nous voulons parler d'une coexistence présente, ou d'une coexistence passée, ou d'une coexistence future. Les diverses époques des temps se lient donc avec les verbes. Cette circonstance ne change rien ni à la nature du sujet, ni à celle de l'attribut, mais elle modifie l'e.vistence du sujet et de sa relation à l'attribut.
On exprime ces diverses circonstances du temps, en donnant aux verbes des formes différentes. Ainsi nous distinguons les temps suivant qu'ils sont présents, ])assés ou futurs, en disant, par exemple. Je suis. Je fus, Je serai; J'aime, J'aimai, J'aimerai. Ces formes prennent ellesmêmes le nom de temps. Voyez Temps.
Quand je dis. Je travaille, je travaillai. Je travaillerai, i'aiïï^irmc. positivement la coexistence de l'attribut avec le sujet; mais toutes les propositions n'ont pas ce caractère d'affirmation. Si, au lieu de dire Je travaille, je dis, travaille, l'affirmation disparaît, et la coexistence de l'attribut avec le sujet n'est plus énoncée que comme pouvant ou devant être une suite de mon commandement.
Les différentes manières dont les verbes énoncent la coexistence du sujet avec l'attribut se nomment modes, et chaque mode a un nom particulier.
On appelle indicatif, ou mode indicatif, tous les temjis des verbes où la coexistence du sujet avec l'attribut est affirmée d'une manière positive. Tels sont, je suis, je fus, je serai, etc. On appelle impcrutif, ou mode impératif, les temps où celte coexistence est énoncée avec dépendance d'un commandement, comme travaille, travaillez, travaillons.
Quand je dis Je travaillerais , l'affirmation n'est pas postfive comme dans l'indicatif je truvaillp, elle est eonditioimelle. Ce mode d'affirmation condilioimolle se nomme conditionnel, ou mode conditionnel : Je mangerais si j'avais faim.
Il y a des propositions principales et des propositions subordonnées. \ oyez Proposition. Or une proposition principale renferme toujours
VER
une affirmation positive ou comliUonnclle, avec un rapport dcicrminé au présent, au passé ou au futur. Ces propt)sitions doivent donc prendre ces formes dans le mode indicatif, je /ut5,y'at/ai7, je ferai ,ou dans le mode conditionnel, je ferais, j'aurais fait. «•
11 arrive souvent que l'on trouve aussi, dans les propositions subordonnées, la même affirmation positive ou conditionnelle, avec un rapport déterminé au présent, au passé ou au futur; et alors il faut que le verbe de cette proposition, comme celui de la principale, emprunte également ses formes du mode indicatif ou du mode conditionnel. On dit, je crois que vous fuites, que vous avez fait; je croyais que vous feriez, ■lue vous auriez fait.
Mais il y a des propositions subordonnées dont le verbe, n'ayant pas un rapport déterminé à un temps plutôt qu'à un autre, est, suivant les circonstances du discours, présent par exemple, ou futur, quoiqu'on lui conserve toujours la même forme. Si on me dit de quelqu'un, il part, je puis répondre, je ne crois pas qu'il parte : et si l'on me dit, il partira, je jiuis également répondre, je ne crois pas qu'il parte. Par où l'on voit que parte, indéterminé par lui-mêrae à être présent ou futur, devient tour à tour l'un et l'autre, parles circonstances du discours.
De môme, soit qu'on dise, il est parti, ou il paitira, je puis répondre, je ne croyais pas qu'il partît ; partît est donc tour à tour passé ou futur.
Que j'aie fait, autre forme que l'on emploie dans les propositions subordonnées, est également indéterminé, et peut se rapporter, suivant les circonstances, à des époques différentes. On voit un passé dans il a fallu que f aie consulté, et un futur dans /e n'entreprendrai rien que je n'aie consulté. De même dans que j'eusse fait, on voit tantôt un passé : je ne croyais pas que vous eussiez fait sitôt; tantôt un futur : je roHcfraw que vous eussiez fait avant 711071 retour.
Toutes les nouvelles formes qu'on fait prendre aux verbes dans les propositions subordonnées expriment donc un rapport indéterminé au temps. Or, cette indclerminntion est l'accessoire qui constitue le mode que l'on nomme subjjnctif. 11 parait que, dans ce mode, le verbe, étant subordonné aux circonstances du discours . tient plus d'elles que de sa forme, les rapports d'antériorité, d'actualité ou de postériorité qu'il exprime; et que lesdiffcrentcs formes du subjonctif sont moins destinées à distinguer les temps, qu'à marquer la subordination du verbe de la proposition subordonnée au verbe de la proposition principale.
