SOIS — 1673 — SOIS
SOGDIANE , région de la Haute-Asie, au N. de le Bactriane , dont les limites ne sont pas bien connues, semble avoir répondu à la partie du Turkestan qui forme auj. les khanats de Boukhara, Khokand, etc.; l’Oxus et ses affluents (entre autres le Polytimetus, auj. le Sogd ) y coulaient; le lac Chorasinique (ou mer tïAral) n’en était pas loin; les villes y étaient rares, la population farouche et guerrière. Elle fut pourtant subjuguée par les Perses. Alexandre y pénétra, la soumit en deux ans (329- 28}, garnit les frontières de colonies, et bâtit, sur l’emplacement de l’anc. Cyrecht, la ville d ’Alexandrecht, Alexandria eschaie.Voy. transûxiane.
SOGDIEN , Sogdianus, roi de Perse, était le 2* fils d’Artaxerce-Longuemain, et se plaça sur le trône en 425 av. J. -G., en faisant périr son frère aîné ; il fut lui-môme mis à mort par un autre de ses frères, Darius Nothus ou Oehus.
SOGHAT ou SUGHUEUD, Cotysium ou Tottarium> ville de la Turquie d’Asie (Anatolie), à 45 kil. N. O. d’Eski-cheher. Jadis résidence d’Othman , fondateur de l’empire turc.
SOHAR, ville d’Arabie. Voy. OMAN.
SOHL , comitat de la Hongrie, au N., dans le cercle en deçà du Danube , entre les comitats de Lyptau au N., de Gœmœr et de Neograd à l’E., de Honth au S., de Bars et de Gran à l’O. : 90 kil. sur 53 ; 85,000 hab. Ch.-I., Neusohl. Mines d’argent et de cuivre.
SOIGNIES, ville de Belgique (Hainaut), à 15 kil. N. E. de Mons; 5,000 hab. Fabrique de fil. Ane. monastère bâti vers 660 ; mais la ville ne date que du xii® ou xme siècle. Aux env. , carr. de pierre bleue.
SOISSONNAIS, pays de l’ Ile-de-France, entre le Valois et le Laonnais, avait pour eh.-l. Soissons, et pour autres places principales Vailly, Fère-en-Tardenois, Cœuvres, etc. Auj. partie du dép. de l’Aisne.
SOISSONS, Noviodunum, puis Suessio ou Civitas Suessionum chez les anciens , en latin moderne Sexonicc , ch.-l. d’arr. (Aisne), à 40 kil. S. O. de Laon, sur l’Aisne ; 8,124 hab. Evêché. Tribunal de Ire instance et de commerce , collège communal. Enceinte bastionnée , remparts plantés d’arbres ; rues régulières. Cathédrale , églises de Saint-Pierre et de Saint-Léger, anc. abbayes de Saint-Jean-des- Vignes et de Saint-Médard ( dans cette dernière , fondée par Clotaire en 557, Louis-le-Débonnaire fut enfermé par ses fils ; Pépin-le-Bref y fut couronné). Grand commerce de haricots renommés et de blé ; tapisseries fines, étoffes rases. Patrie de Louis d’Héricourt, Collot-d’Herbois, Quinette. — S. était puissante au temps de César. Près de cette ville se livra, en 486, la bataille de Soissons, où Clovis vainquit le général romain Syagrius. Charles-Martel y battit er 719 Chilpéric, roi de Neustrie. En 923 Cliarles-le- Simple y combattit Robert qui y perdit la vie. Soissons, après la mort de Clovis, devint la capitale d’un des quatre royaumes francs ( Voy. ci-après ). Depuis , Soissons a toujours porté le titre de comté. Cette ville a soutenu plusieurs sièges, notamment en 948, 1414, 1617 et 1814. Un grand nombre de onciles y furent tenus, entre autres ceux de 1122, où fut condamnée l’opinion d’Abélard sur la Trinité, et de 1202, convoqué à l’occasion du divorce de Philippe-Auguste avec Ingelburge. Avant 1789, Soissons possédait une académie célèbre, qui avait été fondée en 1674. — L’arr. de Soissons a 6 cant. Braisne-sur-Vesle , Oulchy-le-Château, Soissons, ailly-sur-Aisne, Vic-sur-Aisne, Villers-Cotterets), 167 comm. et 68,761 hab.
