‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 1069 sur 1261 · TEME · texte numérisé non relu

TEME

TELI — 1742 —

parurent. Lea Telchinee participant en n^me temps du dieu Yulcain, dont ils sont comme les ministres inférieurs, et du caractère d’une population primitive, adonnée aux travaux de la métallurgie et des mines. Ils ont quelques rapports avec les.Curètes, les Dactyles, les Cabires; leur nom rappelle celui de Tubalcaïn.

TËLEBOIDES (îles). Voy. taphies, echinades.

TELEGONE, Telegonus , fils d’Ulysse et de Circé, se mit, lorsqu’il fut devenu grand, à la recherche de son père, débarqua dans l'ile d’Ithaque, où pour vivre il se mit à piller, et, dans un combat qui s’ensuivit, tua son père sans le connaître : cet événement avait été prédit par u-n oracle. 11 épousa ensuite Pénélope en même temps que Télémaque épousait Circé, et il devint le père d'italus.

TELEMAQUE, Telemachus , fils d'Ulysse et de Pénélope , était au berceau quand commença la guerre de Troie ; la vingtième année de l’absence d’Ulysse, il mit à la voile pour aller le chercher; Minerve, sous la figure de Mentor, le guidait dans ce voyage. Après avoir eu diverses aventures, à Pylos, à Sparte, à Phères, il reprit la route d’Ithaque, tua les assassins apostés par les prétendants pour le faire périr à son retour, et trouva son père chez Eumée. 11 l’aida dans son combat contre les prétendants et partagea son triomphe. Plus tard Ulysse , à qui l’oracle avait prédit qu’il mourrait de la main d’un de ses fils, le réduisit à s’éloigner ; malgré celte précaution, la prophétie fut accomplie, mais par Télégone, frère de Télémaque (Voy. l'art, ci-dessus). Télémaque épousa Circé et en eut Roma. D’autres lui donnent pour fils Romus. On lui attribuait aussi la fondation de Clusium. Fénélon a fait du jeune Télémaque le héros d’un poème en prose, où il a imité avec un rare bonheur la manière antique; du reste, les aventures qu’il prêle à son héros sont pour la plupart de sa création.

TELÈPHE, fils d’Hercule et d’Augé, avait été exposé à sa naissance, et nourri, dit-on , par une biche. Il fut adopté par Tculhras, roi de Mysie. Lorsque les Grecs vinrent assiéger Troie, Télèphe conduisit les Mysiens au secours de la ville, et se battit contre Achille dans les plaines du Caïque, mais il y fut blessé dangereusement. 11 ne put être guéri que par le fer même de la lance qui l’avait blessé, et passa par reconnaissance dans le parti des Grecs. Euripide a mis sur la scène les malheurs de Télèphe.

TELÊPIIONTE. V. MÉROPE et POLYPHONIE.

TELES1LLE, Argienne, célèbre comme poëte et comme héroïne, sauva sa ville natale, attaquée par Cléomène, roi de Sparte , en faisant une sortie à la tête des femmes armées, 514 av. J.-C. : Cleomène se retira sans combattre. Une fête fut instituée en mémoire de cet événement. Le peu de fragments qui nou3 restent de Télésille se trouve dans les Poelriarum fragmenta et e/ogia de Wolf, Hambourg, 1734, in-8.

TELESIO (Bernardin), philosophe italien, né en 1509 à Cosenza ( roy. de Naples ), mort en 1588, tenta de secouer le joug d’Aristote, et en appela à la raison et à l’expérience -, mais il fonda lui-même un nouveau système qui n’a guère plus de fondement que ceux qui l’avaient précédé. On a de lui: De rerum natura juxta propria principia , Rome, 1555 (en 2 liv.) : dans cetouv., qui futmisà.l7«Gter,il prétend faire revivre, en la complétant, la doctrine de I’arménide, qui expliquait tout par deux principes, la chaleur ou le Soleil, et le froid ou la Terre.

TKl.FT^Kni (lac), en Sibérie. Voy. altin.

TELIGNY (Louis de), petit-fils d’un bravo gentilhomme qui avait servi avec distinction sous les ordres de l’amiral de Coligny, et qui était mort en 1557, devant Saint-Quentin, défendit avec valeur la cause de la Réforme, épousa la fille de Coligny , et devint un des principaux chefs du parti protestant ; il se faisait remarquer par sa douceur et ses qualités au-;

tant que par son courage. Il fut enveloppé dans le massacre de la Saint-Barthélemy.

