‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 1048 sur 1261 · STRA · texte numérisé non relu

STRA

STRE

et subit pour ce fait la détention, puis l'exil, reparut au parlement de 1628, et Ot adopter la célèbre pétition des droits. Après la mort de Buckingham, il se rapprocha de Charles 1, qui le créa pair sous le nom de StralTord, président de la cour du nord, puis gouverneur d’Irlande (1632-39). L’opposition le considéra dès lors comme un apostat. StralTord rendit des services essentiels à Charles tout le temps que ce prince gouverna sans parlement , et leva des taxes qui n’avaient pas été autorisées par les chambres. Il obtint quelques succès sur les rebelles d’Ecosse, mais Charles l’empêcha d’achever sa victoire. Bientôt Pym , membre du parlement, provoqua une enquête contre lui , et la soutint devant les lords ; ceux-ci condamnèrent Slrafford à mort. Le roi, dont il n'avait été que 1 instrument, eut la bassesse de signer I'arrct, qui fut exécuté le 12 mai 1641. Cette mort fut le prélude decellcdeCharleslui-même. Sous Charles 11, la mémoire de StralTord fut réhabilitée.

STRAKONTTZ , ville de Bohême (Pracbirn), à 21 kil. S. O. de Pisek; 2,000 hab. Résidence du grandprieur de l'ordre de Sai ut-J ean-de- Bohême.

STRALSUIND , ville du roy. de Prusse (Poméranie) , ch.-l. de la rég. de Stralsund , et jadis de la Poméranie suédoise, à 220 kil. N. de Berlin, sur la Baltique, vis-à-vis de l’île de Rugen ; 18,000 h. Bon port. Cathédrale de Saint-Nicolas, église Sainte- Marie, hôtel du gouvernement , monnaie, arsenal» Gymnase, bibliothèque, cabinet de médailles. Lainages, distilleries, chantiers. Commerce actif (blé, etc.). Stralsund a été fondée en 1230, et fut longtemps une des plus fortes places de l’Europe. Wallenstein l’assiéga vainement en 1628. Frédéric- Guillaume la prit en 1678 ; les armées combinées de Russie, de Prusse, de Danemark, etc., s’en emparèrent en 1713. Rendue à la Prusse en 1720, elle fut prise en 1807 par les Français, que commandait le maréchal Brune. — La régence de Stralsund a pour bornes au N. O. , au N. et à l’E. la Baltique , au S. E. et au S. la rég. de Stettin , au S. O. et à l’O. le grand - duché de Mecklembourg- Schwérin : 126 kil. sur 40 de largeur moyenne ; 166,000 hab. Division, 4 cercles.

STRASBOURG, Argentoratum des anciens, ville de France , jadis capitale de l'Alsace, auj. ch.-l. du dép. du Bas-Rhin , sur LUI, à 3 kil. de son embouchure dans le Rhin . à 466 kil. E. de Paris, 75,265 h. Evêché. Place forte. Cathédr. magnifique, don la tour a 145 m. de haut, et qui renferme une fameuse horloge astronomique (arrêtée pendant fort longtemps, rétablie récemment par M. Schwilgué, et inaugurée le 1er janvier 1843). Palaisimpér (où loge l'évéque), préfect. , palais de justice, théâtre, arsenal, casernes, fonderie de canons. Belles promenades (dont deux ont des obélisques, en l’honneur de Kléber et de Desaix). Académie universitaire, facultés de théologie protestante (célèbre), de droit, de médecine:, des sciences, des lettres, lvcée impérial, séminaire, hôpital militaire d’instruction , cours do clinique et d'anatomie, école royale d’artillerie, etc.; sociétés des sciences naturelles, agricole et arts*, bibliothèque , cabinet d’histoire naturelle , jardin des plantes , orangerie , observatoire. Grande industrie (filatures, travail des peaux , produits chimiques, faDriques de tabac). Banque. Gomm. iui inense entre ' Allemagne d’une jMr\ Paris et Lyor. de 1 auire. Plus, chemins de fer. Sur le Rhin, iou*. près de Strasbourg, est le pont de Kehl, qui mène de France dans le grand duché de Bade. — Arqentoratum fut, dit-on, fondée par Drusus, frère de Tibère, vers 1 an i6 av. J.-C., sur le territoire des Iriboci, et fut comprise dans la 1« Germanique; elle ne prit son nom moderne qu’au vip s. Julien v battit es Allemands et les Francs en 367. Brûlée en 1002uar leduc de Souiibe, elle fut rebâtie en 1026 par l’évêque Werner - après div. révolutions, elle devint ville im¬

périale en 1206, et entra dans diverses ligues avec ies villes souabes. Elle fut des premières à embrasser le protestantisme, mais en le modifiant. Ferdinand Il y établit, en 1 62 1 , une univer i té protestante. Louis XIV s’empara de Strasbourg ( 1681 ) en pleine paix, par surprise, d’après une décision de ses chambres de réduction : ce fut une dos causes de la guerre duPalatinat; elle lui fut assurée par la paix de Ryswick. Jusqu’à la Rcvoluticn, Strasbourg garda de grands privilèges et un gouvern. municipal : la bourgeoisie y était divisée en 20 tribus; on en tirait un grandetun petit sénat, dvisésen sect. oucliambres, ayant un pouvoir judiciaire sans appel, et régi par un ammeister , dont, l’autorité durait 2 ans; le roi y nommait un préleur royal. Strasbourg a été le théâtre de la lre tentative du prince Louis-Napoléon (1836). Une foule d’hommes remarquables sont nés dans cette ville ou y ont résidé : Gutteuberg, Bueer,

; Schœpflin, Brunck, Schweighæuser, Kléber, Kel- 1 lermann , Andrieux. — L’arr. de Strasbourg a 12 cant. (Strasbourg, qui compte pour 4, Bischweiler, Brumath, Geispolzheim , Haguenau , Molsheim, Schiltigheim, Truchlersheim , Wasselonne) , 162 communes et 2i 8,339 hab.

i Strasbourg (évêché de). Il comprenait plusieurs ! districts do la Basse-Alsace , mais non la ville ellemême. De ces districts, les principaux étaient ceux de Benfeld, de Dachstein, de Mutzig, plus les bailliages de Girbaden et de Wantzenhau.

