‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 120 sur 253 · DONNER LE BOUGON, EMPOISONNER · texte numérisé non relu

DONNER LE BOUGON, EMPOISONNER

Boucan signifie morceau empoisonné. Dori'^ nej* le houcon est une expression que l'on employait autrefois mystérieusement , en parlant de gens que l'on n'osait pas traiter ouvertement d'empoisonneurs. Cette expression n'est plus usitée. On dit dans le même sens tmpoisonnej'y ou faire empoisonner,

BOUDERIE , fAcIJERXE, HUMEyR. Ces trois mots marquent le mécontentement que Ton a de la conduite de quelqu'un^

Ia fâcherie est un mécontentement bien ou niai fondé que l'oçi a des procédés de quelqaan, et qui affaiblit, aii moins pour quelque temps , les sentimens de bienveillance que l'on avait pour lai.

Vhumeur est un mécontentement souvent Vague qui vient plus de la disposition physique que de la raison et de là réalité. On ne sait souvent à quoi rattribael*, et on l'attribue souvent à tort et à travers.

La bouderie est un signe de fâcherie et d humeur, qui consiste à garder le silence , et a faire mauvaise mine à ceux avec lesqueb on vil familièrement.

La fâcherie éloigné des personnes contre lesquelles on est fâché; Vhttmeur fait qu'on les traite avec aigreur et sans égard ; la bouderie indique qu'on veut cesser toute familiarité avec elles.

^fâcherie peut être intérieure; Vhumeur «t la bouderie en sont les expressions.

^fâcherie est un effet de la sensibilité; y^ humeur un effet du tempérament ; la hou- ^rie ua effet du caprice.

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BOUDOIR , RUELLE. Le boudoir est un cabinet ordinairement orné et décoré où les dames se retirent quand elles veulent être seules ou s'entretenir avec leurs amis intimes.

Ruelle se disait autrefois dans le même sens.

La Harpe a relevé justement cette expression. Il y a long-temps, dit-il, qu'il n'est plus question de ruelles. Aujourd'hui nos rimeurs'galans qui font l'amour dans nos almanachs ne croiraient pas leurs vers du bon ton s'ils n'y plaçaient "pas un boudoir, et peut-être dans cent ans, si la mode change encore, le boudoir aura passé- conuue leurs vers.

BOUE, BOURBE, CROTTE^ FANGE, LIMON. Ces cinq mots désignent également une terre imbibée d'eau , mais non de la même manière.

La boue est une terré détrempée, plus ou moins épaisse , sale , noire et puante i qui se forme' dans les rues des villes et sur les chemins après la pluie.

La bourbe est un amas considérable de boue qui se forme à la suite des longues pluies , et qui s'amasse au fond des eaux croupissantes , dans les lieux bas, dans les endroits creux.

La crone est la boue qui, jaillissant par l'impression subite de quelque objet, se ré- , pand sur tout ce qui est à l'entour, et le salit.

La. fange est un amas de bourbe et de matières impures et corrompues qui ont troupi pendant long-temps , et qui est d'une malpropreté dégoûtant^.

Le limon est la terre qui a été délayée et entraînée par les eaux, et qu'elles ont ensuite déposée.

La boue se forme /des parties de terre que la pluie détache et délaie dans les lieux sur lesquels e)le tombe. La bourbe se forme par l'accumulation des boues et leur long séjour ; }si fange j^sur le long croupissement de \à bourbe mêlée avec des matières impures et corrom- • pues ; la crotte résulte dû jaillissement de la boue sur quelque objet ; le limon est le mélange de différentes terres que les fleuves, les rivières et les ruisseaux ont délayées, entraînées dans leur cours, et qu'elles ont ensuite déposées.

On marche dans la boue, et l'on fait jaillir la crotte; on enfonce dans la bourbe et l'on s'en tire avec un peu- de peine ; on enfonce dans . la fange et l'on s'en tire avec peine. Le /jmon est le dépôt des eaux courantes ;layà/?^,. le dépôt des eaux croupissantes.

BOUFFI , ENFLÉ , GONFLÉ , BOUR- SOUFFLÉ. L'idée commune à tous ces termes est celle d'une élévation, d'une extension qui

BOU

angnienfe le rolame ordinaire da corps, et qui est ou semble être caasée par l'eau, par ràir, par des humeurs , etc.

Enflé est comme le genre à Tégard desantres mots. Il se dit de tout corps qui reçoit une extension par les fluides. Un ballon est enfU par Tair qu'on y introduit; la voile est enflée par le vent; unp janibe est enflée par une hninenr.

Gonflé se dit des Corps qui sont tellement pleins qu'ils ne peuvent pas contenir une plus grande quantité de matière. Un ballon est gonflé lorsiqu'il est si enflé qu'on ne peut

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finesse ; le facétieux a l'abandon d'une humeur enjouée et d'une grande gaité ; le bouffon fait rire de tout indifféremment.

BOUGEOIR, MARTINET. Bougeoir, sorte de petit chandelier formé d'une bobèche et d'une douille fixée au milieu d'une soucoupe, au bord de laquelle il y a un anneau qui sert à recevoir le doigt, quand on porte le bougeoir. Quelquefois c'est un manche court qui tient lieu de Tannean.

Le bougeoir diffère du martinet en ce que celui-ci a le manche plus court, et que la douille n'y est pas fixée sur nue soucoupe

!^t« t T^'l ^^'^\fi'- Une jambe . une Bombée , mai, sur une surface plate, cciisse est enflée lorsau elle est nlna prmuut nn^>»\ *^

cc^isse est enflée lorsqu'elle est plus grosse qu'à Tordinaire; elle est gonflée lorsque les ^égumens sont tellement distendus qu'ils ne pourraieqt pas contenir une, plus grande quantité de matière.

Bouffi marque une augmentation des cbairs sans grande tension causée par quelque maladie , et qui donne la fausse apparence d'une augmentation d'embonpoint.

Boursoufflé se dit proprement des choses que l'on souffle pour leur donner un gros volume ; et, par analogie , de celles qui ont, avec peu de matière, tant de volume , qu'elles paraissent avoir été soufflées.

Ce qui est enflé a un volume plus considérable que son volume ordinaire; ce qui est gonflé ne peut rien contenir de plus ; ce qui est botrffi n'a qu'une apparen^^e de plénitude causée par quelque maladie \ ce qui est bour" souffla a l'air d'avoir été soufflé comme un ballon que l'on emplit d'air.

Ces mots s'emploient au figuré avec les mêmes différences. On dit un homme enfU d'orgueil:, gonfU d'amour-propre , bouffi de vanité.

En parlant du style, on dit qu'il est enflé lorsqu'on y a etoployc de grands mots et des tours pompeux pour exprimer des idées simples ou ordinaires, et qu'on a. revêtu des idées grandes et nobles par elles-mêmes d'expressions outrées qui les font paraître gigantesques. On dit que le style est bouffi lorsqu'à sort tont-à-£Bit du sujet, et qu'en affectant beaucoup de grandeur et de force, il décèle beaucoup de faiblesse et de lâcheté; oii dit.(|u'U est bouf soufflé lorsqu'il n'est rempli que de grands mots vides de sens et d'idées. On ne dit pas qu'il est gonflé.

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