‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 3)Chapitre 32 sur 168 · EN HK FONDU ET DORK · texte numérisé non relu

EN HK FONDU ET DORK

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(lu xif siècle. Le plan de cet encensoir est, tracé en A dans la figure 2. Les coulants des quatre chaînes ont été refaits après coup et masquent une partie de l'inscription qui remplit l'orle de la capsule supérieure. Au sommet, est représenté Salomon assis sur un trône entouré de quatorze lions. Sur les quatre gables s'élèvent les quatre patriarches emblématiques du sacrifice du Nouveau Testament, savoir : Abel, avec l'agneau; Melchisédech, avec le pain et le calice ; Abraliam prêt à immoler Isaac ; Isaac bénissant Jacob. La capsule inférieure montre, en bustes, Moïse, Aaron, Isaïe et Jérémie. Les quatre chaînes sont attachées au sommet de la tête de ces personnages. La platine de main (voyez en B, fig. 2) qui reçoit les chaînes porte les bustes de quatre apôtres. Une petite figure, qui probablement représente le Christ, surmonte cette platine et sert à retenir l'anneau terminal ^ . L'évéque de Munster, monseigneur Muller, auquel on doit la conservation de ce précieux ustensile, dans une notice fort détaillée, a donné les diverses inscriptions qui accompagnent ces figures symboliques 2. « On conviendra, ajoutait le prélat, que l'artiste du moyen âge auquel est dû cet encensoir a su résumer dans cet objet les dogmes qui constituent fessence de la liturgie, à laquelle il devait être employé. » L'observation est parfaitement juste, et c'est qu'en effet, dans les ustensiles qui tiennent à la liturgie, les artistes, au xif siècle particulièrement, savaient choisir les sujets ou symboles exactement convenables à l'objet. D'ailleurs, si la composition de fencensoir de Trêves est remarquable et le style assez bon, l'exécution en est barbare. Il n'en est pas de même de l'encensoir également de bronze coulé, ciselé et doré, qui provient d'une collection de Lille, et qui est, pensons-nous, aujourd'hui en Angkîterre. Cet encensoir date du commencement du xiif siècle et est en forme de sphère avec pied (voyez pl. XXXI). Il est de fabrication française et d'une exécution excellente Sa composition est éminemment symbolique. La partie supérieure de l'encensoir représente les trois jeunes gens : Ananias, Misaël, Azarias, sauvés de la fournaise far l'ange envoyé du Seigneur. Suivant l'Écriture, ces leunes gens entonnent le cantique dans lequel ils invitent la nature 3ntière à louer Jéhovah. Trois cercles divisent la sphère, et à leur ■encontre se trouvent les attaches et coulants des trois chaînes. Sur

' Les dessirs de ce curieux objet ont été relevés avec le plus grand soin par . Bœswilwald qui a bien voulu nous les communiquer. - Voyez les binales: archéol., t. IX, p. 358.

3 Voyez, sur cet encensoir, la notice de hhkon (Amui/es archéol., l IV, p. 298).

l'orle double qui sépare les deux capsules, ou lit les trois vers hexamètres suivants :

f HOC . EGO . REINERUS . DO . SIGNUM . QUID . MIUI . VESTRTS . EXEQUIAS . SIMILES . DEBETIS . MORTE . POTITO . ET . REOR . ESSE . PRECES . VRÂNS . TIMIAMATA . CHRISTO .

que Didron a traduit ainsi :

« Moi, Reinerus, je donne ce gage. A moi en possession de la (( mort, VOUS me devez quelques preuves semblables d'amitié. Les « parfums qu'un brûle en l'honneur du Christ sont, à mon avis, des « prières. »

La hauteur totale de cet encensoir est de 0",17. Les chaînes et la platine de main manquent.

Le moine Théophile, dans son Essai sui' divers arts indique la manière de faire les encensoirs de métal repoussé ou fondu à cire perdue ^ Ses descriptions, très-minutieuses, signalent l'importance qu'au xif siècle on attachait à ces ustensiles destinés au service religieux. Bien que les encensoirs de métal repoussé dussent être d'une moindre valeur que ceux de métal fondu sur cire perdue, Théophile orne son encensoir battu d'une quantité de détails gravés très-précieux, d'ajours délicats. Il n'est pas jusqu'à la platine de main, à laquelle il donne le nom de lis, qu'il ne décore de fleurs et d'oiseaux. Cet encensoir battu est muni de trois chaînes, tandis que l'encensoir fondu, qui représente la cité sainte, possède quatre chaînes. . " ;

Les encensoirs de métal repoussé étaient les plus communs et affectaient souvent une grande simplicité. Tels sont ceux qui sont représentés sur un grand nombre de bas-reliefs, ou qui accompagnent des statues d'anges thuriféraires des xii' et xiif siècles. Voici un de ces objets (fig. 3) qui tient à l'une des statues de la cathédrale de Chartres. Les deux capsules sont ajourées, ainsi que dans les deux exemples précédents; mais une doublure pleine (voy. en A) était fixée à l'intérieur de la capsule inférieure, pour recevoir la braise et l'encens. Cet encensoir a trois chaînes avec coulants, et la chaîne centrale fixée à l'anneau B qui surmonte le lis. Comme cela se pratique aujourd'hui, quand on voulait soulever le couvercle C pour mettre du charbon ou de l'encens dans la capsule inférieure, on

1 Cap. Lix et LX.

2 Diveraarum artium Sr.hedida . Paris, 18^3, trad. du comte de l'Escalopier

loi — [ ENCENSOIR ]

tirait sur l'anneau B. Ici les chaînes paraissent être fabriquées comme des gourmettes à section carrée , plus souples et moins sujettes à s'embrouiller que les chaînes ordinaires. Les encensoirs

(le cuivre repoussé et émaillé étaient en usage pendant le xnf siècle, et nos collections publiques et privées possèdent un certain nombre de ces objets. Plus tard les encensoirs furent composés en façon de réunions de tourelles, avec toits, petites fenêtres découpées, gables, le tout très-chargé de gravures et de détails. Ces ustensiles ayant été reproduits bien des fois, il ne paraît pas nécessaire de les donner ici ' .

• Voyez Elude sur les encensoirs, par M. l'abbé Fcrnand Pottier {Moniteur de /'archéofogue, Tou\ouse, 1766).

[ ESMOUCHOIR ] — 102 —

ESIMOUERE, s. f. Vieux mot employé pour gaufrier. ESMOUCHOIR, s, m. {flabellum, esmouchoer). Cet ustensile était

fort usité (lès la plus haute antiquité. En Orient, on le voit figuré

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