STRASSBURG , Drodnitzo en polonais , ville murée des Etats prussiens , à 62 kil. S. E. de Majrienwerder; 2,000 hab. Commerce. — Autre ville des Etats prussiens (Brandebourg), à 26 kil. N. O. de Prenzlow ; 3,01 6 hab. Drap, étoffes, bas, etc. strassb'jrg, v. de Transylvanie. V. ENYED (nagy-). STRATFORD. Voy. strafford.

STP.ATHAVEN, ville d Ecosse (Lanark), à 23 kil. S. E. de Glasgow ; 6,060 hab. Cotonnades. Titre de baronnie depuis 1460.

STR A TON, de Lampsaque, philosophe péripatéticien, disciple de Théophraste, lui succéda au Lycée vers 289 av. J -C. , et mourut vers 270. 11 avait passé une partie de sa vie en Egypte, et avait élevé Plolémée Philadelphe. 11 établit un système de physique dans lequel il expliquait tout par la force productrice de la nature, ce qui le Ot surnommer le physicien ou le naturaliste, il n’accordait à la nature ni intelligence, ni conscience d’elle-même; ce qui l’a fait regarder comme athée.

STRATON (tour de). Voy. césarée (de Palestine). STRATON1CE, princesse grecque d une grande beauté, fille de Démétrius Poliorcète, épousa Séieueus Nicator, roi de Syrie (vers 299j. Antiochus Soter, ils de ce prince, devint amoureux de sa belle-mère ni point d'en tomber malade : le médecin Érasistrate, jui avait découvert la cause de son mal, ayant déclaré que le seul moyen de le sauver était de l’unir à la princesse, Séleucus consentit à la lui céder.

STRATON 1CËE , Straiomcea , auj. Eski-hissar , vilie de Carie, au centre, à l’E. de Mylase , fut ainsi nommée en l’honneur de Stratonice. S1RATTON, ville d’Angleterre (Cornouailles), 26 kil. N. de Launceston ; 1,680 hab. Les Parlementaires y vainquirent les troupes royales en 1643.

S 2 RAUB1NGEN, Castra Augustana, ville de Bavière (Bas-Danube), sur le Danube, à 80 kil. N. O. ae Passau ; 6,200 hab. Deux églises , dont une a une tour de 91®. — Jadis capit. de la Basse-Bavière et titre de duché ; ch.-l. de cercle de 1808 à 18 J 2 SI REL1TZ , nom de 2 villes du duché de Mecklembourg-Strélitz, d’où ce duché a pris son nom : i une, Neu-Streliü (Nouveau-Strelitz), bâtie en 1733, capil. du grand-duché, à 140 kil. S. E. de Schwcrin, 6,400 hah. Château ducal, gymnase dit Carolinum , bibliothèque, cabinet de médailles, etc.; — l'autre, Alt-Sirelitz ( Vieux- Stre/itz ). à 6 kil. S. E de Neu-

SI KO — 1705 — STIIO

Strclitz : 2,400 hab. Fabriques de tabac, tanneries.

STRÈL1TZ , c.-à-d. tireurs , corps d’infanterie russe institué vers 1545 par Ivan IV, montait à 40,000 hommes et fournissait la garde impériale. C’étaient des troupes permanentes , célèbres par leur bravoure ; elles formaient la garde du czar, et avaient beaucoup de privilèges. Elles en abusèrent et s’insurgèrent souvent, surtout au commencement du règne de Pierre-le-Grand, à l’instigation de sa sœur Sophie; celui-ci, pour les punir, les décima en 1698 , et bannit le reste à Astrakan. Une nouv. tentative de révolte des Strélitz contre Pierre-le-Grand, amena la destruction complète de ce corps vers 1705.

STRENGNÆS, ville de Suède (Nykœping), sur le lac Mælar, à 65 kil. N. de Nykœping: 1,100 hall Evêché. Lycée où fut élevé Gustave Vasa.

STRIDO, Stndonia des anciens, Strigau en allemand, ville de Hongrie (Salad), à 13 kil. O. de Szerdahely. Stridonia est la patrie de saint Jérôme.

STR1GELIUS ( Victorinus ) , théologien, né en Souabe en 1524, mort en 1 569, étudia sous Luther et Mélanchton, professa la théologie à léna, Leipsick, Heidelberg, et soutint de nombreuses discussions, notamment avec Flacius, sur le péché originel.

STR1GON1E, ville de Hongrie. Voy. gran.

STRINGAL1 , Trille d Italie , auj. strongoli.

STRIVAL1, jadis les St> ophades, petit groupe de quatre îles dans la mer Ionienne, près de la côte 0. de la Morée, à 40 kil. S. de l’île de Zante.

STROEMOE (île) , la principale des îles Færoë , par 9° 30’ long. O., 62° 10’ lat. N. : 60 kil. sur 22 ; 1,600 hab Ch.-l. , Thorshaven (qui l’est aussi de tout le groupe). Côtes échancrées. Très montueuse.

STROÉMSOE, ville de Norvège, à l’embouch. du Drammen , à 35 kil. S. O. de Christiania ; 5,4 20 hab.

STROGONOF, anc. famille russe, connue dès le xvrsiècle, a fourni plusieurs personnages distingués: le comte Alexandre de Strogonof, né vers 1750, mort en 1811; il habita longtemps Paris, fut à son retour nommé président de l’Académie des Beaux- Arts de Saint-Petersbourg, et fut le Mécène des artistes et des gens de lettres ; — le comte Paul de Strogonof, neveu d’Alexandre, qui fit avec éclat les campagnes d’Autriche (1805), de Prusse (1807), de Moldavie contre les Turcs ( 1 809), de France (1813- 14), et fut tué sous les murs de Laon (1814). C’est à cette famille qu’appartient M. le comte Grégoire de Strogonof, qui a été successivement ambassadeur à Madrid, àSlockholm, à Constantinople (1821), où ila pris part aux actes les plus importants.

