‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 158 sur 253 · CHI · texte numérisé non relu

CHI

CHICANE-, CHICANERIE. La chicane est une procédure artiflcieiise. La chicanerie est un toar de chicane, La chicane est l'action entière par laquelle on chicane ; la chicanerie est une partie de cette action. Cette chicane a duré une année entière, pendant laquelle il m'a fait tontes sortes de chicaneries.

CHICANERIE. V. Chicane.

CHICHE , LADRE. Ces deux mots se disent de celui qui n'aime pas à dépenser , qui ne dépense qu'à regret. Mais le chiche évite la dépense dans la crainte de diminuer ce qu'il a , parce qu'il y est attaché; et le ladre parce qu'il yeut amasser , et qu'en dépensant il s'éloigne de ce but^ Ladre ajoute à l'idée de chiche celle de mécontenter les personnes k qui l'on doit donner. Le chiche fait penser de lui qu'il est très attaché à ce qu'il a et qu*il ne vent pas s'en dessaisir^ le ladre fait penser qu'il a un caractère entièrement opposé à la bienfaisance et à la générosité.

CHIFFE, CHIFFON. Vieux morceaux de toile de lin, de chanvre ou de coton. Chiffon est le terme ordinaire; chiffe est un terme de manufacture. On pilonne la chiffe pour en faire du papier. On ramasse des chiffons.

Chiffon se dit aussi des choses de peu de valeur que les femmes emploient dans leur parure. Cette femme n'achète que des chiffons.

CHIFFON. V. Chiffe.

CHIFFONNER, FRIPER. C'est, en parlant des étoffes et du papier, y faire des plis irréguliers qui les gâtent et les réduisent à la valeur des chiffons. Chiffonner dit plus que friper^ Ce x\p\^9X fripé a quelques plis irréguliers; ce qui est chifonné est tellement gâté par une multitude de petits plis irréguliers, qu'il ne peut plus être employé décemment.

CHIMÈRE, ILLUSION. Ces deux mots ont rapporta une sorte d'erreurs produites dans^ l'ame par l'altération des facultés ou par la fausse combinaison des idées.

Villusion est une exaltation , une fascination des facultés du corps ou de l'ame, qui fait voir ou apercevoir les objets autrement qu'ils ne sont.

La chimère est un objet formé par l'imagination , qui n'a d'existence que dans l'imagination, et qui nous occupe agréablement par l'espoir trompeur des avantages que nous pouvons en retirer, ou qui nous rî'fraie par les vaines terreurs qu'il nous inspire.

Villusion est un état pendant lequel on est trompé. La chimère est un état fantastique par lequel on s'en impose à soi-même. On est dans Villusion, on n'est pas dans la chimère.

Il y a les illusions des sens, les illusions de

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l'esprit, les illusions du cœur. La chimère n^' partient à la seule imagination.

Les illusions sont produites par de fausses apparences qui souvent séduisent par lears attraits; les chimères sont formées par de fausses opinions qui entraînent dans de fausses conséquences.

On chérit ses illusions,' on a*y abandonne, on s'y complaît, on en jouit déUciensement jusqu'à ce que l'expérience les ait dissipées ; on s'attache à ses ehimères, on s'en rq»ait, on s'en occupe péniblement jusqu'à ce que la raison en ait détrompé.

Les illusions disent quelque chose de présent, d'actuel, de positif; elles produisent immédiatement le plaisir qu'elles promettent; les chûhères disent quelque chose de vague, d'incertain, qui semble toujours fuir à mesare qu'on le poursuit, et qui écliappe au moment où l'on croit le saisir.

Le monde est plein d'illusions qui nons détournent de nos devoirs; les imaginations ardentes se forment aisément des chimères qai les occupent aux dépens de leur bonheur.

CHIMIE. V. Alchimie.

CHOIR. V. CHEom.

CHOISIR. V. Adopter.

CHOISIR, PRÉFÉRER. Choisir c'est prendre une chose au lieu d'une autre; préférer c'est mettre une chose au-dessus d'une autre. Qui choisit, dit-on proverbialement , prend le pire; qui préfère la vie à l'honneur met la brute au-dessus de l'homme.

