SC Y T — 1630 — SÉBA
3&‘Iat. N., et 13* 24’ long. E. Les nombreux écueils et les gouffres qui entourent ce cap, situé d’ailleurs à l’entrée du détroit de Messine et en face de l’écueil deCharybde,qui était aussi fort redoutable, faisaient Jadis l’effroi des navigateurs. Des commotions volcaniques ont, à ce qu’il paraît, changé l’aspect des lieux, et le passage s’opère auj. avec moins de difficulté. {Voy. CHarybde, et l’art, mythologique ci-dessus).
SCYLLA , auj. Scilla ou Sciglio , ville d’Italie, jadis dans le Brutium, maintenant dans le roy. de Naples (Calabre Ultérieure 1™), sur un haut rocher, près du cap de Scylla , si célèbre chez les anciens, à 19 kil. N. de Reggio ; 7,000 hab. — Fondée , diton , par Anaxilas, tyran de Rhegium. Elle a beaucoup souffert du tremblement de terre de 1783.
SCYMNUS, de Chio , géographe grec qui vivait 80 ans av. J. - C. à la cour de Nicomède , roi de Bithynie, est auteur d’une Périégèse (ou perlustration du monde) en vers iambiques; il ne nous en reste que les 741 premiers vers, plus les fragments de 230 autres, dans les Geographi grœci minores de Hudson, 1698, in-8. M. Letronue en a donné une nouvelle édition en 1841 , d’après un manuscrit de la Bibliothèque royale.
SCYRON ou SCI BON. Voy. sciron.
SCYROS, auj. Skiro , île de la Grèce, dans la mer Egée, à 8 milles à l’E. de l’Eubée , est célèbre en mythologie comme ayant été la retraite d’Achille, et comme le lieu où mourut Thésée. Cimon rappot ta de cette île à Athènes les prétendus restes du héros.
SCYTH1E, Scythia, vaste région, qui chez les anciens comprenait tous les pays septentrionaux et orientaux étrangers à la civilisation. Elle n’avait pas de limites bien fixes; elle commençait, suivant les uns à l’E. de la Vistule et au N. du Danube, et se prolongeait indéfiniment vers l'Orient et le Nord, comprenant par conséquent toute la Sarmatie; tandis que les autres la placent, eu au N. de celle-ci, ou bien entre le Borysthène et le Tanaïs, et l’étendent à l’E. du Tanaïs, jusque dans les profondeurs de l’Asie Intérieure. Dans cette dernière hypothèse la Scythie d’Europeou occid. serait entre les deuxgrands fleuves (Borysthène et Tanaïs), la Scythie d’Asie commencerait à l’E. du Tanaïs ou au coude du Rha le plus voisin du Tanaïs; cette dernière était elle-même di visée en deux grandes portions : la. Scythie au delà de l'Imaüs ( Scythia extra lmaum ), au N., et la Scythie en deçà de rimaüs ( Scythia intra lmaum), au S., et voisine de l’Inde. Si le nom de Scythie a des sens différents, c’est que les Scythes, peuple nomade, changèrent souvent de place. Ils étaient divisés en une îoule de peuplades, parmi lesquelles les Gèles, les Fennes, les Æstyi, les Taures, les lazyges, les Bastarnes, les Roxolans, les Agathyrses , les Scyres , les Hérules, puis ceux qu'Hérodote appelle les Scythes royaux, à cause de la forme de leur gouvernement, et les Scythes gynécocratu mènes, ou régis par une femme ; en effet , il y eut en Scythie des hordes qui, temporairement, obéissaient à des femmes, et ce phénomène a donné lieu au mythe des Amazones. — La Bible fait descendre les Scythes de Magog, fils de Japhet. Etablis d’abord sur l’Araxe , ils étendirent au loin leurs conquêtes, soumirent une partie de l’Europe et de l’Asie, tinrent 28 ans l'Asie- Mineure sous leur joug (624-596) , et pénétrèrent jusqu’en Egypte. Les plus grands conquérants, Cyrus, Darius l , Alexandre, tentèrent en vain de les dompter. Plus tard cependant, la Scythie fut successivement envahie par diverses nations, dont la principale est celle des Sarmates, qui donnèrent leur nom à une forte partie du pays. Les Goths fondèrent leur vaste empire dans la Scythie occidentale. Enfin , grossis par des hordes fugitives de 1 Asie, les Scythes d Orient assaillirent sous le nom de Huns l'empire des Goths (376), et préparèrent ainsi la grande invasion barbare. Le nom de Scythie disparaît de l’histoire au
vii« siècle , où les races slave , avare et bulgare se partagèrent le pays. Les Scythes paraissent être la même race que les Tchoudes, Ouraliens ou Finnois; on y comprenait aussi des Turcs, des Tartares, etc.