Nous avons fait connaître quatre modes, l'indicatif, l'impératif, le conditionnel et lesubjonctif. Tous ces nodes supposent un sujet lié, par le verbe expi une ou sous-entendu, à un attribut; aussi sont-ils tous susceptibles de la différence des personnes. C'est par cette raison que quelques gramm;iiriens les ont nommés 7nodes personnels, par opposition aux autrtJ modes qu'ils nomment impersonnels.
Mais il y a d'autres modes dans lesquels le verbe, dépouillé d'une partie de ses qualités, n'en conserve qu'une partie, à laquelle il joint les qualités du substantif ou de l'adjectif. Tels sont les modes que l'on nomme i/ifi7iitif cl participe.
Dans les autres modes, le verbe signifie l'existence d'un sujet déterminé, avec relation à un
VRR
attribut ; et c'est ce sujet qui fait que le verbe peut admettre des distinctions de genres , de nombres et de personnes. Mais on peut aussi exprimer l'existence avec un attribut, sans rapport avec un sujet déterminé. Ainsi, (piand je dis doriniron être dorma7it, j'exprime l'existence avec l'attribut donnatit, sans rapport à aucun sujet déterminé autiucl cet attribut soit, lié. C'est ce mode que l'on appelle infinitif Etre, lire, devenir, sont à l'infinitif, ou sont des infinitifs.
L'infinitif, quoique subordonné à une proposition, n'en saurait former une. Dans je veux que vous fassiez, que vous duriniez, les formes du subjonctif, vous fassiez, vous dorTtiiez, sont deux propositions. Au contraire, si je dis, je veux faire, je reus dormir, OU n'aperçoit [loint de propositions dans /àiVe widormir; on n'y voit qu'une action ou un état. Une autre din'eren( 1; entre l'infinitif et le subjonctif, c'est que, dan-; le premier, l'indétermination est encore plu.i sensible que dans le second; car l'infinitif qui, par lui-même, ne se rapporte à aucune époque, semble pouvoir se rapporter à toutes. Faire, par exemple, parait ja-ésent ôans je puis faire, passé dans j'ai pu faire, futur dans je pourrai faire. Mais, à mieux juger des choses, c'est je puis qui est présent, j'ai pu qui est passé, je pourrai qui est futur, et faire n'est pas plus présent, passé et futur dans ces phrases, que le serait le substantif maison dans j'ai une 7naison, j'ai eu une maison, j'aurai une maison. En effet, si l'on considère que, lorsque le verbe est à l'infinitif, nous faisons abstraction de tous les accessoires qu'il a pris dans les autres modes, on en conclura que nous faisons abstraction des rapports d'actualité, d'antériorité et de |)ostériorité, et que, par conséquent, il ne peut plus exprimer aucun de ces rapports.
Le verbe, ainsi dépouilléde tous les accessoires qu'il avait dans les autres modes, ne peut plus être qu'un nom substantif qui exprime une action ou un état. 11 y a môme bien des occasions où l'on ne peut s'y méprendre. Nous disons, par exemple, mentir est un crime, pour le men- S07ige est un crime.
Nous avons vu (]u'on forme des verbes adjectifs en réunissant l'idée du verbe substantif a celle dé^quelque adjectif, faire pour être faisant. Ainsi, eu décomposant cette idée, ou retrouve un adjectif dans les verbes d'action et dans les verbes d'état; faisant, dorina7tt. Cet adjectif verbal est un mode que l'on a nommé participe. Il y a deux particiiies, l'un est le participe du présent, ainsi nouuué, d'après ce qu'il parait être, faisa/it; l'autre est le participe du passé, qui concourt aux loimes composées des temps passés, fuit. Ces noms participent de l'adjectif et du verbe : de l'adjectif, en ce qu'ils modifient un substantif; du verbe, en ce qu'ils le modifient avec un rapport de simultanéité à une époque quelconque.