TELIGOUL ( golfe de), dans la Russie d’Europe (Kherson), est formé par la mer Noire, à 35 kil. N. E. d’Odessa.

TELINGA (roy. de), ancien état de l'Inde, contenait les provinces des Gircars du Nord, de HaYderabad, de Ralaghat, de Karnate. La langue telinga ae parle encore entre Gandjam et Palilate.

TEL1S, riv. de Gaule, auj. le tet.

TELL (Guillaume) , un des chefs de la révolution suisse de 1307 , était du canton d’Uri , et gendre de Waller Furst. Ayant refusé de saluer en passant le chapeau que Gessler, gouverneur du pays pour le duc d’Autriche, avait fait élever sur la place publique d’AItorf, il fut, dit-on, condamné à mourir, à moins qu’il ne réussît à abattre avec une flèche une pomme placée sur la tête de son fils; il réussit, mais n’en fut pas moins déclaré prisonnier d’état, et embarqué sur le lac de Lucerne pour le château-fort de Kussnacht, où Gessler se rendait en même temps. Une violente tempête s’étant élevée pendant la traversée, Tell fut délié, et mis au gouvernail; il parvint à sauver la barque, mais lorsqu'il fut près du bord il sauta à terre, alla s'embusquer dans un chemin creux qui menait à Kussnacht, et tua Gessler d’un coup de flèche. L’histoire de la pomme parait inventée à plaisir ; elle se retrouve aussi dans les légendes du Danemark. Guillaume Tell assista à la bataille de Morgarten' 1315), et mourut en 1354, à Burglen , receveur de l’église de ce bourg.

TELLER (Guillaume-Abraham) , théologien protestant, né en 1734 à Leipsick, mort jn 1804, était depuis 1764 professeur de théologie et pasteur à Helmstædt , et fut destitué en 1769 comme hérétique. Il alla s’établir à Berlin, y devint membre du consistoire, premier pasteur de Saint - Pierre et membre de l’Académie. On a de lui Doctrine de la foi chrétienne , Helmstædt , 1764 ; Dictionnaire du Nouveau-Testament , 1722 ; Morale pour tous les états, 1787 ; La plus ancienne Théodicée; Berlin, 1802. Il expliquait tout par des allégories; tendait à faire disparaître le merveilleux de la religion et se rapprochait fort du Déisme.

TELLEZ (Eléonore), reine de Portugal. Voy. ELÉONORE.

TELLINE, un des noms de la Valteline. En 1798, une des 3 républiques qui furent établies un instant en Suisse, prit le nom de République Telliane.

TELMESSE , auj. Méis, ville de Lycie, au S. O. , avait un port à l'emb. du fleuve Glaucus. C’est auj. le port de Macri.

TELO MARTIUS ou TELONIS portüs , auj.

Toulon, petite ville de Gaule (Narbonaise 2«), chez les Commoni, près du Cithanstes portus (auj. rade de Toulon), avait déjà de l’importance au iv* siècle.

TEMENDFUS. Voy. matipou.

TËMÊNUS, un des chefs héraclides qui s’emparèrent du Péloponèse vers 1190, eut pour lot le pays d’Argos. Voy. argolide.

TEMES, riv. de Hongrie qui arrose le Banal Valaque, les comitats de Krassova et de Temesvar, le Banal-Allemand et le comitat de Torontal, naît dans les Carpathes, coule à l’E., puis au N. O., au S. Ë. et au S., reçoit le Sebes, la Bisztra, la Bega, le Bogonicz, baigne Karansebes, Temesvar, Lugos, Pancsova, et tombe dans le Danube au dessous de cette ville; cours, 450 kil.

TEMESE, Temesa, Tempsa , auj. Torre diNocera, ville sur la côte occid. du Brutium , un peu au N. de Térine, était célèbre par ses mines de cuivre.

TEMESVAR, Tibiscum? ville forte de Hongrie, ch.-l. du comitat de Temesvar, sur la Ternes, la Bega et le canal de la Bega, à 110 kil. N. E. de Petervaradin ; 12,700. hab. Position malsaine. Evêché grec. Résidence du erénéral commandant la>Fron

1EMP — 1743 — TKINC

iière du Banat. Cathédrale, hôtel-de-ville , dit des < Rasciens , écoles diverses. Soieries, drap, tabac, etc. | Commerce. Elle fut Initie par les anciens rois de Bulgarie. Aux Turcs de 1552 à 1716, Un traité de paix y fut conclu entre l’empire et les Turcs, en 1662. Le comitat de Temesvar, situé dans le cercle au delà de la Theiss, entre ceux de Krassova, Arad, Torontal, a 140 kil. sur 65, et 266,000 hab. (Madgyars, Rasciens, Valaques, Allemands). Division: 4 marches, dont une se nomme Marche de Temesvar.

temesvar (Banat de). Voy. banat.

