DOLOIRE ]
campagne. « Les instrumens de ce mesnage (Ja coupe des taillis) « sont doloires ou haches bien tranchantes, avec lesquelles le bois « se coupera de tous côtés, de peur d'en rien escorcer n'esclatter ^ »
En Angleterre, on tranchait la tête aux criminels (nobles) avec la doloire : « ... qu'elle eust la teste couppée comme l'on fait en (( France avec une espée, et non avec un dolouere à la façon « d'Angleterre \ »
On voit cet usage adopté dès le xiv'= siècle (fig. 1^ ) . D'ailleurs il paraîtrait que plusieurs moyens étaient usités pour trancher la tête aux criminels ; il n'y avait pas que l'épée et la hache ou doloire, il y avait aussi un instrument semblable à notre guillotine, ainsi que le démontre de la manière la plus évidente la vignette d'un manuscrit du XV' siècle ^ dont nous donnons (fig. 2) la copie. Le bourreau coupe la corde qui suspend un large couteau glissant entre deux montants rainés. Si chargé qu'il fût, ce couteau à tranchant horizontal pouvait ne pas produire l'effet qu'on en attendait, aussi le bourreau est-il muni d'une épée.
La forme la plus ancienne donnée aux doloires des gens de métiers est représentée figure 3 Plus tard, au xi\f siècle, elles n'ont plus ce renfort carré postérieur pouvant servir de marteau ; leur tranchant est sensiblement recourbé (fig. /i) .
1 Voyez les citations au moi Doloire, Dictionnaire de Littré.
2 Castelnau^ 32 (xvi^ siècle).
3 Manuscr. Bibliolh, nationale, ie Miroir historiul, franç. (1395 environ, vig'nettes au trait).
* Biblioth. nationale, Missel (latin, n° 9470, 1450 environ).
5 Manuscr. Biblioth. nationale, Histor. Jerosolimit. , latin (fin du xi^ siècle).