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DISCERNER DE, DISCERNER D'AVEC

Discerner l'innocent du coupable, c'est, en les comparant l'un avec l'autre, distinguer celui qui est innocent de celui ou d'avec celui qui est coupable. Discerner le crime et l'innocence ; discerner l'innocent et le coupable, c'est, entre plusieurs choses, discerner ce qui est crime et ce qui est innocence ; entre plusieurs personnes celles qui sont innocentes et celtes qui sont coupables : la première action tombe sur la comparaison; la seconde sur la chose ou la personne même.

DISCIPÏiF, ÉLÈVE, ÉCOLIER. Ces trois mots s'appliquent en général à celui qui prend ou qui a pris des leçons d'an maître. Voici les nuances qui les distinguent.

Disciple, en latin discipulus, de disciplina, doctrine, science, se dit de celui qui apprend nnc science sous nn maître. Ce professeur d'histoire, de philosophie, a un grand nombre de disciples.

Dans an sens plus restreint , disciple se dit de celui qui, après avoir puisé dans les instructions d'un maître , ou dans ges ouvrages , ane

doctrine particulière, un système différent de tous les autres systèmes, s'y attache préféra^ blement à tout autre, et en fait profession.

C'est ainsi que Jésus-Christ eut des ^sciples. Descartes a eu, dans son temps, beaucoup de disciples, il en a beaucoup moins aujourd'hui. Voltaire était disciple de Newton.

En ce sens, disciple se dit des systèmes , des opinions particulières que l'on attribue à un cnef, soit dans les sciences, soit dans la philosophie , soit dans la religion. Il suppose un choix, une préférence, un attachement.

De tous les systèmes que l'on a publiés sur la génération , je préfère celui de Buffon ; je suis son disciple en cela.

Dans le premier sens , disciple suppose que l'on a pris ou que l'on prend des leçons du maître; dans le second, il suppose que l'on s^est attaché à sa doctrine, soit qu'on ait pris ou non de ses leçons ; et on peut être disciple d'un homme qu'on n'a jamais vu, ou qui est mort depuis plusieurs siècles. C'est ainsi qu'on appelle disciples de Jésus-Christ ceux qui suivent sa doctrine ; disciples de Socrate ceux qui sont attachés à sa morale. Les disciples des anciens philosophes,

Élèi'e se dit particulièrement de celui qui apprend ou qui a appris d'un maître célèbre un art quelconque, et qui est parvenu ou près de parvenir à imiter sa manière^ Ce mot s'applique particulièrement à la peinture, à la sculpture et aux antres arts du dessin ; mais on peut l'appliquer aussi à tous les arts soit libéraux , soit mécaniques , lorsque celui dont on se dit Vélève y a excellé d'une manière particulière. Un élève de Raphaël, un élève de Girardon , un élève de Julien Leroy.

Écolier se dit de celai qui apprend les premiers élémens d'une science. On appelle éco»

liers les enfans qui fréquentent une école où l'on apprend les élémens de la lecture, de l'écriture, etc.

On appelle aussi écolier celui , quel que soit son âge, qui apprend un art, non pour y exceller et acquérir toute l'habileté du maître, mais seulement pour pouvoir l'exercer convenablement et sans rebuter les connaisseurs.

tJn maître de danse a des écoliers, ce sbnt ceux qui apprennent de lui à danser en société.

Si c'est nn célèbre danseur, il a des élèves; ce sont ceux qu'il destine à briller sur les théâtres, et qu'il forme à la perfection de l'art. Il y a des maîtres qui font de bons écoliers , mais qui ne sont pas dignes d'avoir des élèves.

Dans les arts purement mécaniques , on ne dit ni écolier ni élève , mais apprenti.

L'ignorance est tellement comprise dans l'idée dHécoUer, qu'on dit d'un homme qui ne

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fait ancnn progrès dans une science on dans on art qae c'est un écolier,

Qaoiqne écolier vienne da mot école, on n'appelle pas toujours écoliers ceux qui fréquentent une école quelconque. H y a des écoles de droit, des écoles de médecine, et ceux qui les fréquentent sont distingués par le nom d'étudians , parce qu'ils sont censés avoir beaucoup de connaissances préliminaires qui éloignent d'eux ridée d'ignorance que l'on attribue ordinairement au mot écolier, et que l'ignorance proprement dite n'est pas leur partage. Un étudiant en droit , un étudiant en médecine.