TEMPÉ , belle vallée de la Grèce, dans le N. E. de la Thessalie, entre la chaîne de l’Olympe au N. et celle de l’Ossa au S., est arrosée par le Pénée. Sa longueur est de 8 kil. , sa largeur de 33 mètres environ. Sites pittoresques. Les anciens, surtout Virgile, ont vanté la beauté de la vallée de Tempé.

TEMPELBURG , ville murée des Etats prussiens (Poméranie), à 35 kil. S. O. de Neu-Stettin ; 2,400 hab. Fondée par les Templiers au xiu* siècle.

TEMPIO, ville de Sardaigne (Sassari), ch.-l. d’une sous-inlendanee, à 45 kil. N. d'Ozieri; 7,100 hab., Evêché (récent). Salaisons renomm.Vins aux env.

TEMPLE (le). On connut longtemps sous ce nom un monastère de Paris, qui était le chef d’ordre des Templiers en France; la partie la plus importante de ce monastère, dite la Tour du Temple, fut construite en 1212, et ne fut abattue qu’en 1811. Elle servait jadis de trésor aux rois de France ; les Templiers y avaient leurs archives. Louis XVI y fut détenu du 11 août 1792 au 21 janvier 1793. L’ancien emplacement du Temple est devenu un marché. A la place de la Tour , on a construit sous l’Empire un édifice qui devait être le ministère des cultes, et qui fut loDgt. un eouv. defemmes. V. vendome (le prieurde).

TEMPLE (William), dit le chevalier Temple, diplomate, né à Londres en 1628, mort en 1698, ou, selon quelques uns, en 1700, entra à la Chambre des Communes (1661), s’y montra indépendant et impartial, acquit l’estime du duc d’Ormond, et par suite celle de Clarendon, qui le chargea de diverses missions; il conclut l’alliance de 1665 entre Charles II et l’évêque de Munster contre la Hollande, ainsique la fameuse triple alliance formée en 1668 entre l’Angleterre, les Etats-Généraux et la Suède, contre l’ambition de la France, eut grande part au traité d’Aixla-Chapelle (1668), aux négociations de Nimègue (1674—7 8), fit ensuite partie du ministère, où il eut à tenir tête à Shaftesbury. Las des affaires, il se retira, en 1685, dans 6a terre de Moor-Park, où il mourut, sans avoir pris part à la révolution de 1688. Temple unissait au talent la loyauté, le patriotisme, l'amour du roi, et la haine des abus. Il a laissé des Mémoires fort instructifs et des Mélanges. Ses Œuvres ont été publiées en 1814, 4 vol. in-8.

TEMPLIERS ou chevaliers de la milice du temple, ordre militaire et religieux fondé vers 1118 à Jérusalem par Hugues des Payens, Geoffroy de Saint-Adhémar, et sept autres Croisés français, dans le butde protéger les pèlerins. Baudouin II, roi de Jérusalem, leur donna d’abord une maison située près de l’église de cette ville, qui était jadis le temple de Salomon; de là leur nom. Ils faisaient les trois vœux de pauvreté, de chasteté, d’obéissance, et devaient vivre d’aumônes. Mais bientôt des donations considérables et les profits que leur procura la guerre qu’ils faisaient aux Infidèles les rendirent riches. Après la chute du royaume de Jérusalem en 1187, ils se répandirent par toute l’Europe, y augmentèrent infiniment leur puissance, leurs richesses et leur juste réputation de bravoure : il y eut un moment où ils comptèrent jusqu’à 9,000 maisons de leur ordre. Les Templiers portaient l’habit blanc et une croix sur leurs manteaux. Leur chef avait le nom de grand maître ; l’ordre se divisait en plusieurs langues les possessions territoriales en plu-

