‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 52 sur 253 · ÊTRE AMATEUR D'UNE CHOSE. V · texte numérisé non relu

ÊTRE AMATEUR D'UNE CHOSE. V

Aimer.

AMBASSADE , DÉPUTATION. Les am-

bassades s'envoient de souverain à souverain; les députations se font par des compagnies ou des corps à un souverain ou à quelque autre autorité. \J ambassade peut n'être composée que d'un seul ambassadeur; la députation est composée de plusieurs personnes.

AMBASSADEUR. V. Agekt, DkputjL

AMBIGUÏTÉ, DOUBLE SENS. L'amWgiuté a un sens général susceptible de di* verses interprétations , ^e qui fait qu'on a peine à démêler la pensée de l'auteur, et qu'il est quelquefois impossible de U pénétrer aa juste. Le double sens a deux signiiications naturelles et convenables. Par l'une, il se présente littéralement pour être compris de tout le monde; et par l'autre, il faut une fine al* lusion pour n'être entendu que de certaines personnes. On se sert ^e VambiguJité •poai ne pas trop instruire, et du double sens pour instruire avec précaution. VambiguJité estpentétre plus souvent l'effet d'une confusion d'idées, qne d'un dessein prémédité de ne point éclairer ceux qui écoutent. Le double sens est d'un esprit fin , la malignité en abuse souvent.

AMBIGUÏTÉ , AMPfflBOLOGIE. Vambigtaté se dit d'un terme, qui est susceptible de deux sens différens ; V amphibologie , d'une phrase tournée de manière qu'elle est susceptible de deux interprétations différentes.

Vambigmté est dans le terme ; V amphibologie est dans la tournure de la phraseï On c^t nn terme ambigu, et une phrase amphibologique, •

AMBIGUÏTÉ , ÉQUrVOQUE. Vambigmté se prête à diverses intei'prétlitions , on ne sait pas celle qui est conforme à la pensée de l'auteur. V équivoque a deux sens : l'un naturel, qui parait celui que l'on veut faire entendre , l'antre détourné , qui n'est entendu que de la personne qni parle, et qu'on ne soupçonne pas même d'être celui qu'elle a intention de faire entendre. Vambiguïté marque un esprit borné ou qui veut s'enveloj^r dans l'ombre ; c'est le partage des imposteurs. V équivoque marque le dessein de tromper ; il est ba^ et indigne d'un honnête homme d'en faire usage.

AMBITIONNER , DÉSIRER AVEC AR- DEUR. On désire avec ardeur un^ chose dont la jouissance promet un grand plaisir. On ambitionne les choses qui peuvent élever audessus des autres. On désire avec ardeur le bonheur de sa patrie, l'établissement de ses enfans, le succès de ses entreprises, les. plaisirs. On ambitionne les honneurs, les dignités,^ la réputation , les distinctions , l'autorité, la puissance. On peut désirer avec ardeur ce

AMË

AJŒ

qu'on ambitionne, mais sons des points de 1 vue différens.

AME FAIBLE, COEUR FAIBLE , ESPRIT FAIBLE., he faible du cœur n'est point celai de Vesprit ; le faible de l'ame n'est point celai du cœur. Une aine faible est sans ressort et sans action; elle se laisse aller à ceux qui la gouvernent. Un cœur faible s'amollit aisément , change facilement d^inclinatîons , ne résiste point à la séduction, à Fascendant qu'on vent prendre sur lui , et peut snhsister avec un esprit fort : car on peut penser fortement et a^T faiblement, Vesprit faible reçoit les impressions sans les combatttre , embrasse les opinions sans examen, s'effraie sans cause, tombe naturellement dans la superstition.

( Enûjrelopédie, )

AMÉLIORER, AMENDER. Améliorer, c'est augmenter la valeur d'un objet qui di^ miBuait ou était sur le point de diminuer.

Amender, c'est donner un degré de perfection de plus. On améliore une terre épuisée , on amende une boupe terre.

AMÉLIORER. V. Abowwir.

AMENDEMENT, CORRECTION. La cor^ rection est l'action de rendre juste , droit , conforme aux règles, ce qui n'a pas ces qualités.

Vamendement est le changement d'une faculté de mal en bien, on de bien en mieux.

Par la eorrectton, on ôte^les fautes , les irrégularités de la chose, on fait disparaître lés défauts , on redresse les directions fausses.

Par Vamendement, on change en bien ou en mieux ce qui est destiné à produire le bien.

On corrige ce qni est mauvais , on amende ce qui est vicdeux.

Un ouvrage de littérature auquel on a fait toutes les corrections nécessaires, est un ouvrage corrigé, et non un ouvrage amendé. On ji'y trouve plus de fautes, mais on n'y remarque point de bonne qualité changée, augmentée en bien ou changée en mieux , ce qui constitue Vainendement,

Un jeune honune qui se portait au mal et qui conunence à s'y porter moins , ou qui ne s'y porte plus , si^amende ou est amendé : le fpncipe actif qui le porte à agir a subi un changement en bien ou en mieux; mais ce principe n'est pas détruit. On corrige une inclination vicieuse en la détruisant, de même qu'on corrige une faute en la faisant disparaître; on amende nnp disposition naturelle qui était engourdie et sans|vigueur, en lui rendant son activité, sa force, sa vigueur; on , ne la détruit pas. On amend§ les terres en rétablissant ou en améliorant leur qualité productive; on corrige la stérilité d'une terre avec de l'argile. La stérilité est une chose

mauvaise qu'il faut faire' disparaître. On amende par des engrais une terre épuisée.