STROMBOLI (île), Sirongyte, une des îles Lipari, par 12* 52’ long. E. , 38° 43’ lat. N. : 6 kil. sur 3 ; 1,000 hab. Toute volcanique. On y remarque un cratère (haut de 700m) qui vomit sans cesse une fumée rougeâtre. Lacs , sol très fertile; pêche active. Village principal, Inostra. Duquesne et Ruyter se livrèrent un combat naval près de Stromboli, 1076.

STROMNESS, ville et port de l’île Pomona (une des Oreades), à 22 kil. O. de Kirkwall; 2,3o0 hab. Près de la ville, on trouve des pierres levées qu’on regarde comme de même origine que le Stonehenye.

STRONGOLI, lanc. Pétilies , ville du roy. de Naples (Calabre Ult. 2*), à 60 kil. N. E. de Catanzaro; i,900 hab. Evêché. Aux environs, mines inexploitées d’or, d’argent, de mercure, de soufre.

STRONGYLE, une des îles Lipari, auj. Slrom boli; — une des Cyclades. Voy. naxos.

STRONSAY (île), une des Oreades, par 5° 10’ long. O. : 12 kil. de long; 1,000 hab. Deux bons ports.

STRONT1AN , village d’Ecosse (Argyle), à 31 kil. S. O. du Fort-William. Mines de plomb aux env.Kirwan et Hope y ont découvert, en 1790, la substance minérale qui a pris de là le nom de stronliane.

STROPÜADES, auj. Strivali, îles de la mer Ionienne , vis-à-vis de la Messénie et au S. de Zacynthe, étaient censées la demeure des Harpyies de¬

puis que Calaïs et Zéthès, fils de Borée, les avaien» chassées deTnrace. Elles s’appelaient d’abord Plotœ.

STROUD, ville d’Angleterre (Glocester), à 14 kil. S. de Glocester, sur la Frome et la Stroud- Water ; 42,000 hab. Les eaux de la Stroud sont excellentes pour la teinture , et ses bords sont couverts de. fabriques. Commerce actif que favorise un canal.

STROUMA. Voy. stkvmon et kara-sou.

STROUMN1TZA, riv.de Turquie. Foj/.radoviche.

STROZZ1 (Pallas), savant et homme d’état, né à Florence en 1372, mort en 1462, jouissait d’une grande fortune et la consacra à recueillir et faire copier des manuscrits grecs qu’il tirait à grands frais de la Grèce : c'est à lui qu’on doit YAlrnageste de Ptolérnée, les Vies de Plutarque, les Œuvres de Platon, la Politique d' Aristote. Il fut placé en 1428 à la tête de l’université de Florence, et l’éleva au plus haut degré de splendeur. Ennemi déclaré des Médicis, il fut obligé par eux de se réfugier à Padoue, où il mourut.

strozzi (Philippe), célèbre Florentin, né en 1488, épousa une parente de3 Médicis (Clarice , fille de Pierre et sœur de Laurent II), mais n’en fut pas moins le défenseur des libertés de Florence contre celte famille : il refusa une principauté que lui ofrait Léon X (qui était un Médicis), et eut la principale part à la révolution de 1 527 , qui enlevait Florence à l’influence des Médicis et y rétablissait l’ancienne forme de gouvernement; cependant, las de l’anarchie de Florence, il aida au triomphe du duc Alexandre de Médicis (1530), qui le créa sénateur ; mais il se brouilla bientôt avec ce mauvais prince. II alla chercher un refuge à Venise, tenta en 1537, à la tête des émigrés florentins, de rentrer dans sa patrie, mais fut surpris à Montemurlo par Vitelli, et enfermé dans la citadelle de Pistoie : il s’y coupa la gorge (1538), en apprenan! qu’on allait remettre la place à Gosme 1, successeur d’Alexandre.

strozzi (Pierre), fils du précédent, se distingua au service de la France, où il fut nommé général des galères, puis maréchal, conduisit en 1 .>54 et 55 l’expédition de Sienne, mais fut battu à Lucignano ; il commanda deux ans plus tard sans grands succès l’armée du pape Paul IV, et fut tué en 1558 au siège de Thionville.

strozzi (Léon), frère du précédent, né en 1515, mort en 1554, parvint aux premiers grades dans l'ordre de Malte, fut chef d’escadre au service de France, fut envoyé en Ecosse avec 20 galères, pour secourir la reine Marie de Lorraine, dirigea uneexpédit. sur les côtes d’Espagne, investit le fort de Scarlino (princip. de Piombino), et y fut blessé mortellement.

strozzi (Philippe), fils de Pierre, né à Venise en 1541, fut enfant d’honneur de François II, se distingua au service de la France dès F âge de quinze ans, devint colonel des gardes-françaises (1563), fit des prodiges de valeur aux batailles de la Roche- Abeille, de Moncontour et au siège de La Rochelle , commanda les secours fournis au prieur de Grato par Gatherine de Médicis, et fut pris à la bataille navale des Açores par par l’amiral Santa-Cruz, qui le fit jeter à la mer (1582).

strozzi (Titus-Vespasien), poëte latin, né en 1422 à Ferrare, mort en 1501 , fut chargé de diverses missions par les ducs de Ferrare, et présida le conseil des Douze, mais son administration fut malheureuse, et il devint odieux au peuple. Gomme poêle, il se fit remarquer par son élégance.

strozzi (Hercule), son fils, né en 1471, mort en 1508, partagea avec son père la présidence du conseil des Douze à Ferrare et encourut aussi la haine du peuple ; au moment de se marier , il périt assassiné, sans doute par ordre du duc Alphonse 1 qui aimait sa femme. Il a laissé des poésies latines qui ont été imprimas avec celles de son père, Venise, 1513, in-8-

STÜA

STROZZi (Bern.), peintre, dit il prete Genovese , et il Capuccino, né a Gênes en 1581, mort en 1644, était effectivement capucin; il quitta son couvent et trouva un asile à Venise, où il lit de belles fresques.