: sieurs provinces ; celles-ci, à leur tour, se subdii visaient en grands prieurés, prieurés et commanderies. Tant de prospérité ne pouvait manquer de laire ombrage et d’exciter l’envie. Ils s’étaient d ailleurs promptement corrompus; leur orgueil, leu r impiété et les vices infâmes que quelques-uns av. rapportés de l’Orient fournissaient des motifs suffisants pour les perdre. Philippe le Bel saisit avec empressement forças, de s’enrichir de leurs dépouilles. Le 13 oct. 1307, tous les Templiers qui se trouvaient en France furent arrêtés à la fois ; un grand nombre d’entre eux périrent dans les flammes, à la suite d’un simulacre de procédure {Voy. molay ) ; enfin, le pape Clément Y supprima l’ordre en 1312, dans un consistoire secret tenu pendant le concile de Vienne. En Portugal, l’ordre détruit fut remplacé par l’Ordre du Christ. 11 paraît, au reste, qu’il se conserva dans l'ombre un simulacre de l'Ordre du Temple , qui garda le même nom, mais qui, réduit à des séances secrètes, dégénéra en une secte mystique. Les Francs-Maçons prétendent se rattacher à cette secte. Le crime des Templiers est encore un problème; ils avouèrent dans les tortures , dit Bossuet , mais ils nièrent dans les supplices. On doit au P. Lejeune une Histoire apologétique des Templiers, 1789, 2 vol. in-4, et à Raynouard, les Monuments historiques relatifs à la condamnation des Chevaliers du Temple ((813), ainsi qu’une belle trag., les Templiers. Maillard de Chambure a publié leurs statuts, 1840.

TEMUDJIN. Voy. gengis-khan.

TENARE, Tœnarus , auj. Caibares, ville de Laconie , au S. O. , sur la mer , près du promontoire de même nom (auj. cap Mutapan ), avait de belles carrières de marbre vert. — Au pied du cap Ténare était une caverne profonde d'où sortaient des vapeurs méphitiques : les gens du pays la regardaient comme l’entrée de l’enfer ; de là , chez les poètes, la synonymie de Ténare et d’enfers.

TENASSER1M, ville de l’Inde Transgangétique , dans la province de même nom (jadis capitale dt cette province) , sur le Tenasserim , à 70 kil. S. O, de Merghi ; auj. à peu près en ruines. La décadence de cette ville date de sa prise par l’empereur bir< man Alompra.'Elle était auparavant aux Siamois. — La prov. de Tenass. est aux Anglais dep. 1826, et fait partie de leurs possessions à l’E. du Salouen ; elle a le roy. de Siam à l’E., le golfe de Bengale à 10.; 15,000 hab. Montagnes, éléphants; sol fertile ( canne à sucre, riz, beaux fruits, sandal), étain, huîtres à perle.

TENUE, ch.-l. de cant. (Haute-Loire), à 15 kil. E. d’Yssengeaux , sur le Lignon ; 5,398 hab. Chapeaux de feutre, papeterie. Commerce de planches. Entrepôt de dentelles noires et blanches.

TENGIN (P. guérin de), cardinal, né à Grenoble en 1680, mort en 1758 , fut d’abord grand-vicaire de Sens et abbé de Yézelai, reçut en 1719 l’abjuration deLaw, avec leq. il resta lié, ce qui l’enrichit, fut choisi pour conclaviste par le cardinal de Rohan qu’il suivit à Rome (1721), et y devint chargé d’affaires de la France. 11 obtint successivement l’archevêché d’Embrun , le chapeau de cardinal (1739), et l’archevêché de Lyon (1740), puis fit partie du ministère Fleury. Pendant qu’il était archevêque d’Embrun , il eut grande part à la condamnation de l’évêque de Senez , Soanen, partisan des appelants. et soutint une lutte à ce sujet contre les avocats, le parlement et les Jansénistes : il lança contre eux plusieurs Mandements énergiques.

tencin (Ulaudine-Alexandrine guérin de) sœur du précéd., née à Grenoble en 1681, m. en 1749, fut d’abord religieuse à Montfleury près de Grenoble, puiî chanoinesse de Neuville, quitta la vie religieuse pour venir à Paris, où son esprit et les agréments de sa personne la firent bientôt rechercher, jouit d’un grand crédit auprès du cardinal Dubois, s’enrichit eu jouant

__ 1744 — TEm

sur les actions de Law, mena quelque temps une vie irrégulière, et eut clandestinem. un fils du chevalier Destouches-Canon (c’est lecélèh. D’A lembert, qu’elle abandonna, et qu’elle voulut, mais en vain, reconnaître quand il fut devenu célèb.) : LaFresnaye,un de ses amants, se tua chez elle. Après cette catastrophe, elle changea de vie. Sa maison fut longtemps le rendez-vous des savants el de» neuux esprits; elle nommait plaisamment cette réunion sa ménagerie. Le pape Benoit XIV lui-même lui adressa quelques lettres. Mme de Tencin a laissé p.usieurs écrits. Parmi ses romans, le Comte de Comminges et le Siège de Calais sont ce qu’eile a fait de mieux ; on y trouve beaucoup de finesse, mais aussi de la recherche et de la prétention à l’excès.

