‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 3)Chapitre 10 sur 168 · BÉNITIER · texte numérisé non relu

BÉNITIER

émailler. Ces bassins étaient posés à terre sur des nattes, et l'on se lavait à genoux, non-seulement la tête, mais le haut du corps (fig. 5) *. « Un bacin crois (creux), d'argent tout blanc (uni) à laveur la teste, et poise XI mars VII onces ^ »

Les bassins à puiser étaient quelquefois munis d'anses ou d'oreilles (voy. ÉcuELLE, Puisette). Quant aux bassins à lampes, ils étaient placés sous les petites lampes qui garnissaient les lustres, pour que l'huile ne pût tomber sur le sol en cas de fuite (voy. Lampe). On en voit encore attachés à quelques couronnes de lumières.

Les bassins magiques servaient aux sorciers à prédire l'avenir, comme aujourd'hui encore un vase rempli d'eau sert aux charlatans qui courent les campagnes, à faire retrouver les objets perdus.

BÉNITIER, s. m. {orzuel, ourcel, benoistier , embenoistier) . Vase habituellement de métal, avec anse, propre à contenir l'eau bénite.

Un goupillon est toujours joint au bénitier. Les plus anciens bénitiers sont façonnés en forme de seau :

« Ourcel avec l'esperget (goupillon) \ »

« Pour refaire l'aspergés d'un embenoistier d'argent ^ »

La figure 1 montre un de ces bénitiers qui ne sont que des seaux

* Ménagier de Paris,

2 Invent, du duc d'Anjou.

3 Roman du mont Saint-Michel, xiii^ siècle. ^ lavent. d'Artois, 13J3.

^ Invent, de l'argent, des rois de France, xiv* siècle.

« Le guipellon avant porta ■ « Que en l'orzuel primes moUa ^. »

[ BÉNITIER J — 3/l —

en cône tronqué' ; la figure 2, un autre bénitier qui ne pouvait être posé que sur un trépied lorsqu'on ne le tenait pas à la main^

Cette forme de bénitiers persista longtemps; ils étaient souvent fabriqués en métaux précieux repoussés, ou même creusés dans des pierres dures ou dans un tronçon d'ivoire. Le trésor de la cathédrale de Milan conserve un de ces derniers bénitiers, qui date du

\t siècle et qui est d'un beau style. Ce seau d'ivoire porte 0'",19 de hauteur sur 0'",12 de diamètre au bord supérieur et 0'",09 à la base. Les figures de la Vierge et des quatre évangélistes décorent son pourtour en plat relief; une anse de métal richement ciselée et maintenue par deux mulles de lion sert à porter ce vase, très-bien reproduit dans les tomes XVI et XVII des Annales archéologiques de Didron. Le trésor de la cathédrale de Lyon possède également un bénitier d'ivoire dû à l'art italien. Mais le plus ancien de ces seaux se trouve dans le trésor d'Aix-la-Chapelle; on croit qu'il date du ix' siècle, et cela est possible. Taillé de même dans un morceau d'ivoire, il est décoré de cabochons et d'arcatures que remplissent des personnages armés, des princes et des évêques'.

Le trésor de Saint-Marc de Venise possède encore un bénitier d'une époque très-ancienne, taillé dans un grenat. Il est donc certain que l'Eglise considérait ces vases comme très-précieux dès les premiers siècles, et qu'ils étaient, relativement h ceux en usage depuis le XV" siècle, de petite dimension. Voici (fig. 3) un bénitier de cuivre repoussé \ d'un très-beau style, et qui nous paraît dater, si l'on tient compte des procédés de fabrication, de la fin du xv' siècle.

1 Manuscr. Biblioth. imper., anc. fonds Saint-Germain, n° 37, xiii» siècle.

2 Manuscr. Biblia sacra, Biblioth. impér,, anc. fonds Saint-Germain, latin, n" 1191, xiu« siècle.

3 Voyez, dans les Annale'; archéoL, t. XVII, p. 139, l'article de M. Darcel. Du cabinet de l'auteur.

— '^5 — I BÉNITIER i

Cette forme se retrouve assez fréquemment dans les vignettes, les

au-dessous de la bague perlée inférieure. Quant au collet d'oves

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