STRUENSEK (Jean Fréd.), homme d’état, (ils d'un théologien danois, naquit à Halle en Pruss/ (1737), se lit recevoir médecin vers 1757, tenta aussi la profession d'écrivain, mais ne se distingua longtemps que comme homme de plaisir. Couvert de dettes, il songeait à quitter son pays et à passer aux Indes, quand il fut présenté à la cour de Danemark (1758), et fut nommé médecin particulier de Christian VII. Il devintson favori, raccompagna dans ses voyages, tut chargé de l’éducation du prince royal, acquit bientôt un pouvoir sans bornes sur la jeune reine Caroline-Mathilde, et par elle renversa le ministre Bernstorf (1770), fut nommé en 1771 premier ministre et accomplit une révolution complète dans l’état en abolissant le conseil privé et en rendant à la royauté le pouvoir usurpé par l’aristocratie, en faisant d’utiles réformes dans les finances, l’industrie, les lois pénales, et en diminuant l’influence de la Russie. Mais ces changements ne furent point opérés avec assez de prudence : la reine douairière Julie, et le comte de Ranlzau-Aschberg se mirent à la tête de ses ennemis, accusèrent Struensée de conspirer, et obtinrent du roi son arrestation ainsi que celle de la reine Caroline, avec laquelle il était accusé d’entretenir un commerce criminel. Le ministre fut aussitôt mis en jugement, et il eut la tète tranchée, en 1772. Son ami Brandt, qui avait partagé son étonnante fortune, périt avec lui — Son frère, Ch. -Auguste, savant distingué, enseignait les mathématiques à Liegnitz, quand il l'appela en Danemark et le fil nommer intendant des finances. Charles partagea la disgrâce du favori , mais échappa à la mort et retourna en Prusse, où le roi lui confia l’administration des finances; il mourut en 1 80 4 . Il avait composé sur l’art militaire des ouvrages qui sont devenus classiques en Allemagne.

STRUTHOPHAGLS. Voy. Ethiopie.

STRLJVE (George-A lam), Struvius, jurisconsulte, né en 1619 à Magdebourg, mort en 1692, premier conseiller de Magdebourg, fut employé par l’électeur de Saxe et d’autres princes à diverses affaires graves, professa le droit canonique à léna, et y devint président du sénat et du consistoire. Ses principaux cuv. sont le Juris feudalis syntayma, et le Jurisprudences civilis syniagma , qui sont restés classiques dans presque toute» les universités d’Allemagne (souvent réimprimés). — Son fils Burekhard Gotthelf Struve, né en 1672, mort en 1738, fut bibliothécaire et professeur d’histoire à léna, et mourut conseiller de l’électeur de Saxe, ("était un savant bibliographe; on lui doit : Biblioiheca juris selecta , léna, 1703 et 1756; Introduclio ai nolitiam rei lillerariæ , 1704 et 1754; Biblioiheca philosophica , 1704 ; Biblioiheca hisiorica , 1705, etc.

STRY, ville murée de Galicie, ch.-l. de cercle, sur le Stry (affluent du Dniestr), à 65 k il . S. de Lemberg : 5,500 hab. — Le cercle a pour bornes ceux de Brzezany au N., de Stanislavov à l’E„ de Sambor à 10., et la Hongrie au S. ; 200,000 hab.

STRYMOÎS , auj. Slrouma ou K ara-sou , fleuve de Thrace et de Macédoine, sortait de l’Hémus, coulait au S. et tombait, un peu au dessous d’Amphipoiis, dans la mer Egée. Son cours était jadis compris tout entier dans la Thraee ; plus tard, la partie inférieure de ce fleuve forma la limite .entre la Thrace et la Macédoine.

STRYMOMICUS sinus, auj. golfe d'Orfanoou de Coniessa, golfe de la mer Egée, sur la côte de Macédoine, recevait le rstrymon, qui lui donna son nom.

STUART , famille royale, célèbre par sa puissance et ses malheurs, régna d'abord sur I Ecosse, puis sur toute la Grande-Bretagne. Elle avait pour

si u A

chef un cerfain Waller, issu, dit-on, de Banque, Diane ou chef de Lochaber, qui a\ait été assassiné par Macbeth. Accueilli vers 1060 à la cour de Malcolm III, roi d’Ecosse, Walter y devint sénéchal du prince (en écossais, stuari , en anglais steward ) ; ses descendants conservèrent depuis ce nom. Son arrière-petit-fils, Walter IV, épousa Marjaria, fille du roi d'Ecosse Robert 1, et devint père d’un prince qui régna sur l'Ecosse sous le nom de Robert 11 (1370-90); il fut ainsi le chef de la dynastie des Sluarts. Les descendants de Robert régnèrent sur l’Ecosse jusqu'à Jacques VI qui, en 1603, fut appelé à succéder à Elisabeth en Angleterre, sous le titre de Jacques I, et réunit ainsi les deux couronnes; ses droits sur la couronne d’Angleterre étaient fondés sur le mariage de Jacques IV, son bisaïeul maternel, avec Marguerite, fille de Henri VII. Le règne de cette dynastie finit dans les mâles en la personne de Jacques 11, exclu du trône par la révolution de 16S8. Toutefois Marie, épouse de Guillaume (l’Orange qui venait d’être appelé au trône d’Angleterre par cette révolution, était fille de Jacques II, et Anne, qui succéda à Guillaume (1702-1714), était sœur de Marie. A près cette dernière, et pendant que la maison de Hanovre occupait le trône , plusieurs prétendants issus de Jacques II firent de vains efforts pour ressaisir la couronne; enfin la famille s’éteignit en 1807 en la personne de Henri- Benoît (Voy. ci-après), principale cause du malheur des Stuarts fut leur amour pour le pouvoir absolu et leur attachement au catholicisme.