scythie (petite) , Scythia minor, petite province romaine du diocèse de Thrace, entre le Pont-Euxin et le Danube, formait de ce côté la frontière do l’empire, et avait pour ch.-l. Tomes.
SCYTHOPOL1S , d’abord Bethsan , auj. Bisan, ville de Palestine, en Samarie, au S.E.; devait, diton , sa fondation à des Scythes qui envahirent la Médie et la Syrie.
SD1LO ou SDILI , nom de deux îles de l’Archipel grec, par 37° environ lat. N., et 23° long.E., l’une dite Grande-Sdilo (c’est l’ancienr.e Rhénée ), et l’autre Petite-Sdilo (c’est l’ancienne Délos).
SEAFORD, ville d’Angleterre (Sussex), sur la Manche, à 18 kil. S. E. de Bri-ghton; un des Cinq-Ports.
SÉBA (Albert), né en Ost-Frise (1665), fut pharmacien à Amsterdam, voyagea dans les Indes Orientales et Occidentales, forma deux magnifiques collections d’histoire naturelle, dont l’une fut achetée par Pierre-le-Grand , l’autre fut vendue à l’encan et dispersée après sa mort (1736). Séba avait fait graver son deuxième cabinet sous le titre de Rerum naturalium lhesauri accurata descriplio et iconibus artiftciosissimis expressio , Amsterdam, 1734-61, 4 vol. gr. in-fol. Cet ouvrage a longtemps été capital pour l’étude de l’histoire naturelle , et est encore à consulter. Le Jardin du Roi, à Paris, en possède les planches, et on a fait un nouveau tirage des gravures, Paris, 1827 et ann. suiv., 45 livrais, in-fol. On avait annoncé en même temps un texte explicatif mis à la hauteur dés connaissances modernes, mais il n’a point paru.
SÊBASTE, auj. Sivas, ville de l’Asie-Mineure sur l’Halys, qui appartint au Pont , puis à la Cappadoce, et qui finit par être le ch.-l. de l’Arménie lre (formée aux dépens de la Cappadoce), était d’abord un fort du nom de Cabira; elle fut agrandie par Pompée , qui l’appela Diospolis , et enfin reçut de la reine de Pont, Pythodoris, le nom de Sébaste, c.-à-d. Augusta (en l’honneur d’Auguste). — Samarie aussi se nomma Sébaste.
SEBASTIEN (saint) , chrétien zélé , né à Narbonne vers 250, servit quelque temps sous Dioclétien, et cacha sa religion afin de mieux servir ses coréligionnaires ; reconnu pour chrétien, il fut livré au supplice, et assommé dans le cirque, en 288. On Lhonore le 20 janv. Il est le patron des prisonniers.
