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sions et de ces tournures qui , inventées d'abdrd par une riche imagination , et prostituées depuis a tous lies usages, sont devenues aussi (àdes et aussi peu importantes qu elles étoient autrefois vives et ingénieuses. Avançons une idée, vraie qui n*a que Fapparence d*ttn paradoxe. Un menant écrivain porte plus de dommage à la langue dans laquelle il éerit que le plus beau génie ne lui ùât d'honneur^ Cest la harpie qui souille tout ce qu elle touche , et daiid ses mains tout se (àne et se décolore. Une figure nouvelle est pleine de charme , parce qu'elle donne à Tidée un point de vue nouveau. Une figure rebattue , devenue lien commun, n*est plus que le froid équivalent du sens propre. On doit donc éviter de prodiguer les. figures dans une langue usée. Elles ne présentent^ plus qu'un faste insipide de paroles et de tours. Le style purement descriptif sera dès lors préférable au style figuré, parce que lé sens figuré avoit fait oublier quelque temps le sens propre , et que celui-ci paroît nouveau. L'aurore* »ux doigts de rosés j qui ouvre léis barrières du ùiàtîn^ et dont les pleurs roulent en perlés humides suf*' toutes les fleurs , offire sans doute une image heureuse et brillante; mais on produira beaucoup plus d*eflet aujourd'hui en peignant le soleil a son lever, rougissant d'une lueur encore incertaine le sommet des hautes montagnes ; les vapeurs de la plaine qui se dissipent , les contours de l'hori-
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son qui se dessinent sur le ciel éclairci , et les fleurs qui se penchent sous le poids de la rosée ' .
GEAI. En grec, xocpoaca/^x (kajukaxa) ;en latin ancien^ garrulus, et de là garrire; en latin barbare, gains ; en espâ(gnol,^a;^o^,<;£^o; en,çatalan^ g^^» gralla; en italien, ghiandaja; en allemand, yacA*; en polonois, soika; en suédois, not-skrika; en ânglois,/^;^^ ia, ia; en François, dans différents lieux et dans différents tettkpsjjay^gay'yjajr.on^gayon^ jaques^ jaquotjjàcutaj girardy richard^ g^^'r tereau.
. « Leur cri ordinaire , dit M. de Bulïbn en ce parlant des geais, est très-désagréable , et îls c< le font entendre souvent. Us ont aiissi dé 'la « disposition à contre&ire celui de plu^eurs oi- « seaux, qui ne cbàntent pas iiiieùx, tels que la « crécerelle et le chat-huant. S'ils aperçoivent « dans le bois un renard ou quelque autre animal « de rapine, ils jettent un certain cri très-perçant, <c comme pour s'appeler les uns les autres, et on « lès voit eh peu de temps rassemblés en force, et « se croyant en état d'en imposer par le nombre , (c 6u du moins par le brUit. Cet instinct qu ont
* Qu'il nous soit permis de faire observer ici que ces théories , devenues un peu vulgaires, ëtoient nouvelles en i8o5 , et qu'on pou voit les exprimer sans craindre de sf^ frîiîrter sur des idées rebattues.
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ce les geais de se raj^ler , de se réonir à la voix « de rmi d'eux , et leur violente antipatliie conic tre la chouette , oflfrent plus d'un moyen pour « les attirer dans les pièges , et il ne se passe « guère de pipée sans qu'on en prenne plusieurs ; A car, étant plus pétulants que la pie y il s'en faut ff bien qu'ils soietit aussi défiants et aussi rusés. « Us n'ont pas non plus le cri^ naturel si yarié , « quoiqu'ils paroissent n'avoir pas moins de flexi- « bilité dans le gosier , ni moins de disposition à f( imiter tous les sons, tous les bruits, tous les cris ce d'animaux qu'ils entendent habituellement , et « même la parole humaine. Le mot richard est cece Iui« dit-on, qu'ils articulentle plus fiicilement. » Ce mot se retrouye parmi les nombreuses ono^ matopées dont le cri du geai fournit la racine , et de la yariété desquelles l'insdnct imîfatif de cet animal nous donne le motif. Voyez GAGEOLER 2
GÉMIR , GÉMISSEMENT. Onomatopée ptn»
sensible dans le substantif que dans le yerbe, et qui a été formée pour exprimer la plainte de eer^'^ tains animaux , puis par extension des bruits natures ou mécaniques très -analogues à celui -la. En latin , gemere^ gemitus. Il est évident qu'Horace a cherché a peindre par le son , au sixième vers de la quatorzièiËte ode du livre premier , le bruit plaintif des mâts et des vergues qui gémis!^' sent sous l'effort du vent :
O fiovis , referetit in mare le tiovi Fluctus ? p! quid agis? Fortiter occupa .
Portwn. Nottfte vides , ut
Nudum remigio ItfiuSj Et malus céleri saucius Africo , A^iteiuiœque gemant
Dans ces deux vers da livre sixième de Lueain, la recherche, de Tharmonie relative ou de Fiiaitation par le son est encore plus manifeste :
Tum quassœ ftuiant turres, lapsumque mifumtur; ftùboris impacti crebros gémit agger ad ictus,^
L*auteur de la Philomèle ne pouvoit oublier ce, pipt expressif :
fit eastus turtur aUj/ue columba gemunt.
' On ne sauroit terminer cet article sans rappe^. 1er encore u^ des passages les plus harmonieusement pittoresques du Lutrin de Boileau :
ftousiés coupa redoublés tous les bancs retentissent, Les hhM en tovt émIiB, les voûtes en mngisseitt , ]Bt Poiigue même en pousse un long gémissemeutti
ifiLAPlRy GLAPISSEMENT. Mots foirmés d'un bruit aigu f perçant, comme les aigres éclats de la voix d'un animal qui n'est pas adulte , ou le fausset d'une voix discordante et d'un mauvais
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instrument. En gfec , xhxyyih {klar^gè), et de là clangor en latin.
