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de bandelettes; la téte seule reste libre. Cet usage s'est conserve en Orient et dans le sud de V'Italie, et il ne parait pas que le développement physique des enfants ait 4 en souffrir.
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Nous n’ayons pas vu, dans Jes manuscrits, peintures ou bas-reliefs, que les berceaux des enfants fussent munis de rideaux jusqu’au
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xv’ siécle. Il est vrai que les lits des grandes personnes étaient fort vastes, entourés presque toujours d’amples courtines, et que la nuit le berceau de Venfant était mis & Vabri derriére ces courtines, qui
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enveloppaient ainsi toute la famille comme sous une tente commune. ,
BUFFET, s. m. On entendait par ce mot, pendant le moyen age, la chambre ot l’on renfermait la vaisselle, des objets précieux, tels que vases, bijoux, curiosités; on donna aussi, pendant les xtv° et xv’ siécles, le nom de buffet au meuble que l’on plagait, pendant les
Tepas de cérémonie, au milieu de Pespace réservé entre les tables en fer 4 cheval, et sur lequel on rangeait des piéces Vorfévrerie, des épices et confitures, comme sur des gradins, Le dressoir est un meuble servant au méme usage, mais ordinairement appliqué contre le mur; tandis que le buffet est isolé, on tourne autour, il pare le centre de la salle du festin. C’est surtout pendant le xv° siécle, alors que le luxe intérieur atteignit des proportions extravagantes, que les buffets furent en grand usage. A cette époque, le mot buffet indique non-seulement le meuble, mais tous les objets dont on le couvre; on dit buffet pour exprimer l'ensemble de ces décorations de fetes. Aux entrées de souverains, d’ambassadeurs, on offre un buffet, c’est-adire qu’on donne au personnage auquel on veut faire honneur un amas de vaisselle d’argent ou de vermeil contenant des rafraichissements; et, dans ce cas, le meuble et ce qu'il porte appartient audit personnage.
C’est au buffet, dans les repas d’apparat, que viennent les chevaliers, écuyers ayant la charge de servir les souverains, pour prendre les plats qui doivent étre distribués sur les tables. « En celle salle « avoit trois tables drécées, dont lune fut au bout de dessus.... Celle « table étoitplus haute que les autres, et y montoit on 4 marches de « degrés.... Aux deux costés de ladite salle, tirant du long, furent « les autres deux tables drécées, moult belles et moult longues; et « au milieu de ladite salle avoit un haut et riche buffet, faict 4 ma- « niére dune lozange. Le dessouz dudict buffet estoit clos 4 maniére « dune lice, et tout tapicé et tendu des armes de Monsieur le Duc; « et dela en avant commengoyent marches et degrez chargés de vais- « selle, dont par le plus bas estoit la plus grosse, et par le plus haut « estoit la plus riche et la plus mignote; c’est 4 scavoir par le bas la « grosse vaisselle d’argent dorée, et par lamont estoit la vaisselle « Wor, garnie de pierrerie, dont il y avoit a trés grand nombre. « Audessus dudict buffet avoit une riche coupe garnie de pierrerie , « et par les quarrés dudict buffet avoit grandes cornes de licornes « toutes entiéres, moult grandes et moult belles; et de toute la vais- -« selle de la pareure dudict buffet ne fut servi pour ce jour, mais
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« avoyent autre vaisselle @argent, de pots et de tasses, dont la salle « et les chambres furent servies ce jour’. » C’est 1a un buffet d’apparat, destiné 4 récréer la vue pendant le repas.
Voici le buffet d’usage. « Au regard du service, Madame la nou- « velle duchesse fut servie d’eschangon et d’escuyer tranchant, et de « pannetier, tous Anglois, tous chevaliers, et gens de erande maison; « et Vhuissier de salle cria : « Chevaliers, 4 la viande! » Et ainsi « ala-on au buffet la viande quérir; et autour du buffet marchoyent « tous les parens de Monsieur, et tous les chevaliers tant de lordre « que de grand-maison, tous deux a deux, aprés les trompettes, de- « vant la viande....* »
Le buffet, au moyen age, n’était donc pas, 4 proprement parler, un meuble, mais une sorte d’échafaudage dressé pour une cérémonie; il n’était décoré que par les étoffes dont il était tapissé et surtout par les objets de prix qu’il supportait. (Voy. Dressorr.)