TENCTÉRES, Tencieri , peuple de la Germanie, à l’O. , vers le continent du Rhin et delà Lippe, avait au N. les Matiiaci, au S. les Marses , au siècle d’Auguste, mais il changea souvent dedemeure.il finit par être compris dans la ligue des Francs.

TENDE, ville des Etats sardes (Nice), à 47 kil. N. E. de Nice. Château qui protège le passage du col de Tende ; 1,600 hab. Titre d’un comté qui appartint aux Lascaris de Vintimille, et qui passa ensuite par mariage dans la maison de Savoie.

TENDE (col de), passage de la chaîne des Alpes Maritimes, à l’O. de son point de jonction avec les Apennins, sur la limite des divisions de Nice et de Coni, et à 9 kil. N. de Tende : 1,796 mètres de hauteur. Les forteresses de Tende et de Saorgio commandent ce passage.

TENDE (René de savoie, comte de), fils naturel de Philippe 11, duc de Savoie, ne put réussir à se faire légitimer, fut déclaré criminel de lèse-majesté en Savoie, et vint se fixer en France, où François I, son neveu, l'éleva aux premières dignités. 11 se distingua à Marignan (1616), et mourut à Pavie (1626).

tende (Claude de Savoie, comte de), fils du précédent (1607-66) , fut [iris à Pavie , suivit Laulrec à Naplea, fut gouverneur et sénéchal de Provence, repoussa les attaques de Charies-Quint contre cette province, se montra indulgent dans ses rapports avec les Calvinistes, donna beu par là aux soupçons des Catholiques. et, finit par être révoqué (1666).

tende ( Honorât de savoie , comte de villars et de), frère du précédent (1609-80) , s’enferma dans Hesdin (1633) et y fut pris, reçut une blessure à la bataille de St-Quentin (1667), se jeta dans Corbie qu’il sauva, fut nommé lieutenant-général de Languedoc (1660), et s'y montra terrible aux Réformés, fut rappelé, prit part aux guerres civiles religieuses qui suivirent, et devint successivement lieutenant-général de Guyenne ( 1 670), maréchal ( 1 67 1), amiral ( 1 672).

TÉNËDOS, Tenedos chez les anciens, Bokhlcha- Adassi des Turcs, île de l’Archipel, à FE.de Lemnos et près de l'entrée des Dardanelles : 9 kil. sur 6 ; 6,000 hab. Ch.-l. , Ténédos ( sur la côte N. E. , 6,000 hab. ). Bons vins. Ténédos avait très anciennement formé un petit royaume. Virgile suppose que les Grecs, lorsqu’ils feignirent de quitter Troie en laissant le cheval de bois, allèrent se cacher derrière Tenedos. Donnée en 1376 aux Génois par Androïde Paléologue, elle leur fut bienlôt enlevée par les Vénitiens, puis fut conq. par les Turcs. Les Vénitiens l’occupèrent encore un instant en 1666.

TENER1FFE (île), Nivaria ou Pluvialia des anciens, la plus grande des Canaries (à l’Espagne) entre 28» et 28» 36’ lat. N. : 80 kil. sur 40; 80,000 hab. Ch.-l. , Santa-Cruz (autres villes, Laguna, Orotava, Palmas , Canaria ). Montagnes, parmi lesquelles le pic de Teyde ou de Téneriffe (pic volcanique fameux dont la cime s'élève à 3,808 mètres, et qui a eu de .réquentes éruptions; la dernière eut lieu en 1798). Climat charma.it, fertilité rare, végétation variée;

\“eu*’ nv“ux de ceux de Madère (à Vidogne *t 4 Malvoisie). Commerce actif, aux mains des An-

l glais. Les habitants primitifs de Ténériffe sont les 1 Guanches. L’île leur fut enlevée par Fernande* de Lugo au xvr siècle.