Comme on a dit à l'indicatif, j'ai fait, j'avais fait, on a dit à l'infinitif aro/r fuit, cl celte forme a paru exprimer un passé pu un futur : un passf antérieur à un autre |)assé, après avoir fait, il partit; un futur antérieur à un autre futur, il faudra avoir fait quand j'arriverai. Mais, dii Condillac, si le verbe à l'infinitif ne conserve aucun des accessoires qu'il avait dans les autres modes, comment avoir fait pourrait-il être un passé ou un futur? Je vois un passé dans il partit, et un futur dans il faudra. Je ne vois qu'un
VER
nom dans uvoir fait, et à ce nom j'en pourrais subslilu«r un autre, Li chose faite, par exemple: jtpris la chose fuite, il partit ; la cJiose faite il faudra, quand j'arriverai. (Extrait, en grande partie, de la Grammaire de Condillac.) Voyez Absolu, Modes, Participe, Passif, Relatif, Con~ jugaùm II, Neutre, Jiéfli'chi , Réciproque, Irrégiilier, Disconvenances.
VEnBBCx. YEr.BECSE. Adj. On peut le mettre avant s«n subsl., en consultant l'oreille et l'aualui:ic : Un homme verbeux, un avocat verbeux, ce verbeux avocat ; une éloquence verbeuse, cette verbeuse éloquence. Voyez Adjectif.
Verdatre. Adj. des deux genres qui ne se met «qu'après son subsl. : Couleur verdatre, eau verdatre, étoffe verdatre, marbre verdatre .
Verdoyant, Verdoyame, Adj. verbal tiré du V. verdoyer. Il ne se met qu'après son subst., et ne s'emploie guère qu'en poésie : Les arbres verdoyants, les plaines verdiyantcs.
Verdoyer. V. n. de la di^^ conj. Il se conjugue comme employer.
Véreux, Vérecse. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Fruit véreux, pomme véreuse ; — uaution véreuse, créance véreuse.
^'ergettes. Subst. f. plur. Epoussette, brosse servant à nettoyer des babils, des étoffes, etc. Ou dit aussi, dans le même sens, V7ie verrjette.
Vergedre. Subst. f. On prononce rerjure.
Vérjdiqde. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme véridique, une femme véridique.
VÉaiTABLE. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie el l'harmonie le permettent :iï"w/oire véritable, discours Virituble; — devéntuble or, de véritable vin de Madère ; — unvéritable ami, un ami véritable ; — un véritable orateur. Voyez Adjectif.
VÉRIT.^BLEME^T. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire el lo participe : // est parti véritablement, ou il est véritablement parti.
VÉRITÉ. Subst. f. En vérité est une expression adverbiale qui se dit en confirmation de ce qu'on vient de dire. 11 se met au commencement de la phrase : En vérité vous avez tort; ou après le \ e:be : Je vous le dis en venté; ou entre l'auxiliaire et le iKirticipe : Je suis en vérité fort occupé de toutes ces choses.
A la vérité, expression adverbiale, qui se met en opposition à ce qu'on vient de dire, et qui annonce une explication ou une restriction. Use met toujours au commencement de la phrase : A la vérité, il^ a dit cela d'un ton fort doux. A la vérité, je l'ai frappé, mais il m'avait offensé.
Vermeil, Vermeille. Adj. Il ne se met qu'après Son subst. : Rose vermeille, bnuton vermeil, teint vermeil, bouche vermeille, lèvi-es vermeilles.
Vermicelle. Subst. m. On prononce vermichelle. — L'Académie n'indique pas cette prononciation conforme à l'origine italienne de ce mot. Il faut en conclure qu'elle pense qu'on doit le prononcer comme il s'écrit.
Verms. Subst. m. On l'emploie fréquemment au figuré : Un vernis de modestie, un vernis de réputation. Quand j'aurai passé sur tout l'ouvrar/e un vernis d'une belle poésie. (Volt., Correspondance.)
Verrou. Subst. m. On n'écrit plus verrouil, comme on faisait autrefois.
Vers. Subsl. m. On ne prononce le* que devant une voyelle ou un h non aspiré. Terme de poésie. Les vers français n'ont ni mesure ni nombre pré-
VER
cis. On ne les mesure que par le nombre des syllabes. — Nos vers réguliers sont de douze, de dix, de huit, ou de sept syllabes. Voila ce qu'oa ajjpelle mesure. Le vers de douze syllabes est divisé par un reiws après la sixième, et le vers de dix après la qualrième. Le repos doit tomber sur une syllabe sonore, cl le vers doit finir tantôt par une syllabe sonore, tantôt par une syllabe muclte. Voilà ce qu'on appelle cadence.