Buffet sentend aussi comme sou/flet (voy. au Dictionnare des ustensiles le mot BUFFET).
BUSTAIL, s. m. Vieux mot qui signifie bozs de lit (voy. Lit).
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CABINET, s. m. Au xvi° siécle, on donna ce nom a une armoire montée sur quatre pieds, fermée par deux vantayx, et remplie de petits: tiroirs. Ce meuble est particuliérement en usage pendant le xvi’ siécle. On y serrait des bijoux, des objets précieux; c’est le bahut du moyen ige, dressé sur quatre pieds, ainsi que le fait remarquer judicieusement M. le comte de Laborde*. (Voy. Banut.)
CASIER, s. m. Sorte de garde-manger en forme de huche (voy. Hucuz).
CHAALIT, s. m. Vieux mot employé pour bots de lt (voy. Lit).
1 Mém. d’Oliv. de la Marche, mariage du duc Charles de Bourgogne avec Marguerite d’York. Edit. Buchon, p. 542, date 1474.
2 Ibid.
3 Gloss. et Répert., 2° partie. Paris, 1853.
CHAISE, s. f. (chatre, chaere, forme, fourme). Siége garni de bras et dossier, quelquefois de dais pendant les xtv° et xv° siécles. Nous comprehons dans cet article tous les siéges, meubles, et méme les trones, de bois ou de métal, sauf les siéges pliants, fawdestewils (voy. ce mot). Quant aux chaires de marbre et de pierre, nous les considérons comme immeubles, et nous renvoyons nos lecteurs au Dictionnaire @architecture, dans lequel ces objets sont décrits.
Il semble que, dés les premiers temps du moyen age, on ait voulu donner aux siéges une élégance et une richesse particuliéres ; il est a remarquer que, plus les meubles se rattachent 4 l'usage personnel, plus ils sont traités avec luxe. Les vétements étant fort riches, on comprendra ce besoin de mettre en harmonie avec ceux-ci les meubles destinés, pour ainsi dire, 4 les compléter. Si un personnage, vétu de couleurs éclatantes et d’étoffes précieuses, s’assied dans une chaire grossiére comme matiére et comme travail, la disparate sera trop choquante. On ne sera done pas étonné si les exemples de siéges que nous donnons ici sont, relativement aux autres meubles, dune richesse remarquable.
Les chaires étaient déja fort anciennement incrustées d'or, Vivoire, d’argent, de cuivre, composées de marqueterie, recouvertes d’étoffes brillantes, non point, comme cela se pratique de nos jours, par des tissus cloués, rembourrés et fixes, mais par des coussins et des tapis mobiles, attachés par des courroies, ou jetés sur le bois. Ces sortes de meubles étaient rares d’ailleurs; dans la piéce principale de l’appartement, il n’y avait, la plupart du temps, qu'une seule chaire, place @’honneur réservée au seigneur, au chef de la famille ou & l’étranger de distinction que l’on recevait. Autour de la piéce, on ne trouvail pour s’asseoir que des hancs, des bahuts, des escabeaux, de petits pliants, ou méme parfois des coussins posés sur le carreau. Dans les chambres 4 coucher, il y avait aussi une seule chaire et des bancs; de méme dans la salle ott on mangeait. La chaire ou chaise est toujours le iréne du maitre ou de la maitresse ; cet usage était Waccord avec les moours féodales. Si le chef de la famille recevait des inférieurs, ils’asseyait dans sa chaire, et les laissait debout ou les faisait asseoir sur des siéges plus bas et souvent sans dossiers; s’1l receyait un supérieur dans lordre féodal, ou un égal auquel il voulait faire honneur, il lui cédait la chaire. Toutefois, si ces meubles sont riches par la matiére et le travail, ils sont simples de forme pendant les premiers siécles du moyen age, se composent de mon-
tants, de traverses et de tablettes pour s’asseoir, ou parfois de sangles 1. — 6
sur lesquelles on jetait un gros coussin enveloppé de cuir gaufré ou d’étoffe précieuse.
