CAUSER, DEVISER, S'ENTRETENIR
CAQUETER. Causer, c'est s'entretenir familièrement sur divers srjets qui se présentent Deviser^ cVst parler ei^mble en passant lég»
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rement d'an sujet k un autre, et nmqaement lans le dessein de s'amuser. S'entretenir , c'est causer ^\us on moins sérieusement, avec plus on moins d'attention sur un sujet de quelque importance. Caqueter , c'est cou^^r beaucoup, sans ordre , sans retenue, sans prudence , sans atilité, et par la seule démangeaison de parler.
On cause en société , on devise pour passer le temps agréablement ; on s'entretient pour s'éclairer on pour s'instruire ; on caqueté par désœuvrement. Les hommes rassemblés sans dessein déterminé causent ensemble. Itcs hommes qui veulent s'amuser en société devisent sur les sujets qui leur plaisent. Les hommes
occasion de manifester le blâme et le mépris, ces sentimens font le fond de son caractère ; l'esprit caustique ne laisse échapper aucune occasion de lancer des traits piquans contre les personnes; l'esprit mordant saisit toutes les occasions de témoigner contre les personnes sa haine et son acharnement.
L'esprit satirique veut blâmer et rendre ridicule ou odi^eux; l'esprit caustique veut piquer et humilier; l'esprit mordant veut déchirer et détruire*
Le mépris et l'indignation pour les vices et les travers des hommes peuvent inspirer l'esprit satirique, et il n'est pas incompatible avec la vertu. C'est toujours la malice qui in-
carieux ou qui ont des affaires à éclaircir, 1 . ^ l'esprit caustique, et il ne peut subsister i entretiennent sur les sujets qui les intéres- ^^^^ l'himumité. C'est la méchanceté et le
désir ardent de nuire qui inspire l'esprit mor->^ dant, et il est contraire à la modération et a l'honneur.
Ce qui est caustique blesse l'amour-propre et humilie ; ce qui est mordant blesse l'honneur et la réputation ; il désole, il désespère. Un trait caustique ne blesse que pour un temps ; une satire mordante laisse une plaie durable et profonde.
Horace était satirique, mais il n'était ni caustique ni mordant; s'il a quelquefois nommé les personnes, c'étaient des gens décriés et qui n'avaient plus de droit à leur réputation. Boileau était caustique et mordant, et très souvent il nomme, mortifie et avilit les gehS de lettres qui sont l'objet de ses satires. Il t&ï Un esprit est satirique , soit qu'il se borne ^^„^f^- „g par les traits qu'U lance contre eui a peindre légèrement et sans aigreur les tra- ^^^^ l'oécasion; il est moi-dant dans les passages où il s'acharne contre eux en détail et sans ménagement.
CAtTELEUX , FIN , RUSÉ. L'homme fin , par sa réserve et sa prudence , dérobe à votre pénétration ses moyens, ses vues, ses intentions ; l'homme rusé cherche à vous donner le change par des apparences fausses et trompeuses ; l'homme cauteleux se cache sous une apparence de simplicité , de franchise, de bonhommie naturelle, et tâche par là d'écarter tout soupçon de sa personne.
Vhommejln se cache, il ne veut pas paraître ce qu'il est ; l'homme rusé trompe , il veut paraître autre qu'il n'est ; l'homme cauteleux se déguise, il vent paraître le contraire de ce qu'il est.
L'homme Jîn ne veut pas être surpris ; l'homme rusé veut surprendre ; l'homme cauteleux veut séduire.