‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 12 sur 169 · BIB · texte numérisé non relu

BIB

BcEUF i est le nom d'un animal qui beugle.

BoA^ est celui d'un serpent énorme dont le cri ressemble au beuglement des taureaux.

Meuglement , Meuglea , qui se prononcent sur la même touche avec une bien légère modification, s'emploient indistinctement. On a àitmuglement en vieux langage ^ comme dans ce passage d'Amadis : « La blanche biche qui en la forest ce craintive eslevoit ses meuglements contre le ciel , « sera retirée et rappelée. »

BIBERON. Homme qui aime a boire, qui boit av«c excès.

Du bruit que Eedt le vin en coulant goutte à goutte. Le bibax, et surtout le bibulus des Latins, représentent bien cette expression. Ces mots dérivoient de leur bibere j qui étoit aussi fort imitatif , et dont nous avons corrompu la valeur en le contractant dans le mot boire. Leur joli mot bilbire étoit de la même famille.

£n celtique , le mot boire se rend par efj eu; onomatopées du bruit que &it la bouche en aspirant un liquide. C'est de la que vient probablement le verbe aualer.

C'est une idée d'une hardiesse bien plaisante et bien ridicule, que celle de ce savant, d'ailleurs estimable 9 qui explique le nom â!Èue par ce petit yerbe de la langue celtique^ et qui se sert de ce

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rapprochement pour prouver que cette langue est la première que les hommes aient parlée.

BIFFER. Eflacer une écriture en passant la plume dessus.

Un habile étymologiste regarde ce mot comme pris de huffare, souf&er, qui est une onomatopée latine : ainsi , hiffer signifieroit, détruire un objet et le faire disparoltre , comme en soufflant dessus. Sans, aller en fixer si loin l'origine , on l'auroit trouvée dans le bruit que fait une plume passée brusquement sur le papier. Cette conjecture est d'autant plus vraisemblable , que le mot hiffer n^ point d'analogie de consonnance avec les mots anciens qui ont été attachés a une idée de même espèce , et peut passer pour une onomatopée trèsmoderne. Il y a 9 au reste , analogie immédiate entre ces racines que la voyelle modifie sans les changer. Les consonnantes seules sont radicales.

BISE. Vent sec et fi?oid du nord-est , qui (ait entendre le bruit dont ce mot est fermé , en fi:émissant dans les plantes sèches , en effleurant les vitraux, ou en se glissant a travers les fissures des cloisons.

Visée ou Vesée, en est fait sur la touche la plus voisine , dans cette unique acception :

BnxE VESÉE) une bulle de savon chassée j^ar la

fiO BOM

bise; et, aa figuré, quelque chose de fugitif et

d'insignifiant comme la durée d*une bulle de

savon.

Bkise , que les poètes et les prosateurs de la nouvelle école ont i^emis a la mode , et qui représente admiraldement le murmure d'un vent frais qui glisse sur les grèves ou gémit dans les roseaux , n'est qu'une variante du son typique.

BOMBARDE. Pièce d'artillerie. « La bornai barde fut nommée de la sorte par onomatopée, » dit Le Duchat, dans ses notes sur le livrel, ch.xxvi, de Gargantua j « parce que toute grosse pièce se <c fait entendre par un hom bom quand son boidet « part. »

On appelle aussi bombarde un anneau de métal que l'on saisit avec les dents , et entre les branches duquel on fait jouer du doigt une pièce élastique et sonore dont le bruit assez extraordinaire rappelle celui des ailes d'un frelon ou d'un bourdon étourdi , contre l'obstacle qui le sépare de la lumière.

BOMBE. Ce mot, trè^analogue au précédent, dérive du bruit de la bombarde , de celui de la bombe en éclats. '

Il étoit au moins inutile d'en chercher ailleurs l'étymologie , et de la dériver, soit de Lomhardie, parce qu'on croit qu'elle y a été inventée, soit de

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