Le choix a pour objet l'usage on l'emploi de la chose. On choisit un livre pour le lire , un logement pour l'occuper, une profession pour l'exercer , un maître pour prendre ses leçons. La préférence n'a par elle-même d'antre objet que de marquer les rangs ou les degrés de mérite de la chose. On préfère un livre à un antre que l'on juge moins bon , un logement à un autre qu'on trouve moins commode, une profession à une autre qu'on estime moins convenable , un maître à un autre qu'on croit moins habile. Le choix indique des vues pratiques; la préférence n'annonce proprement qu'un jugement spéculatif. Louis XIV choisit le séjour de Yersailles. Boileau préférait Racine à Corneille. On choisit une chose, lorsqu'on veut la' prendre; on la préfère à une antre, lorsqu'on ne fait que juger de ses qualités.

Voilà pourquoi le choix est bon on mauvais, et la préférence juste ou injuste.

Le choix est bon ou mauvais, selon que l'objet est ou n'est pas propre à remplir sa destination et Tos vues; la préférence est juste

CHO

CHO

on injuste , selon qne l'objet a, on n'a pas pins de mérite oa de valeur qu'un antre.

Le choix suppose la délibération. On choisit une chose entre plusieurs autres , parce qu'on lui trouve les qualités requises pour remplir un objet. La préférence annonce la comparaison formelle. On préfère une chose à tontes les autres, parce qu'on lui trouve le mérite supérieur propre à la faire distinguer. Vous dites qu'on a choisi an tel général, lorsque vous ne le considérez point au milien de ses concnrrens ; lorsque vous le représentez entouré de rivaux et triomphant, vous dites qu'on le préfère.

On choisit Virgile on Massillon pour modèles; on les préfère à Homère et à Bourdalone. Vous choisissez une retraite agréable et tranquille , un ami sincère et sûr , une compagne modeste et laborieuse. Vous préférez la vraie monarchie à la république, le service de la patrie à celui de la cour, l'obscurité paisible où l'on vit pour soi , à l'état de dissipation on l'on ne vit ni pour soi , ni pour les autres.

On choisit des conseillers sages et habiles ; et Ton préfère ensuite ses propres avis à leurs conseils.

n n'y a point de choix entre des objets parfaitement semblables, il n'y a pas à délibérer, on prend au hasard. Il n'y a pas lieu à la préférence entre des objets toift^-fait disparates , on ne les compare pas ; vous les laissez à leur place.

Le plaisant projet , dit Boileau , du poète qai, de tant de héros, va choisir Childebrand ! N'es-tn pas honteux , dit Sophocle à un indigne concurrent couronné, d'avoir été préféré à Sophocle ?

Cette femme, dit La Bruyère, qui par sa beauté, sa fierté ^ ses biens, semble attendre nn héros ponr la charmer, a déjà fait son choix; c'est un petit monstre qui na point d'esprit. Ce Spartiate , jaloux de servir sa patrie dans nn poste distingué, voit une foule de ses émules emporter sur lui la préférence; c'est une grande joie pour lui que sa patrie ait trente citoyens meilleurs que lui.

Voilà pourquoi l'amour ne choisit pis , mais préfère. L'amour ne délibère pas , il ne balance pas , il n'est pas volontaire et libre , il ne choisit donc pas; mais en comparant son objet avec tout autre , il le trouve incomparable, il le met aa-dessns de tout , il lui sacriiierait tous les antres, \\ préfère.

Le choix est un acte de la volonté , et un «xercice de la liberté; la préférence est un vrai jugement entre des parties , et l'nsage d'une faculté , d'une volonté quelconque. Il

n'y a point de choix à faire quand on n'est pas libre ; on n'en fait pas quand on ne veut rien. Il n'y a point àe préférence à donner où il n'y a point de concnrrens qui se la disputent ; on ne donne point de préférence si l'on n'a pas ou si l'on ne s'arroge pas le pouvoir de juger entre eux.

Nous disons faire an choix et donner la préférence. Le choix se réfléchit vers nous ; la préférence s'arrête sur l'objet. Paj le choix , nous faisons une emplette « une acquisition , une chose qui nous est favorable, nous faisons notre propre affaire. Par la préférence nous attribuons, nous accordons un avantage à l'objet; il obtient, il reçoit cet avantage, cet honneur. Voilà pourquoi nous faisons un choix, et nous donnons \sk préférence.

CHOISIR ENTRE, CHOISIR PARMI, CHOISIR DE. Ces trois expressions désignent différentes vues de l'esprit. Choisir entre plu« sieurs suppose que la chose choisie a plus frappé que les autres ; choisir parmi plusieurs suppose une comparaison faite de plusieurs choses ; choisir de suppose un examen rigoureux et un choix qui marque une préférence.