Toutes les syllabes du vers, excepté la finale muette, doivent être sensibles à l'oreiUe; voila ce qu'on appelle nombre.
La syllabe muette est celle qui n'a que le son de cet e faible qu'on appelle muet ou féminin ; telle est- la finale de vie cl de flamme. Toute autre voyelle a un son plein. — Dans le cours du vers, Ve fcniinin n'est admis qu'autant qu'il est soutenu d'une consonne, comme dans Rome et dans gloire. S'il est seul sans articulation, comme à la fin de vie et à'annéc, il ne fait jias nombre, et l'on est obligé de placer après lui une voyelle qui l'efface, comme vi-active, annéubondantc; cela s'appelle élision. Le h initial <iui n'est point aspiré est nul, et n'empêche point l'élision. — On peut élider le muet final, quand même il est articulé et soutenu d'une consonne, mais on n'y est pas obligé. Gloire durable, el gtoir-éclatante sont au choix du poëte. Si l'on veut que l'e muel articulé fasse nombre, il fa ui éviter qu'il soit suivi d'une voyelle; el, si l'on veut qu'il s'élide.il faut qu'il soit iiimiédialemcnl suivi d'une voyelle initiale. Dans la liaison d'A^^/ames illustres, le muel à'Iiovimes ne s'élidc point, le s final y met obstacle. — Le repos de l'hémistiche ne pouvant tomber que sur une syllabe pleine, lorsque le mot qui fait repos finit par une syllabe muelte, Ve muet doit s'élider, et l'hémisticbe s'appuyer sur la syllabe qui la précède. — 11 n'y a d'élision que pour l'e muet ; la rencontre de deux voyelles sonores s'appelle hiatus, et l'hiatus est banni du vers.
Nous avons dit que la finale du vers est tour a tour sonore ou muette. Le vers à finale sonore s'appelle vers masculin, le vers à finale muelte s'appelle vers féminin. Cette finale sur laquelle la voix expire, n'étant pas assez sensible à l'oreille pour faire nombre, on la regarde comme superflue, cl on ne la compte pas. î.e vers féminin a donc l(! même nombre de syllabes que le vers masculin, et de plus sa finale muette.
Les vers masculins sans mélange auraient une marche brusque et heurlée; les vers féminins sans mélange auraient de la douceur, mais de la mollesse. Au moyen du retour allernaiif et périodique de ces deux espèces de vers, la dureté de l'un el la mollesse de l'autre se corrigent muiuellemeni. — On a voulu que la tragédie et 1 épopée fussent rimées par distiques, el que ces distiques fussent tour à tour masculins et féminins. Voltaire a écrit Tamcrède en vers croisés , et cet essai a réussi. — On a permi les rimes croisées au poëme lyrique, à la comédie, à tout ce qu'on appelle I poésies familières, et poésies fugitives. Ainsi la I gène et la monotonie sont pour les longs poèmes, I et les plus courts ont le double avantage de la li- ! berté et de la variéiè.
i De quelque façon qu'on entrelace les rimes, i l'oreille exige qu'il n'y ail jamais de suite deux l sy!l:;bes pleines, ni deux syllabes muettes de dif- I ft'renissons, comme vainqueur cl combat, comme } victoire et couronne. Elle demande aussi que la rime ne change qu'au repos absolu. C*ésl une I règle trop négligée. Elle a cependant son excei>-
VER
tfciit iw>n-seulcincnt dans le dialogue, mais lurs- ((u'une longue suite de vers est terminée par un vers isolé dont la pensée est d'un grand poids. Alors ce vers jeté seul et sans rime n'en est (pie plus étonnant pour l'oreille. On fait donc bien de réserver In rime |)0ur la reprise qui le suit.
Le nombre des syllabes dont un vers est compjsé se prend par rapporta la prononciation, et nm par rapport à l'orihograiihe. Le vers suivant n'a que douze syllabes pour l'oreille, et il en offre dis-neuf aux yeux.
Cache une âme agitée^ aime, ose, espère ot craint.
