COMPAS
des œuvres sont toujours représentés le compas à la main. L'architecte était alors ce qu'il doit toujours être, appareilleur, traceur. Ces compas sont habituellement munis entre leurs branches d'un segment de cercle, tant pour empêcher le devers de ces branches que pour prendre des angles. Le segment de cercle étant gradué, et la distance laissée entre ce segment et les pointes étant relative à la distance entre la tête du compas et ce segment, l'instrument devient ainsi un compas de proportion. La figure i * montre un maître de l'œuvre opérant sur un lit de pierre à l'aide d'un compas de moyenne grandeur. Ces sortes de compas étaient faits de fer ; ceux de plus grande dimension étaient de bois avec pointes de fer. Nous donnons en A une tête de petit compas d'appareilleur, moitié d'exécution^. Les charpentiers se senaient et se servent encore du petit compas de fer. Cet outil appartient à beaucoup d'autres corps d'états : aux menuisiers, aux tonneliers, aux charrons, aux serruriers, aux
potiers, etc. Le compas d'épaisseur, usité pendant le moyen âge comme encore aujourd'hui, et dont les deux branches recourbées en forme de pince se rapprochent à la pointe, servait aux tailleurs de pierre pour prendre le diamètre des cylindres, aux sculpteurs statuaires pour mettre au point. Dans les vitraux, dans les vigneltes des manuscrits, on voit ces sortes de compas figurés entre les mains de ces artistes. Ces compas d'épaisseur ont habituellement la forme indiquée dans la figure 2. L'une des deux branches passe à travers
I Manuscr. Biblioth. nationale, Chron. iVAngHeire^ français (xii® siècle). ^^ Cabinet de l'auteur. Cet instrument de fer paraît dater du xiv* siècle.