UécoUer ne sait rien, ou presque rien; il veut apprendre. Vélève sent l'excellence de l'art; il veut imiter son maître. Le disciple est attaché à In doctrine de son maître; il la défend.

Disciple a rapport à la spéculation , élève à la pratique , écolier à la première instruction.

DISCIPLE. V. Apôtrk.

DISCONTINUER. V. Cesser.

DISCORD, DISCORDE. Malherbe et plusieurs poètes, avant et après lui, ont dit dis' cord pour discorde, Discord est vieux et inusité; mais les bous littérateurs, à la tête desquels sont Voltaire et Marmontel , regrettent qu'on l'ait laissé perdre. Il y a , entre ces deux mots, une différence qui doit les faire conserver l'un et l'autre.

Le discord est à la discorde ce qu'est l'accord à la concorde. Discord n'est donc pas moins utile qu'accord ; et le discord diffère de la discorde, comme l'accord de la concorde.

Le discord rompt l'accord ou l'harmonie des cœurs, des volontés, des sentimens, etc. La discorde détruit la concorde ou le concert et l'accord parfait et soutenu de tous les cœurs, de toutes les volontés et de tous les senti mens, etc.

Il est impossible qu'il ne s'élève quelquefois des discords entre les personnes qui s'aiment le plas; mais ces discords ne sont pas toujours suivis de la discorde,

DISCORDANT, FAUX. Termes de musique. Une intonation qui n'est pas juste fait un ton faux; une suite de lon^faiix fait un chant discordant. Le ton faux est considéré en lui-même; le ton discordant l'est par rapport aux autres tons dont il est accompagné.

DISCORDE. V. Discord.

DISCOURIR, DISSERTER. Discourir, c'est parler au long sur une matière, sans observer un ordre précis. Disserter, c'est parler au long sur une matière, en observant de Tordre et de la suite dans ses raisonnemens. Celui qui ne fait que discourir n'établit pas toujours des notions certaines ; celui qui

disserte établit des eonclusiôtli logiques VMÏes ou fausses.

DISCOLTRS , HARANGUE , ORAISON , ÉLOGE, PANÉGYRIQUE, PLAIDOYER, SERMON. Tous ces mots sont synonymes, en ce qu'ils désignent une suite de paroles préparées artistement pour faire une impression sur les autres. Leur différence constste dans le but qu'on se propose , en faisant ou en prononçant ces suites de paroles , et dans le style qui est propre à chacune d'elles.

Discours, en général, se dit pour signifier tout ce qui part de la faculté de la parole. Il est dérivé du verbe dicere , dire , parler. Ce n'est pas en ce sens que nous prenons ici ce mot, parce qu'il signifie également et les discours faits avec art, et tous ceux que le hasard et les circonstances font prononcer sans préparation.

Discours , dans un sens plus strict , signifie un assemblage de phrases et de raisonnement réunis et disposés suivant les règles de l'art , dans le dessein de faire une impression sur l'esprit ou sur le cœur des autres.

Le discours, pris en ce sens, se nomme aussi discours oratoire, dénomination générique qui comprend les autres mots qui en indiquent les espèces différentes.

Discours se considère encore comme une espèce du discours oratoire , distinguée par des' caractères particuliers des autres espèces du même genre ; et c'est en ce sens que nous prenons ici ce mot , parce qu'il a des caractères communs aux autres mots que nous y joignons , comme d'être fait et préparé avec art.

Le discours, tel que nous l'entendons ici, est donc une espèce de discours oratoire , qui a de commun avec les autres synonymes , d'être fait avec art, et qui en diffère par les divers caractères cpie Ton attache à ces synonymes , comme nous allons le voir. On appelle simplement discours tout discours oratoire qui n'est pas oraison , éloge , panégyrique , plaidoj-er ou serinon. Tous les autres sujets lui appartiennent ; son domaine est beaucoup plus étendu que celui de tous les autres. Ou fait un discours sur un point de littérature, d'histoire, de morale, de physique, de métaphysique; on fait un discours dans une assemblée publique, pour établir, ou éclaircîr un fait, pour discuter une loi, pour éclairer, pour instruire, etc.

