HERSE
HERSE, s. f. (rWdelver). Sorte de traverse de fer, de cuivre ou de bois posée sur un ou deux pieds, ou suspendue par des potences, sur laquelle on disposait des cierges dans les choeurs, & coté ou devant lautel, devant les chasses des saints, prés des tombeaux particuliérement vénérés, dans certaines chapelles. Ge meuble est encore en usage dans les églises ; il se compose habituellement aujourd hui d'un triangle de fer hérissé de pointes verticales, en forme (if, deslinées a retenir de petits cierges.
« Entre le cheeur et le sanctuaire (de la eathédrale de Lyon), au « milieu est un chandelier 4 sept branches appelé rdéelier, en latin «rastrum ou rastellum*, composé de deux colonnes de cuivre « hautes de six pieds, sur lesquelles il y a une espéce de poutre de « cuivre de travers, avec quelques petits ornements de corniches et « de moulures, sur laquelle il y a sept bassins de cuivre avec sept « clerges qui brtlent aux fétes doubles de premiére et de seconde « classe..... A cette porte (du haut du choeur) il (Varchevéque) salue « Pune inclinaison de téte Pautel, puis étant a cété du ratelier ou « chandelier 4 sept branches, il 6te sa mitre *. »
La gravure que le sieur de Mauléon donne de ce meuble est fort grossiére; elle ne peut que nous fournir un renseignement plus précis que le texte. Nous chercherons 4 Vinterpréter ici du mieux qu’il nous sera possible (fig. 1). Les colonnes cannelées qui supportent la traverse feraient supposer que la herse de la cathédrale de Lyon pouvait appartenir au style du sanctuaire (fin du x1° siécle), dans lequel on remarque un grand nombre de pilastres cannelés. L’une des deux colonnes porte un crochet. « L’encensoir est accroché, « dés le commencement de vépres, au pilier droit du ratelier, et la « navette est au milieu de lautel. Le thuriféraire, qui doit étre sous-
! « Ordo cereorum instar rastri circa altare. Usus culture cenoman. Mss, accendantur «omnes lampades ecclesia et rastrum ante et retro.» Consuet, Mss, S, Crucis Burdegal. ante anno 1305 : « Debent portari cadavera familiarium per quatuor familiares dicti mo- «nasterii coram altari B. M, V. extra januaria ejusdem altaris, et raste//wm ejusdeni « altaris debet compleri de candelis. » (Du Cange, G/oss.)
2 Voyages liturg. en France, par le sieur de Mauléon, p. 44.
[ HERSE | — 422° — «cdiacre et en aube et rabat, sans amict, prend Vencensoi en « passanl..... a9
Les herses ou rateliers fournissaient aux artisans du moyen dge un beau programme; ils durent en profiter avec le gout qu’ils savaient mettre dans tous les objets d’un usage habituel. Les manuscrits et les vitraux reproduisent un grand nombre de ces meubles, dont il ne reste guere de traces dans nos églises.
La fig. 2 représente une herse figurée dans un des manuscrits de la Bibliothéque impériale*, dont la disposition est originale; elle parait étre de métal, sa forme ne se prétant guére 4 l’emploi d’une autre matiére, et porte sept cierges. Quelquefois les herses se composaient simplement d'une tringle fixée 4 la muraille sur deux con-
' Voyages liturg. en France, par le sieur de Mauléon, p. 46. 2 Ancien fonds Saint-Germain, n° 37, xul° siécle, Biblieth, impér.