Dans les premiers siécles, des chaires avec dossiers hauts sont peu communes; cependant des vignettes de manuscrits des 1x°, x° et 1 x1’ siécles en laissent voir quelques-uns (fig. 1)’; mais ils paraissent ¢tre des siéges ee (Vhonneur, des trones réservés pour de grands personnages. Il arrivait dailleurs que des siéges sans dossiers étaient appuyés contre la muraille, laquelle alors était tapissée au-dessus d’eux. Souvent les chaires étaient garnies de bras ou d’appuis, et le dossier ne dépassait pas la hauteur des bras latéraux, ainsi que le fait voir la figure 2°. Ces dossiers 4 méme hauteur que les bras étaient généralement circulaires et enveloppaient les reins, comme la chaise antique. Mais cependant, jusqu’au x1tr° siécle, \™ Jes chaires de forme carrée étaient parfois dépourvues de dossiers élevés, ainsi que le fait voir P exemple (fig. 3) tiré de Yancienne collection de M. le prince Soltykoff. Cette piéce
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@orfévrerie est de cuivre émaillé, fabrication de Limoges, et date
' Manuscr. 1x° siécle, n° 6-2, Bibl. impér.
eee : 5 * Jvoire, couverture de manuscr. moul., coll. de M. A. Gérente, x1° siécle. Nous avons
enlevé la figure de la sainte Vierge assise sur cette chaire, afin d’en mieux faire comprendre l’ensemble. q
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des premiéres années du xu’ siécle. Les quatre montants, dépas- Sant les bras,et le dossier, sont garnis de pommes sur lesquelles on s’appuyait pour se soulever. Ces pommes étaient eénéralement riches, soit comme travail, soit comme matiére, ivoire de cristal de roche, de cuivre émaillé ou doré. .
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Dés le xur° siécle, on employait trés-fréquemment les bois tournés dans la fabrication des chaires; non-seulement les bois tournés entraient dans la composition des montants, mais ils servaient encore a garnir les dossiers, lintervalle laissé entre la tablette et les bras (fig. 4)*. Parfois les montants postérieurs, en s’élevant au-dessus des montants antérieurs et dépassant les bras, ne servaient qu’’ maintenir des courroies ou sangles sur lesquelles on jetait un morceau
1 Du linteau de la porte de droite de l’église Saint-Lazare d’Avallon, xm® siécle.
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(Wétoffe, ainsi que le fait voir la fig. 4. La chaire était presque toujours accompagnée d’un marche-pied fixé au meuble ou libre, afin de laisser dominer le personnage assis, surtout lorsque ce meuble
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était destiné & un cérémonial, et que sa tablette, recouverte d’un épais coussin, se trouvait assez élevée au-dessus du sol :
« Par dedenz Rome fu Guillaumes li frans, « Prent son seignor tost et isnelement,
« En la chaiere lasiet de maintenant.
« Se ’1 corona del barnage des Frans.
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Les quelques exemples que nous venons de donner indiquent déja une assez grande variété dans la composition des chaires, et nous ne nous occupons que de celles qui sont mobiles, ne tenant pas 4 un ensemble de siéges comme les stalles, formes et autres meubles dépendants du mobilier fixe des églises®. Parmi ces exemples, les uns paraissent conserver les traditions du mobilier antique, comme la fig. 2 par exemple, les autres affectent des formes plus ou moins originales ; mais il ne faut pas oublier que, jusqu’a lafin du xi1° siécle, Pinfluence de Yantiquité, ou plutét du Bas-Empire, influence rajeunie,
! Guill. d’Orange, Li coronemens Looys, vers 2626 et suiy., édit. de la Haye. Jonckbloet, 1854.
2 Nous renvoyons nos lecteurs au Dictionnaire d’architecture, pour ces objets que nous considérons comme immeubles, aux mots CHAIRE, STALLE.
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pour ainsi dire, par les relations plus fréquentes avec Constantinople, laisse de profondes traces dans la disposition et la forme des vétements ; les meubles usuels subissent naturellement cette méme influence.