La harangue est une espèce de discours oratoire animé, que l'on adresse à des gens rassemblés pour les exciter à quelque entreprise périlleuse , à un combat , etc. Telles

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■ont les Jiarangues que les historiens et les poètes supposent que , chez les anciens , les généraux adressaient à leurs tronpes, avant nn combat; telle est celle-ci, que Henri IV.

adressa à ses tronpes , avant la bataille d'Ivri : « Vous êtes Français , voilà Tennenii ; je suis votre roi ; ralliez-vous à mon pafaache blanc ; vous le verrez toujours an chemin Me Thonneur rt de la gloire. »

La haranffte suppose toujours le dessein d'animer , d'exciter , d'inspirer subitement quelque sentiment particulier. On fiiit des harans^iies séditieuses pour exciter le peuple à la désobéissance. On appaise qnelquefob, par une harangue, une troupe mutinée.

On appelait autrefois harangues des discours publics adressés au nom d'une assemlilce, d'une ville, d'une corporation, à un roi, à un prince , a une personne éminente, comme un hommage rendu à sa dignité, à ses hautes qualités, à ses vertus distinguées. Ce mot a justement vieilli , car il n'a nul rapport à la véritable signification du root harangue. On dit aujourd'hui discours:

Oraison, du latin oratio , discours pvé' paré pour une occasion publique. C'est ainsi que les Latins l'entendaient, et c'est en ce sens que nous l'employons , lorsque nous parlons des discours publics faits par leurs orateurs. Nous disons les oraisons d'Isocrate, d'Eschine, de Démosthènes, de Cicércn, etc.

Quant aux discours faits par les orateurs modernes , nous les nommons seulement dis' cours, s'ils ne rentrent pas dans l'une des espèces dans lesquelles nous avons divisé le discours oratoire; et quelquefois nous les distinguons par les noms de ceux qui les ont prononcés, ou par les noms des assemblées dans lesquelles ils ont été prononcés. Les discours de Mirabeau , les discours des orateurs du Parlement d'Angleterre.

Ainsi, ce que les anciens appelaient oratio, et que nous avons traduit par oraison , nous l'appelons discours , dans le sens de discours oratoire ; et nous entendons par là l'ouvrage composé par nn de nos orateur^, selon les règles de l'art et sur un sujet important, pour parvenir aux lins qu'il s'est proposées, par une déduction de pensées et de raisonnemens ordonnés, animés, relevés par l'action de l'éloquence.

Cependant, nous avons conservé le mot oraison , pour désigner les discours oratoires faits ou prononcés solennellement dans les temples, à l'honneur des personnages éminens , et nous appelons ces sortes de discours oraisons funèbres.

Voraison funèbre est donc un discours

oratoire et religieux prononcé à llicflKQr funèbre d'un roi , d'un prince , d'one piincesse on d'une personne éminente parU naissance, par le rang ou la dignité doat elle jouissait pendant sa vie.

Le panégyrique est, comme Yonùson fu* nèbre, un discours oratoire à rhonneur d'noe personne, mais il se distingue de VorcisM funèbre , x*^ en ce qu'il peut se dire des per* sonnes vivantes et des personnes mortes; sa lien que Voraison funèbre ne se dit que des dern'-i'es; 2** en ce que, lorsqu'il a un a* ractère religieux , il ne se dit que des saints; 3° en ce qu'il suppose des vertus solidement établies et publiquement reconnues, que l'orateur ne fait que développer et présenter sous un nouveau jour; au Ueu que Yo/uison funèbre tend â établir ou a étendre la répa* tation du mort; 4° en ce que Voraison fanèbre ne se prononce que pour des fanerailles, et fait partie ou suite des cérémonie ', dont elles sont composées; an lieu, que le i panégyrique peut se faire dans toute circon- i stance , et bien long-temps après la mort de celui qu'on loue; 5° en ce que Voraison fanèbre ne se fait que de personnes éminentcs en dignité, et que le pojtégjrrique peut se faire de toutes sortes de personnes ; 6*^ en ce que le panégyrique peut être fait en vers ou en prose, et que Voraison funèbre est tonjours en prose.

Pline a fait le panégpique de Trajan da vivant de cet empereur; et chez nous, un avocat qui défend devant les tribunaux an honnête homme accusé injustement , peut faire le panégyrique de son client.

Véloge est un discours oratoire dans lequel on fend un témoignage pubhc à quelque personne ou à quelque chose, en conséquence de son excellence , de sou rang , de sé^ vertus , de ses qualités.