Sébastien, roi de Portugal, tils posthume de l’infant Jean, et petit-fils du roi Jean 111, né à Lisbonne en 1554, succéda en 1557 à Jean 111, sou aïeul. Animé d’un grand zèie contre les Infidèles, il forma, dès qu’il put régner par lui-même, le hardi projet de leur enlever l’Afrique : il fit contre eux en 1574 une lr8 expédition, mais sans résultat; il y retourna en 1578, appelé par Muley-Mohammed-el-Montaser, roi de Maroc,qui avait été dépouillé par Muley-abd-el-Mélik, son oncle, et débarqua à Tanger; mais il fut battu complètement par ce dernier à la bataille d’Alcaçar- Quivir, le 4 août 1578, et ne reparut plus ; il avait probablement péri dans la mêlée. Son oncle , le cardinal Henri, lui succéda, et à la mort de celui-ci, en 1580, Philippe 11 s’empara de la couronne de Portugal. Plusieurs faux Sébastien se montrèrent en Portugal sous Philippe 11 et Philippe 111.
Sébastien del piümbo (Luciano, dit) , peintre de Venise (1485-1547), avait embrassé la vie religieuse 11 se fixa à Rome , et fut chargé de scelier le8 brefs de la chancellerie pontificale. 11 excella dans le portrait, et dessina surtout avec perfection les têtes et les mains ; son coloris e.st magnifique. Il eut souvent pour collaborateur Michel-Ange , et c’est ce 1 maître qui dessina la Résurrection de Lazare, com- 1 mandée par Clément VII à Sébastien del Piümbo. A
SECH — 1631 — SEGO
la faveur d’un si puissant secours, il put lutter avec avantage contre Raphaël.
sjébastien (le père), mécanicien. Voy. truchet.
SEBASTOCRATOK , c.-à-d. auguste souverain , titre imaginé par Alexis I Comnène, en laveur de son frère lsaac, et qui venait immédiatement après celui d’empereur ; il précédait celui de César (jadis le second), et il devint à son tour le troisième, lors de la création de celui de Despote.
SÉBASTOPOL, ville de Russie. Voy. sévastopol. !
SEBASTOPOLIS , auj. Tourkal , ville de Pont, versl’O., sur l’Iris. — L’anc. Dioscurias (auj. Isgaur ), en Colchide, fut aussi nommée Sébasiopolis. — Aucune de ces villes n’est la Sévastopol actuelle.
SEBEKTEK1N, fondateur de l’empire des Turcs Gaznévides, d’abord esclave, puis gendre d’Alpfekin, général des armées de Nouh-le-Samanide, le remplaça comme gouverneur de Gaznah , se rendit indépendant (975), conquit une grande partie de l’Hindoustan et du Turkeatan, et mourut à Balkh en 997. Il eut pour fils le fameux Mahmoudle-Gaznévide, qui le premier prit le titre de sultan.
SEBEN1CO, Sicum? ville des Etats autrichiens (Dalmatie), à l’embouchure du Kerkah, qui forme là un vrai lac (avec un grand port), à 45 kil. S. E. de Zara j 6,000 hab. Quatre forts , etc. Evêché catholique et évêché grec. Cathédrale gothique. Rosoglio. Armements pour la pêche du corail. Patrie du peintre Schiavone. — République indépendante avant le Xe siècle , Sebenico se soumit volontaire- ! ment en 991 aux Vénitiens, qui la gardèrent depuis j (excepté pendant le xv® siècle, où elle fut soumise ! aux Hongrois). Les Turcs l'assiégèrent vainement en 1538 et 1648. Elle passa entre les mains de l’Autriche avec le reste de la Dalmatie en 1797.
SEBENNYTE, auj. DjemnouLi, ville de l’Egypte ancienne (Delta) , vers l’endroit où le Nil se sépare en plusieurs branches. On donne le nom de branche sébennylique à la portion septentrionale de la branche atarbéchique , la troisième en partant de 10.
SEB1LAH, ville du Maroc. Voy. chella.
* SEB1NUS lacus, lac de la Cisalpine, auj. iseo.
SEBOIM, une des villes de Palestine situées sur le j bord du lac Asphaltite, qui périrent avec Sodome.