soissons (roy. de), un des 4 royaumes formés du démembrement de l’empire de Clovis en 511, devint le partage de son 3e fils Clotaire I. Il s'étende,1 d’abord depuis Soissons et Amiens à l’O. jusqu au Rhin et aux frontières des Frisons à l’E. Clotaire y réunit successivement les 3 autres royaumes
francs, et devint seul roi en 558 ; mais après sa mort (561), le roy. de Soissons se reforma, et fut possédé par Chilpéric I , un des fils de Clotaire. Celui-ci ajouta, mais nominalement, la Normandie et la retagne , et conquit de 569 à 573 une partie de l’Aquitaine (Limousin, Périgord, Gascogne). Sous Clotaire II, son fils, le roy. de Soissons se trouva de nouveau réuni au reste de la France (613), et ce nom disparut pour faire place à celui de Neustrie.
SOISSONS (comtes de). Ce titre fut porté dès le VIII* siècle par des seigneurs particuliers qui dépendaient des ducs de France. Au xm*, il appartenait à la maison de Ghimay; il en sortit par mariage, et passa successivement dans les maisons de Hainaut et de Châtillon. Guy de Châtillon, comte de Soissons, vendit son comté à Louis, duc d’Orléans (1391); il fut ensuite transmis par le bâtard d’Orléans , comte de Dunois , à la branche d’Orléans- Longueville. Le mariage de Françoise d’Orléans- Longueville avec Louis I, prince de Condé (1555), fit entrer le comté de Soissons dans la maison de Bourbon. Charles de Bourbon, fils de Louis I, et Louis, fils de Charles ( Voy. ci-après), sont surtout connus sous le titre de comtes de Soissons; le dernier ne laissa qu'un fils naturel, Louis-Henri, mort en 1703, connu d’abord sous le nom de chevalier de Soissons, abbé de Coutures, qui, ayant quitté ses bénéfices, prit le titre de prince de Neuchâtel, et épousa une princesse de Montmorency-Luxembourg. — Marie, fille de Ch. de Bourbon et sœur de Louis, porta le titre de comte de Soissons dans la maison de Savoie-Carignan , en épousant (1625) Th.- François , prince de Savoie-Carignan {Voy. càrignan).
soissons (Charles de bourbon, comte de), prince du sang , le plus jeune des fils de Louis I , prince de Condé, né en 1566, mort en 1612, fut élevé par sa mère Françoise d’Orléans-Longueville dans la religion catholique, et prit part à toutes les intrigues du temps. Il se déclara successivement pour la Ligue , pour Henri de Navarre (Henri IV), pour Henri III, et se réunit enfin de bonne foi à Henri IV, à qui il rendit des services par sa bravoure. Pendant laminoriféjil se ligua contre la régente avec H. prince de Condé, son neveu. — Son fils, Louisde Bourbon, comte de Soissons, ne en 1604 , entra dana plusieurs intrigues contre Richelieu, finit par prendre les armes contre sa patrie avec les ducs de Bouillon et de Guise, gagna sur le maréchal de Châtillon la bataille de la Marfée (1641) ; mais périt après sa victoire, frappé d’un coup de pistolet.
soissons (Eugène-Maurice de sàvoie, comte de), fils de Thomas-François de Savoie et de Marie de Bourbon, hérit:ère de la maison de Soissons, né à Chambéry en 1633, mort en 1673, entra au service de France, fut nommé colonel-général des Suisses et gouverneur de Champagne, puis lieutenant-général en 1672. Il eut pour femme la belle et intrigante Olympe Mancini, nièce de Mazarin, surintendanle de la maison de la reine, et fut père du célèbre prince Eugène. — Olympe était la 2e des nièces du cardinal Mazarin, venue à Paris avec ses sœurs en 1647, elle devint, eii épousant le comte de Soissons, surintendante de lx maison de la reine ; elle ne tarda pas à avoir avec la duenesse de Navailles, dame d’honneur, des disputes très vives qui la firent éloigner de la cour. Rentrée bientôt après en faveur, l’intrigante comtesse tenta de remplacer la duchesse de la Vallière par une favorite de son choix, dans le but de gouverner ainsi le monarque. Elle échoua , fut exilée , et perdit sa charge de surintendante. Compromise par les déclarations de la Voisin, elle partit brusquement pour la Flandre, laissant courir sur son compte les bruits les plus injurieux. Elle se rendit de là à Madrid, et parvint à gagner la confiance de la jeune reine d’Espagne, que Saint-Simon l’accuse d’avoir ernpoi-