On dit choisissez des deux.

CHOISIR, OPTER. On opte en se déterminant pour une chose , parce qu'on ne peat les avoir toutes. On choisit en comparant les choses , parce qu'on veut avoir la meilleure. L'un ne suppose qu'une simple décision de la volonté, ponr savoir à quoi s'en tenir ; l'autre suppose un discernement de l'esprit- .pour s'en tenir à ce qu'il y a de mieux. Entre deux choses parfaitement égales, il y a à opter, mais il n'y a pas a choisir. On esT quelquefois contraint dHopter, mais on ne l'est jamais à choisir. Nous adoptons que pour nous , mais nous choisissons quelquefois pour les autres. On p^t opter sans choisir, • il n'y a qu'à suivre le hasard ou le conseil d autrui: mais on ne peut choisir sans opter, quand on choi" sit pour soi. Lorsque les choses sont à notre option, il faut tâcher d'en faire un bon choix.

CHOISIR, ÉLIRF. Elire se dit de plusieurs personnes qui , à la majorité des voix , en choisissent une prise dans leur sein ou hors de leur sein , ponr remplir une place ou exercer une fonction, quelconque. Choisir se dit d'une seule personne , qui prend une personne on une chose entre plusieurs personnes ou plusieurs choses dont elle a le choix.

CHOISIR , FAIRE CHOIX. Choisir se dit ordinairement des choses dont on veut faire usage ; faire choix se dit proprement des personnes qu'on veut élever à quelque dignité , charge ou emploi. Choisir marque plus partie

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coUèrement la comparaison qu'on fait de toat ce qui se présente , pour connaître ce qui vaut le mieux et le prendre ; /aire choix marque plus précisément la simple distinction qu'on fait d'un sujet, préférablement aux autres.

CHOQUER, HEURTER. Choquer et heurter expriment le coup plus ou moins fort que se donnent deux corps en se rencontrant, de manière qi>'ib se poussent et repoussent, ou que l'un pousse l'autre. Mais heurter, c'est choquer rudement, lourdement , impétueusement , violemment. Le choc peut être léger; il n'en est pas de même du heurt * On choque les ▼erres à table; 8>^i\s se heurtaient , ils se briseraient. Un vaisseau s'entrouvre en heurtant contre un rocher ; il aurait souffert moins de dommage s'il n'eût fait que choquer contre.

Un objet nous choque la vue , un son nous choque l'oreille ; nous ne dirons pas pour désigner cette impression purement désagréable, que le son on l'objet nous heurte l'oreille on la vue. Des troupes qui se choquent préludent au combat ou le commencent ; lorsqu'elles se heurtent , le combat est rude et violent au premier abord. Tous choquez par mégarde votre voisin; un crocbeteur qui va brutalement vous heurte. On ne choque pas à nne porte , on y heurte, on y heurte eu maître; il faut frapper fort pour être entendu^ An figuré un , homme se choque de tout, la moindre chose le choque, on n'est par Aeurfe d'un rien, on ne se heurte pas

Le sens figuré dece terme conserve toujours la même différence. Il n'y a- qu'à désobliger à un certain point une personne, la traiter de façon à lui déplaire fort , même sans le savoir, pour la cholpier; si vons allez Toffenser grossièrement, la blesser grièvement , la choquer rudement, vous la heurtez. On choque, on heurte lai raison, le sens commun, les bienséances, l'honnêteté, etc.; on les choque -psir des actions on des discours qui leur sont on semblent leur être fort contraires; on les heurte lorsqu'on les fronde , qu'on les brave, qu'on leur insulte, qu'on les^ attaque de front, directement, durement, sans ménagement, sans égard. Avec de la finesse, des tournures, des adoucissemens , vous choquez celui que vous ne voulez pas heurter.

L'homme singulier dans ses habits ou dans son langage vous choque, parce qu'il s'écarte dti langage commun , et qu'il parait extraordinaire ; mois il ne vous heurte pas, car il ne vous attaque pas personnellement, il ne s'adresse même proprement à per.sonnc. Le nlisantbrope, au contraire , qui blâme, fronde, rompt en visière à tout le genre humain, k€W(e en eifet son siècle, le traito oyec one

grande dureté, le combat mdemeiit. Mais s'il choque l'homme à son air , il ne le heurte pas; puisque, contre^on caractère, il biaise an lieu de lui dire nettement et brusquement son avis.