SÉBONDE (Raymond de), savant du xv« siècle, né à Barcelone, professait la médecine, la théologie, la scholastique à l’université de Toulouse, vers 1430, et mourut en 1432. On lui doit: Theologia natu - j ralis , Deventer, 1487, Lyon, 1526, etc. (traduite en français par Montaigne, Paris, 1569, etc., abrégée : parComenius, Amst., 1661); De nalurâ hornmis ; dialogi, Cologne, 1501 , in-4 (traduit en français | par Martin, 1566 .-par Bleudecq, 1600). Montaigne a consacré un long chapitre des Essai* (liv. Il, c. 12) à l’apologie de Raymond de Sébonde, dont on suspectait l’orthodoxie.
SEBOU ou MAMORE, riv. de l’empire du Maroc (Fez), sort de l’Atlas, coule au N., puis à l’O., et tombe dans l’Océan Atlantique, près de Mamore; cours, 280 kil.
SEBSVAR, Hyrcania , ville d Iran (Khoraçan), à 100 kil. S. O. de Nichabour. Jadis importante. Tamerlan la prit en 1381. La ville s’étant révoltée peu après, il fit enterrer vifs 10,000 de ses habitants.
SEBZ ou CHEHER-SEBZ , ville du Turkestan, dans la Boukharie, à 55 kil. S. de Samarcaud, sur la Kachka. Habitée par des Uzbeks, dont le khan peut mettre sur pied jusqu à 20,000 cavalieis. Celte ville remplace le village de Kech où naquit Tamerlan.
SECCH1A, Gabellus , riv. d'Italie, sort du versant septentrional des Apennins, dans le duché de Modène, court 140 kil. au N. E. , et tombe dans le Pô à 8 kil. O. de Rovère (roy. Lombard-Vénitien).
SÉCHELLES, îles de l’Océan. Voy. seychelles.
SECHELLES (Hérault de). Voy. Hérault SÈCHES, riv. de France. Voy. seiches.
SECKAU , Secovium, bourg des Etats autrichiens (Styrie), à 55 kil. N. O. de Grœtz; 400 hab. Eaux minérales. Evêché dont le titulaire réside à Grætx.
SECKENDORF (Gui-Louis de), historien, né en 1626 en Franconie, mort en 1692, fut chambellan, puis ministre et chancelier d'Ernest , premier due de Gotha , et enfin chancelier de l’Université de Halle, nouvellement créée parle roi de Prusse. On a de lui, entre autres ouvrages : De lutheranismo, en 3 livres, Francfort, 1686-92 (il y réfute Maimbourg); Compendium historiée ecclesiasticœ , Leipsick , 1666: plusieurs écrits politiques, et nombre d’articles dans les Acta cruditorum (1683-92).
seckendorf (Fréd. hénon, comte de), feld-maréchal , né en 1673 à Kœnigsberg en Franconie, était neveu du précédent. 11 se mit successivement au service de la Prusse, du roi de Pologne Auguste 1, de l’empereur Charles VI, et servit avec distinction sous le prince Eugène pendant la guerre de la succession d’Espagne. Nommé par Charles VI ambassadeur à Berlin , il obtint un grand ascendant sur le roi Frédéric-Guillaume , et parvint à détacher ce prince de l’alliance de l’Angleterre , en lui faisant signer les traités de Wusterhausen (1727) et de Lœvenwolde (1732). Chargé , à la mort du prince Eugène , de remplacer ce grand général et de diriger la guerre contre les Turcs , il éprouva quelques échecs et tomba en disgrâce ( 1737 ). Mécontent de l’Autriche , il alla , après la mort de Charles VI (1740), offrir ses services au compétiteur de sa fille Marie-Thérèse , à l’électeur de Bavière , élu sous le nom de Charles VII. Il reconquit pour ce prince la Bavière, et le fit rentrer dans Munich (1744). Après la mort de cet empereur, il conclut, en faveur du jeune électeur de Bavière son fils , le traité de Flissen (1745) , qui le réconciliait avec l’Autriche. 11 vécut depuis dans la retraite, et mourut en 1763.