Pour les princes de cette maison qui ont régné, Voy. JACQUES I, II, etc., CHARLES, MARIE, ANNE.

stuart (Jacques-Edouard), dit le chevalier de Saint-George , H Is de Jacques II, naquit le 10 juin 1688, fut en 1701, à la mort de son père, reconnu roi d’Angleterre, sous le nom de Jacques 111, pur Louis XIV, et espéra longtemps que la reine Anne le nommerait son successeur. En 17 15 eut lieu une tentative en sa faveur; le duc d’Argyle la rendit inutile en battant à Sherifmoor le comte de Mar. qni était à la tête de ses partisans.- Jacques-Edouard parut lui-même en Ecosse en l7;6, mais sans plus de succès. Albéron: songeait à le rétablir, mais les plans de ce ministre échouèrent (1719). Enfin, son fils Charles-Edouard tenta la fortune en 1 745. pend la g. de succession d’Autriche, et le lit prociâtysf en Ecosse mais celle fois encore, Jacques vit son espoir déçu. Il mourut à Rome en 1766. C’était un prince pieux, pacifique, mais sans talents. 11 avait épousé la petite-tille du grand Sobieski; il en eut 2 fils.

stuart (Ch. - Edouard) , dit le Prétendant et le corme d'Albany, né à Rome en 1720, vint en France en 1744, comptant y trouver des secours, afin de reconquérir pour son père la couronne d’Angleterre, et, après de cruelles déceptions, alla débarquer en Ecosse en 1745 ; il réunit autour de lui beaucoup de chefs des highlands, i-ntra dans Edimbourg, batt. l’enn. à Preslon-pans et pénétra jusqu’à Derby, à deux journées de Londres. Mais l’indiscipline et l'irrésolution des chefs écossais le forcèrent à la retraite. De retour en Ecosse, il gagna la bataille de Falkirk, mais il fut vaincu à Gui loden (1746), se trouva dès lors sans armée, fut obligé de se cacher, et n’échappa qu’avec des peines iuouïes. Forcé de sortir de France après la paix d’Aix-la-Chapelle (1748) , il alla chercher un asile en Italie. Il reparut en Angleterre eu 1753 et 1761, mais furtivement et sans réussir à rien; il mourut à Florence en 4788. Sa femme, née comtesse de Stolberg, et dite la comtesse d'Albuny , épousa plus tard le poète Alfieri. Ch.- Edouard avait du feu, de l’audace et des manières très chevaleresques. M. Amédee Piehot a donné en 1830 son Hist.: Klose a pub. ses Mém ., Lond., 1845 stuart (H. -Benoît), second fils de Jaeq.-Edoa.m; né en 1725, mort en 1807, porta d'abord ic titre (if

STim — 1707 — STI K

duc d’York. Il reçut ensuite les ordres et fut créé cardinal d'York; à la mort de son frère (1788), il se fît nommer Henri IX. En lui finit la race des Stuarts.

Stuart (Arabella), appelée ordinairement lady Arabella, fille de Charles Stuart, comte de Lennox, frère cadet de Henri Darnley (le second époux de Marie Stuart), descendait de Henri VII par la seconde fille de ce prince, Marguerite, et pouvait avoir des prétentions sur le trône d'Angleterre. Après la mort d’Elisabeth, quelques nobJes ayant conçu à son Insu le projet de la placer sur le trône à T exclusion de Jacques, roi d’Ecosse, ce prince la fit jeter dans une prison où elle resta jusqu’à sa mort, qui eut lieu en 16 1 S. Elle avait alors 38 ans.

Stuart (James), architecte et antiquaire, né en 1713 à Londres, mort en 1788 , alla visiter avec Revett l’Italie et la Grèce (1760-65), dessina les principaux monuments d Athènes, et publia à son retour les Antiquités d'Athènes , ouvrage magnifique, en 4 vol. in-fol., 1762-1815, traduit par M. Feuillet, 1808-1815 : un Supplém. a paru en 1830.

Stuart (J.), comte de Bute. Voy. bute.

STUHLINGEN, bourg du grand-duché de Bade, à 17 kil. N. 0. de Schaffhouse ; 1,000 hab. Jadis titre d’une seigneurie, aux ducs de Furstemberg.

STUHLWEISSEMBOURG, dite aussi Albe-Royale, Alba Regia Julia en latin moderne, Szekes-Fejervur en madgyar, ville de Hongrie, ch.-l. du comital de Stuhlweissembourg, à 68 kil. S. O. de Bude; 4,000 hab. Evêché. Cathédrale et quelques autres édifices. Ruines qui prouvent son ancienn- importance (elle a été 600 ans résid. et sépult. des rois de Hongrie). Fondée par saint Etienne au commencement du XIe siècle. Prise par Soliman en 1643; reprise aux Turcs en 1601 par le duc de Mercœur; les Turcs l’occupèrent de nouveau en 1602; elie ne fut reprise par Léopold qu'en 1688. Elle fut démantelée en 1702. — Le comitat de Stuhlweissembourg est dans le cercle au delà du Danube, entre les oomitats de Pesth, Tolna, Veszprim, Kœmœrn; il compte 140,000 hab.

STUHM, ville des Etats prussiens (Prusse occid.), à 20 kil. N. E. de Marienwerder ; 900 hab. Gustave- Adolphe y battit les Polonais en 1628.

STURA, Stura en latin, nom de deux riv. des Etats sardes : l'une affluent du Pô, où elle tombe à 4 kil. N. de Turin ; 60 kil. de cours ; — l'autre dont le cours est de 160 kil., et qui tombe dans le Tanaro à Cherasco. De 1801 à 1 8 1 4 elle a donné son nom au dép. franç. de la Stura, formé de la partie S. O. du Piémont ; ch.-l., Coni.

STURE (stenon), dit l'Ancien , fut nommé administrateur du roy. de Suède en 1471, à la mort de Charles VIII, soutint avec succès la guerre contre Christiern 1 de Danemark, repoussa les Russes de la Finlande, mais eut ensuite à lutter contre des ennemis intérieurs, qui le renversèrent en 1497. Rétabli en 1601, il chassa les Danois de la Suède, et garda le pouvoir jusqu'à sa mort, en 1603. Stenon-Sture fit le premier entrer les laboureurs dans les dictes de l'état, fonda l’université d’Upsal, et introduisit l’imprimerie en Suède.

gTURE (swante nilson) , succéda comme administrateur à Stenon, gouverna la Suède de 1604 à 1512 , et laissa en mourant le pouvoir à son fils Stenon Sture, le jeune.