TENEZ, cap de Barbarie. Voy. tennis.

TÉ-NGAN , ville de Chine , ch.-l. de dép. (Houpé), à 100 kil. N. O. de Vou-tchang.

TENG-TCHEOU, ville et port de Chine , ch.-l. de dép. (Chan-tong), sur la mer Jaune, par 118e 45’ long. E., 37° 48’ lat. N.

TEN1AH DE MOUZAIA. Voy. mouzaia.

TENIERS (David), dit le Vieux , peintre flamand, né à Anvers en 1682, mort en 1649, fut d’abord élève de Rubens, puis s’attacha à Elzheimer , qui ne peignait que des figures de petites proportions, et devint son imitateur. Il fut père de David Téniers, dit le Jeune , qui fut encore plu3 célèbre que lui. On a de Téniers le Vieux une foule de scènes villageoises, grotesques et naïves, des intérieurs, des réunions de buveurs, de fumeurs, de charlatans, etc., où il y a de la vérité, du charme ; ses tableaux sont fort difficiles à distinguer de ceux de son fils.

teniers (David), dit le Jeune , fils du précédent, né à Anvers en 1610, mort en 1694 , fut élève de son père. C’est un des artistes qui ont manié le pinceau avec la plus prodigieuse facilité; dans sa jeunesse, il imitait tous les maîtres de son temp9 avec tant d’habileté qu’on l’a nommé le Protée de la peinture; mais, quoique apte à tout rendre, et bien que vivant au milieu des grands et des princes (il fut gentilhomme de la chambre de Léopold et eut don Juan d’Autriche pour élève), il affectionna surtout le genre de son père, et le porta jusqu’à la perfection. 11 a fait un nombre incroyable de tableaux. Le Theatrum pictorium, Anvers, 1658, 1660, 1684, 246 pl. (en fr., le Grand Cabinet de tableaux , 1755, in-fol.) n’offre qu’une partie de son œuvre; il y a encore d’innombrables estampes gravées d’après lui par Lcbas et autres. Parmi ceux de ses ouvrages que possède le Musée du Louvre, on remarque l'Enfant prodigue, une Tentation de saint Antoine, la Chasse au héron, le Joueur de cornemuse, la Noce de village.

TENIERS ou TANIERES. Voy. malplaquet.

TEN1SON (Thomas), archevêque de Cantorbéry, né en 1636, mort en 1 7 î 5, était curé à Londres pendant la peste (1665) et montra un grand dévouement; il ne se distingua pas moins par sa charité pendant l’hiver rigoureux de 1683. Il devint évêque de Lincoln en 1691, succéda en 1694 à Tillotson sur le siège de Cantorbéry, et couronna George 1. On a de lui, outre des Sermons, un Examen de la foi de Hobbes (1670) ; le Baconiana (1679), ouvrage précieux pour l’histoire de Fr. Bacon, etc.

TENNANT (Smithson), chimiste anglais, né en 1761, mort en 1816, professa la chimie à Cambridge. On lui doit 1 analyse de l’acide carbonique (1791 j, la découverte de l’osmium et de l’iridium (1804), et plusieurs autres recherches importantes consignées dans les Transactions philosophiques.

TENNEMANN (Will. Gotllieb), philosophe allemand, né à Brembach, près d’Erfurlh en 1761, mort en 1819, était destiné aux études Idéologiques, mais les quitta pour la philosophie. Il voulut d’abord combat Ire Kant, mais ensuite il se convertit aux idées de ce philosophe. En 1798, il fut nommé professeur extraordinaire de philosophie à l’université d’iéna, et devint en 1804, à la mort de Tiedemann, professeur ordinaire. Il remplit ces fonctions jusqu à sa mort. Tennemann a beaucoup écrit, et s’est principalement occupé de l’histoire de la philosophie; son ouvrage capital est- sa grande Histoire de la philosophie, Leipsick, 1798-1819, 11 vol. in-8 (réimprimée par A.Wendt, 1828), dont il a donné lui -même un abrégé, le Manuel de l'histoire de la philosophie, 1812, 4* édition, 1826 (traduit par M. Cousin, 1829; 2* édit., 1839, 2 vol. in-8). On doit encore à

TENZ — 1745 — TERE

Tennemann : Doctrines et pensées des disciples de Socrate sur f immortalité de l'âme , Iéna, 1788 ; Système de la philosophie platonicienne , Leipsick, 1 7 92— 94, des traductions des œuvres de Hume, de Locke, de M. De Gérando. Tennemann est le plus exact des historiens de la philosophie ; il est à regretter qu’il juge tous les systèmes avec la mesure trop étroite et trop exclusive du système de Kant.