Au xu siécle, la modification dans le costume est sensible; elle existe également dans le mobilier. Nous voyons alors paraitre des formes sinon neuves, au moins empruntées A d’autres sources que celle de la tradition antique romaine ou byzantine. Diverses causes
* aménent ces changements : les rapports avec les populations mahométanes de la Syrie ; le développement de la richesse et de Pindustrie chez les populations urbaines , qui commengaient A manifester des gots de luxe; létablissement régulier des corporations de gens de métiers, qui allaient chercher des modes nouvelles en toutes choses, afin d’atimenter la production.
On remarquera que les chaires antérieures au xim° siécle sont assez étroites entre bras; c’est qu’en effet, jusqu’alors, bien que les vétements fussent amples, ils étaient faits d’étoffes souples, fines, et leurs nombreux plis se collaient au corps. Mais, au xr’ siécle, on se vétit d’étoffes plus roides, doublées de fourrures ou de tissus assez épais; on fit usage des velours, des brocarts, qui forment des plis larges : les vétements se collaient moins au corps, ils tenaient plus de place, produisaient des plis amples et trés-marqués; il fallut élargir les siéges et leur donner des formes plus en rapport avec ces nouveaux habits, afin qu’ils ne fussent pas froissés et que les plis pussent conserver leur jet naturel. Ainsi, nous voyons ici (fig. 5) un roi assis dans une chaire longue et étroite’, et le vétement du personnage, quoique trés-ample, dessine la forme
1 Vitrail de la cathédrale de Bourges, commencement du xuI°® siécle.
| CHAISE | — h6 — du corps; il est fait dune étoffe souple qui n’avait rien a craindre du froissement, et pouvait, sans géner le personnage, tenir avec lui
dans un espace assez resserré.
Nous venons de dire que la Syrie eut une influence sur les meubles
usuels vers le commencement du xr’ siécle. En effet, a cette epoque,
on voit dans les peintures, bas-reliefs et manuscrits, des chaires figurées qui rappellent certaines formes encore usitées dans l'Inde, en Perse et en Hgypte. Telles sont les deux chaires représentées dans les deux figures 6 et 7". Ges deux chaires, dont Pune dépourvue et autre munie de bras, ont leurs montants et dossiers de bois tournés ;
1 Dumanuscrit de la Bibl. impér., ancien fonds Saint-Germain, n° 37, xe siécle. Nous avons donné a ces copies de meubles une apparence réelle que les vignettes ne présentent que grossiérement; mais leur forme est parfaitement indiquée d’ailleurs.
— A7 — [ CHAISE ] toutes deux sont des siéges ?honneur, des trones, et les six montants de la premiére sont posés sur des lions, genre de support trés-fréquent pour ces sortes de siéges. Ces meubles n’ étaient guére transportables; ils occupaient une place fixe dans la pléce oti ils se trouvaient. Ils sont largement ouverts, et permettaient au personnage assis (le se mouyoir 4 droite et 4 gauche sans étre géné par le fae sement des vétements. Des coussins garnissaient la tablette. Les dossiers ne sont ici que des galeries 4 jour, assez peu élevées pour ne
vpas masquer les personnages assis. Ces meubles n’étaient point adossés, mais occupaient un espace libre au milieu d’une pléce; on
circulait autour, et le personnage séant pouvait voir une nombreuse assemblée dont quelques membres se tenaient a ses cotés et derriére lui. Ce sont 1a des chaires de. seigneurs féodaux placées dans la salle ‘publique destinée aux assemblées; ce sont de véritables trénes *.
Kn Italie et dans le midi de la France, les siéges @honneur de forme polygonale, avec bras et dossiers, étaient aussi fort en usage, et prennent des développements considérables : nous citerons entre autres le tréne sur lequel est assis Jésus-Christ dans une des peintures des voiites de la petite chapelle de Saint-Antonin, aux Jacobins de Toulouse (fig. 7 ds). Ce siége est trés-vaste, ses formes sont com-
' Toutes les personnes qui ont voyagé en Orient ont pu voir des meubles de ce genre, encore en usage aujourd’hui. On sait combien peu les Orientaux modifient les formes des objets usuels.
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pliquées, et il permettait de se placer dans toutes sortes de postures.