STURE ^stenon), dit le Jeune, administrateur de Suède de ibl2 à 1520, combattit à main armée Gustave Troll, archevêque d'Lpsal (16l7), qu’un parti voulait lui opposer, le réduisit à se réfugier en Danemark , mais fut bientôt en guerre avec Christiern 11, roi de ce pays; il vainquit d abord les Danois (1 51 8), mais fut ensuite vaincu lui-même et mourut de ses blessures (1520). Sa veuve défeu- , dit héroïquement Stockholm , mais se vit enfin j forcée à *e rendre; Chrisïiern fut alors couronné!

roi par Troll à Upsal, et l’union de Calmar fut rétablie pour un instant.

STURM (Jean), Sturmius , humaniste, né en 1507 à Sleida, mort en 1689, étudia à Louvain, enseigna quelque temps les lettres à Paris, puis fui nommé recteur du gymna e de Strasbourg, place qu’il occupa jusqu’en 1683. H a beaucoup écrit sur la rhétorique, entre autres ; De amissa dicendi ra» tione , Strasbourg, 1638 ; De imitanone oratorio , 1674 ; De eloculione oratorio, 1676, etc.

STURM (J .-Christophe), savant, né en 1635, mort en 1703, de Hilpolstein (principauté de Neubourg), était ministre évangélique et professeur de physique et de mathématiques à l’Académie d’Altdorf. On le regarde comme le restaurateur des sciences physiques en Allemagne : s’il n'a pas fait de découvertes, il a répandu le goût des études scientifiques et les a facilitées par de bonnes compilations. Son meilleur ouvrage est son Colleyium experimentale sive curiosum , Nuremberg, 1676-86, 2 vol. in-4, figures.

— Son fils, Léonard-Christophe, architecte, né en 1669, mort en 1719 à Gustrow, intendant des bâtiments du duc de Mecklembourg, a laissé, entre autres ouvrages ; Parallèle de» systèmes de fortification de Vauban , Cohorn et Rimpler , Augsbourg, 1 7 1 8, in-fol.; Idée et abrégé de l’ architecture civile et militaire, Augsbourg, 1718-20, in-fol., 16 parties.

sturm (Christophe-Chrétien), prédicateur, né en 1740 à Augsbourg, mort en 1786, parent des précédents, fut d’abord instituteur, puis pasteur à Magdebourg et à Naumbourg. On a de lui : Anecdotes tirées des auteurs grecs et romains, Halle , 1767; Entretiens avec Dieu aux heures du mutin , 1768; Méditations sur les œuvres de Dieu, 1775, ouvrage devenu populaire et traduit en français par la reine de Prusse Elisabeth-Christine.

STUTTGART, capit. du roy. de Wurtemberg (Neekar), à 6 kil. du Neckar et à 680 kil. E. de Paris; 35,000 hab. (plus 10,000 hommes de garnison). Château royal (nouveau), le vieux château, palais du prince roya-1, hôtel des Etats, écuries, collégiale, théâtre, archives, bâtiments du Gymnase illustre. Belles promenades, environs délicieux. Gymnase (espèce d’université), école royale des arts, institut de Catherine, école vétérinaire, école des forêts; magnifique bibliothèque et riches collections en divers genres. Pat. de Hegel. — Assiégée sept semaines par l'emp. Rodolphe 1. Elle devint en 1320 résidence des comtes (ensuite ducs, pui3 rois de Wurtemberg). Elle s’est beaucoup embellie depuis un siècle.

STYMPI1ALE, Stymphalus, auj. Zaraca, petite ville d’Arcadie, au N. E., sur les confins de la Phliasie et de l’Argolide, près d’un lac et d’une mont, de même nom, avait, dit-on, élé ainsi appelée du nom d’un ancien roi d Arcadie. Des oiseaux de proie d’un aspect terrible habitaient, suivant la fable, les bords du lac Stymphale : ils dévoraient les hommes ou les perçaient de leurs propres plumes, qui étaient d airain et qu'ils pouvaient lancer au loin. Hercule e-n délivra la contrée.

STYR, riv. d’Allemagne, naît en Galieie, près de Brody, puis entre en Russie, arrose les gouv. de Volhynie et de Minsk, et se perd dans le Pripets, à 35 kil. de Pinsk. Cours, 300 kil.

STYR1E, partie de la Norique et de la Pannonie anc., Steyer en allemand, un des gouv. de la monarchie autrichienne, borné au N. et à l’O. par l’Autriche, à l’E. par la Hongrie, au S. par l’Hlyrie et la Croatie ; 22,000 kil. carrés; 870,000 hab. (dont plus de 500,000 allemands). Ch.-l. général, Grætz. Division, 5 cercles : Grætz, Brück, Judenburg, Marburg, Cilley. Hautes mont, (les Alpes Noriques). Riv. principale, la Steyer, qui donne son nom au pays. Grands froids, sol assez fertile dansles vallées, mais beauc.dc friches. Argent, fer, cuivre, cobalt, alun, vitriol, etc.

— La Styric, après avoir appartenu aux Romains»

SUBI — 1708 — suai

u.ix Ostrogpths d’Italie, aux Avares, aux Wendes, passa sous la domination de Charlemagne, puis fit partie du royaume de Germanie et fut comprise dans la Carinthie ; quand celle-ci devint duché, elle fut elle-même (1030 ou 1032) élevée au rang de marche et dite marche de Sleyer , parce que la ville de Steyer, qui est au j. en Autriche, était alors sa ;apitale. La maison de Steyer s'éteignit eu 1192, et Léopold de la maison d’Autriche-Babenberg la remplaça. Mais bientôt Ottocarll, roi de Bohême, s’étant emparé des possessions de celte maison, la Styrie se révolta et se donna à la Hongrie. L'empereur Rodolphe la rejoignit à l’Autriche, et depuis elle n’a cessé d’être à la maison d’ Autriche-Habsbourg. A la mort de l’emp. Ferdinand 1 (1664), il àe forma une branche de Styrie ; cette branche parvint au trône impérial et à la possession de toutes les provinces autrichiennes en 1619, dans la personne de Ferdinand il.