SECKINGEN, Sanctio , anc. ville de Souabe, auj. dans le grand-duché de Bade , dans une île du Rhin, à 24 kil. N. E. de Bâle. Belle place. — Priâe par Bernard de Saxe-Weimar en 1638 ; en partie incendiée en 1678.
SÉCLAVES ou MARATIS , peuple de l’île de Madagascar, habite au N. O., depuis le cap d’Ambre jusqu’à la Mansiatre. Féroces et pirates.
SÊCL.1N , ch.-l. de cant. (Nord) , à 9 kil. S. de Lille; 2,954 hab. Bel hôpital. Filatures de coton, de lin ; moulin à huile , radinerie de sel, tanneries. — Cette ville fut fondée au vi® siècle ; c’était lacapit. du Mélantois, dans la Flandre wallone.
SECOLAUNIA, nom latin de la sologne.
SECOND (Jean), Joannes Secundus, poète latin moderne, né à La Haye en 1511, lut reçu docteur en droit à Bourges, s’attacha , comme secrétaire intime, à l’archevêque de Tolède, suivit Charles- Quint en Afrique (1534), mais en rapporta le germe d’une maladie mortelle à laquelle il succomba , à Tournay, en 1536. Ses poésies (latines), publiées à Utreeht, 1541, in-2, ont souvent été réimprimées, notamment à Leyde, 1821,2 vol. in-8, par Bochssa fils. On y distingue surtout les 19 pièces connues sous le nom de Baisers de Jean Second ; elles ont été trad. en français par Tissot (Paris, 1806, in-12).
SECONDAT. Voy. Montesquieu.
SECOND1GNY, ch.-l. de cant. (Deux-Sèvres), à 10 kil. S. O. de Parthenay ; 1,719 hab. Haras de baudets. Lainages.
SECOUSSE (Denis-Fr.), né à Paris en 1691, mort en 1754 , avocat au parlement, s’occupa d’histoire, et fut reçu membre de l’Académie des Inscriptions (1722). Il mourut aveugle. 11 fut chargé par d Aguesseau de continuer la collection des Ordonnances des rois de la 3e race (commencée par Laurière), termina le 2e vol., et en fit paraître 6 autres (de 1729 à 17 50), mais sans pouvoir la terminer. On lui doit de savants Mémoires, dan* le recueil dei’Acad. des Inscriptions.
SEDG
SEGA
SECULAIRES (jeux) , fêtes qui se célébraient à Rome avec beaucoup de pompe pour solenniser l’ouverture de chaque siècle ( compté à la manière étrusque, c.-à-d. embrassant 110 ans) ; mais la célébration n’en fut pas régulière , et tantôt on la retarda, tantôt au contraire on l’avança, comme pour recommencer plus tôt une ère nouvelle. On connaît 12 célébrations de jeux séculaires (en 509, 449, 249, 1.49, 17 av. J.-C., et en 47, 87, 147, 204, 247, 2G3, 404 de J.-C.). La fête durait 3 jours. Des supplications, des chants , des distributions de graines lustrales au peuple , un leclisterne , en étaient les principales cérémonies. Horace fit pour la fête de l’an 17 av. J.-C. un chant séculaire que nous possédons encore.
