DEN
Jjtê denrées sont les subsistances considérées sons le rapport du commerce journalier qu'on en fait , et qui sç vendent couramment en argent.
Les 'Vivres sont les espèces de subsistances qui noos font Tiyre, c'est-à-dire qui alimentent et reproduisent , pour ainsi dire, chaque jour notre yie par la nourriture.
Les blés f les bestiaux , font partie des subsistances; le pain, la viande sont Aes denrées dans le commerce ; le pain , la viande , sont des *vivres dans Tusage journalier.
Le mot de subsistances a quelque rapport à la prévoyance , celui de denrées à la police , celui de vivres aux besoins présens. /
Il faut amasser des subsistances pour faire sahsister une armée , une grande ville ; il faut qae les denrées soient en abondance dans les marchés, et à un prix modéré , pour que le particulier puisse y atteindre ; il faut que les 'vivres ne manquent pas un seul jour , pour que les hommes puissent se nourrir.
Un pays est fertile en subsistances ; un marché est pourvu de denrées ; une place est approvisionnée de vivres.
Le cultivateur procure toutes les suhsis~ * tances ; le marchand débite les denrées ; le pourvoyeur fournit des vivres que Tart apprête.
Les subsistances , comme les vivres , ' ne se prennent qu'en gros; ces mots n'ont point de singuliei*; maison dit une denrée ^ -parce que la denrée est considérée isolément.
n y a plusieurs espèces de subsistances , selon qu'elles servent à nourrir , à vêtir , à chauffer , à éclairer, à conserver. Il y a de même diverses espèces de vivres. Les subsistances et les vivres peuvent se diviser physiquement dans le commerce ; mais elles ne peuvent se diviser relativement à leur objet , parce qu'une partie ne sufiit pas pour faire subsister ou pour faire vivre , mais que toutes les parties dpivent y concourir.
DENSE, ÉPAIS. Ces deux mots ont rapport à la quantité relative de matière qui est dans un corps.
Dense est un terme de physique. Épais s'emploie dans tous les styles,
Le resserrement ou le rapprochement des parties forme la densité., Tépaisseur. On dit en physique qu'un corps est plus dense qu'un autre , lorsqu'il contient plus de matière sous un même volume.
Épais se dit proprement en parlant d'un corps compacte, pour indiquer la profondeur ou l'espftce qu'il olXra d'aae aurlace à l'autre^
Cette planche est épaisse d'an poOM | ee tnat est épais de deux pieds.
Dense indique dans un corps la gravité ou la pesanteur delà masse comparée avec le volume. L'or est plus </enie que l'argent ^ le chêne que le sapin. Avec le même volume , un lingot d'or pèse l>eancoup plus qu'un lingot d'argent.
Epais est l'opposé de mince ; dense , l'opposé de rare.
Nous disons quelquefois un bataillon épais, pour dire un bataillon dont les soldats sonl^ très rapprochés les uns des autres ; une foret épaisse, pour dire une foret dont les arbres sont très rapprochés les uns des antres. C'est dans ce sens sur-tout qvL épais est synonyme de dense , avec cette différence que dense ne se dit que des masses ^ et épais des choses distinctes pressées les unes contre les auti'es.
On dit an figuré un homme épais, par opposition à un homme àkhé. Dense ne se dit qu'au propre.
DENT.V. Alluchoit.
DENTÉ , DENTELÉ. Denté se dit des machines qui ont des pointes que l'on nomme ) dents. Une roue dentée. Dentelé se dit de ce qui est façonné en forme de dents. On appelle en botanique , feuilles dentelées celles dont les bords ont des échancrures qui forment d^ espèces de dents,
DENTELÉ. V. Dewtk.
DÉNUÉ, DÉPOURVU. Ces deux mots ont cela de commun qu'ils indiquent une privation; mais dénué indique une privation absolue qui tombe uniquement sur la personne ou la choi^e qui l'éprouve; et dépourvu, une privation relative à quelque action , à l'exerciôe de quelque faculté. Un hompie dénué d'esprit, de bon sens, de raison, est un homme qui manque absolument de ces facultés; un homme dépourvu d'esprit, de bon sens, de raison , est un homme qui n'est pas assezpourvu de ces facultés relativement à quelque action , à quelque opération , à quelque con* dttite , qui exigent ces facnltés à un certain degré. On dira c'est un homme dénué de talens qu'on ne peut employer à rien ; et , c'est un homme dépourvu de talens qui ne pourra jamais remplir une place un peu importante.
J.-J. Rousseau a dit de l'enfant dépourvu de toute moralité dans ses actions , il ne peut rien faire qui soit moralement bon. L'enfant n'est pas dénué de toute moralité, car il ena le germe qui se développera dans la suite , mais il en est dépourvu parce qu'il est privé de son exercice , et que cette privation le rend pour le moment incapable de diriger sea^
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actions d*ane certaine manière. C'est par la même raison que J.-J. Rousseau a dit aussi, nous naissons dépourvus de tout, nous avons besoin d'assistance. Nous ne naissons pas dénués de tout , car notre privation n'est pas absolue, et nous sommes environnés d'êtres qui prennent soin de nous assister : un enfant abandonné dans une île déserte par une mère barbare , est dénué de tout.
Dénué inappliqué fort à propos à ce qui est propre, naturel, ordinaire à l'objet, comme le vêlement au corps; dépourvu se rapporte particulièrement à tout ce dont on a besoin on coutume d'être pourvu, de se pourvoir , de se prémunir, de se précantionner.
On . est dépourvu de raison quand on n'en a pas assez. Comment avez-vous pu confier vos affaires à un bomme dénué de raison ? Il faut être bien dépourvu de raison pour s'abandonner à une telle conduite.
Un bomme ricbe peut être dépourvu d'argent, lorsqu'il a négligé de s'en pourvoir en assez grande quantité pour un voyage ou pour quelque autre entreprise ; il ne peut pas en être dénué parce qu'il a les moyens de s'en procurer de nouveau. Un poème est dénué d'images lorsqu'il n'en offre aucune ; un poème est dépourvu d'images lorsqu'il n'en offre pas assez pour être intéressant.
Un bomme dénué de toutes les choses nécessaires à la vie, et qui n'a ancun moyen de se les procurer, doit périr s'il reste longtemps dans cet état ; c'est une privation absolue ; un bomme dépourvu de tontes les choses nécessaires à la vie , n'est pas pourvu ou n'est pas assez pourvu; c'est une privation relative qui peut être plus ou moins grande, et qui n'entraîne pas nécessairement la perte de l'individu.
Dénué ne ^e dit (ju'an figuré ; dépourvu se dit au propre et au figuré.