‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 61 sur 165 · SEAU · texte numérisé non relu

SEAU

conservent encore l'apparence de pièces de table très-imporlanles. Les musées et collections privées possèdent des salières antérieures à cette époque et d'une fabrication moins riche. On en voit une, entre autres, au musée de Gluny, qui date du xni* siècle et qui e$l d'étain. La figure 1 donne, en A, le dessus du couvercle de la salière, grandeur d'exécution, et en B, la salière ouverte. Cet objet, fort simple et fait au moyen de creux dans lesquels les plaques d'étain ont été coulées, est cependant d'une assez Jolie composition. Sur le couvercle, autour du sujet qui représente l'Annonciation, on

lit : « BOSETUS ME FECIT -j- AVE GRATIA PLENA, DOMINUS TECUM. > En

dedans du couvercle, autour du Crucifix assisté du saint Jean et de la Vierge, on lit : « cum sis in pensa primo de paupere pensa : cum

PASCIS EUM PASCIS AMICE DEUM. »

Ainsi cet objet était bien une salière de table, et le style des ornements et figures le range parmi les ustensiles du milieu du xiii' siècle.

La figure 2 présente une des salières de table sur roues dont parlent les inventaires: « Une sallière d*àgalhe dont le couvercle est « d'or, assise sur quatre roes d'or, en manière d'un chariot, et au « bout du moyeu de chacune roe a une perle*, y»

La salière que nous donnons ici *, et qui est du commencement du xiv* siècle, est d'argent doré, le vaisseau d'agate. Le couvercle relevé s'appuie sur le petit chàtelet ; une tète de serpent sert de bouton pour soulever ce couvercle. En A, est le détail de l'un des supports, grandeur d'exécution.

SEAU, s. m. (seille). Vase, le plus souvent de bois, garni de cercles de fer ou de bronze avec anse. Cet ustensile, si fort en usage encore aujourd'hui, parait avoir été de même très-commun chez nos ancêtres. Un certain nombre de lombes mérovingiennes des bords du Rhin et dans le nord de la France contenaient des fragments de ces vases, que M. l'abbé Cochet' suppose avoir été destinés à porter la boisson pour les repas. Nous n'avons aucune raison à opposer à cette opinion, qui parait d'autant plus admissible, que l'usage des Germains était de déposer des boissons et aliments dans les cercueils de leurs guerriers. Partout où on les a trouvés, en Angleterre, en Allemagne, en France, ces seaux étaient placés près de la tète du

> învenf, du duc de Berry (1416).

^ A fait partie de la collection de M. Louis Fould ; était en très -mauvais état.

' La Normandie souterraine, p. 391 et suiv.

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