La correction tombe toujours sur une chose mauvaise, sur un défaut réel qu'il faut faire disparaître ; Vamendement sur une bonne qualitp dépravée, altérée ou affaiblie, sur laquelle il faut opérer un changement. La correction du style , la correction des abus. L'omenden^ent d'un jeune homme, Vamendement d'un projet , Vamêndenuint d'une situation.

Correctipn se prend aussi dan§, le sens de réprimande ;4nais alors il n'est plus synonyme à^amendement.

AMENDEMENT , RÉFORMATION. Vamendement est l'action de changer de mal en bien^ pu de bien en mieux. La réformation est l'action de rétablir une chose dont la forme est mauvaise, en une meiUenre forme ou dans l'ancienne forme. Vamendement et la réformation tendent également au bien ; mais Vamendement y tend par l'accroissement du principe qui fait faire le bien. V amendement des moeurs tend à rendre les mœurs bonnes ou meilleures; la réformation dss mœurs tend à la destruction des mauvaises mœurs et à l'établissement des bonnes moeurs.

Vamendement a beaucoup moins de force que la réformation ; il ne se fait que par des moyens doux et qui n'opèrent quç lentement. La réformation se fait, par des moyens quelquefois violens^ dont l'effet suit de près l'emploi, à moins qu'il ne se présente des obstacles qui s'y opposent. L'exemple d'une cour sage produit ordinairement de Vamendement dans les mœurs du peuple. Il faut beaucoup de sagesse et de prudence pour opérer la réformation des moeurs d'une nymn ; les anciennes habitudes y apportent qijjj^ussans obstacles. Pierre I**" eut bien de la peine à opérer la réformation des mœurs de la noblesse de son empite.

Amendement se dit et des cas particuliers et des cas généraux. Il y a de Vamendement dans la conduite' de ce jeune homme ; Vamendement de la santé d'une personne. Il y a de Vamendement dans les affaires de l'État. La réformatiôn, au contraire, offre toujours un plan général qui a pour objet des abus généraux, une nation entière, ou une partie importante du gouvernement. La réformation des abus d'un État , d'un royaume. La réfor^ mation de la justice ; la réformation de l'administration des finances.

Vamendement dépend de la volonté de celui qui en est l'objet ; la réformatiçnï dépend de la volonté du réformateur.

Les choses s'améliorent peu à peu par

AMË (

V amendement ; elles changent toat-à-fait de forme par la réformation.

AMENDER. V. ÀMÉLtoaER.

AMENER , REMENER , RAMENER , EM- MENER, REMMENER , MENER, signifient conduire d'an lien où l'on est en un lien où Ton n'est pas. Hemener , c'est conduire une seconde folA an même* lieu. Amener, c'est conduire au lieu où l'on est. Itamener, c'est conduire une seconde fois < au lieu où l'on est. Il m'a amené aujourd'hui son cousin , et il m'a promis de me le ramener demain. Emmener se dit quelquefois quand on veut se défaire d'un homme, comme emmenez cet homme ; il signifie d'ordinaire mener en quelque lieu, mais alors on ne nomme jamais l'endroit , voilà un homme que les gendarmes emmènent. Remmener, c'est emmener une, seconde fois. Lorsqu'on nomme le lieu U faut dire, voilà un homme que les gendarmes mènent à la Force ; les gendarmes rame' nent cet homme à la Force pour la seconde fois.

AMÉNITÉ. V. AoRiMEirr.

AMÉNITÉ , DOUCEUR. La douceur est nne égalité d'humeur qui fait qu'on est disposé à se prêter aux volontés des autres , et à le» traiter d'une manière douce et éloignée de tonte sévérité. Si à cette qualité, qui peut venir de la nature , se joignent la facilité des nwBnrs, l'affabilité , la prévenance, la politesse, la grâce que peuvent inspirer la bienveillance et la bonne éducation , elle devient aménité,

La douceur inspire la confiance , elle fait aimer; V aménité prévient, attire, engage; elle charme , elle fait souhaiter de vivre avec celui qni en est doué.

AMENUISER. V. ALiifiiR.

AMERTUME. V. Ackrbité.

AMERTUME, DOULEUR. Douleur, dans le sens où nous prenons ici ce mot , indique nne peine d'esprit ou de cœur. Amertume manque la nature du sentiment que l'amç épouve. La douleur peut être légère.

V amertume fait toujours une impression, forte. La douleur affecte l'ame; V amertume raffecte d'une certaine manière. Une dqzdeur qui se dissipe bientôt ne caus« point à'amer' tume. Une douleur forte qui attaque la source du bonheur-, de la satisfaction, et qui laisse dans l'ame une longue trace, est une douleur amère; alors V amertume pent être distinguée de h douleur même, et l'on peut dire Vamer' tume de la douleur, c'est-à-dire le sentiment Vu et profond qui accompagne la douleur, ^tifneriume est une chose relative, c'est une

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