TENNESSEE, riv. des Etats-Unis, nuit aux montagnes de fer dans la Caroline du S., reçoit près de Knoxville le Holston et plus loin le Cliucli, sortis de la Virginie; traverse l’État de Tennessee, auquel il donne son nom, puis entre dans le Kentucky, où il se jettedans l’Ohio par lar. gauche, àl9k.au-dessousde l’embouch. de Cumberland, après un c. d’en v. 1,050 k.

Tennessee (état de), un des Etats de l’Union, entre ceux de Kentucky au N., de Virginie au N. E., de la Caroline du Nord à l’E. , de Géorgie au S. E., d’Alabama au S., de Mississipi au S. O., et le fleuve de ce nom à 10. : forme oblongue (760 kil. de l’O. à l’E. ; 196 de largeur moyenne du N. au S.j : 906,830 h. (en 1855), dont 1 83,000 esclav.Cap. , Nashville. Les monts Cumberland le parcourent. Climat sain, tempéré, sol fertile en général ; beaucoup d’animaux , tant domestiques que sauvages ; on y trouvait surtout autrefois de nombreux bisons. Au S. E. vivent les Cherokees, peuplade indigène jadis très nombreuse. Ruines de monuments antiques ( entre autres une pyramide de 61 mètres de haut, près du Forked- Dear). — Ce pays fut donné sous Charles 11, en 1664, au comte de Clarendon et à plusieurs autres propriétaires qui le colonisèrent, malgré l'opposition des Cherokees; toutefois sa prospérité ne date guère que de 1773. Le Tennessee dépendit de la Caroline jusqu’en 1790; il en fut alors détaché, mais il ne fut admis dans l’Union à titre d état qj’en 1796,

TENNIS, tenes, Cartenna , ville et petit port d’Algérie (prov. d’Alger), au piedducapTenès ( Apollinis vromontXk 150 k. O. d’Alger, est le port d’Orléansville; 3,<>Oi> h. Cuivre. Orc . par les Français en 1843.

TENNSTADT , ville des Etals prussiens (Saxe), à 18 kil. N. E. de Langensalza ; 2,660 hab. Eaux salines sulfurées, découvertes en 1812. Patrie de J. -Auguste Ernesti le philologue.

TENOS, auj. Tina ou Teno, île de la mer Egée, une des Cyclades, entre Mycone et Andros, était peu fertile; on en tirait de bon vin. Son ch.-l. se nommait aussi Ténos ( S.-Nicolo ). L’île a 21,000 h.

TENOCHT1TLAN, ancien nom indien de mexico.

TENQUIN (gros-), v. de France. V. cros-tenquin.

TEN-S1N-S1TS1-DA1 , c.-à-d. les sept grands dieux spirituels, sont au Japon les plus hautes divinités ; au dessous d’eux sont les Tsi-sin-go-daï ( les cinq dieux terrestres).

TEN-S10-DA1-TS1N, divinité japonaise, la première des Tsi-sin-go-daï, créa le monde, la terre et surtout le Japon. Son règne fut de 26,000 ans. De Ten-sio-daï-tsin descendent tous les Japonais ou au moins toutes les dynasties qui ont régné sur le Japon. Son fils fut Ôsiou-Ni , le 2e des Tsi-sin-go-daï. L’empire entier l’adore et l’invoque comme son patron. Dans son célèbre temple d leié, Ten-siodaï-tsin n’a d’autre emblème qu'un miroir.

TENS1F, rivière de l’empire de Maroc, sort de l’Atlas, coule au S. O., au N. O., et tombe dans l’Océan à 32 kil. S. de Safi. Cours, 400 kil.

TENTUGAL, bourg de Portugal (Beira), à 17 kil. O. de Coïmbre ; 2,000 hab. Titre d'un comté, appartenant à la maison de Cadaval.

TENTYRA ou TENTYR1S, auj. Denderah , ville de l’ancienne Egypte. Voy. denderah.

