CHAUFFERETTE
chaufferettes à mains étaient posées sur un trépied, ou suspendues par une chaînette. Le prêtre, en hiver, en avait une sur l'autel pour dégourdir ses doigts. Voici une de ces escaufailes à mains, qui pn»vient du musée de Gluny (fig. 1). Elle est de laiton repoussé et ne conserve qu'un de ses cercles intérieurs; une chaîne permettait de la suspendre. Cet objet, d'un travail grossier, est d'une fabrication assez récente (xv!"" siècle), mais il est identique comme forme avec les chaufferettes si fréquemment employées pendant les xiii" et
XIV** siècles. Voici (iig. 2) une coquille appartenant à une chaufferette à mains du xii'' siècle, dont la convexité est richement décorée de rinceaux à jour d'un très-beau style * .
Souvent aussi on se contentait de suspendre dans ces sphères une boule de fer rougie au feu.
Les plus anciennes chaufferettes à pieds que nous connaissions sont de date assez récente (xv*" siècle) ; elles sont de terre, de forme cylindrique, munies de deux boutons avec une anse de fer, et étaient placées dans des placets (tabourets) de bois. On se servait aussi de chauffe-pieds de métal, dans lesquels on versait de l'eau bouillante, et qui avaient la forme d'un carreau. Ces chauffe-pieds entraient dans un sac de fourrure ou d'étoffe.
1 Collection des dessins de r auteur.
CIBOIRE, s. m. Vase de métal, or ou argent, destiné à renfermer les hosties consacrées. On fabriquait aussi, pendant le moyen âge, des ciboires de cuivre doré et émaillé, le plus souvent en forme de colombe. Dans la partie touchant TOrfévrerie, nous nous occapons de quelques-uns de ces objets*.
CISEAUX (Paire de), s. m. (cisiax). Les anciens connaissaient cet outil, et le moyen âge l'a de tout temps employé. Les ciseaux sont à pivot ou à ressorts :
tt Et uns cisiax et un bacin '. »
On en fabriquait en métaux précieux.
« Uns ciseaux d'or pesans une once ix esterlins. > {Invent, de Charles V.) (Voyez la partie des Outils.)
CLOCHETTE, s. f. (cloquette). Sonnette maniable, en usage, pendant le moyen âge, pour le service religieux principalement, pour accompagner le prêtre portant le viatique. Ces clochettes étaient parfois ajourées et d'un joli travail. Tout le monde connaît la clochette du xif siècle, ajourée, dont on a fait un grand nombre de surmoulés.
CORNET, s. m. {écintoire), — Voyez le Dictionnaire du mobilier, à l'article Scriptionale.
COUPE, s. f. (cupe). Vase à boire. On fabriquait pendant le moyen âge, comme pendant l'antiquité, des coupes d'or, d'argent, de pierres dures, d'étain et de bois :
« ftant (aussitôt) out H Quens un présent a D'une cupe chiere d'argent. ' »
« Bernars regarde le Lohérenc Garin « Qui sert le roi de la coupe d'or fin ^. »
Les vases à boire pendant les banquets étaient de formes diverses.
> Voyez le Dict. du mobilier^ Sdspension. ' Roman du Renart, vers 2264.
* Le Roman de RoUy vers 7567, xii« siècle.
* Li Romans de Garin te Loherain^ t. H, p. 16, édition publ. par M. P. Pârii. Techener, 1835.
Il y avait des coupes ou cratères à pied. Pour les personnages de distinction, les coupes étaient couvertes :
€ Une coupe couverte, dorée et esmaillée, et ou fonds de ladite t coupe a une ymage de saint Martin *. »
On se servait aussi de coupes sans pied pendant le xV siècle. Dans TOrfévrerie, nous parlons des coupes faites de matières précieuses.
Voici (tîg. 1) une coupe d'étain datant du xiv* siècle '.
t.cy'éu^ciiraj'é
Villard de Honnecourt donne une coupe, un cratère à pied • , qu*il appelle hanap : « Vesci une cantepleure con peut faire en .1. « benap... » Ce nom de hanap ne fut donné beaucoup plus tard qu'aux gobelets allongés, à pied, couverts et fermés, dans lesquels on présentait à boire aux seigneurs. L'essai se faisait dans la coupelle qui formait couvercle.
Habituellement, à table, on se servait de coupes sans pied, de cratères de métal assez semblables, comme forme, à une tasse très-
» învtni. du duc de Normandie, 1363. (Voy. Ghss. et Répert» de la Notice dès émawCf byouxy etc.^ du musée du Louvre, par M. le comle de Laborde.) '^ Musée des fouilles du château de Pierrefonds. 3 Aiùum, pi. XVi.
large et basse, sans anse. Souvent la coupe était accompagnée d'un gobelet cylindrique ; alors l'essai se faisait dans le gobelet. Voici (fig. 2) une de ces coupes avec son gobelet, qui fait partie
du musée de Gluny. Ces objets sont de mauvais argent et d'une forme très-simple (xv*" siècle).
Voici une autre coupe, d'un joli travail, de bel argent, avec dorures, appartenant au même musée, et datant du commencement du xv" siècle (lig. 3). Le gobelet manque, s'il a jamais existé.
Au fond de la coupe est fixée une plaque d'émail dont le détail est présenté en A, grandeur d'exécution. Les émaux sont rouge foncé, rouge clair et jaune mordoré pour le fond de l'oiseau, qui est très-délicatement gravé. En B, est tracé le profd de la coupe, moitié d'exécution. Cet objet porte un poinçon de fabrique donné en P.
Dans les célèbres tapisseries do Nancy, qui datent de la lin du xv'' siècle, on voit des personnages à table, buvant tous dans ces coupes sans pied et fort plates * .
1 Cet usage explique comment, dans les banquets, on semait des feuilles de roses sur le liquide qui remplissait ces cratères larges et plais.
Dans les monastères, les religieux buvaient dans des tasses de bois ressemblant à de petites écuelles. C'était une marque de déférence de boire dans des coupes découvertes en présence d'un per-
sonnage buvant dans une coupe couverte, après qu'on avait fait l'essai.
c Quand madame la Duchesse (de Bourgogne) mangeoit là où « monsieur le Dauphin estoit. Ton ne la servoit point à couvert, et f ne faisoit-on pas d'essay devant elle, mais bevoit en sa couppe f sans couvrir. » (Aliénor de Poictiers.)