Quant aux chaires des appartements privés, elles étaient plus eénéralement garnies de dossiers élevés. C’est ainsi qu’est figuré le
siége sur lequel David est assis 4 cote de Bethsabce, ala porte de droite du portail de la cathédrale @Auxerre (fig. 8) [xiu° siécle]. Ge beau meuble se rapproche des formes actuelles, et deja il est enrichi de sculptures plates qui se mélent aux bois tournés encore employés en Orient.
Nous donnons (fig. 9) le dossier de la chaire de David, sur lequel la sculpture est prodiguée, mais de facon a ne pas offrir de ces aspérités génantes sur un meuble destiné 4 usage ordinaire.
Il ne faudrait pas croire cependant que les bois tournés fussent uniformément adoptés dans la construction des chaires du xin’ siécle, car aucune époque ne présente une aussi grande yariété de siéges, soit comme forme, soit comme matiére ou comme systéme de construction. Nous venons de voir des chaires qui affectent des dispositions particuliéres, telles que celles représentées figures 6 et 7, qui sont, pour ainsi dire, de petites estrades entourées de galeries pour servir (’appui ou de dossier ; @autres (fig. 8) qui rentrent dans les formes en usage encore aujourd’hui. Mais ces meubles sont de bois; or,
— ho — [ CHAISE | pendant le moyen age, on fabriquait volontiers des si¢ges de métal ' fer ou bronze, que Ven recouvrait de lapisseries. Sans parler des pliants (/audesteuils), tels que le trone dit de Dagobert, qui est de bronze, et tant d’autres que l’on rencontre encore dans nos églises,
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et qui sont de fer, il existait aussi des chaires de métal. Nous en avons rencontré souvent des débris jetés parmi les vieux meubles hors de service des cathédrales, et les miniatures des manuscrits ou les bas-reliefs nous en présentent souvent des exemples. Nous essayerons de réunir ces divers renseignements de facon 4 donner un modéle assez complet de ces chaires de fer, qui, du reste, étaient fort simples, que lon établissait évidemment dans le but @’obtenir des meubles légers, facilement transportables, n’étant décorés que par la dorure appliquée sur le métal et les tapisseries dont on les couvrait (fig. 10). Afin de mieux faire comprendre la construction de
ce meuble, nous supposons les tapisseries enlevées, et nous n’avons 1.—7
figuré que les sangles destinées & supporter le coussin ; la figure A
donne l’'assemblage, moitié Vexécution, des petites écharpes avec les montants et traverses.
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On remarquera que tous ces meubles ne rappellent pas, dans leur
composition, les formes adoptées dans V'architecture. Ce n’est guére qua la fin du xi’ siécle que V’on introduisit des détails @’ornementation empruntés 4 cet art dans la composition des meubles, en oubliant trop souvent cette régle si sage, conforme au bon gout, qui veut que la matiére et Pusage commandent la forme, que chaque
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objet soit décoré en raison de sa destination, Gel empiétement des détails de Varchitecture dans le mobilier produisit cependant des ceuvres dont il faut reconnaitre le mérite dexécution et de composition; d’autant plus qu’on trouve encore, malgre | opp urau principe, une simplicité pleine de grace dans ces Deere ls, et Me emploi aussi judicieux que possible de ces formes deplacees. La
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jolie chaire de pierre de Tonnerre qui existe au musée de Cluny est
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— 33 — [| CHAISE | un chef-d’ceuvre en ce genre; elle sert de siége & une Vierge, et figure évidemment unmeuble de bois de la fin du xu’ sidcle (fig. 41). Outre le coussin, une draperie est jetée sur le dossier et les bras de ce siége; cette draperie descend jusqu’a terre et se termine par une frange; le coussin servant de marchepied est posé sur le has de la
draperie. Nous donnons (fig. 12) le coté de cette chaire, moitié (Pexécution. Ce meuble figure une construction de bois; il était certainement peint et doré, comme toutes les boiseries de ce temps. | Bientét on ne se contenta pas de dossiers bas, on les éleva beaucoup au-dessus de la téte du personnage assis. Les siéges ? honneur
du xv° et méme du xvi" siécle, conservés encore en grand nombre dans les musées, présentent une foule d’exemples de chaires 4 hauts dossiers richement sculptés, décorés souvent d’écussons armoyés, et couronnés par des dentelures. La figure 13 représente une belle chaire de ce genre, qui faisait partie de la collection du prince Soltykoff, et qui date de la fin du xv’ siécle. Le siége sert de coflre, et est muni d’une serrure. Ces sortes de meubles étaient presque toujours adossés 4 la muraille, car le derriere du dossier est laissé brut. Mais c’ était 14 un meuble destiné 4 un riche personnage; tous n’étaient pas décorés avec ce luxe de sculpture. Chez les bourgeois, si la forme de la chaire était la méme, les détails de son ornementation étaient beaucoup plus simples, composés de montants et de panneaux; les chaires les plus ordinaires étaient cependant couronnées encore par une créte sculptée. L’exemple que nous donnons (fig. 14), tiré des
bas-reliefs des stalles de la cathédrale d’Amiens, reproduit une de ces chaires vulgaires, comme celles que l’on yoyait dans les appartements des marchands, des particuliers, dont ’intérieur était modeste. Ainsi qu’on peut en juger, ces derniers meubles n’étaient euere transportables, et occupaient une place privilégiée.