Clangunt aquilœ, dît la Philomhle, Les aigles glapissent.
Glatir et gladssementj ont signifié la même chose. En Picardie y glay se dit pour un grand bruit ou poi^r i]^n grapd concours de voix.
Glas ou Glais , c'est le tintement glapissant d'une cloclie qu'on sonne pour un ecclésiastique qui vient de mourir.
GLISSER. Du bruit d-un corps qui parcourt rapidement la surfs^çe d'un corps gfjissant.
Glisses, morteb; n'appuya pas.
Glacb, est un mot formé du même son naturel, parcq qu^ la glacfi oS^ |ine surface, unie , lissq et glissante. ]^n breton , clezrj la glace ^ et clezra^ glacer, dont glisser peut bien être fait.
GLOyGtiOTTER. On a inventé ce mo^ pour exprimer le chant du coq d'Inde , et cette innovation parolt d'autant plus naturelle , que les langues anciennes ne foumissoient point de terme qui présentât la même idée. Je ne vois pas cependant qu'il ait été mis en usage par aucun écrivain considéré.
GtOUGLOV. Mot Êictice qui s'est conservé
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dans les chanscms bachiques , et par lequel 'on exprime le bruit d'une liqueur qui s^écoule par un canal étroit.
Madame Deshoulières a dit en parlant du vin :
C'est un secours contre plus d'un tourment ; |1 |i'en est point qui ne cède aisément Au doux glouglou que fait une bouteille.
On se rappelle le couplet de Sganarelle dans le Mé(i€cin malgré lui :
Qu'ils sont douii^f Bouteille jolie , Qu'ils sont doyx Vos petits glouglouxl Biais mon sort feroit bien des jaloux , Si vous étiez toujours remplie !
Ah! bouteille ma mie.
Pourquoi vous videz-vous ?
Biljkit amphQra, dît Dumarsais ; c'est la petite bouteille qui fait glouglou,
GLOUTON, GLOUTONNERIE. Un signe presque certain que tel mot est tiré d'un son par turel c'est sa reproduction dans un grand nombre de langues. Ainsi glouton^ qui s'est dit g^/oï*.v en vieux françois, s'est dit glwth en celtique , glout eigloicten breton, ghito dans la basse latir nité, ghiottone en italien , et gluttonous en anr ^ois.
Ges ooomatopé(»'9onl fovoiées d après ic bmii que foui les aliments , avidement engloutis par un homme afiamé, et de là :
Engloutir , qui est d'une acceptiop plus noble et plus étendue.
GORET. Cest un nom i^ix cochon , fidt de son grognement. Gronder ^ se dit gorren en langue flamande.
Le cochon s'est d'ailleurs appelé en grec x^P^ (choïros)^ en géorgien gôirij en latin gorretus^ en italien verro. Sur ce dernier mot et sur notre mot verrat ^ on se rappellera que l'initial g s'est souvent confondu avec le v dan$ les langues, et que cette diflfërence ne peut constater deux espèces d'étymologie.
En vieux François « la truie se nommoit gorrière.
L'auteur du Monde primitif ppétel!^ m^'^ ^^ cri du cochon, animal naturellement bruyant, les Celtes avoient &it gawriy qui se prenoit pour çlamare. Je ne sais comment il a pu tomber dans cette erreur, a moins qu'il n'y ait été induit par une foute d'impression Qp. uiie mauvaisçécriture» et qu'il n'ait cru lire gawri dans le mot gamù ou sgarmi^ dont c'est en efiet le sens, et dont garrire paroi t dériver.. Xtts.gawris pu gawtics ëtoient dans la religion des Celtes des esprits folr iets , des espèces de dasii qui dansoient autx^nr
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def mopuinieiiito* Ce mot e^tSorméàp^^iiwr, géant, et diA dimiputif 4c \ Cela est fort.étraoger k Tidée qu^. iioua attachons au mot goret* -.
Le terme celtique , qui signifie cocAo/ï^ est une onomatopée prise de son grognement , oc^hj ou bien oi/kch, en observant que le c^h est aspiré , et se prononce d'une manière gutturale. Et de là, çoch y stercus^ dont le mot françois cochon est incontestablement tiré.
GOULOT. Du glouglou de la bouteille , c'està-dire du bruit que fait le vin en traversant son goulot j on a fait ce dernier mot qui est fort |mitatif.
Régnier a dit goulet dans sa plaisante descrip-^ tion des meubles d'une courtisane :
Du blanc , «ua' peu . de rouge , un «hiffou de rabat , Un balet pour brusler en allant au sabat , Une vieille lanterne , un tabouret de paille Qui s^étoit sur trois pieds sauvé de la bataille , Ufl barril.défoaoé, deux bouteillet sur fu Qui disoyeut sans goufet : Nqus avons trpp vescu.
^ C'est ropinion de M. ae Roujoux. Dom Lepelletier écrit con'cy qui signifie petit iiàUi, On pourl*oit penser que ^t^r/tf est fait de ^mvo' dans son sens le plus ordinaire, éiefé, supérieur, et désigne trèsrbien alors les intelligences tocond aires, les génies et les fées, gawric , petite puissance ; ou bien il est tiré de gour ou gwr qui s'est dit pour bomnîe, et signifie alolrs avec le diminutif un petit homme, un nain, comme on représentoit les êtres surnaturels dont il s'agit.