Dans les Femmes savantes, Philaminte,.

choquée du mauvais langage de Martine, veat la chasser pour le crime d'avoir heurté les fondemens de tontes les sciences, la grammaire qui régente jusqu'aux rois.

Yous êtes choqué d'une censure détournée; une apostrophe personnelle vous heurte. Le malin vous choque adroitement; le hraul vous heurte grossièrement. L'air impertinent vous choque , une impertinence vous heurte.

Prenez garde de heurter d'abord celui qae vous voulez mener ; gardez-vous bien de cho' quer celui que vous voulez ramener. Si jamais il faut éviter avec le plus grand soin de heur' ter les gens, c'est lorsque vous avez à leor dire une vérité qui choque.

Tel homme qui heurte tout le monde ne souffre pas qu'on le choque. Tonte affectation choque, toute personnalité heurte, Lorsqae dans la dispute les parties se choquent, elles finissent par se heurter. L'amour-propre assex délicat pour se choquer sans motifs, est le même amour-propre grossier qui nous heurte sans raison.

Il faut combattre les opinions sans choquer les personnes; si vous prenez à tâche de combattre les opinions de quelqu'un , vous le heurtez. Pour ne pas choquer les usages, on heurte la décence et les bonnes mœurs.

I Au fignré , choquer indiquera peiue que la personne choquée éprouve parle choc; heurter n'exprimé que Taction de celui qui heurte. Ainsi l'on dit qu'une personne se choque, et non pas qu elle se heurte. ( Extrait de Rou- BAUD. ) Y

CHRONIQUES. V. ANECDOTES. v

CHUTE. V. Abaissement,

CHUTE D'EAU. Y. Cascade.

CIEL, PARADIS. Nous employons fîgarément ces deux termes dans le style religieux, pour désigner le lieu où les justes se réunissent à Dieu dans l'autre vie. L'élévation , la sublimité, c'est tout ce que l'on considère dans le ciel; le mot paradis signifie unjardin planté d'arbres fruitiers. Le paradis terrestre a .suggéré l'idée d'un paradis spintuel.

Le ciel est le séjour propre de la gloire ; le paradis celui de la béatitude. Bourdaioue , a la tête des prédicateurs , nous prêche la gloire du ciel, e% le bonheur des élus ou le P^' radis.

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Le ciele^t le tabernacle, le temple, le trâne de U divinité ; là , les saints voîentDieufaceà face, le contemplent , l'adorent et le glorifient. he paradis est rhéritage, la patrie, la cité des bienheareux ; là , Dieu verse sur les élus des torrens intarissables de biens, de plaisirs, de volqptés , de délices ineffables. C'est Dieu qai fait le ciel, c'est le bonbear céleste qui fait le paradis. Le paradis est dans le cieL

Dans les tableaaxde la religion, le ciel et sa gloire sont représentés sous les symboles de royannuK, de conquête, de palmes, de couronnes, etc.; le paradis et ses douceurs, sous les emblèmes de source d'eau vive , d'arbres et de fruits de vie , de torrens de voluptés, d'ivresse délicieuse. Il faut combattre pour gagner le ciel, la couronne de gloire y attend le vainqueur; il faut vivre saintement pour obtenir \e paradis, la récompense des bonnes mœurs y est tonte prête.

Le ciel est plutôt opposé par les grands prédicateurs à la terre, même lorsqu'il est considéré comme récompense ; et le paradis à l'enfer. Us nous peignent la beauté, la magnificence, l'incorruptibilité, l'immutabilité , l'éternité du ciel, en opposition avec l'obscurité, la bassesse; la fragilité, la corruption, l'instabilité d« la terre> ils mettent en contraste la paix, l'harmonie, les joies, les délices pares du paradis , et le trouble , la confusioii , les tourmens , le désespoir de l'enfer. (Extrait de RouBAUD. )

CILIEMENT, CLIGNEMENT, CLIGNO- TEMENT, CesT trois mots se disent des cils et des paupières. On appelle cillement un mouvement vif et alternatif des panpières^ui est tantôt volontaire et tantôt involontaire.