— 55 — | cHAR |
Les chaires, pendant le xv° siécle, étaient souvent drapées, comme la chaire du x1v* siécle représentée fig. 11, au moyen d’une grande piéce d’étoffe jetée sur le dossier, le siége et les bras. Ces draperies inémes prirent souvent la forme d’une housse, c’est-i-dire qu’elles furent adaptées au meuble de facon & le couvrir exactement. Voici (fig. 15) une chaire ainsi tapissée : la housse forme de larges plis; elle est faite @un brocart d’or avec pois rouges, et tombe assez bas pour que la personne assise puisse mettre ses pieds sur son extrémité antérieure?.
L’usage des chaires fixes 4 grands dossiers se perdit pendant le xvi’ siécle; elles furent remplacées par des meubles plus mobiles, et l'on commenga deés lors a fixer au bois I étoffe destinée 4 les garnir. Jusquw alors, comme nous avons dit, les coussins ou tapis étaient indépendants des siéges et simplement jetés sur la tablette et les bras; du moment que les chaires devenaient mobiles, il fallait nécessairement que les garnitures ’étoffe fussent clouées sur leur surface.
CHAPIER, s. m. Meuble composé de tiroirs semi-circulaires tournant sur un pivot placé au centre du demi-cercle, et servant, depuis le xvu® siécle, 4 renfermer les chapes. Cette combinaison de meuble fut commandeée par usage que l’on fit, 4 partir de cette époque, de chapes détoffes roides et ne pouvant, 4 cause des lourdes broderies dont elles étaient surchargées, supporter de plis. Jusqu’au xvi° siécle, le clergé se servait de chapes d’étoffes souples que l’on se contentait d’accrocher 4 des portemanteaux fixés dans des armoires vestiaires. Les chapiers a tiroirs semi-circulaires ont Vinconvénient, outre leur prix, qui est élevé, de tenir une place considérable dans les sacristies. Ces meubles ne peuvent avoir moins de A métres de longueur sur 2 métres de largeur : c’est la surface qu’occupe une petite chambre.
CHAR, s. m. (char branlant, charrette, chariot, curre). Les chars, carrosses, voitures, étaient en usage pendant le moyen age. Il y a lieu de croire méme que, dés Pépoque mérovingienne, il existait une sorte de service public de voitures. Childebert, voulant. s’emparer des trésors de Rauching, expédie des ordres et envoie des eens munis de lettres qui mettaient & leur disposition les voitures 1 Le Romuléon, hist. des Romains, man, xv° siécle. Bibl. impér., n° 6984. « Comment «une femme appelée Zénobie obtint l’empire, en partie, de Perse et de Syrie. » Ge meuble est donc celui d’un grand personnage.
