‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 101 sur 169 · SAP · texte numérisé non relu

SAP

phatiqae, parce que le froissement qu'il représente est moins éclatant ^ et a lieu dans un milieu moins sonore. Cependant on a employé ce dernier verbe au même usage que Tautre en nombre d'occasions, et on le dit fort bien du vent du nord et de la pluie cbassée par un ouragan impétueux. On dit aussi cingler a l'imitation du bruit du fouet; « il lui si.cinglé le visage d'une houssine. »

ACADÉMIE à

SAPER. Al>attre par le pied > travailler avec le pic et la pioche à détruire les fondements d'un mur.

Sapëïl, en terme de marine , se dit de la bonnette, lorsqu entrant dans la voie d'eau qu'on veut découvrir par son moyen, elle fait avec l'eau un petit bruit qui décèle l'endroit où l'éau s'introduit.

Sape, se dit , en terme de guerre, d'un travail qaon £siit sous terre pour la surprise d'une place. En latin , c'est sappa , en italien zappa , en anglois sap.

L'oriental saph ou sap désigne l'action de briser ou dé limer ^ de réduire en poussière.

Cesdififiérents mots sont formés du bruitdel'instrument contre les constructions qu'il attaque , ou sur la terrequ'il entrouvre, ou sur l'eau qu'il aspire.

SCIE , SCIER. Scie se dit en latin serra , en italien sega , rasega , en espagnol sierra , en an-

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glois sasv, en allemand scbge , autant de dteominations tirées du bruit sifflant que produit la s^ie en divisant le bois.

Le secare et le scindere des Latins sont construits d'après ce son naturel qai a fourni d'innombrables onomatopées à toutes les langues.

SCION. C'est le nom qu on donne a des bran^ cbes grêles ou menues , tendres et pliantes que poussent les arbres. L'osier , par exemple , s'élève en tondes de scions y et je n'bésite pas a penser qUe ce mot est formé du frémissement de ses brancbes débiles y quand le vent les courbe devant lui, et qu elles se relèvent en sifBant.

On appelle encore scions les impressions qui restent sur la peau d'une personne fouettée de verges. C'est le nom de la cause pour celui de l'effet, employé par métonymie.

Cion y s'est dit, en vieux langage , de la pluie fouettée par les vents. Il est fecile de saisir l'analogie de ces difiërentes acceptions.

SIFFLER. Verbe dont on connoitles nombreux dérivés , et qui dérive lui-même du bruit de l'air ^x)mprimé et chassé par une ouverture étroite. Les Latins ont dit â! û^orà sifilare , qui se lit dans Nonnius-Marcellus , et ensuite sibilare. Les Ita* liens ont sibilare , subbiare , zuffulare \fischiare , autant d'onomatopées qui caractérisent difïerents modes de sij^ment; les Espagnols , siluar; les

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Alkmandd, pfeifen^ et les Ânglois, plus heureusement encore ^ whistle .

En vieux françois, nous avons dit subler et iibler, Rabelais et Marot ont dit sublet pour sifflet. Les Angevins ont gardé cette expression , et Oudin la rapporte dans ses dictionnaires. Le patois bourguignon y a substitué sublô , qu*on Ut dans Uftkioâs de la Monnoye.

Çat ein anfen ? me dis-tu Trai ?

Tan meu, velai t6 note £u.

Tu sai bé, quant ein anfiin crie Que por an époizé lé cri , Ai ne fau qa'énci diaiterié, y«u qu'un subie von fa*im tnbi.

n est à remarquer que ce suhlô du peuple de Bourgogne ressemble beaucoup au subulo de Yarron , que celui-ci a employé pour tibicen.

Cyrano, acte II , scène m de son Pédant joué, fait dire a Mathieu Gareau: « Ce biau marie qui ce subloit si finement haut.»

Le peuple mouille 1*5 , et dit communément chiffler.

Il parolt que les Celtes faisoient usage du mot si , pour bruit 9 sifflemmU , murmure. •

Les grammairiens appellent consonnes 52^a7ites ces trois lettres s, x, z, parce qu'on ne les prononce qu'avec une espèce de sifflement* Elles doivent donc être d'un grand usage poar exprimer Us bruits de cette espèce. La langue angloise est

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une IsLïkgue sifflante , parce qu'elle a beaucoup de mots sur la touche sifflante et sur la touche dentale.

L'emploi fréquent de la lettre «S rend la prononciation si^fflante. Euripide en faisoit un usage vicieux qui passa même en proverbe. On appelait ce défaut le sigmatisme d'Euripide.

Racine a prodigué les «S dans ce vers d'Ândromaque :

Four (pii sont ces serpens qui sifflent sur vos têtes ;

et Teffet d'imitation qui en résulte est frappant. On l'a trouvé, peut-être avec justice, un peu trop minutieux.

Il y a de l'harmonie dans ces vers d'un de nos poètes lyriques , où ne manquent pas les exemples desigmatùme:

IxioD et les Akuides Ont cessé leurs mugiisementSk De Tantale et des Danaïdes Je n'entends plus les longs gémissements , Et des Êitales Euménides Les couleuTTes avides Ne brisent plus les airs par d'aigres sifflements,

La forme et le son de la lettre S la rendent pro-« pre à désigner doublement le serpent, et k peindre en même temps ses mouvements tor:tueux et ses sijfflements ^igus. Uo<fiç (pphis) des Grecs^ qui

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