STYX, marais et fleuve des enfers dans les fables des Grecs. Suivant les uns, il était glacé ; selon les autres, ses eaux étaient presque vénéneuses. Ou dérive son nom de siygeo, haïr. — On a fait de Styx une Océanide, femme du Titan Pallas: ayant rendu de grands services à Jupiter dans la guerre contre les Géants, elle reçut de lui le privilège que les dieux jureraient par elle, et que s’ils enfreignaient ce serment, ils seraient 9 ans privés de la divinité.

STYX, riv. d’Arcadie, chez les Phénéates, dans le voisinage de Nonacris, disparaissait sous terre près de sa source , puis reparaissait et tombait dans le Crathis. Ses eaux, dit-on, donnaient la mort et dissolvaient le fer. La fable en fit un des fleuves du Tartare. Voy. l>rt. précédent.

SUAKEMou souAKiN,v.etportdeNubic,surle golfe Arabiq., partie sur leçon tin., partie sur un îlot, p. 19° 4f Int. N.,à3t0k. S. O.deDjeddah; 10,000 h. Perles.

SUARD (J.-B. -Antoine), homme do lettres, né à Besançon en 1734, mort en 1817, vint à Paris en 1750, eut part à la rédaction d’un journal anglais qui s’imprimait à Paris, rechercha l’appui de3 philosophes, traduisit Robertson, obtint par ses travaux un nom littéraire, un fauteuil à l’Académie (1772), et une place de censeur (1774). Beaumarchais eut fort à se plaindre de lui. A la révolution, Suard embrassa les idées nouvelles, mais avec modération. Nommé membre de la 2e classe de l’Institut, il en dev. en 1803 secret, perpétue!. Outre des articles de journaux, des notices et quelques, éloges réunis dans ses Mélanges de littérature (6 vol. in-8, 1803-5), Suard a publié des traductions des Voyages de Cook, de l’ Histoire de Char les- Quinl[ 1771), et de ['Histoire d’ Amérique, de Robertson (1778), remarquables par leur fidélité et leur élégance, et les Lettres de l'anonyme de Vaugirard sur Gluck et Piccini. Garat a publié des Mémoires historiques sur Suard, 1820, 2 vol. in-8.

SUARÈS ( François ), jésuite espagnol, né en 1548, à Grenade, mort en 1617, professa la philosophie à Ségovie, la théologie à Valladolid, Alcaia, Salamanque , Coïmbre , prit part aux querelles qu’engendra le système de Molina sur la grâce, et imagina le congruisme, qui n'est qu’une légère modification de ce système. Il mourut à Lisbonne. Ses ouvrages ont été recueillis à Mayence et à Lyon, 1630, etc., 23 vol. in-fol. La plupart roulent sur les cas de conscience ou sur des matières théologiques et font autorité. Un des principaux est sa Defensio calholicœ fidei contra anglicanœ seelœ aucwres (Coïmbre, 1613, in-fol.), dirigée contre le serment d allégeance exigé en Angleterre par Jacques 1, et brûlée à Paris et à Londres par le bourreau.

SLBlAGO, Sublac en français, Sublaqueum en latin, v;île de I Etat Ecclésiastique (Civita-Y’eechia) , près .iu Teverone, à 25 kil. E. S. E. de Tivoli • 3,000 hab. Belle église de St-André; palais papal, chancellerie :

arc de triomphe en l’honneur de Pie VII. Forges papeterie. C’est à Subiaco que saint Benoît fonda son ordre : il y bâtit un couvent célèbre, d’où sortirent une foule d hommes savants. C est aussi le Heu d Italie où furent établies les premières presses.

SUBL1CIUS (pons), dit plus tard Pons Æmilius , puis Pons Aurelianus ; c’était le 1er pont de Rome en remontant le Tibre ; il était en bois. C’est là qu’Horatius Codés arrêta l’armée de Porsena. Le pont avait été construit par Ancus, et il unissait Rome au Janicule.

SUBLIME-PORTE. Voy. porte.

SUCCESSION (guerres de). Ou connaît sous ce nom plusieurs guerres dont les principales sont :

1° La guerre de la succession de Juliers. Voy. JULIERS.

2° La guerre de la succession d'Espagne, 1701- 1713, suscitée par les prétentions de la maison d’Autriche sur la couronne d’Espagne. Philippe d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, que le dernier roi d’Espagne Charles 11 avait institué son héritier, se vil disputer le trône par l’archiduc Charles (depuis Charles VI). L’Autriche, l'Angleterre, la Hollande, la Prusse, le Portugal et la Savoie se réunirent contre la France. Les Français, d’abord vaincus partout, en Italie, en Allemagne, en Flandre (batailles de Turin, de Hochstelt, de Ramillies, d’Oudenarde), se relevèrent par les victoires d’Almanza, deVillavicio.-aen Esp., de Denain en Flandre. Les traités d Ulrecht et de Rastadt (17 13-14), bien qu’onéreux pour la France, terminèrent la guerre en faveur de Louis XIV, dont le petit-fils fut reconnu roi d’Espagne sous le nom de Philippe V.