Quoiiju'on prciende communément que notre ix)ésie n'adopte que cinq espèces différentes do vers ; ceux de six, de sept, de huit et de dix syllabes, appelés vers communs, et ceux de douze qu'on nomme alexandrins, cette division n'est pas néanmoins trop juste, car on peut faire des vers depuis trois syllabes jusqu'à douze. Il est vrai que les vers qui ont moins de cinq syllabes, loin de plaire, ennuient par leur monotonie. — Les vers de cinq syllabes ne sont pas dans ce cas, et peuvent être employés dans les contes, les fables, et autres petites pièces où il s'agit de peindre des choses agréables avec rapidité. On peut citer pour exemple les deux strophes suivantes tirées d'une épitre.
Telle est des saisons L.1 marche éternelle :
Des fleurs, des moissons.
Des fruits, des glaçons le tribut fidèle.
Qui se renouvelle.
Avec nos désirs.
En changeant nos plaines, F.ut tantôt nos peines, Tantôt nos plaisirs.
Cédant nos campagnes Aux tyrans des airs.
Flore et ses compagne»
Ont fui ces déserts ; Si quelqu'une y reste.
Son sein outragé Gémit ombragé D'un voile funeste.
Et la nymphe en pleurs Doit être modeste Jusqu'au temps des Heurs.
Les vers de six syllabes servaient autrefois à des odes; mais aujourd'hui on les emploie volontiers dans les petites pièces de poésie et dans les chansons.
Cher ami, la fureur Contre ton procureur Injustement s'allume.
Cessj d'en mal parler; Tout ce qui porte plame Fut créé pour voler.
Les vers de sept syllabes ont de l'harmonie. Ils sont propres à ex[)rimer les choses très-vivement; c'est pourquoi ils servent à composer de belles odes , des sonnets, et plus ordinairement des êpitres, des contes et des épigrammcs.
Les vers de huit syllabes, aussi bien que ceux Je douze, sont les [dus anciens vers français, et ils sont encore fort en usage. On les emploie ordinairement dans les odes, dans les épiires, dans les épigrammes.
On se sert ordinairement de vers communs ou de dix syllabes, dans les épîtres, les ballades, les roradeaux, les contes, et rarement dans les
VER
poèmes, les odes, les élégies, les sonnets et les épijgrammes. Le repos deccs vcis est à la quatrième syllabe, quand cllt3 est masculine ; sinon il se fait à la cinquième, qui doit être toujours un e muet au singulier, pour se perdre avec une voyelle suivante.
Les vers que nous appelons alexandrins sont nos plus grands vers. Ils oni douze syllabes étant masculins, el tri'izeélant féminins, avec un repos au milieu, c'est-à-Jire après les six premières syllabes. Ce repos doit être nécessairement la fin d'un mot, ou un monosyllabe, sur lequel l'oreille puisse agréablement s'urréler. Il faut de plus qu'il se fasse sur la sixième syllabe, quand elle est masculine, ou sur la septième, quand elle est féminine ; mais alors cette septième peut être d'un c muet au singulier, qui se perd avec une voyelle suivante. {Encyclopédie.)
Versant, Veusante. Âdj. verbal, tiré du v. verser. Il ne se met qu'après son subst. : Un carrosse versant, une berline versante.
Versatile. Adj. des deux genres. Il ne seprend qu'en mauvaise part, et ne se met guèra qu'après son subst. : Esprit versatile, caractère versatile, volonté versatile.
Verser. V. a. de la l^^ conj. : On verse des larmes, du sang; mais \i doute qu'on puisse dire, comme Voltaire, verser une flamme {He7iriade, III, 367) :
Je ne me flatte point d'avoir pn dans son âme Vertcr par mou exemple une si balle flamme.
Ce qui tend toujours à s'élever ne peut pas être versé.
Vei!sicdlets. Subst. m. plur. Mot dont Voltaire se servait quelquefois pour signifier des petits vers : Je vous prie de lire les petits versiculels qui se trouvent dans la lettre au marqxiis d'Argens. (Volt.) — Vous devriez bien m'envoyer les versiculels du prince. ( Volt. , LVI" lettre à M. Thiriot, 6 déc. 1737.)
Versificateur. Subst. m. Comment doit-on dire en jiarlant d'une femme? L'ALadéraie ne le dit point. L'analogie semble indiquer une femme versificateur, puisqu'on dit une l'emine autour.
Versification. Subst. f. C'est un terme de littérature. On entend par ce mot l'art ou la manière de construire des vers. Il se dit aussi du ton et de la cadence des vers.