SEDAINE (Michel-Jean), auteur dramatique, né à Paris en 1719, mort en 1797, était fils d’un architecte. Ayant perdu de bonne heure ses parents , il fut obligé de se faire tailleur de pierres pour vivre ; mais il quitta bientôt cet état pour se livrer aux lettres , et travailla pour le théâtre. Il réussit surtout dans l’opéra-comique, et fut le véritable créateur de ce genre. 11 donna au Théâtre Italien les opéras comiques suivants : le Diable à quatre (1756), Rose et Colas (1764) , Anacréon , l’Huître et les Plaideurs , le Jardinier, le Roi et le Fermier , le Déserteur, le Faucon, Félix, Richard-C.-de-Lion (1784) , qui eut un succès extraordinaire , et plusieurs autres moins connus ; au Grand Opéra : Aline, reine de Golconde , Amphitryon, Guillaume Tell ; au Théâtre Français : le Philosophe sans le savoir (1765), qui est son chefd’œuvre ; la Gageure imprévue. 11 fut reçu à l’Académie Française en 1786. On lui reproche des négligences de style ; mais ses pièces sont pleines de naturel, d’esprit et d’intérêt. On a donné, en 1813, ses Œuvres choisies , 3 vol. in-8. La musique de la plupart de ses opéras est de Monsigny et de Grétry.
SEDAN , ville de France , dans l’ancienne Champagne (Réthelois), auj. ch.-l. d’arr. du département des Ardennes, sur la droite de la Meuse, à 20 kil. S. E. de Mézières, à 250 kil. N. E. de Paris; 13,719 hab. Tribunal de lr* instance et de commerce. Collège communal. Fortifications, vieux château (où naquifl urenne),c’estauj.unarsenal, riche en armes curieuses. Manufact. considérables de draps renommés , dont la première fut fondée par N. Codeau, en 1646; lainages, teintureries. Bibliothèque. Statue en bronze de Turenne. — Ville très-ancienne ; elle fut prise par Charles-le-Chauve ; mais Louis de Germanie l’enleva en 880. Elle forma de bonne heure une petite souveraineté indépendante ; cette principauté fut acquise par la maison de Bouillon au commencement du xvie siècle, et fut possédée, entre autres seigneurs, par le célèbre Robert de la Marck ; Charlotte, sa sœur et son héritière , la porta en dot à Henri de la Tour-d’ Auvergne , comte de Turenne (1591). Richelieu força en 1642 Fréd.-Maurice , duc de Bouillon, compl. de Cinq-Mars, à s’en dessaisir, et la réunit à la couronne. L’industrie de Sedan souffrit beaucoup de cette réunion, mais Colbert la releva. Cette ville avait jadis une célèbre université protestante, qui fut supprimée à la révocation de l’édit de Nantes. Patrie de Cappel , Turenne, Macdonald, Ternaux — L’arr.a5cant. (Carignan, Mouzon, Raucourt, plus Sedan, qui compte pour deux), 82 communes et 63,233 hab.
SÉDÉCIAS , dernier roi de Juda (597-587) , fut mis par Nabuohodonosor sur le trône, à la place de Joachim ou Jéchonias ; il fut bientôt après attaqué, par le roi d’Assyrie, dans Jérusalem , qu’il défendit , deux ans, fut pris, eut les yeux crevés, et mourut dans l’exil en Chaldée.
SËDERON , ch.-l. de cant. (Drôme) , à 36 kil. S. E. de Niops ; 800 hab.
SEDGEMOOR, plaine d’Angleterre, dans le comté ic Somerset, entre Kingsverton et Bridgewater, est
célèbre par la défaite du duc de Monmouth,qui y fut battu et pris par les troupes de Jacques 11, en 1685.
SÉDILLOT ( J.-J.-Emmar.uel ) , orientaliste efc astronome, né en 1777, mort en 1832, fut professeur-adjoint de turc à l’Ecole des langues orien* taies créée en l’an ni, puis secrétaire de l’école attachée à la Bibliothèque du roi, seconda Delambre et Laplace dans leurs recherches, traduisit le traité d’Aboul-Hassan-Ali sur la construction des instruments astronom., et rédigea d’intéressantes dissertations sur divers points d'hist. et de critique orientales.
SED1NUM, nom latin de stettin.