a [ HERSE ]
soles : telle est celle que nous montre la fig, 3 '. Ge ratelier est posé . Abe ip, > ee . . : ; a coté d'un autel, et devait recevoir les cierges que les fidéles fai-
~ ( ne 2
saient brdler en grand nombre devant Vautel ou la statue de Notre-
1 Mss. des Miracles de la sainte Vierge, biblioth. du sémin, de Soissons (xiv° siécle) : « Du cierge qui descendi sus la viele au vieleeus devant lymage Notre-Dame. »
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Dame. De 1A vient le dicton, lorsque quelqu’un avait éyité un peril : « Il doit un beau cierge a lasainte Vierge. »
‘Dans le cheur de ’église cathédrale de Bourges il existait encore, au commencement du dernier siécle, ainsi que le constate le sieur de Mauléon dans ses Voyages liturgiques en France, une grande herse, dont il donne, du reste, une description assez vague : « Au
Oe
« pied du cierge, dit-il, qui briile devant le Saint-Sacrement, est une « barre de fer grosse comme le bras, laquelle soutient une petite « poutre longue du travers du choeur, sur laquelle sont trente-deux « clerges, De li jusques & Pautel il y a six grands chandeliers de « cuiyre hauts de quatre ou cing pieds we. »
Les rateliers étaient souvent posés sur un seul pita c’ étaient alors de véritables chandeliers. Beaucoup d@églises en possédaient, ordinairement a sept branches, en mémoire du célébre chandelier du temple de Jérusalem. Un assez grand nombre de ces objets nous ont été conservés ; nous avons cru devoir les classer parmi les ustenszles (voy. GHANDELIER).
Autour des tombeaux dans les églises, on plagait aussi, le jour des Morts, de ces rateliers de fer ou de cuivre, que lon couvrait de cierges. Les tombeaux élevés par saint Louis, dans léglise de Saint- Denis, aux rois de France ses pr bdécesseurs, étaient presque tous
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munis, du coté de la tte, de deux colonnettes sur les chapiteauy desquelles on dlevait poser une tringle garnie de bassins pour recevoir des lumieres. Les magnifiques tombeaux de bronze émaillé et doré qui, dans Péglise de Villeneuve, prés de Nantes, recouvraient, les sépultures des princesses Alix et Yolande de Bretagne, étaient entourés de chandeliers fixes propres 4 recevoir des cierges. Il en était de méme pour les tombeaux de labbaye de Braisne. Les vestiges de ces dispositions nous sont conservés dans le curieux recueil de Gaignéres, faisant aujourd’hui partie de la bibliothéque Bodléienne i Oxford. (Voy. le Dictionnaire d architecture, au mot TOMBEAU.)
HORLOGE, s. f. Nous ne parlons ici que des horloges meubles, non des horloges fixes, comme celles quitiennent 4 un monument et sont destinées 4 donner Vheure aux habitants d'une cité ou d’un quartier. L’usage de placer des horloges dans Vintérieur des appartements nest pas nouveau ; toutefois, jusquau xv’ siécle, ce meuble était un objet assez rare pour que Von ne le trouvat que dans des palais, des monastéres ou des chateaux. Dans Pantiquité et dans les premiers temps du moyen age, on avait déja des horloges transportables dont le mouvement était produit par Pécoulement de leau (clepsydre). En 505 ou 506, Gondebaud, possesseur du royaume de Bourgogne, recut de Théodoric, roi d’Italie, deux horloges, dont Pune était mue au moyen de Veau *. Les statuts de ordre de Citeanx parlent Phorloges meubles mues par des rouages et des poids. Plus tard, nous les yoyons mentionnées dans le Roman de la Rose :
« Et refait sonner ses orloges,
« Par ses sales et par ses loges, « A roés trop sotivement
« De pardurable movement ”.
Nous n’essayerons pas de décrire le mécanisme de ces horloges primitives ; cela devait ressembler beaucoup 4 ces coucous que Von rencontre encore dans presque toutes les maisons de paysans de notre temps. Quant 4 la boite dans laquelle était renfermé le mécanisme, elle pouvait étre plus ou moins richement décorée dle sculptures el de peintures, mais ne se composait que Wais de bois, sorte de petite armoire au milieu de laquelle se détachait le cadran ; la sonnerie
1 Hist. de Bourgogne, par dom Plancher, t, T, p. 48. 2 Vers 21288 et suiy.