Le clignement est un froncement des deux paupières qu'on tient volontairement à demi rapprochées Tune de l'autre, soit pour regarder un objet plus fixement, soit ponr empêcher l'œil à demi fermé d'être blessé par un très grand nombre de rayons. Le clignement est toujours volontaire.

Le clignotement et un mouvement involontaire et continuel des paupières.

CIME, SOMMET, COMBLE, FAItE.

Ces quatre mots désignent le haut ou la partie supérieure d'un corps élevé.

La cime est la partie la plus haute d'un corps très élevé terminé en pointe et qui semble s'élancer dans les airs. La cime d'un arbre, d'un rocher, d'un clocher, d'un coi-ps pyramidal.

Le sommet est la partie la plus élevée d'une cbose, abstraction faite de sa forme et du plus on Bioins d'élévation. Le sommet d'une montagne ,

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d'un rocher ; le sommet de la tête ; le sommet d'un angle.

La cime est un sommet , parce que c'est la partie la plus élevée de la chose. Il prend le nom de cime lorsque son élévation est très considérable -et qu'il est terminé en pointe. Le sommet n'est pas une cime , quand l'élévation de la chose n'est pas considéoable , et qu'elle n'est pas terminée en pointe.

' La cim^ a rapport à l'élévation et à la forme; le sommet à la base.

Quoique la base de certains arbres qui s'élèvent très haut ne soit pas fort étendue, leur partie supérieure ne s'appelle pas moins cime, parce qu'on ne la considère que relativement à son élévation et à sa forme. Si l'on .considérait cette même partie supérieure comme soutenue par les parties inférieures, on l'appellerait sommet. On mesure un arbre depuis le pied ou la base jusqu'au sommet.

Cette montagne a tant d'élévation , depuis sa base jusqu'à son sommet.

La cimje et le sommet se disent également et des corps naturels et de ceux qui sont l'effet de l'art. La ciine d'un arbre , la cime d'un clocher; le sommet d'une montagne , le sommet d'un édifice.

Comble est un terme d'architecture qui indique un sucroît qui s'élève comme une vonte par dessus les côtés ou les supports ; c'est la partie la plus élevée , la dernière partie que l'on ajoute à l'édifice lorsqu'il est élevé, c'est la borne de l'élévation.

Faite est aussi un terme d'architecture , c'est une partie du comble ; c'est la plus haute pièce du comble , le dernier terme de l'élévation de la chose.

Comble ne se dit point des corps naturels ; on ne dit pas le comble d'an arbre , le corn» ble d'une montagne, parce qu^ le mot comble emporte l'idée d'achèvemept , et qu'on n'achève pas un arbre , une montagnev Mais on dit le faite d'un arbre , le faite d'une montagne, parce t^Mt faite n'exprimant que le dernier degré d'élévation, rien n'empêche d'appliquer ce mot à un arbre ou à une montagne.

Le sommet est la partie la plus haute ou l'extrémité supérieure d'un corps étendu en hauteur, considérée relativement à la base de ce corps ; la citne est le sommet ajgu d'un corps très élevé; le comble est la dernière construction que l'on fait à la partie supérieure d'un édifice pour l'achever; le faite est le dernier terme de Télévationde la chose.

La cime suppose une grande élévation ; le sommet , une élévation quelconque; le comble , le placement des (ierniers matériaux qui

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terminent l'onvrage ; \t faite , des degrés' oa des rangs différens.

Le sommet est opposé à la base , la cim^ ^ux parties inférieures , le comble au fond , le faite au rang le plus bas.

, / Au figuré , le sommet est toujours le plus

haut point de la chose; \e faite le plus haut rang établi on connu auquel on parvienne ; le comble, le plus haut période auquel il paraisse possible d'atteindre. Cime ne s'emploie plus au figuré.

Il n'y a rien au delà du sommet ; il n'y a rien d'aussi élevé ou de plus élevé que le faite ; il ne peut y avoir rien au-delà on audessus du comble.

CIMENTER, CONSOLIDER. Ces deux expressions signifient rendre une chose durable , solide. Cimenter a plus de rapport aux parties et à leur liaison ; consolider en a davantage à la chose entière relativement à sa ■constitution. On cimente la paix par des mariages , par des alliances ; on la consolide, par des garanties. La paix est cimentée , lorsque les parties sont réunies et disposées à rester en bonne intelligence ; elle est consolidée si elle ne peut être rompue sans de grands désavantages et de grands dangers de part et d'autre.

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