SEDJELMESSE, ville de l’empire de Maroc, dans le roy. de Tafilet, à 60 kil. E. de Tatilet, sur ia Ziz. Jadis florissante par son commerce avec la Nigritie, et capitale d’un vas<te empire, dit aussi empire de Sedjelmesse, situé entre l’Atlas et le Sahara, et qui fut puissant sous les Edrisites et les Almoravides, du vin* au xne siècles. La ville de Sedjelmesse est auj. en ruines.
SEDJER ou CHEDCHER, pays d’Arabie, dans la partie orient, de l’Hadramaout, borné au N. par le Mahrah et au S. par la mer d'Oman. Magnifiques chameaux, dattes, pêche abondante. — Il est ainsi nommé de la ville de Sedjer, sur la côte.
SEDJESTAN ou SEDJISTAN. Voy. séistan.
SEDL1TZ , village de Bohême (Saatz) , à 30 kil. S. O. de Tœplitz : eau saline froide purgative, fort renommée. — La Bohême a d’autres Sedlitz.
SEDUL1US (G. Cælius ou Cæcilius), prêtre du v* siècle, est auteur d’un poëme intitulé : Paschale Carmen ou De Christi miraculis libri V (dernière et meilleure édition, Rome, 1794, in-4), qu’il mit ensuite en prose sous le titre d’ Opus paschale, Paris, 1585, et de quelques autres ouvrages.
SEDUNUM, nom latin de Sion (Suisse)
SÉE, riv. de France (Manche), naît dans le canton de Mortain, coule à l’O. et au S. O., arrose Avranches et se jette avec la Selune dans la baie du Mont-Saint-Michel, après 53 kil. de cours.
SEELAND, Sjaelland, la plus grande des îles du Danemark , à l’E. de celle de Fyen et à l’extrémité S. E. de la Suède : 7,500 kil. carr. ; 340,000 hab. Capit., Copenhague, qui est aussi capitale de tout le Danemark. Div., 5 bailliages, Copenhague, Frederiksborg, Holbeli, Sorœ, Prestœ. Climat et sol du Danemark ; grande analogie géologique avec la Scanie , dont elle semble avoir été séparée par quelque grande révolution du globe. Bonne agriculture. Industrie, surtout à Copenhague; commerce.
SEELBURG (alt-), ville de la Russie d’Europe (Courlande), sur la Dzvina, à 20 kil. N. O. de lakobstadt. Château en ruines. Jadis résidence des évêques de Sémigalle.
SEEZ ou sées, Saii, Sagvum, cli.-l. de c. (Orne), sur l’Orne, à 25 kil. N. E. d’Alençon; 4,667 hab. Evêché, collège. Cathédrale goth., palais épiscopal. — Jadis plus grande et forte ; souvent prise et ravagée par les Normands , par les Anglais et pendant les guerres dereligion.Patriede Conté, qui y aunestatue.
séez, ville des Etats sardes (Savoie), à 3 k. E.deSt- Maurice, sur la route du Petit-St- Bernard ; 1,700 h.
SEFF1N, ville de la Turquie d’Asie (Diarbekir) sur l’Euphrate, à 130 kil. S. E. d’Orfa. Dans la plaine qui s’étend aux environs eut lieu la bataille dite de 110 jours, entre les partisans d’Ali et ceux de Moaviah, en 657 (Moaviah l’emporta).
SÉFY (chah), le Néron de la Perse, de la dynastie des Sophis (1628-1642), fut le successeur d’Abbasle-Grand , son aïeul ; il fit exécuter ou priver de la vue tous les princes de son sang, les grands alliés à sa famille, ses ministres et ses généraux. Malgré tant de forfaits, il ne vit aucune révolte éclater contre lui, et mourut paisiblement à Kachan.
SEGALAUN1, peuple de Gaule, dans la Viennaise, à l’E. et le long du Rhône, qui laséparail des