DRAGEOIR
ces objets se composaient liabituellement d'une sorte de coupe couverte, posée sur un plateau, garni de cuillers ou pellettes, pour prendre les confitures ou épices poissantes : « Un grant drageoir « d'argent doré, dont le bacin et à pate (le pied) sont en façon de « rose, armoyée de France sur les bords, et ou bacin un esmail rond « de France et ou pommel du pied a viij petits esmails de France « ronds, pesant xi marcs iij onces » — « Une peslecle d'argent « doré, h prendre espices à un drageoir \ » Il y avait de grands et de petits drageoirs; ces derniers étaient souvent d'or. Ils étaient ornés d'émaux, d'armoiries, de personnages.
Le plateau sur lequel reposait le drageoir était généralement oblong et garni d'anses, de manière à pouvoir être facilement porté et présenté. Sur l'un des bouts du plateau on posait le couvercle du drageoir, sur l'autre les cuillers ou pellettes. Voici (fig. 1) un de
» Invent, de Charles F, 1380.
'■^ Invent, ries ducs: il e Bourgogne, xv' siècle.
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ces drageoirs, qui, par sa forme, appartient au xit' siècle *. Le couvercle enlevé était posé sur la couronne qui lo surmonte, et pouvait recevoir les petites serviettes ou touailles qui devaient accompagner ces objets, et qui servaient à essuyer les pellettes ou les doigts des personnes qui puisaient au drageoir. En A, est îracé le plan du crageoir. C'était, chez les grands, l'épicier auquel iitrombait la chai'ge fie remplir les drageoirs : « Le duc de Bourgogne (Cliarles le Hardy) « a deux espiciers et deux aides, et sont iceux esjii- iers si privés du « prince, qu'ils lui baillent, sans nuls autres appellor, tout ce que le « prince demande touchant médecine; l'espicier a|»i)orte le drageoir (( du prince, jusques à sa personne, à quelque gT;iiid feste ou estât « que ce soit, et le premier chamberlan prend le drageoir et baille « l'essay à l'espicier, et puis baille le drageoir au plus grand de « l'hôtel du duc qui là soit, et sert iceluy du drai^t'uir le prince, et a puis le rend au premier chamberlan, et le preuucr chamberlan à « l'espicier, ledit épicier délivre toutes drageries et - ontitures 2. »
Les drageoirs de la maison des ducs de Bourgogne étaient d'une extrême richesse, comme tout ce qui dépendait u.tt service de" ces princes : « Tantost après fut aporté le vin et les cs.iices, lesquelles « espices estoyent en sept dragoers, dont la plusparl estoyent de «pierreries » L'usage des drageoirs se coi'.serva jusqu'au XVII' siècle. Il en est encore question dans le.- Caquets de l'accouchée.
ÉCHIQUIER, s. m. {eschequier) . — Voyez les Jeux.
ÉGRIN, s. m. (escrin). — Voyez tome l", I'Écrinier.
ÉCRITOIRE, s. f. {escriptouère , ealemart). On se servait d'écritoires fixes (tenant au scriptionale , d'écritoires posées sur les tables et d'écritoires pendues à la ceinture, ces dernières en forme de come.
1 Manuscrits français du xv^ siècle, bibliotli. de Munich.
2 Olivier de la Marche, Estât de la maison de Charles le Hardi/.
3 Olivier de la Marche, Mémoires, liv. I. * Voyez tome I, Scriptionale.