Si Véloge d'une personne considérable est contenu dans un discours oratoire prononcé peu de temps après sa mort, comme partie ou comme suite de ses funérailles, c'est une oraison funèbre. Les discours que des parens, des amis ou d'autres personnes prononcent sur la tombe d'un particulier, sont des dise urs ou des éloges funèbres , non des oraisons.

Si Véloge d'une personne est prononcé de son vivant , et qu'il embrasse toutes les époques de sa vie, c'est un panégyrique. C'en est un aussi , si l'on développe dans une église les vertus d'un saint, long-temps après sa mort.

Tout éloge oratoire qui n'a point ces caractères conserve le nom àH éloge ; et c'est ainsi qu'on appelle éloges les éloges oratoii^,

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qu^on prononce, dans les académies et les soi'izi r-ciétés littéraireë , à llionneur des membres '• '^: qu'elles ont perdas.

; '•*> - Le plaidoyer est un discours oratoire pro- ' ^'^ nonce dans an tribunal pour la défense d'nne *"■ '^ ' caase. Il est clairement distingaé , par cette ^' -définition, de tons les antres mots. Son bat ■'' est d'éclairer et de convaincre des jages : "^ - il fait l'application du droit au fait, et la

- ' prenve de l'un par l'autre.

'^' Le sermon est un discours oratoire prononcé dans un temple , et dont le but est une exhortation à quelque vertu religieuse, ou

■^ le développement ■ de quelque vérité chré- "^ ' tienne. H est, par ce but , très différent du

^'' plaidoyer; mais il y a , dans son idée , quelque chose qui le rapproche de Voraison fa-

- * nèbrc, du. panégyrique et àe V éloge ; car le '' ' bat que l'on se propose, dans ces sortes de '■'•' discours, est aussi de rendre les hommes •' ; • meilleurs , et de les porter à la vertu par les ■ ■ ' exemples qu'on met sous leurs yeux.

Le discours proprement dit, tel que nous '' ' l'entendons ici, suppose la discussion, l'enchaînement des preuves, et s'adresse tantôt à l'esprit, tantôt au cœur. Un discours qui ''''^' ne contient qu'une discussion s'adresse à l'esprit ; un discours qu'un père fait à son lils , '•)'" pour le ramener de ses égaremens, peut '' ' s'adresser également à son esprit et à son *^ cœur. Dans le premier ■ cas , le discours ne comporte pas toute la chaleur de l'éloquence ; '■" cette chaleur peut y être admise dans le second.

La harangue suppose une ame passionnée, qui tache de faire passer dans d'autres âmes

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la chaleur de ses mouvemens. Elle exige une éloquence vive, forte et touchante; elle doit être courte : trop de longueur en affaiblirait l'impression.

Uoraisofi funèbre est le tableau de la vie glorieuse d'un homme. Toutes les parties en doivent être rapprochées avec art, et le tablean doit résulter de ce rapprochement.

Le panégyrique, s'il est celui d'un saint, doit avoir partout un caractère religieux ; si c'est celui d'une personne vivante , il doit être fait avec assez d'art pour ne pas blesser la délicatesse de la personne qu'on loue,, et assez marqué pour inspirer aux personnes qui l'écoutent le désir d'acquérir ses bonnes qualités ou d'imiter ses vertus.

Le plaidoyer, renfermé dans le sujet qu'il s'est proposé , s'élève selon l'importance de ce sujet, et marche tantôt comme le simple discours , et tantôt comme le discours animé de toute la force de l'éloquence.

Le sermon est aussi susceptible d'élévation et d'éloquence. Il ressemble au discours proprement dit, lorsque l'orateur se borne à discuter et à prouver; il n'en diffère alors que par la sainteté du motif qui l'inspire; mais, lorsqu'il veut peindre les délices de la vertu, ou porter la terreur dans le cœur àvL pécheur , ; alors , la sainteté du motif qui l'anime- et l'importance du sujet donnent à son éloquence un caractère particulier, qui la distingue de toutes les autres éloquences.

DISCOURS, ORAISON. Ces deux mots , en grammaire , signifient également renonciation de la pensée par les paroles , et en cela ils sont synonymes.

Mais le discours est renonciation de la pensée par des paroles , considérée par rapport à l'idée qu'elle représente; et Voraison est renonciation de la pensée par des paroles , considérée sous le rapport des mots dont elle est composée. Ainsi lorsqu'on dit en français.