TENZEL (VVill. -Ernest) , littérateur allemand, né en 1659 en Thuringe, mort en 1707, étudia à Wittemberg, fut nommé en 1685 professeur au gymnase de Gotha, puis conservateur du Cabinet de médailles ex du Musée dr cette ville conseiller !

de l’électeur et historiographe de Saxe. Il a écrit sur les médailles. Tenzel est le plus ancien journaliste allemand. On lui doit une revue mensuelle des ouvrages de littérature, intitulée ; Conversation mensuelle entre de bons amis sur toutes sortes de livres et autres histoires amusantes, Leipsick, 1688. Il a aussi beaucoup écrit dans les Acta erudilorum,

TÉOCALLIS. Voy. PYRAMIDES.

TEOS, auj. Sedckidchik, v. de l’Asie-Mineure, une des 12 cilésdela Confédération ionienne, dans la presqu’île de Clazomène, sur la côte, est fameuse comme patrie d’Anacréon et d’Apellicon. Auguste l’agrandit, et, pour cette raison, en fut regardé comme le second fondateur.

1 EOT1HUALCAN, ville du Mexique (Mexico), à 36 kil. N. E. de Mexico; 4,000 hab. : elle est à 2,062 mètres au dessus de la mer. A 2 kil., grande pyramide qui occupe 3,600 mètres carrés et qu’entourent 200 plus petites.

TEOTL, le dieu principal du Mexique, ne semble point avoir eu de temple.

TEP1C, ville du Mexique (Xalisco), à 200 kil. N. O. de Guadalaxara, est après Guadalaxara la plus peuplée de l'état de Xalisco.

TEPL1TZ, village de Hongrie. Voy. toeplitz.

TER, riv. d’Espagne (Barcelone), sort des Pyrénées, coule au S., puis au N. E., et tombe dans la Méditerranée à 32 kil. E. de Girone. Napoléon en 1812 décréta l’organisation d’un dép. du Ter, et même en nomma le préfet (ce fut M. Roujoux); mais ce projet ne put être réalisé. — Le maréchal Jules de Noailles battit les Espagnols sur le Ter en 1694.

l’ERAMU, Interamna Prveluliorum , ville du rov. de Naples, ch.-l. de l’Abruzze Ultérieure lre, à 24 kil. S. E. d’Ascoli; 10,000 hab. Evêché. Cathédrale. Lainages, crème de tartre; grains. Importante sous les Romains; détruite au xu« siècle, puis rebâtie. Pairie de Jacques de Térarno.

I ERAMO (Jacques de), dit Palladino , écrivain ascétique, né en 1349 à Teramo, étudia le droit à Padoue, puis reçut les ordres, devint évêque de Monopoli (1391), archevêque de Tarente (1400), et mourut en 1417. Cn a de lui une espèce de roman ascétique fort bizarre, le Procès de Déliai, dans lequel il feint que Bélial, élu par les démons pour leur avocat, demande justice à Dieu contre Jésus ; cet ouvrage, écrit en latin, a été imprimé à Augsbourg, 1472, et traduit en français par FargeL Lyon, 1482.

TERCEIRE , une des Açores, au N. O. de l’île de San-Miguel, par 20° 40’ long. O. ; 590 kil. carrés; 40,000 hab. Ch.-l., Angra. Côtes d’accès difficile. Mer poissonneuse, tortues, huîtres; sol fertile ; montagnes. Commerce avec le Brésil. — Terceire a été pendant l’usurpation de don Miguel en Portugal la résidence du gouvernement de la reine Dona Maria (1829-1833). Voy. Portugal.

TERCÈRE, riv. des Provmoes-Unies de Rio-dela-Plata (Cordova), naît à 90 kil. S. O. de Cordova. court au S. E. et va grossir le Parana. Cours, 760 kil,

1EREDON, anc. cap. de la Chaldée, sur la mer.

TÊRÉE, Tereus% roi de Thrace, épousa Progné, fille du roi d’Athènes Pandion (II), et en eut un 111s* Itys ; puis, quelque temps après, il fit violence à Philomèle, sœur de sa femme, lui fit couper la langue pour l’empêcher de révéler le crime, et l’enferma dans une tour. Mais Philomèle ayant trouvé moyen d’instruire sa sœur de son malheur, toutes deux pour se venger de Térée lui servirent les membres d’itys à un grand repas, puis elles lui révélèrent ce qu’elles avaient fait. Térée en proie au désespoir et à la colère, fut métamorphosé en huppe : cet oiseau poursuit sans cesse les deux oiseaux dont Philomèle et Progné prirent la forme en même temps (le rossignol et rhirondelle).

TEREK, rivière de la Russie méridionale, dev-

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