On entend ordinairement par versification ce que le poëte fait par son travail, par art, et par règle, plutôt que par son invention, par génie el par enthousiasme. La matière de la versification consiste en syllabes; sa forme est l'arrangement de ces syllabes en vers corrects, nombreux et harmonieux. Il y a presque autant de différence entre la grammaire et la rhétorique, qu'il s'en trouve entre l'art de faire des vers et celui d'inventer des poëmes. Il ne faut donc confondre la versification ni avec ce qu'on nomme la poésie des choses, ni avec ce qu'on appelle la poésie du style. On pourrait n'ignorer rien des règles concernant la construction des vers, savoir exactement les noms, les définitions, les qualités prcp~>s à chaque genre de poésie, sans mériter pour cela le nom de poëie, toutes ces connaissances n'étant que l'extérieur et l'écorce de la poésie ; comme il ne suffit pas, pour être éloquent, de savoir ks préceptes de la rhétorique (Encyclopédie.) Ou trouvera les règles de la versification à chîcun des articles qui y ont rapport, tels ([ue ^-e»-*, ^tfsure. Cadence, Hémistiche, Rime, etc.
VÉT
Version Subsl. f. Voyez Traduction.
VcRT. Vkrte. Adj. On peut le inetlrc avant son subsi., lor>(iue rynaloaie et l'harinonie le perinelleiit : Drap vert, satin vert. Unvert guzvn, une verte jeunesse.
Là règne un vert gaion qu'entrellanl la nature.
(Delil., Géorg., I, 66.)
Aulrcfois on écrivait verd au masculin, avec un d final ; cl au féminin avec un t et un e. Aujourd'hui on écrit ccr/ au masculin, et verte au féminin.
Vertement. Adv. On peut quelquefois le mettre tntre l'auxiliaire cl le participe : Cette place fut attaquée vertement, OU cette place fut vertement attaquée.
Vertical, Verticale. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Cadran vertical, cercles vertieaux.
Vertd. Subst. f.
La vertu du Très-Haut brille aut ur de sa tùle, Et des traits qu'on lui lance écarte la tempête.
(Volt., Henr., YI, 359.)
Ici vertu est pris pour force.
Depuis TÏngt ans je règne, et j'en sais les vertus. (Corn., Cin,, act. IV, se. iv, 56.)
Les vertus de régner est un barbarisme de phrase, un solécisme. On peut dire, les vertus des rois, des capitaines, des rnugistrais ; mais non les vertus de régner, de combattre, de juger. (Voltaire, Remarques sur Corneille.)
C'est celle vertu même, à vos désirs cruelle, (Jue vous louiez alors en blasphémant contre elle.
(ConN., PoU, act. II, se. ii, 57.)
Voltaire dit, au sujet de ces vers, vous hlasphèviiez contre une vertu, cela ne peut se dire ni en vers ni en prose. Une femme doit faire sentir qu'elle est vertueuse, et ne jamais dire, ma vertu. [Remarques sur Corneille.)
"Vertuecsement. Adv. Il ne se met guère qu'a- ;jrt'S le verbe : Il a vécu vertueusement.
Vertdecx, Vertoeuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un homme vertueux., xine femme vertueuse, cette vertueuse femme, cette vertueuse dame; un ami vertueux, iin vertueux ami. Voyez Adjectif.
Verve. Subst. Terme de poésie. On entend par ce mot, une vive représentation de l'objet dans l'esfirit. cl une émotion du cœur proportionnée à cet objet : moment heureux pour le génie du poêle, où son àme, enflammée comme d'un feu divin, se représente avec vivacité ce tju'il veut iveindre, et répand sur son tableau cet esprit de v;e qui l'anime, et ces traits touchants qui nous séduisent ou nous ravissent. [Encyclopédie.)
Vestige. Subst. m. Voltaire a dit : Les vestiges i^'un crime. [Œdipe, act. I, SC. m, 39) :
El n'a-t-on jamais pn, parmi t&nt de prodiges, D< ce cri'ma impuni retrouver les vettigei ?
Vétérinaire. Adj. des deu.\ genres, qui ne se isel qu'après son subst. : Art vétérinaire, médecine vétérinaire, école vétérinaire.
■VÉiittER. V. u. de la 1^' conj. : Il ne fait que