Dieu est éternel , en latin œternus est Deus , en itaUen , eterno é iddio , c'est toujours le même discours , parce que dans le discours on ne considère que la ressemblance de renonciation avec la pensée énoncée. Or, comme dans ces trois manières de s'exprimer renonciation est également conforme à la pensée , le discours est le même.

Mais dans ces trois expressions Voraison n'est pas la même ; car Voraison étant renonciation considérée sous le rapport des mots dont elle est composée , chacune de ces phrases offre une oraison différente, puisqu'elle est composée de mots différens.

Le discours est donc plus intellectuel; ses parties sont les mêmes que celles de la pensée : le sujet, l'attribut et les divers complémens nécessaires aux vues de renonciation. Il est du ressort de la logique.

U oraison est plus matérielle; ses parties soç^t ces différentes espèces de mots : le nom , le pronom, l'adjectif, etc. Le mécanisme en est soumis aux lois de la grammaire.

DISCRÉDITER. V. Décrkditer.

DISCRÉTIOI^, RÉSERVE. La. discrétion fait que le plus souvent on se contient; la réserve fait qu'on s'abstient. On peut être trop réservé, on ne peut pas êti-e trop discret. Il est plus facile d'être réservé ; que discret, de se taire , que de dire ce qu'il faut.

Discrétion vient du latin discemere , voir l'objet, le démêler, le saisir. C'est cette sorte de discernement qui sert à régler nos actions et nos discours. C'est la science des égards et de la conduite; il n'est jamais pris en mauvaise part.

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La discréeion consiste non-sênlement à garder votre propre secret et celai d'aatrui, uiais à ne dire, à n'entendre et à ne faire que ce qn'il faat. Un zèle sans prudence n'est plus qa'indiscrétion. Si rhorame discret ne trahit pas la vérité, souvent il ne la dit pas toute. La discrétion en ce qui nous regarde personnellement, n*cst que l'entente de nos intérêts, c*est«sprit; elle est vertu quand elle est pour les autres.

La discrétion consiste dans les égards , les dbcours et la conduite. On s'abstient d'une curiosité indbcrète qui ipettrait en nos 1 , mains le secret d'autrui. On, ne dit pas tout ce qu'on sait, tout ce qu'on pourrait dire. On ne ferait pas une démarche qui le trahirait Ott le ferait soupçonner. On choque par indiscrétion lorsqu'on parle trop , ou qu'on agit à contre-temps, l^a discrétion vous prescrit d'agir onde vous arrêter, de parler ou de vous taire , de voir ou de fermer les yeux ; c'est alors que la réserve commence.

Réserve , du latin reservare , rem servare , conserver la chose mot , à mot, l'observer , la garder en réserve. C'est cette sorte de prudence qui ne vous permet pas de vous éloigner , de dépasser le point où vous êtes. L'homme discret sait ce qu'il peut dire; l'homme réservé ce qu'il doit taire. L'un discerne les objets , l'autre ne les perd pas de vue.

L'usage a presque confondu ces deux mots, et dans la définition , les qualités de l'un se rapportent également à celles de l'antre; cela nous arrivera toutes les fois qu'il n'y aura que des nuances de progression à observer et des gradations à marquer; l'étymologie peut seule alors en assigner la différence.

L'homme discret parle on se tait, agit ou s'arrête; il dépend des circonstances. L'homme réservé s'abstient, il craint toujours de compromettre. Le premier choisit , le second fixe toujours le terme. L'un est circonspect, il craint d'aller au-delà ; l'autre n'a qu'un but à remplir, de rester à sa place. L'homme discret est lancé , il s'agit de diriger sa course; l'homme réservé est arrivé , il est immobile. Le premier sait et ne dit pas tout; l'autre ne cherche pas à savoir, il tait pre^ique tont ce qu'il sait. L'un, quelque dbcret qu'il soit, peut nuire en disant trop; l'autre trop réservé pèche en disant trop peu. Il s'agit de mettre des bornes à la confiance du premier; il faut ouvrir la barrière au second. L'un parle, l'autre se tait. On sait que la discrétion a des bornes; on ne sait jamais mauvais gré à celui qui s'y arrête; on se plaint quelquefois de l'homme réservé qui bi^e toujours à désirer^ même ce

qu'il aurait pu dire. De la discrétion ^' nait la réserve; de trop de réserve, la méfiance. (Extrait de RouBAUD. )

DISCUTER. V. Agiter.

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