‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 4)Chapitre 27 sur 48 · PAREMENT · texte numérisé non relu

PAREMENT

« bus dudit oste-vent, afin que nous pussions mieux entendre les

« paroles que disoit Louis de Creville Et en disant ces paroles,

« pour cuyder complaire au roy, ledit Louis de Creville commença « à contrefaire le duc de Bourgongne, et à frapper du pied contre « terre, et à jurer Saint-Georges, et qu'il appeloit le roi d'Angle- « terre Blanc-borgne, fils d'un archer qui portoit son nom ; et toutes « les moqueries qu'en ce monde étoit possible de dire d'homme. Le « roy rioit fort, et lui disoit qu'il parlât haut; et qu'il commençoit à « devenir un peu sourd; et qu'il le dît encore une fois; l'autre ne « feignoit pas, et recommençoit encore une fois de très bon cœur. « Monseigneur de Gontay, qui estoit avec moy en cet oste-vent, estoit « le plus esbahy du monde »

Lorsque dans les manoirs on donnait l'hospitalité, fortuitement, à des personnes de distinction, on établissait pour leur suite des lits dans la grand'salle, et ces lits étaient séparés par des clotets que l'on posait, à la demande, comme on pose des paravents.

Derrière les lits placés de bout, c'est-cà-dire le chevet vers le mur, des clotets étaient souvent établis et formaient ainsi comme une petite garde-robe ou une ruelle contre laquelle s'appuyait le dossier du lit. On pouvait facilement cacher quelqu'un dans ces sortes de cabinets, qui, habituellement, n'avaient pas de plafond et d'où l'on pouvait entendre ce qu'on disait dans la chambre. Ces clotets étaient de menuiserie, avec portes latéralement, ou de tapisseries montées sur châssis. Dans les grand' salles des palais et châteaux, les clotets qui servaient de tambours devant certaines portes donnant sur les appartements privés, afin d'éviter le bruit, étaient quelquefois surmontés d'une tribune, où les dames se réunissaient les jours de plaids.

PAREMENT (d'autel), s. m. Table de métal, de bois, ou pièce d'étoffe que l'on posait et que l'on pose encore devant les autels des églises. Dans les premiers siècles du christianisme, les autels étaient creux, en forme de table ou de coffre, de marbre ou de pierre, de métal ou même de bois (voy. le Dictionnaire d' architecture , au mot Autel). Il était d'usage, dans l'Église latine, dès une époque fort reculée, de poser des parements devant les autels. Le pape Léon III (viiic siècle) fit don de parements de vermeil aux églises de Saint- Grégoire, de Saint-André et de Sainte-Pétronille à Rome *, Le célèbre Hincmar, archevêque de Reims, passait pour avoir donné à sa

1 Anastase le Bibliothécaire^ in Leone III.

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