TAMBOUR J
donner son argent. Le succès est pour Je plus gros lambour. Quand les jeunes gens reviennent des champs, s'ils peuvent trouver le cercle d'un boisseau, ils font un tambour et se donnent comme
ménestrels. « Jamiais, ajoute le poète, la mère de Dieu, la Vierge honorée, n'aima lies tambours et il n'y avait nul tambour à son mariage, mais bien des vièles ! Tout homme lùen né doit fuir
[ TROMPE ] — â'l*2 —
les tambours et se l'aire dire les chansons de Girart de Viane, de Thierry l'Ardenois ! »
Les femmes jouaient du tambour circulaire ou carré pour accompagner la danse, et en signe de réjouissance. Ces tambours étaient tenus d'une main, comme on tient le tambour de basque, et frappés de l'autre, ou bien suspendus au cou devant la poitrine, et frappés avec une sorte de plectrum et la main.
On voit, dans le manuscrit de Herrade deLandsberg*, les Hébreux se réjouissant après avoir heureusement traversé la mer Rouge. Derrière Moïse, des femmes jouent du tambour (fig. 3) et de la harpe ; les hommes armés les suivent.
Les jongleurs, au xiif siècle, portaient leur tambour pendu au cou. Il s'agit du jongleur d'Ely :
« Li vint de sa Londres, en un prée^ « Encontra le roi et sa meisnée ; (( Entour son col porta soun labour « Depeynt de or e riche atour 2. »
Le tambour sarrasinois était le tambour double (timbales), qu'on pouvait poser des deux côtés de l'arçon de la selle en guerre, et qui était fort prisé chez les Orientaux. Pendant les xir et xv'' siècles, on fabriqua en France de petits tambours de ce genre, qui prenaient place dans les concerts (voy. fig. 2).
TROMPE, s. f. {trompette, araine).
« Tabours, trompes et anacaires, « En tant de lieus Çc'i et là sonnent « Que toute la contrée estonnent 3. »
La trompe, l'araine, sont les instruments de musique guerrière par excellence. A l'article Busine, on a présenté quelques-unes de ces longues trompes qui servaient à rallier les troupes, à exciter les milices au combat. La trompe ou trompette est de plus petite dimension que la busine, c'est Xaraine, le tube de métal terminé en pavillon. On n'emploie guère les mots trompette, clairon que vers la fin du xv^ siècle : « Quand vint le lendemain au plus « malin, Gérart, qui avoit ses gens tous prestz, fist sonner ses
1 Bibliotli. de Strasbourg (xu'^ siècle;.
•2 Lf=: Flubel du jongleur d'Ély c de nions, le roi/ d'Engl ferre, vers 5 et suiv- 3 Branche des royaux lignuges, vers 0740 et suiv.