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publiques du royaume*. Les voitures ne furent longlemps que de véritables charrettes non suspendues, & quatre roues, auxquelles on attelait des chevaux montés par des postillons. Ges moyens de locomotion furent tellement communs, qu’au xut’ siécle des lois somptuaires les interdirent aux classes moyennes’°. Les femmes nobles, les abbés, voyageaient dans des chariots; et les miniatures des manuscrits du xm° siécle nous en ont transmis un grand nombre qui tous affectent la forme d’une charrette 4 quatre roues égales de diametre (fig. 1)*, avec brancards ou timons, servie par des attelages
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accouplés ou en fléche et des postillons. Si ces voitures étaient fort simples comme forme et combinaison, elles étaient enrichies de peintures, de dorures, recouvertes d’étoffes posées sur des cercles, comme nos voitures de blanchisseurs; 4 Vintérieur, des coussins étaient jetés sur les banquettes disposées en travers. On entrait dans ces chars par derriére, comme on peut encore entrer dans nos charrettes, et souvent cette issue était fermée par des chaines ou des harres V?appui. Du reste, le coffre, jusqu’a la fin du xv° siécle, reposait sur deux essieux, sans courroies ni ressorts; et les essieux étant fixes, paralléles, il fallait s’y prendre de lom pour tourner. Grace a une grande quantilé de coussins, 4 des étoffes épaisses, on pouvait encore voyager longtemps dans ces charrettes, menées (ailleurs
' «Qui cum adfuisset (Rauching), priusquam eum rex suo jussisset adstare conspectui, « datis litteris, et pueris destinatis cum evectione publica qui res ejus per loca singula « deberent capere.... » (Grég. de Tours. Hist. Franc., lib. 1X.)
2 Gloss, et Répert., par M. le comte de Laborde, 1853.
3 Manuscr. anc. fonds Saint-Germain, n° 37, xui® siécle, Bibl. impér.
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assez doucement. Quelle que fit la naiveté de leur structure e, il est certain que les voitures des xi’ et xiv° siécles étaient fort richement
décorées. f
« Biaus fu li chars a quatre roés,
« D’or et de pelles estelés :
« En leu de chevaux atelés
« Ot es limons huit colombiaus
« Pris en son colombier moult biaus $
Ge. ta Sa SEE FI EOED)
Au xiv° siécle, Eustache Deschamps, dans son Mirouer de mariage, énumérant toutes les charges qui incombent au mari pour le mesnage soustenir avec les pompes et yrans bobans des femmes,
fait dire 4 Pune d’elles :
« Et si me fault bien, s’il vous plest, « Quant je chevaucheray par rue,
« Que j’ale ou cloque2 ou sambue 3
« Haquenée belle et amblant,
« Et selle de riche semblant,
« A las et a pendans de soye;
« Et se chevauchier ne povoye,
« Quant li temps est frés comme burre, « Il me fauldroit avoir un curre (char) « A cheannes, bien ordonné,
« Dedenz et dehors painturé,
« Couvert de drap de camocas (camelot),
« Je voy bien femmes d’avocas, « De poures bourgois de villaige
‘« Qui l’ont bien ; pour quoy ne l’arai-ge,
« A quatre roncins atelé 4? »
Il fallait done 4 une femme de qualité, au xtv° siécle, pour voyager, une haquenée, et un char attelé lorsque le temps étail mauvais :
les petites bourgeoises en usaient bien de la sorte!
Ces chars étaient généralement d'une assez grande dimension pour contenir une dizaine de personnes. La couverture était fixée sur une armature (dle bois et percée de trous latéraux fermés par des rideaux
1 Le Roman de la Rose, descript. du char de Vénus. Edit, de M. Méon (Paris, 1814),
t. IIL, p. 83.
2 Manteau.
3 Capote pour monter a cheval.
4 Poésies morales et hist. d' Eust, Deschamps, édit, Crapelet, un vol. Paris, 1832,
fe 207.
[ cuar | Ng (fig. 2)*, ou elle élail posée sur des cercles el quatre montants, se
rabattait sur les cotés ou se releyait 4 volonté (fig. 3)*. Ge dernier exemple est copié sur le beau manuscrit le Romuléon, histoire des
\ ‘ps
Romains, de la Bibliothéque impériale. Cette compagnie de dames
) ? Manuser. du x1Vv® siécle, Domest. Archit. of the middle ages, Oxford, J. H. Parker. 2 Manuser. du xv siécle, n° 6984, Bibl. impér.