‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 3)Chapitre 134 sur 168 · OUTILS, OUTILLAGES · texte numérisé non relu

OUTILS, OUTILLAGES

AUGE, s. t. {auyet). Vaisseau de bois servant aux maçons et propre à contenir du mortier ou du plâtre gâché. Les plus anciens monuments du moyen âge montrent des maçons portant l'augée de mortier ou de plâtre sur leur téte, / ainsi que cela se pratique encore aujourd'hui dans les bâtiments en construction. Les auges les plus anciennes paraissent être évidées dans un demitronçon de tronc d'arbre. Cette forme persiste jusqu'au xv' siècle (fig. 1 Dans cette auge est posée la truelle, dont la forme ne diffère pas de celle en usage de notre temps. On voit aussi figurées parfois des auges en forme de boîtes évasées par le haut et façonnées au moyen d'ais cloués. Il ne faut pas confondre l'auge avec X oiseau (voyez ce mot).

BALAI, s. m. {escoubé). Les balais employés pendant le moyen âge sont, comme forme, exactement semblables à ceux qu'on em-

' Manuscr. Biblioth. nationale, Historial français, provenant de la bibliothèque du duc Charles I<='' de Bourbon, mort en 1/156.

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ploie encore dans la plupart de nos provinces, c'est-à-dire faits de brindilles de bouleau assemblées en paquet et emmanchées à l'extrémité d'un bâton; ou de bottes de joncs réunies en façon d'éventail avec un manche. Les balais de crin ne paraissent pas remonter au delà du xvif siècle.

BATON, s. m. [hastoncel^ houhoun^ escoper , fût^ escoherije, fusf,

waroqueau^ locque, santon^ saton, oaide ; — bâton ferré: bedail^ couffotirt, gaffe, gayar, pcmchon, princhon, pieuchon, sappc, tineiil, tournoi, tliorte). \a\ quantité de mots pour dési^^■nerunmême

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objet indique les usages divers auxquels le bâlon était destiné. Parmi les gens de guerre on désignait même par le mol général de bâton toute arme d'hast (voyez la partie des Armes). Tout paysan était muni d'un bâton; c'était la seule arme qu'il pût porter, et s'en servait habilement. Les bergers, jusqu'au xiv' siècle, portaient un bâton terminé par un gros bout ou une crosse, afin de pouvoir lancer des mottes de terre aux brebis qui s'écartaient du troupeau. La tigure 0 montre un de ces bergers ' du xi'' siècle. Il est vêtu de

braies, avec souliers attachés, d'une cotte ou tunique à manches (iOurtes et larges sous lesquelles apparaissent les manches justes de la tunique-chemise. Sur ses épaules est un camail de peau de bête, le poil en dessus, et son chaperon, qui semble fait d'une étoffe feutrée roide, est attaché à son cou par une cordelette. La houlette avec cuiller de fer ne date guère que du xv" siècle. Quand les combats judiciaires étaient autorisés entre vilains, ils devaient se servir de bâtons de mesure et d'un bouclier ou targe carrée tenue de la main gauche (fig. \ ^). Froissart raconte ainsi le soulèvement des paysans du Beauvaisis, de la Brie, du Valois Laonnais et Soissonnais, en 1358 .

> Manuscr. Biblioth. nationale, Evangile festiv. (xi*^ siècle).

- Des bas-reliefs de \n façade de la cathédrale de Lyon (commencement du xiV siècle).

[ BATON ] — A8'l —

a Aucuns gens des villes champestres, sans chef, s'assemblèrent en « Beauvoisis, el en furent mie cent hommes les premiers, et diren « que tous les nobles du royaume de France, chevaliers et escuyers, « honnissoient et trahissoient le royaume, et que ce seroit grand bien qui tous les détruiroit. Et chacun d'eux dit : — Il dit voir ! il

« dit voir ! Honni soit celui par qui il demeurera que tous les gen- « tilshommes ne soient détruits! Lors se assemblèrent et s'en al- « lèrent, sans autre conseil et sans nulles armures, fors que bastons « ferrés et de couteaux, en la maison d'un chevalier qui près de là

« demeuroit^ » Ces Jacques, qui dévastèrent toutes les provinces

au nord de Paris, et qui, rassemblés au nombre de dix mille environ, finirent par être détruits à Meaux par le comte de Foix, le captai de Buch, le duc d'Orléans et leurs lances, ne se servirent pendant leurs expéditions que de ces bâtons et de leurs couteaux.

Chron. de Vroissart, liv. I, chap. lxv.

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