3° La guerre de la succession d' Autriche, 1741- 1748, qui éclata à la mort de l’empereur Charles VL Ce prince avait, par une célèbre pragmatiquesanction, assuré sa succession à sa fille aînée Marie- Thérèse, épouse de François de Lorraine. Charles- Albert, électeur de Bavière, et Auguste II de Saxe, qui avaient épousé les doux filles de l'emp. Joseph 1, firent valoir, ainsi que plusieurs autres prétendants, leurs droits à l'empire. Charles-Albert, soutenu par la France, fut élu empereur sous le nom de Charles Vil (1742). Marie-Thérèse, presque seule contre tant d’ennemis, avait vu envahir même ses étals héréditaires ; elle était perdue, si la mort de Charles Vil (1745) ne fût venue la sauver. François 1 fut alors élu au trône impérial. La guerre se termina en 1748 par le traité d’Aix-la-Chapelle. Marie-Thérèse conserva ses états, sauf la Silésie, que la Prusse avait enlevée et qu’elle garda; ce qui plus tard donna naissance à la guerre de Sept- Ans (1756-63).

succession (Acte de). On appelle ainsi la décision prise en 1701 par le parlement d Angleterre, et par laquelle les princes catholiques furent exclus du trône, et la maison de Hanovre appelée à la couronne d’Angleterre.

SUCHET (L. -Gabriel) , duc d-Albuféra, général français, né à Lyon en 1772, mort en 1826, s'enrôla à 20 ans comme volontaire, avança rapidement dans les armées de la république , se distingua en Italie sous Schérer, Augereau, Masséna, eut part en 1797, aux négociations avec la Suisse , suivit Brune en Italie comme major-général , rendit des services essentiels pendant la campagne de Marengo, fut chargé de diverses missions après la paix de Lunéville, contribua puissamment aux victoires d Austerlitz et d’iéna, ainsi qu’aux succès de la campagne de Pologne, et mit le comble à sa gloire en Espagne (1808-1812). La victoire de Margalef, la prise de Lérida et de Tarragone , l’occupation du Mont-Serrat lui valurent le bâton de maréchal. U prit ensuite Oropeza , Murviedro (l anc. Sagonte) , Valence (1812), soumit le royaume de ce nom, et ne fil retraite vers les Pyrénées que quand les armeg françaises eurent été refoulées sur tous les points-

SUKD

SUÈD

Louis XVIII le ût pair en 1814. Sachet mourut à Marseille en 1826. Le titre de duc d’Albuféra, ainsi que le domaine de ce nom (près de Valence), lui avaient été donnés, en 18 12, en mémoire d’une de ses dernières victoires. Suchet s’était signalé en Espagne par sa justice et sa modération autant que par sa valeur. lia laissé: foém. 'ur lag.d'Esp.( 1808-14).

SUCRO, auj. Xucar, lleuve d’IIispanie (Tarraconaise), naissait près des sources du Tage et se jetait dans la Méditerranée, près d’une ville appelée aussi Sucro (auj. Cullera). Sertorius battit Pompée devant cette ville, 76 av. J.-G.

SUGZAWA, ville et riv.de Galieie.foî/.souTCHAVA.

SUD (dép. du), dép. de l’île d’Haïti, rôrmé de l'extrémité S. O. de l île ; 216,000 hab. Ch.-l., lesCayes.

SUDBURY, d’abord Souihburgh , ville d'Angleterre (Sullolk), à 22 kil. S. d’Edmondbury ; 4,000 hab. Soieries, crêpes, serges. C’est là qu' Edouard III établit les Flamands auxquels l'Angleterre doit ses premières fabriques de lainages.

SUDERMANIE , Sœdermanland en suédois, anc. prov. suédoise, au S. de 1 Upland, se divisait en 3 parties: Sudermanie propre, Sœdertœrn, Rekarna. Nykoeping et Strengnæs en étaient les villes principales. Auj. dans les gouv. de Stockholm et de Nykœping.

SUDERMANIE (Charles, duc de), régent de la Suède après l’assassinat de Gustave 111, puis roi sous le nom de Charles XIII. Voy. Charles xiii.

SUDÈTES (monts), Sudetsch ou Sudeien , chaîne de montagnes qui l'ait partie du système hercyniocarpaihien, et qui s’étend des monts Carpathes occidentaux (16° long. E.) jusqu’aux sources de l’Els— ter, se dirigeant en général de l’E. à 10. ; sa longueur approche de 600 kil. ; sa largeur moyenne est de 32 ; elle sépare la Silésie de la Moravie et de la Bohême, et la Bohême de la Lusace. On peut y distinguer : 1° les Monts abaissés ( Geisenker yebirye) , qui lient les Carpathes aux Sudètes; 2° les Sudètes proprement dites ou Grandes- Sudètes , des sources de la March au déülé situé entre Pœlitz et Braunau (les monts de Glatz en font partie); 3° les Monts des Géants ( Riesenyebirye ), qui vont jusqu’à l’entrée de la Lusace ; 4° les Monts de la Lusace ou Petites-Sudètes (autrement Wohlischekamm ou Iserkamm ); 6° 1 ' Erzyebirye {Voy. ce mot). Les monts Sudètes ne sont pas très hauts. Le Riesenkoppe, qui en est le point culminant, ne passe pas 1,630 mètres; ensuite vient le Schneeberg, 1,400 mètres. 11 y a beaucoup de mines sur les deux versants de ces montagnes, principalement sur le versant nord. L’Elbe sort des Sudètes (Riesengebirge).

SUECA, ville d’Espagne (Valence), sur le Xucar, à 28 kil. S. de Valence; 7,000 hab. Riz, fruits, etc.

SUÈDE, Sveriye en suédois, un des deux royaumes qui forment la monarchie norvégieno-sué* doise, a pour bornes, à 10. la Norvège, à l’E. la Russie d’Europe, le golfe de Botnie et la mer Baltique, et va de 8° à 22° pour la long. E., de 66° à 69° pour la îat. N. : 1,560 ki1. du N. au S. sur 330 de moyenne largeur ; 450.00dkil. carrés; 3,562,462 hab. Capitale, Steekhoim. nvislon , 3 région* et 4 luns ou gouvernements, savoir :

• . SUÈDE ROPRE.

Stockholm Stockholm.

Upsal, Upsal.

Westeiæfc Westeræs.

Nykœping, Nykœping.

GErebro, Ohrebro.

Carlstad, Carlstad,

Stora-Kopparberg, Falun.

Geüeborg, Gefleborg.

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