COU
verses modification^ mie espèce de langage qu'on appelle le langage des yeux* Il y a des regards doux, farieax, agités, inquiets, tendres, passionnts , timides, audacienx ; chaque passion a son regard, et le regard prend tontes sortes de caractères. L'expression des sensations , dit J.-J. Ronsseaa , est dans les grimaces; l'expression des sèntimens est dans les regards.
Le coup d'œil est un tv^at^/ fugitif et qu'on - jette comme en passant , soit pour regarder légèrement un objet, soit ponr avertir quelqu'un de cesser de faire ce qu'il fait ou de dire ce qu'il dit, ou de commencer à dire ou à faire quelque chose.
Li'œillade est un coup d'œil on un regard jeyé comme fartivement avec dessein et avec une expression marquée qui est toujours prise en bonne part.
U y a toujours dans Vœillade une intention et un intérêt visible. On jette des œillades amoureuses , animées , d'approbation, etc. On donne un coup d'œil pour voir en gros; on jette un coup, d'œil à dessein ou par basard , et il y a des coups d'œil très expressifs. Les rçgards se jettent, se lancent, se fixent sur les objets; ils forment l'action propre de la vue.
Les passions dissisnnlées jettent des œillades; la légèreté jette un. coup d'œil vain; la fierté lauce un coup d'œil dédaigneux : tout se peint dans les regards.
Œillade ne se dit qu'au propre et dans le style familier. Dans le style soutenu on dit coiip d'œil' pour œillade. Coup d'œil se dit au figuré comme regarda
COUP DE THÉÂTRE, SITUATION. (Poésie dramatique.) Dans la poésie dramatique on appelle situation un moment de l'action théâtrale où , de la seule position des personnages , résnltepour les spectateurs un saisissement de cittinte ou de pitié , si la situation est tragique; de curiosité, d'impatience ou de maligne joie, si la situation est comique.
Il est aisé de ne pas confondre les coups de théâtre et les situations ; l'un est passager et à le bien prendre n'est point une partie essentielle du drame, puisqu'il serait facile d'y suppléer; mais ïa situation sort du sein du sujet . et de l'enchaînement de quelques incidens, et par conséquent s'y trouve beaucoup plus liée à l'action. ( Encyclopédie, ) ^
COUPELLE, SCORIFICATOIRE. Ces deux mots sont presque synonymes en docîmastique. Toute la différence, c^est que le scorificatotre demande pour sa composition une matière plus compacte et plus tenace que celle de la coupelle.
COUPLE, PAIRE. On désigne aia«i deux choses de même espèce jointes ensemble, mai»
avec des différences qu'il faut remarquer.
Couple est tantôt masculin^ tantôt féminin.
Couple féminin se dit de deux choses de même espèce mises (iBÂlentellement ensemble sans aucun autre rapport que celui d.e cet assemblage ; une couple d'oeufs , une cou^tle de serviettes. Il ne se dit point des choses qui ne peuvent se transporter» On ne dit pas une couple de terres, une couple de royaumes.
En parlant des animaux on dit une couple quand on ne veut exprimer que le nombre sans aucun autre rapport ; une couple de pei> dreaux , une couple de bœufs.
Couple masculin se dit de deux personnes unies ensemble par amour ou par mariage, ou seulement envisagées comme pouvant former cette union ; et il se dit de même de deux animaux unis pour la propagation.
Ainsi , en ce sens , une couple est composée de deux individus de la même espèce mâle ou femelle, et un cou/^/e suppose nécessairement un mâle et une femelle; un couple de pigeons estsuffisantpour peupler une volière; une c uple de pigeons n'est pas suflisante pour le diner de six personnes.
Paire se dit de deux choses de la même espèce mises ou jointes ensemble pour un usage particulier auquel elles concourent ou doivent concourir. Une paire de bas, de souliers, de bottes, de pistolets, etc. On dit aussi une paire de ciseaux, de lunettes, de pincettes, etc., parce que les ciseaux, les lunettes, les pincettes, etc., sont composés de deux choses réunies en une seule pour concourir au même usage. Par la même raison on dit une paire de bœufs, lorsqu'on considère deux bœufs comme concourant ou devant concourir ensemble à tirer la charrue ou la charrette; et on dit une couple de bœufs lorsqu'on ne considère que le nombre. Un boucher acbète une couple de bœufs parce qu'A en veut deux; et un cultivateur achètera une paire de bœufs, parce qu'il les destine à labourer ou à tirer ensemble. . DE COUR , DE LA COUR. Ces deux expressions, ditBeauzce, qui servent à qualifier, par rapport à la cour , ne doivent pas être confondues ni employées indistinctement.
De. cour est un qualificatif qui se prend en mauvaise part, et qui désigne ce qu'il y a ordinairement de vicieux et de répréhensjble
dans les cours.
Un homme de cour est un homme souple et adroit; mais faux et artificieux, qui, pour en venir a ses fins, met en usage tout ce qui se pratique dkns les cours dès princes contre les règles dé là probité et de U droiture. Ua
cou ( 3i
liômine «fe la éouh «st sirapl^ment nn homme attaché anprès du prince , ou par sa naissance on par son emploi.
Une femme ih la cour y est fixée par sa naissance on par son ét^;^nne femme de cour est une femme d'intri^Mjfui n*est pas d'ordinaire nne fort bonnéte personne , etc.
Il me semble qne Beauzée s'est trompé dans cette explication.
De cour ne se prend pas toujours en man- Taise part , et ne désigne pas ce qn'il y a ordinairement de vicieux et de répréhensible dans les cours. Il signifie seulement qui vient de la cour, . qui est usité à la cour , qui a rapport à la cour. Une robe de cour, une parure de cour, ne signifient pas une robe, nne parure ridicule. Un air de cour est nn air noble et majestueux; des airs de cour sont des airs dégagés , insinuans , polis , flatteurs.
Un homme de cour ne signifie pas toujours un homme souple, adroit, faux et artificieux; ce caractère est plutôt celui de l'intrigant de société.
n y a dans les cours de bonnes qualités et des vices dorainans; on appelle homme de cour celui qui a les unes ou les autres , distinction qui doit éti e marquée par les circonstances du discours. À la cour, on est ordinairement aflable, insinuant, poli, prodigne de promesses et de coraplimens, et je dirai ne craigne;? pas de vous présenter devant cet homme , il ne vous recevra pas grossièrement, il ne vous traitera pas rudement, c'est nn homme de cour. Mais parce qu'il arrive souvent que les hommes de cour ne tiennent pas les promesses qu'ils font, et qu'ils trompent par défausses apparences, les gens qui s'adressent à eux , je dirai du même homme ne comptez pas trop sur ses promesses, c'est un homme de cour. Dans le premier exemple , homme de cour est pris en bon^e part; dans le second, il est pris en mauvaise part , ce que les cir* constances du discours indiquent dans l'un et l'antre cas. '
Une femme de cçur est une femme qui a les usages, les airs, les habitudes de la cour; ce n est pas toujours une intrigante.
COURAGE. V. Coeur, Br A vouRB, Valeur.
COURBER. V. Cambrer.
COURBURE. V. Arcuatiow.
COURIR , COURRE. Courre est un verbe actif; c'est poursuivre quelque chose pour l'attraper. Courir est an verbe neutre; c'est aller fort vite pour avancer chemin.
Courre estnn terme de chasse et de marine.
Courre le cerf, courre la bouline. On dit aussi -'Ourre la bague; partout adleurs <)a dit courir, »«*/7ra toutchride.